‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18e siècleChapitre 3 sur 50 · RÉPONSE A QUELQUES CRITIQUES · texte numérisé non relu

RÉPONSE A QUELQUES CRITIQUES

Lorsque ces Mémoires parurent pour la première fois, en 1806, les journaux en rendirent un compte généralement assez favorable. Le Journal des débats ou de

Préface. i3

T empire en fit l'éloge dans sa feuille du i*r novembre 1806, et n'y mêla même aucune espèce de critique. La Gazette de France ne fut pas moins indulgente, et il n'y eut pas jusqu'au Courrier des spectacles où nous fumes surpris de trouver un article à la fois grave , religieux et flatteur. Le Mercure annonça aussi les Mémoi— res dans son numéro du i/± mai 1806. Le rédacteur, après quelques éloges qu'il voulut bien donner aux style et aux talcns de l'historien , lui reprocha de n'avoir point assez parlé des philosophes , et de s'être trop étendu sur les Jésuites et sur leurs adversaires. Ce reproche est entièrement détruit ~ pour le premier point, par les additions nombreuses qu'a reçues , dans cette édition , la partie philosophique. Quant au second point, pouvions-nous nous dispenser de parler de questions et de querelles qui ont agité l'Église pendant cinquante ans, qui ont si fort divisé les esprits , et enfanté tant de livres ? Ce n'aurott pas été apparemment faire connoitre l'histoire du siècle, que d'omettre oe qui y a tenu une si grande place , et ce qui a excité tant de troubles. La tâche d'un historien est de rapporter les faits , et on seroit en droit de lui adresser des reproches, s'il prétendoit ne parler qu'en passant de contestations longues et animées, et qui ont rempli plus de la première moitié du siècle. D'après ces motifs, nous n'avons cru devoir supprimer dans cette édition que quelques particularités moins importantes et quelques discussions qui suspendoient trop le récit des événemens. Les autres critiques du Mercure rouloient sur des détails assez minutieux. L'auteur répondit , dans le temps , à cet article, par une lettre que le Mercure ne jugea pas à1 propos d'insérer. On la trouve dans les Mélanges d'histoire j de philosophie , de morale et de littérature» Paris , Le Clere, 1808, tome V, page 5o4»

Ce fut la seule critique que les Mémoires essuyèrent pendant quelques aunées. Car nous ne comptons pas les observations verbales et les lettres particulières adresses à l'auteur. La plupart , dictées par l'intérêt et X amitié, ne portoieat que sur des ftuts détaches, ou n'étaient

f4 Préface.

même destinées qu a demander des ét lui ici sse mens. Ce ne k fut qu'au bout de cinq ans, quand les Mémoires avoient produit InmcfTet, et que l'édition en étoit presque épuisée, que l'on vit pnroître un gros volume sous ce titre imposant : La vérité et l'innocence vengées contre les erreurs et les impostures d'un livre anonyme intitulé : Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique pendant le xvme siècle; par le P. B. L, , ancien professeur de théologie, Paris, Doublet, 1811 • Ce P. B. L. étoit le P. JL,nmbert, Dominicain, qui étoit plus d'une ^ fois descendu dans l'arène pour la défense d'une cause dont il étoit regardé comme le dernier appui. On conr uoissoit dép la fécondité et la véhémenee de sa plume ; mais il faut avouer qu'il n'avoit "encore montré nulle part la chaleur et l'énergie qu'il déploya dans son long et terrible plaidoyer contre les Mémoires.

Jadis le docteur Arnauld, ayant à combattre les adversaires de sa doctrine, ne leur épargnoit pas les épiihêtcs l'es plus fortes. On sait comment il traita un abbé Mallct , qui avoit eu la présomption d'écrire contre lui. Ii l'appela un petit docteur , un docteur sani nom y un esprit mal fait, un cerveau troublé, un étourdi, un impertinent , un ignorant , un fou , un aveugle , un furieux ; et sur ce que ses amis mêmes s'étonnoient de ce st>le véhément , Arnauld publia une Dissertation selon la me'thode des géomètres , pour la justification de ceux qui emploient , en écrivant dans de certaines rencontres , des termes que le monde ettime durs. Le P. Lambert avoit lu sans doute cette Dissertation. Il ne pou volt choisir un meilleur modèle que l'infatigable Arnnnld. Mais , comme tout se perfectionne, il a encore surpissé fon maître, et nul n'a plus largement usé de ces termes fjue le monde estime durs. Dès son début , il annonce, le ton qui va régner dans son écrit. Il appelé le.? Mémoires une insipide gazette y un sot livre , une triste rapsodic. Quant h l'auteur, c'est un déclamaienr sans bonne foi , une espèce d'illuminé , un détracteur obscur , un ennuyeux compilateur, un écrivain lourd,

Préface* r5

plat, sottement glorieux, emporté, aveugle, fmpudent t ignorant , niais , imbécille... Ces dernières qualifications sont même répétées très- fréquemment quand le P. Lambert se fâche un peu plus fort; ce qui n'est pas rare. Tel est le style gracieux , aimable et poli de oe bon religieux ; telle est la douceur et l'aménité de la plume de ce patron du grand précepteur de la charité. Les Garasse et les Scioppius, dont on a tant parlé, n'étoient pas plus véhémens et plus irascibles. Chaque page presque de l'écrit du Dominicain est sur le ton de l'arrogance et de l'amertume. 11 affecte avec son adversaire les formes les plus hautaines, il lui prodigue les expressionsles plus méprisantes , il appelé à son secours tout ce que ia langue offre d epithètes âcres ; il les varie même avec une inconcevable fécondité, le tout sans doute par charité, comme Arnauld. C'est ainsi que cet humble et modeste théologien sait défendre sa cause. Il nous semble qu'il lui a fait plus de tort par une telle apologie , qu'il n'a nui aux Mémoires* On se défie d'un avocat qui a recours aux injures, et nous nous sommes, plus d'une fois, sentis émus de pitié pour un vieillard, un prêtre, un religieux , que ni son âge , ni son caractère , ni son propre intérêt , ni le sentiment des convenances , ne poupoient préserver de ces emportemens.

Nous nous garderons bien de payer le P. Lambert de la même monnoie. C'est une ressource qu'il faut abandonner à ceux qui apparemment n'en ont pas de meilleures, Nous aurions d'ailleurs encore un autre motif de consolation , si c'en étoit une ; c'est que notre adversaire n'est pas plus modéré et plus poli envers un grand nombre de personnes élevées en dignité. Il s'en va gour mandant «t frappant, à droite et à gauche, tous ceux qui ont ru le malheur de ne pas penser comme lui ; et comme il y en a beaucoup dans cette catégorie , et qu'il n'en épargne aucun, il en résulte que son livre est, dans tout son contenu , une suite presque non interrompue de reproches , de gronderies, d' emportemens , d'invectives, et que le débonnaire Dominicain a l'air de ne jamais respirer de ses

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accès de colère. Les éveques sur-tont ont grande part àux épancheme'ns de sa bile, et il les nomme rarement sans joindre à leur nom quelque signe de mépris. Ainsi il dit : un M. Antelmy , un M.' de Malis soles , un M. de Belzunce , un M. de la Motte. Ces évêques étaient, à la vérité, des prélats édifians, estimables, zélés ; mais Us n étaient point favorables aux appolans , et dès-lors quel mérite pou voient-ils avoir? Le cardinal de Bissv et M. Languet, archevêque de Sens, ont eu le fort d'écrire sur ces disputes. Le P. Lambert ne leur foit point quartier. Ce pauvre M. de Bissy , dit-il, ce * brave M. Languet.,.. Dautrcs n'en sont pas quittes à si bon marché. Il assure que le nom seul de M. de Tencin est un opprobre. 11 traîne dans la boue M. La fit eau , évêque de Sistcron. Il flétrit le cardinal de Mailly, archevêque de Reims. Le cardinal de Fleury était inepte , infidèle , hypocrite. Dans une longue tirade contre Fénéton , on tance vertement ce grand archevêque , et on. lui reproche avec feu son ignorance en théologie , sa toupable profanation dans la composition du Télémaque , sa ridicule méprise à poursuivre le fantôme du jansénisme. Mais rien n'égale le ton de Tardent écrivain à l'égard de Clément XI. Il revient fréquemment sur ce Pape, sur ce perturbateur, ce prévaricateur, ce profanateur, sur son orgueil inflexible et son opiniâtreté • scandaleuse. S'il y eut eu un concile général , ou Clément XI auroit fait , aux pieds de ce souverain tribunal, amende honorable de* scandales au il avoit donnés au monde chrétien , ou une irrévocable déposition auroit été la juste peine de son endurcissement. C'est ainsi que ce respectueux enfant de l'Église parle de * son chef. Ne doit-on pas plutôt s'honorer que rougir de* invectives d'un homme capable de s'oublier h ce point?

Si de la forme de sou livre nous passons au fond , nous n'y trouverons pas phis de solidité. Toute la première partie est destinée à prouver que le jansénisme est un fantôme, et c'est même au fond le but de tout son écrit. Mais il acmbleroit qu'il a voulu foire voir lui-même le ridicul*

Préface. \ij

dè cette assertion : Les deux puisiances s'émeuvent, dit-il, et déploient ce quelles ont de plus redoutable. Les Papes assemblent des congrégations , prononcent des jugemens avec le plus grand appareil; le roi rend des arrêts dans son conseil; le clergé de France s'assemble plusieurs fois ; le sacerdoce et l'empire tirent

le glaive et unissent leurs forces Dira-t-on , en

effet , que ces deux autorites fussent tout à coup devenues aveugles, que la lumière et le sens commun se fussent réfugies chez ceux qu'elles poursuivoient ? A qui faut-il s'en rapporter, pour connoître la vérité, ou aux premiers pasteurs, chargés de la conserver et de la défendre, ou à un parti qui prétend l'avoir pour soi ? Croira-t-on que ce parti n'existe pas, par cela seul qu'il l'assure? Est-ce l'usage dans les tribunaux qu'on s'en remette aux accuses pour savoir s'il y a eu ou non un délit ; et leur témoignage est-il rccevable pour éluder les arrêts portés contre eux? Depuis cent cinquante ans, un parti fort animé écrit et se remue , et quand on veut le réprimer , il se plaint qu'on poursuive un fantôme. Singulier fantôme, qui depuis tant de temps, trouble toute l'Église, fantôme que ceux-là seuls ne voient pas , qui ont intérêt à le contester! Quoi! tanf décrits, de pamphlets, de qucrel- - les, de déclamations, sont-ce donc aussi des fantômes? Les soins que ces gens-la prennent pour se dérober au grand jour , attestent seuls leur existence et leur dessein. Le P Lambert lui-même est la preuve vivante de la réalité de ce fantôme. Il ne Joue que ce qui est émané de ce parti, et ne blâme que ce que lui est contraire Auroit-il oublié que l'assemblée du clergé de France de 1700 a condamné cette même proposition qu'il prend tant de peine à établir ? Auroit-il oublié que cette censure fut Faite a la réqmsition et sur les instances de Bossuet, que le P. Lambert n'osera peut-être pas appeler un ignorant et un aveugle? L'autorité d'un si grand nom sera-t-elle aussi sans force, et le confondra-t-on avec tant d'autres «ur lesquels on s'est plu à jeter l'opprobre et le mépris?

jr8; Préface*

Nous ne suivrons point le P. Lambert dans une fonte de discussions et de raisonnemens auxquels il se livre. Il y a une réponse générale à lui faire ; c'est que les Mémoires étant un ouvrage historique, c'étoit par des faits qu'il falloit les réfuter. On ne détruit point des faits par des dissertations , par des argumens , par des commentaires. On n'anéantit point une longue histoire par des subtilités et des dénégations hardies. Prouvez que cette suite «Jévénemens rapportés dans les Mémoires est fausse, que ces écrits n'ont pas existé, que ces condamnations sont chimériques , que cette guerre si vive et si opiniâtre est une pure imagination , alors vous aurez cause gagnée. Au lieu de cela, le P. Lambert disserte sans fin. Il oppose à un fait d'interminables raisonnemens. Quand on lui dit qu'il a été condamné, il objecte qu'il l'a été a tort. C'est changer l'état de la question -, c'est substituer des discussions à des récits. Nous lui ayons présenté des faits; qu'U réponde par d'autres faits, s'il le peut. Il nous somme de lui détailler les erreurs des appelans. Mais l'auteur des Mémoires n'a pas prétendu faire un ouvrage de théologie. Il ne dogmatise point ; il raconte. 11 n'est point coutroversiste ; il est historien. 11 laisse à d'autres le soin de montrer l'équité des jugemens de l'Église; -son objet se borne à rapporter l'occasion , les circonstances et - les suites de ces jugemens. Il peut répondra simplement au P. Lambert : Votre cause a été jugée , mon père* Ce n'est pas à moi à la remettre de nouveau en question* Fous vous plaignez d'avoir été condamné à tort. Adressez vous au juge qui a prononcé l'arrêt. Quant à moi, jerfuis et je dois être hors de cause. Je n'écris que d'après des pièces authentiques ; je raconte des faits , je marche à la suite de l'autorité. G est le plus sur pour vous comme pour moi.

Je tic sais trop ce que le P. Lambert , malgré sa faconde, auroit pu répondre à cette courte défense. Peutêtre auroit-il eu recours au moyen qu'il n'a pris que trop souvent. Il se scroit emporté, et auroit lait pleuvoir sur son adversaire une grêle de reproches amers , d'éphitliè-

Préface. tg

tes injurieuses ot de termes de mépris. Mais ces gentillesses, qu'il a semées si libéralement dans son volume, sont une triste ressource. La colère est un mauvais conseiller. Elle égare l'écrivain et ne persuade pas le lecteur. Le P. Lambert, avec ses dénégations tranchantes, mériteroit quelquefois les qualifications impolies qu'il prodigue sans retenue. Nous nous bornerons à en donner un exemple. L'auteur des Mémoires avoit dit, dans son Introduction , qu Arnauld , dans sa fameuse lettre à un d^ic et pair, renouveloit la première des cinq propositions condamnées. Là- dessus son débonnaire critique, avec sa 'modération accoutumée, l'accuse d'ignorance, d'injustice et d'emportement. C est une preuve , dit-il, que fauteur des Mémoires n'entend rien à ces matières ; jamais tes censeurs ci' Arnauld ne lui on' fait ce reproche. Le P. Lambert s'est trompé ; car nous ne voulons pas lui rendre ses qualifications malhonnêtes. Il n'avoit qu'à consulter le rapport fait par le docteur Chapelas , un des commissaires de la faculté de théologie pour l'examen de la lettre d'Arnauld. 11 y auroit vu que les commissaires ,' aussi ignora n s apparemment que l'auteur des Mémoires , étoient persuadés également que la proposition d'Arnauld , celle qu'on appela de droit , contenait l'erreur de la première des cinq propositions. Sur qui doivent retomber alors les reproches d'ignorance grossière y de méprise ridicule et $ exagération calomnieuse , intentes par le pétulant Dominicain ? Lui sied-il bien de prendre des airs de hauteur et de mépris quand c'est lni-même qui se trouve ignorer un fait rapporté dans tontes les histoires du temps?

Que seroit-ce , si nous rappelions un autre écrit plus condamnable encore du P. Lambert , écrit qui acheveroit de lui ôter tout crédit dans l'esprit des lecteurs sages et religieux? U fit paraître; en 1806, V Exposition des prédications et des promesses faites à l'Église pour les derniers temps de la gentilité. Paris 9 chez Clo , 1 voU in- 12. Dans cet ouvrage, qui seroit ridicule s'il n'étoit pas scandaleux, le P. Lambert, qui s'y est nommé en toutes lettres, perd toute mesure» IX se plaint du respect

jwi Préface.

superstitieux de quelques catholiques qui reçoivent comme tradition les opinions et les conjectures de quelques Pères. Après avoir écarté ainsi l'autorité des Pères, {auteur développe ses systèmes , prêche le millénansme , annonce un avènement intermédiaire de Jésus-Christ, et se débarrasse de saint Augustin , en disant que ce grand docteur ne pouvoit avoir aucune idée distincte sur Vusage auquel la Providence desfinoit les Juifs. Les anciens navoient , à cet égard , que des préjugés. Ils n'aboient rien examine , et il e'toit réservé au P. Lambert de nous éclairer sur l'avenir. Qu'annonce donc ce nouveau prophète ? Qxx'Elie va venir, qu'/V sera méconnu de presque toute la gentilité (l'auteur ne désigne pas autrement l'Église ) ; qu'/Y sera proscrit et condamné par la puissance séculière et par l autorité ecclésiastique , par la foule des prêtres et des pasteurs 3 présidés par le premier pontife de la religion ; qu'il ne faut ni pénétration ni ejforts pour découvrir la première chaire de l'Église sous les figures qui annoncent l'antechrist , et que la prostituée de l'Apocalypse n'est autre que Rome chrétienne y dont , à cette occasion , le P. Lambert retrace les per>iicieuscs erreurs , la profane politique , la superbe domination , l'insatiable avarice , les coupables entreprises Voilà le langage édifiant , voilà les religieuses

prédictions de ce zélé catholique. Les protestans sont tombés dans de moindres excès. Enfin , dans le même ouvrage, on préconise les convulsions. Un long morceau est consacré à s'extasier sur cette œuvre divine , sur ce signe consolant. On nous dit que depuis soixante-dix ans, le Seigneur a élevé son étendard au milieu de nous, et là-dessus on nous cite les coups de bûches, les épingles avalées, les crucifiemens, et les autres farces ridicules ou scènes barbares qui se pratiquoient dans les galetas. Tels sont le jugement , la religion et la doctrine de ce digne prêtre , de ce sage professeur , de ce pieux enfant de saint Dominique. Nous avions fait , dans le temps, une critique de son livre; inde irœ. Le P. Lambert, a voulu user de représailles contre nos Mémoires*

Préface. Si

Nous croyons pouvoir nous consoler de cette vaine attaque, et même nous tenir honores des procèdes hautains et des expressions injurieuses d'un homme qui a levé si hautement le masque , et qui , doublement cou|>able , insulte si effrontément à l'église romaine, eh voyant en elfe l'antechrist , et au sens commun , en vantant la divinité d'une œuvre de ténèbres et de corruption.

La violence du style du P. Lambert avoit justement blessé tous ceux qui avoient eu connoissanec de son livre. - Il avoit même été question de le dénoncer, et nous savons qu'un ecclésiastique , respectable par sa piété, son zèle, ses lumières et son âge, avoit voulu faire intervenir l'autorité ecclésiastique contre un ouvrage où elle étoit si indignement outragée. Mais cette production arrogante et amère étoit tombée d'elle-même, quand plus de trois ans après, parut une nouvelle brochure sous ce titre : La vérité de C histoire ecclésiastique rétablie par des* moniunens authentiques contre le système d'un livre intitulé : Mémoires pour servir à l'Histoire ecclésiastique pendant le xvin* siècle; par M. S*** , ancien magistrat. Paris , décembre iB r 4- Ce nouvel antagoniste n'imité pas le ton emporté du Dominicain. Il est en général assez modéré ; c'est déjà quelque chose. Du reste , il paroît partager toutes les préventions du P. Lambert C'est im homme nourri dans un tendre attachement pour la cause de l'appel , et qui ne sera pas non plus accusé de trop flatter les Papes et les évéques. Il feint qu'il a été épouvanté des maux que prépare à l'Église la nouvelle édition de nos Mémoires. Son zèle pour la vérité l'a porté à signaler une si dangereuse et si funeste production. Il n'a pas cru apparemment la réfutation du P. Lambert bien concluante, puisqu'il en a entrepris une seconde. On peutdouter que ce nouvel effort d'un même parti soit plus heureux que le précédent.

Nous remarquerons d'abord que M. S. prend une mé-' thode qui est plus commode que démonstrative. Il ne' prétend pas réfuter les Mémoires' dans leur ensemble. Il * se borne à examiner Un très-petit nombre de faits qnlP

Q2 Pré/ace.

prétend faux et calomnieux , et il se hâte d'en conclure que le reste de l'ouvrage ne mérite aucune créance; Mais quand il scroit vrai que l'auteur des Mémoires se scroit trompé sur quatre ou cinq faits , cela prouveroit-il qu il eût été* également en erreur sur taut d'autres qu'il rapporte? Une induction aussi générale ne nous paraîtrait pas d'une bonne logique. Venons au détail.

Le premier tort de l'auteur des Mémoires , selon M. S. , est de n'avoir pas parlé avec assez de respect d'Arnauld et de la Morale pratique. Il a fait entendre que le docteur avoit bien pu être poussé par sa haine contre les Jésuites jusqu'à rapporter deux des faits non prouvés , et que la Morale pratique n'étoit pas une source trèssûre, ni une autorité très- respectable. Le zèle de M. S. se soulève contre de telles assertions. Mépriser la Morale . pratique , ce livre précieux qui est dans toutes les bibliothèques , et dont tous les honnêtes gens font leurs déliçes, quel procédé odieux i Et combien un écrivain se décrédite en cherchant à flétrir un livre si recommandable, si utile, et si généralement lu et estimé? Ce livre est particulièrement cher à M. S. , dont la foi robuste adopte toutes les histoires qui s'y trouvent. Nous l'en félicitons. Quant a nous, quel est notre crime? De n'avoir pasassez spécifié qu'il n'y a que les deux premiers volumes qui aient été mis à l'Index, censurés par la Sorbonne, et condamnés au feu par le parlement de Paris ; de n'avoir pas dit que ces condamnations étoient , comme cela est manifeste, l'effet des intrigues des Jésuites et une surprise faite à l'autorité, et qu'ainsi, au fond, elles ne prouvent rien ; et de n'avoir pas ajouté que le silence gardé à Rome, sur les derniers volumes, est une démonstration victorieuse en leur faveur. Car il est bien clair que quand Rome condamne les écrits de ces gens- là , c'est l'effet de la prévention de leurs ennemis , et que quand elle ne les condamne pas, c'est parce quelle est assez sage pour les approuver. De cette manière, soit qu'elle parle, soit qu'elle ne parle pas, ces messieurs ont toujours raison. Ce raisonnement est sans réplique, et nous nous proposons

Préface. a3,

de le mieux développer dans une autre édition, et do montrer que la Morale pratique est un livre d'or, qu'où Ue sauroît trop recommander et répandre.

Le second tort de l'auteur des Mémoires est encore plus grave que le premier. Il a touché à l'arche ; il a man- x que de respect pour Port-royal , et a présenté cette maison comme un lieu de rassemblement où on répandoit des écrits, où on coneertoit des mesures, où on souffloit le feu de la division. La gloire de ce saint lieu touche trop M* S. pour qu'il ne réclame pas contre ces accusations. Il nous délie de lui citer un seul livre imprimé et saisi A Port-royal. D'abord , nous n'avons point dit qu'on y imprimât , mais qu'il partoit de là dés écrits ; ce qui signifie apparemment qu'on y en distribuoit , et il nous permettra ' de Je croire. Il nie les rassemblemens , parce que , dit-il , les solitaires avoient été précédemment dispersés, et qu'ils étaient presque tous morts. Il en restoit à peine , selon % lui , trois ou quatre. Nous lui en nommerions bien davantage ; car nous n'avons pas parlé seulement des anciens solitaires de Port-royal , mais des amis zélés de cette maison , de ceux qui en conservoient l'esprit. 11 en existoit un assez grand nombre en 1709 (1); plusieurs n'étoient pas fort éloignés, et pouvoient aisément s'y réunir. Cette maison inspiroit à ses partisans le plus vif intérêt. De là tant do plaintes sur sa destruction. De là ces Histoires de Port— royal , ces Mémoires sur Port-royal , ces Gémissement ,sUr Port-royal, De là ces pèlerinages que l'on fa i soit sur ses ruines; pèlerinages qui avoient lieu même à une époque bien postérieure. Depuis Pâque dernier , écrivoit-on en 1733, les pèlerinages à Port-royal sont sur-tout devenus plus fréquens . Ils s* y est trouvé à la/ois jusqu'à

quatre-vingts ou cent personnes de Paris Un jour

il y a eu un concours de plus de trois cents personnes*

(1) Charle%JU Grange et Nicolas Fontaine no moururent que cette année ; ^te^l'avocat Lombert , Duvauccl , Treuvé , Hure , TWierri de Viamfcs, le Brun Dcsmarettcs , Hecquct , Blondel> Innés , etc. etc. n'étoieaVj'as moiaa attachés à Port-royal.

34 Préface.

On en a recueilli des os , de la terre, de l'herbe même».. (Nouvelles ecclésiastiques du 20 mai 1733. ) Nous citons ici à M. S. des autorités dont il fait cas. Si on accouroit . ainsi de toutes parts à Port royal , quand la maison étoit détruite, à plus forte raison apparemment quand elle snb- •istoit. Les adhe'rens de Port-royal , dit un écrivain moderne, qui a aussi déploré sa ruine , formèrent constamment une famille dispersée , mais dont les liens invisibles

4e fortifièrent par la persécution dirigée contreux

Sous le point politique , on peut les citer comme précurseurs de la révolution,.*.. Divers littérateurs attribuent à un adhérent de Port-royal le livre fameux qui parut anonyme vers la fin du xru* siècle : les Vœux d'un patriote , ou Soupirs de la France qui aspire après la liberté. Le même auteur indique encore le Catéchisme sur l'Eglise pour les temps de troubles , rédigé, dit-ilf par un ami de Port-royaL II ajoute plus lom : C'est l 'école de Port-royal qui , dirigeant les efforts concertés de la magistrature et de la portion la plus saine ( selon lui ) du clergé, opposa une double barrière aux envahissemens du despotisme politique et du despotisme ultramontain Nous n'en avions pas tant dit. Nous sommes fâchés que M. S. , oubliant ici la modération qu'il scjiibloit s'être prescrite , se soit un peu rapproché du ton du P. Lambert, et ait recueilli quelques-unes des épithètes dont le bon père étoit si prodigue. Nous aurons encore sur lui cet avantage ; c'est que nous ne» l'appclcron* ni un déclamateur ridicule , ni un calomniateur impertinent» Nous nous plaindrons seulement qu'on ne puisse défendre Arnauld et Port-royal sans employer quelquesuns de ces termes que le monde estime durs , et que des gens si charitables ne puissent se posséder davantage.

Un troisième sujet de reproches fait par M. S. aux Mémoires y c'est le récit qui s'y trouve des faits qui amenèrent la constitution Unigenittts. Il fait l'étonné que l'auteur ne se soit pas servi davantage , et du Journal de

(t) Let Eûmes de Port-royal 9 en 180?+ par M. Gregoii*-

Préfacé. a5

Dorsanne , source sure et uon suspecte , et des Mémoires de Saint-Simon, dont personne ne conteste la rigide impartialité. Les autres autorités qu'il ajoute à de si imposans témoignages , sont les Mémoires de Duclos et de Marmontely que l'on sait avoir copié Saint-Simon, et qui ont racontés ces disputes d une manière si exacte , si mesurée et si sage. Comment un homme un peu judicieux peut-il nous faire- un crime de n'avoir pas suivi aveuglé-» ment des historiens si légers ou si prévenus ? Peut-il ignorer que Saint-Simon débite une foule d'anecdotes qui circuloient à Versailles , et dont la plupart ne prouvent que sa crédulité lorsque ce n'est pas lui qui les invente? Ne ra- . conte-t-il pas comme un fait certain le mariage du cardinal Dubois , historiette dont la fausseté est reconnue par les modernes les plus impartiaux ? Ses éditeurs même n'ont-ils pas avoué son caractère haineux et satirique , qui le portoit à dire du mal de tout le monde et à adopter les fables les plus ridicules? Duclos, qui lui a emprunté tant d'anecdotes, n est-il pas connu par sa causticité, son penchant * l'épi gramme et son empressement à accueillir les traite les plus mordans? Si^ce sont là les autorités de M. S., nous les lui abandonnons volontiers. Il aime les anecdotes; nous nous en défions extrêmement. Il cherche à divertir son lecteur ( page 28) , nous croyons plus utile de l'instruire. Un écrivain grave n'attache pas tant d'importance à ces propos , à ces ouï-dire , à ces épigrammes , qui sont propres peut-être à égayer l'oisjveté maligne , mais qui ne persuadent que la crédulité et l'irréflexion. Nous l'avons dit ailleurs , ce n'est pas sur de telles autorités que s'appuie l'histoire, et que nous avons cherché à asseoir nos récits.

Mais voici qui va nous écraser. M. S. a consulté les archives romaines transportées à Paris il y a quelques années. L'on diroit, c'est lui qui parle, que ces archives n 'ont été amenées à f hôtel Soubise que pour lui fournir tout ce qu'on peut désirer en fait de preuves. Admirable attention de la Providence, qui n'a permis ce déplacement que pour procurer à M. S. les moyens de nou6

a6 ï> réface.

confondre? car Jcs preuves qui résultent de ces archives sont péremptoires. Ce sont des coups de massue dont on ne peut plus se relever* Nous n'avons pu, il faut l'avouer, nous défendre de quelque épouvante en lisant ces terribles menaces, et nous n'avons commencé la lecture de ces pièces si décisives qu'avec une anxiété pénible. Biais, qu'y avons nous trouvé? Deux lettres d'un Capu^ cin, le P. Timothée de la Flèche, depuis évéque de Béryte,et deux autres du P. Le Tellier. Et que nous apprennent ces lettres victorieuses ? que le P. Le Tellier écrivait à Rome pour représenter la nécessité d'une bulle contre les Réflexions morales , et qu'il a^tssoit en France pour qu'elle y fut reçue. Eh bien! qu'y a-t-il donc là de si. dèslmnorant pour la cour de Rome et pour lui ? Bossuct ne solUcita-t-il pas aussi , et long-temps et avec instance , le bref contre le livre de Fénélon ? M. S. lui en fait-il un crime? Pourquoi trouve-t-il si blâmable dans l'un ce qu'il louerait dans l'autre ? L'air triomphant qu'il afiecte après cela n'est-il pas un peu ridicule? 77 seroit curieux, dit-il , de sa\*oir ce que V auteur des Mémoires auroit h répliquer h ces preuves* Nous pouvons satisfaire sa curiosité ; c'est que ces preuves ne nous ont rien appris. Nous savions comme lui que le P. Le Tellier a voit pu contribuer à instruire le Pape de ce qui se passoit en France. Mais de ce qu'il écrivoit à Rome pour demander une bulle, conclure, tomme font quelques historiens, et M. S. après eux , que Le Tellier dicta la bulle , qu'il mit le pied sur la gorge du Pape y suivant l'expression noble de ces messieurs, qu'il exigea impérieusement la condamnation de plus de cent propositions , que Clément XI en fit ses doléances à M. Auielot, ce sont là de ces anecdotes ridicules* qui ne peuvent paraître plausibles qu'à ceux dont elles favorisent les préventions. On dirait avec tout autant de fondement que Rossuet mit le pied sur la gorge d'Innocent XII pour lui faire donner le bref contre Fénélon; car certainement ce savant prélat mit plus de zèle à faire condamner l' Explication des maximes des, saints 9 qne Le Tellier k obtenir la bulle contre les Réflexions mora-

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les , qui d'ailleurs, comme doit le savoir M. S. , avoient • été condamnées en 1708, avant que Le Tellier s'en fut mêlé. Cette seule observation détruit l'importance affectée que notre critique attache à ses grandes découvertes et à ses terribles preuves.

M. S. a encore recours aux archives pontificales pour rapporter ce qui se passa à Rome et en France au sujet de la même bulle ; mais ses recherches , loin d'appuyer son système , lui seroient plutôt contMures. Car , d'après les renseignemens mêmes qui! nous transmet, on voit avec quelle lenteur , avec quelle maturité on procédoit à Rome a V examen des propositions extruites du livre de Quesnel. Lui-même nous raconte qu'il y eut d'abord i55 propositions soumises à l'examen ; qu'un premier examen fut commencé le i« juin 1712, que le Pape établit ensuite de nouvelles congrégations, que huit consulteurs commencèrent leur travail au commencement de 1713, que six cardinaux furent appelés, que Clément XI, faisoit lui-même un extrait des opinions des consulteurs, y joi— gnoit ses développemeus et ses remarques, et terminoit9 sur chaque proposition, par une note, également de sa main, et énonçant son jugement. Uu tel travail prouve que ce Pontife n'agit en cette occasion , ni par une impulsion étrangère , ni par aucun des motifs ridicules que lui ont prêtés ses ennemis, et il faut remercier M. S. de nous avoir fait conooître le soin , l'attention et l'assiduité* avec lesquels Clément XI traita cette affaire. 11 prétend tirer un grand avantage d'un mémoire remis au Pape en avril 171 7, et où on parle de l'accueil qu'avoit reçu la bulle en France. Ce mémoire s exprime en effet à peu près comme auroit pu faire Dorsanne ou Villefore. Mais qn'indique-t-il ? rien autre chose que l'opinion de celui qui l'a voit rédigé, peut-être du P. Laborde ou de l'abbé Chevalier , qui étoient alors U Rome , qui y avoient été envoyés par les opposans , et qui eurent ordre d'en sortir peu après. 11 n'est pas étonnant que ce mémoire soit écrit du même ton que les pamphlets des appelans , puisqu'il Itoit émané de ce parti ; et de ce qu'on l'a trouvé dans les

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archives dé Rome , cela prouve seulement qu'on y conservent toutes les pièces , dans quoique sens qu'elles fussent rédigées; ce qui en effet est assez l'usage dans les archives.

M. S. s'est donc un peu haïe de chanter victoire. Sa massue n'est pas celle d'Hercule, et ses démonstration* ne persuaderont que lui. Nous arrivons à un dernier reproche qu'il nous fait. Pour le coup, il nous a pris en flagrant délit. Nous avions dit que Clément XI avoit offert an cardinal de Nouilles de calmer ses scrupules en lui donnant sur la bulle les explications qu'il pouvoit désirer. Notre critique se récrie sur cette assertion , comme étant une fausseté palpable et une invention ridicule. Mais ce n'est point nous qui avons inventé ce fait ; c'est un écrivain contemporain qui le rapporte , c'est un éveque employé dans les négociations de ce temps-là. A la vérité, et nous en avons quelque honte pour notre cause, cet écrivain , cetéveque, est un Jésuite dont le témoignage ne paroîtra peut-être pas recevahle à M. S. ; car à ses yeux un homme de cette robe mérite-t-il quejque confiance? Néanmoins, puisqu'il nous fait tant valoir et son Dorsanne et son Villefore, il faudra bien qu'il nous permette de lui citer une seul fois M. Latitcau. V trouvera le fait en question dans la Réfutation des Anecdotes y par ce prélat , tome I" page 54 et 55.

Le reste de sa brochure roule sur des reproches plufi vagues encore ou tout aussi peu fondés. Elle est terminée par une conclusion dans laquelle cet homme judicieux et «élé, craignant que ce que nous avons dit de la philosophie ne servît à détromper quelques incrédules, a soin de les prémunir contre un résultat si fâcheux , et daigne leur fournir des raisons pour échapper aux faits que nous avons réunis contre eux. On ne peut qu'applaudir à la sagesse, à la discrétion , et aux intentions pures d'un chrétien si charitable.

Nous avons peut-être attaché trop d'importance à cette brochure. Mais si nous n'y avions pas répondu , l'auteur se seroit peut-être flatté de nous avoir réduits au

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Ailence. Nous avons voulu lui ôter jusqu'à celte ressource. Il verra que nous n'avons point fui le comlat, 11 avait pris plus de huit ans pour nous réfuter; nous lui répondons au bout de quatre mois. - Ce ncst pas là refuser le défi ; seulement nous l'engagerons à se hâter davantage une autre fois. Le premier volume de notre nouvelle édition étoit déjà imprimé, quand sa brochure a paru. Nous avous ouï-dire que depuis il y a encore donné une suite, et qu'il se fatigue à répéter contre les Jésuites tout ce qu'avoient déjà dit ses devanciers. Nous avons envoyé demander celte suite chez son libraire et n'avons pu l'obtenir. Nous ne croyons point avoir à regretter cét écrit , qui n'eût probablement contenu que ce qu'on trouve déjà sur ce sujet dans cent autres- ouvrages, et où on nous eût cité, comme des autorités irréfragables , et la Morale pratique , et les Nouvelles ecclésiastiques , et Coudrette, et Platel, et les autres écrivains du même bord , si célèbres par leur sagesse et leur modération. Nous n'envions pas à M. S. ces suffrages et ces gara ns, et nous nous hâtons de terminer ces discussions, et de venir à notre objet. Nous ferons seulement remarquer, en finissant, que nos Mémoires n'ont été attaqués que sur un genre de faits , et que la partie philosophique, et les autres récits qu'ils renferment, n'ont point été contestés; d'où il suit que la portion la plus importante de notre ouvrage est restée sans réponse, et que l'ensemble de cette histoire, et la masse des faits qu'elle présente, doivent paroître assez bien établis pour entraîner l'assentiment du lecteur. Cette seule considération nous consoleroit des chicanes de quelques gens tenaces qui ne connoissent rien de plus important que les préjugés dont ils sont remplis, et qui voudraient concentrer l'histoire de l' Église dans l'éloge de leur cause , et dans l'apologie de ses défenseurs.

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