‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18e siècleChapitre 30 sur 50 · TOME F&EM1CIU · texte numérisé non relu

TOME F&EM1CIU

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ques étoient des gens guides uniquement par des vues humaines. L'Église étoit proche du naufrage. Cette Instruction, si toutefois on peut doiiner ce nom a ua pareil écrit, attira donc l'attention sur M. Soanen , et détourna sur lui le coup, que nanroient pas dû éviter, ce semble , ceux qui<~partageoient ses torts.

— Le 18 novembre , Lettre de l'assemblée du cierge" de 1726 au roi. Il en avoit été convoqué une cette année après la disgrâce de M- le duc. et le roi avoit commencé à appaiser les plaintes du clergé , d abord en snrseyant aux taxes imposées sur ses biens, et ensuite ea reconnoissaut formellement ses privilèges et en s'en gageant à les maintenir. L'assemblée , après avoir remercié le roi de cette protection , lui marquoit qu'elle recouroit à lui pour des intérêts plus pressans. Elle lui exposoit la patience avec laquelle le clergé avoit souiï'ert les injures laites à l'Eglise, le besoin de les réprimer, et la nécessité d une loi qui exceptât formellement les éveques du silence prescrit. Elle rappeloit la licence des écrivains , ce qu'oa appclott si faussement le silence respectueux canonisé, la bulle Ifnigenitus attaquée par des libelles sans nombre, le feu roi calomnié , les droits de l'Église méconnus, ^autorité des évéques sur les prêtres combattue , et les questions les plus claires mises en problème ou résolues avec témérité. Elle demandoit qu'on réprimât ces écrits audacieux qui souffioient l'esprit de révolte dans les communautés et les séminaires. Elle exposoit que le meilleur remède à ces maux étoit les conciles provinciaux , qui raraeneroient la discipline et la subordination , et pré— viendroient ces recours fréquens aux tribunaux séculiers , qui compromettent les deux puissances. « Ge moyen ,dté soient les évéques,' -nous donneroit peut-être la conso-

lation (et (met avantage pour la religion!) de ramener « à l'unanimité quelques-uns de nos confrères qui s en sont « éloignés, de leur fane connoitre combien leur résis- 4e tance à la bulle est condamnable, et de les engager à « corriger eux-mêmes ce qui leur est échappé de répr«?e hensibie. * lis deoxandoient doue avec uutance tes

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conciles provinciaux. Leurs vœux, à cet égard, furent remplis en partie.

— Les 10, 27 et 3i décembre,- Benoît XIII canonise, avec les cérémonies accoutumées , huit bienheureux ; «avoir : 1° Thorribio de Mongravejo , né dans l'évéché de Léon en Espagne, en i538, archevêque de Lima au Pérou , prélat célèbre dans cette contrée par ses travaux apostoliques, et par son zèle à répandre la foi , à corriger les mœurs, et à inspirer la pratique des vertus chrétiennes. Il tint plusieurs conciles, et mourut en visitant sou diocèse, le 23 mars 1606 , après vingt-cinq ans depisco— pat. 20 Jacques de la Marche, né à Ascoli, en 1391, religieux des Frères Mineurs de l'Observance, employé par plusieurs Papes dans les affaires générales de l'Église. Il prêcha avec succès en Hongrie, en Allemagne et en Italie , ramena beaucoup d'hérétiques , convertit un granci nombre d'infidèles, assista au conciles dè Ferrare et de Florence , mena la vie d'un apôtre , et mourut à Naples le 26 novembre i4;6. 8° Agnfcs de Monte-Pulciano , religieuse fervente, morte dans sa patrie le 20 avril i3 1 7. Ces trois premiers furent canonises le 10 décembre ; les trois suivans ne le furent que le 27. 4° François Solano, né en Espagne, en 1 549 > frère Mineur de? l'Observance, prédicateur et missionnaire. Il se signala sur-tout par son zèle infatigable et par sa charité pour les pestiférés. Après avoir long-temps exercé son ministère en Amérique, il mourut à Lima le i4 juillet 1610. 5° Fercgrini Latiocî , de 1 ordre des Serviteurs de la bienheureuse Vierge Marie. If pratiquoit de grandes austérités , et travailloit avec ardeur à la conversion des pécheurs. Il mourut à Forli, sa patrie, le i«p mai i345. 6° Jean de la Croix , né en i54î , dans la Vieille-Castille, d'une famille noble , lié avec sainte Thérèse, qu'il seconda dans la fondation de son ordre , et auteur lui-même d'une reTorme des Carmes. Il mourut en Espagne , après une carrière remplie de travaux et de bonnes œuvres , le 14 décembre 1591. n° Louis de Gonzague t né en 1 568 , de la famiUe des princes de ce nom , jeune homme d'uat

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éminentc piété, qui renonça a» monde pour entrer chez les Jésuites, et qui mourut à Rome le n juin i5o,i* 8° Stanislas Kostka , né en Pologne . en 1600 , et mort à Rome an noviciat des Jésuites, le i5 août 1618, après là vie la plus fervente. Ces deux derniers fureot canonisés ^e<3it décembre, La bulle de canonisation rie saint Louis •de Gonzague est datée du 4 des ides de décembre. Mais c'est sans doute une erreur du bnllaire, puisqu'il est dit tpie cette canonisation se fit le jour de saint Silvestrc, et en même temps que celle de Stanislas Kostka , qui est datée du 3i décembre.

Le 11 août , censure d'une assemblée d'évêqncs , à Paris , contre le livre de le Cour rayer. Pierre-François le Courrayer étoit chanoine régulier de Sainte-Geneviève, et bibliothécaire de la maison de ce nom , a J'ans. Il étoit appelant, et il avoit pris part à toutes les démarches de ce parti. Ayant été employé à lire le Mémoire de l'abbé Rcnaudot sur la validité des ordinations anglicanes y inséré dans la Véritable croyance de V Eglise catholique > de l'abbé Gould , il examina cette question , et devint chaud partisan de la validité de ces ordinations. Il sut que l'archevêque de Cantorbéri, "Wake, avoit été en correspondance avec Du pin, et il imagina d'écrire an prélat pour avoir de lui des >renseignenicns qu'il souhaitoit. Lu première Lettre de Wake est du 1 G septembre 1721 , et il s'établit entreux une correspondance. En 172$, le Courra yer publia lé fruit de ses recherches* sous le titre de Dissertations sur la validité des ordinations anglicanes. Son ouvrage, imprimé à Nancy, quoique portant le titre de Bruxelles, lui attira plusieurs adversaires, l'abbé» Gervaise, les pères Hardouin et le Quien ., M. Fennel. Le père Courraver leur prête à tous, dons sa Relation apologétique % des motifs injustes ©u ridicules : mais .c'est ainsi qu'il en use envers tout

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ceux qui lui ont été contraires. Lui seul avoit de l'amour pour la vérité ; lui seul *e conduisit en toute rencontre avec franchise et loyauté. Les autres sont ou des gens ibibles et lâches, ou des gens injustes et passionnés. U comptait pour peu, disoit-il, d'être approuvé ou ceu~ sure paf l'épiscopat ; mais en revanche il se lioit de plus en plus avec les Anglais. H écrivit une lettre de renier* cîmens à celui qui avoit traduit son livre dans cette lan* gue. En 1726 , il donna la Défense de sa Dissertation, en quatre volumes, qui furent aussi traduits en anglais. Il y soutenoitles mêmes sentimens, et y ajoutait encore de nouvelles idées, traitant 6es adversaires avec beaucoup d'arrogance et de mépris. On crut y voir aussi une forte tendauce à se rapprocher des opinions de l'église angli*cane. L'auteur s'expliquoit fort librement sur le sacrifice de la messe , dont il sembloit ne plus faire qu'un, sacrifice représentatif et commémorât if. Il n 'était pas plus exact aur le sacerdoce , sur la forme des sacremens , sur leur caractère, sur les cérémonies de l'Église, sur l'Église même, enfin sur la juridiction et l'autorité du souverain Pontife. H louoit, sur ces divers points , la doctrine des anglicans , et on verra par la suite qu'il ne disoit point encore tout ce qu'd pensoit. Mais il y en avoit asseç dans sou livre pour exciter l'attention et le zèle du clergé. M. de JBelzunce , évéque de Marseille , fut le premier qui condamna ses écrits. Le roi , informé de l'éclat qu'ilscausoient, chargea les évéques, qui se trouvoient alors à Paris, de les examiner. Ces prélats se réunirent, au liombrede vingt, chez le cardinal de Bissy r évéque de M eaux, et tirèrent de la Dissertation et sa Défense trente-sept propositions qui rouloient sur les questions que npus venons d'indiquer. Après avoir repris le Cour-* rayer de la hauteur et de l'aigreur .de ses expressions, et avoir montré , dans le concile de Trente , la condamuation de son système , ils condamnoient les trente-sept propositions avec diilérentes qualifications , et notamment avec celle d'hérésie. En conséquence de ce jugement , le roi rendit peu après, en son conseil, un arrêt portant

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que ces livres seraient lacérés et supprimés à. peine de 3oo livres d'amende. Le cardinal de Noaifles aurait dû , ce semble , être le premier à apporter quelque remède au mal, et cependant il souffroit depuis plusieurs années que le Courrayer montât à l'autel pour célébrer des ttiystères sur lesquels il se permet toit de penser autrement que l'Église. Ce prélat ne parut se réveiller, que lorsqu'il vit les évoques assembles. Il donna, le 18 août, un Mandement fort court contre les deux écrits. Encore remarqua-t-on que ce Mandement ne parut que le 5 septembre, et quelques personnes crurent qu'on l'avoit antidaté afin de prévenir la censure des évêques. Le cardinal donna aussi , sur le même sujet , une asse* longue Instruction pastorale. Plusieurs évêques s'élevèrent contre les deux ouvrages de le Courrayer. Le coocile d'Embrun les condamna, comme nous le dirons bientôt, et > Benoît XIII les flétrit par un bref du 2") juin de Tannée suivante. Tant de coups ne purent ébranler ta constance ou plutôt l'audace de le Courrayer. Le cardinal de Noaitles , qui le ménageoit beaucoup , et le parti des appelaus , qui craignoit que son opiniâtreté ne fit tort à la cause commune, n'omirent rien pour l'engager à se soumettre. Il refusa successivement plusieurs modèles de rétractation qu'on lui offrit. On obtint pourtant de lui un acte par lequel il se disert fâché du scandale qu'a voient donné ses livres, et se soumettoit à la« décision du cardinal; mais il soutenoit que ses intentions a voient été pures. Dans une autre lettre, il se renfermoit dans des généralités qui Soient fort loin d'annoncer le repentir. Piqué sur-tout de voir que le cardinal , dans son Instruction , le représentait comme sincèrement soumis , il résolut de quitter la France, et dépasser chez ceux dont il avoit bien soutenu les intérêts. Il étoit plus que jamais en relation étroite avec les Anglais. L'université d'Oxford lui avoit adressé, le 28 août 1727 , un diplôme de docteur, et le Courrayer, qui metloit apparemment plus de prix aux suffrages d'un corps protestant qu'à ceuv des évêques catholiques , avoit îVpoudu, le i«* décembre, par une lettre

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pleine de témoignages de reconooisatnce. L'archevêque Wake le pressoit de le venir joindre. Le docteur At- - terbury, ancien évêque de Rochester, retiré depuis quelques années à Paris , l'encoure geoit dans sa résistance , et l'engageoit aussi à passer en Angleterre. Il lui en fournit morne les moyens. Le Cou ira ver partit, de Paris, le 12 janvier 1728, laissant une lettre adressée au cardinal de Noailles, dans laquelle il rétractait ce qu'on lui avoit fait dire dans l'Instruction. Il écrivit aussi de Culais à son général, protestant . toujours de la pureté de sa foi et de ses sentiraens. H s'efforce dans sa relation de justifier sa fuite; mais les raisons qu'il en donne ne prouvent que son orgueil, sa hauteur, son mépris pour les évêques , et son penchant pour une communion étrangère. L'abbe' de Sainte -Geneviève lança contre lui une sentence d'excommunication j ce qui sans doute n'effraya pas beaucoup le coupable» U avoit appris que la crainte d'une excommunication injuste ne doit pas nous empêcher de faire notre devoir* L'accueil que lui firent les Anglais ctoit d'ailleurs propre à consoler un bomme en qui la foi étoit éteinte. L'archevêque de Cautorlwri , l'évêque Sherlock et d'autres prélats anglicans , le comblèrent de politesses et de présens. Ils le regardoient comme une conquête , et ils en faisoient trophée. La cour d'Angleterre lui accorda une pension. C'était là, aux yeux de le Courrayer, un ample dédommagement du mauvais succès de ses ouvrages en France. Les appelans ont été divisés à son sujet. Les uns ont vu en lui un homme qui avoit fait naufrage dans la foi ; mais d'autres en ont parlé comme d'un écrivain très-catholique .( 1 ) , et le Courrayer prétendoit l'être encore , alliant , aveo une affectation bizarre , les titres de chanoine régulier de Sainte-Geneviève et de docteur d'Oxford. Il alla offrir ses services à l'archevêque Barchman ,

(t) L'abbe Gonjct lai est favorable «tans son édition àe Mo» réri. Voyez l'article Le Quien , où l'on donac tout le tort à celui-ci iUap fa <Ji«pute avec le ÇçLumyex.

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