TOME SEflOM
fletablif «partout prêtre non approuvé* d'aucun èvèja*J pouvait ab8ou6V^Ni»lefnent , et souvent Ikitemrnt . tout pénitent qui se présentait à lui. Travers avouait qu ïl avoit -contre lui la pratique uniforme et universelle de l'Église ; mais d n'en étoit point effrayé. Il est condamne* par le concile de Trente, qui décide que l'absolution donnée par un prêtre à celui sur lequel il n'a point de juridiction , soit ordinaire, soit déléguée , est une absolution de nul poids. Ce téxte n'arrête point le téméraire écrivain. Il dit que ce décret ne paroît fait que confre les prêtres qui vivoient alors ; que, pris à la lettre, il n'oblige que les réguliers à l'approbation de l'évêque* Avec de pareilles de'faites on se débarrasse aisément de toutes les objections. Ailleurs , voici comme Travers s'explique en parlant du même concile général : Ty trouver un autre défaut. L'approbation des confesseurs* par tévéque , a V exclusion des curés , peut passer pour un Jugement contre les curés qui nont point été appelés * qui auroit été rendu par ceux qui paroissant partie* dans cette affaire y n*en dévoient pas être les solliàiteurr et les juges , contre lequel , par conséquent , les curé? seront en droit de se pourvoir, quand ils en auront la liberté. Et c'est ainsi qu'on parle d'un décret universellement suivi, et d*un concile respecté par toute l'Église î On voit par là ce qu'étoit l'appel au futur concile , dan» l'intention de ceux qui y avoient recours. Si le jugement ne leur eût pas plu , ils se seroient dits condamnés par leurs parties , et ils se seroient pourvus. Tel fut l'ouvrage que condamna la Sorbonne. Les archevêques de Sens et d'Embrun se joignirent encore à elle pèwr le proscrire.
— Le iH octobre , sacre de Théodore Van Der Croon y comme archevêque d'Utrecht. Barchmtfn-Wuytiers étant mort « Rhynwieh , le i£ mai de l'année précédente, on songea à 'lui donner un successeur; car il ne fàlloit pas laisser éteindra, un épiscopat si précieux. Les chanoines d'Utrecht élurent donc Van Der Croon. 11 fut en cor* *aeré par Varlet , cetéVêçw excommunié, qui, comme
^ dit Moréri, avoil une vacation particulière pour Us muvres abandonnées. Clément XII, par un bref du «37 février .1735, déclara excommunies de .nouveau et •sehismatiques , l'cflu,' les électeurs et leurs adhérens. Vaa Dcr Croon eut recours à la ressource ordinaire des siens. Il appela de ; cette sentence, et envoya son appel au* évêques voisins « et entr autres au cardinal d'Alsace , arcnevéque de Malincs, qui y répondit par. un écrit, ois il montroit ce qu'il fallait penser de Van Der Croon , du litre qu'il prenoit, de son appel et de ses sectateurs* Ainsi cette malheureuse église étoit également rejetée du amot Siège et des évêques catholiques, et restoit seule, isolée, , sans centre d'unité, et sans communication ave> *S antres «glises* • , .
Le 7 janvier, consultation de trente docteurs en thécW iogie , contre les convulsions. Les impiétés et les ipiar xnies des convulsionooires a voient à- la fin épouvanté lea plus honnêtes appelons, et ils avoient cru l'honneur de leur parti intéressé à rejeter des Sfènes dont ils gésnissoient. Ils écrivirent contre les convulsions, et c'est d'eux que nous avons tiré presque tout ce que nous avons dit a cet égard. Le parti se trouva donc divisé en deux tranches de partisan* et d ennemis des convulsions. II y eut entre les uns et les autres, en i73î et 1733 , de» conférences > où l'on convint de la nécessité d'établir dea îvgles pour prévenir les écarts des convulsionnaires. Mais ceux-ci ne voulurent pas s'y soumettre; Lesprft de Dieu, quilesanimoit, pou voit-il être assujéti à des règles gênantes? Us secouèrent le joug que prétendoient leur imposer - des gens sans mission , qui leur avoient appris à ne pas se rendre aveuglément à l'autorité. Les desordres continuèrent, et c'est alors que plusieurs appelaos témoignèrent hautement leur horreur pour ces feroes scandaleu- ^ÇB. La division se mit même dans le camp des cçnvtd^
sionm'stes (i). î-es uns t rou voient 1 mit ad miratjlc da*T les convulsions, et rapportaient également tout à Dieu.' Les autres vouloient qu'on fit un discernement 9 et ne pouvoient se résoudre à diviniser des crimes. Celte seconde classe comptoit à sa tête les évêques de Montpellier et drfiénez, Boursier, d'Etemare et autres coryphées» Ce n'est pas <|ue dans les commenceraens ils n'eussent montre' pour toutes les convulsions beaucoup de rèle et d'enthousiasme. Mais il faut bien revenir sur un jugement aussi aventuré'. On leur reprocha ce changement , et on les attaqua même avec avantage sur leur système actuel. Car en disant qu'il y avoit dans les convulsions des choses qui no- pou voient venir que de Dieu , et d'autre* dont le démon seul pou voit être l'auteur, ils ne savoient pas donner de règles satisfaisantes pour discerner le divin du diabolique; et on leur prou voit que cette distinction n'avoit rien de solide , et. que Y oeuvra formoit un tout tellement lié, qu'il étoit impossible de supposer que Dieu et !e démon s'y trouvassent ensemble. Tels étoient les raisonnemens qu'on leur opposoit. Déjà plusieurs appelans contins avoient battu par les armes du ridicule et de la raison les scènes do convulsionnisme , lorsque* le 7 janvier 1735, trente docteurs de Paris , appelaus , signèrent une consultation devenue fameuse en ce temps-là. H étoit mal-aise' de récuser le témoignage de gens qui avoient fait leurs preuves d'attachement à la cause commune. C ctohV même l'intérêt de cette cause , déshonorée par les excès des convulsion naires , qui portoit les docteurs à se déclarer contre enx. Ils prononçaient donc que les convulsions ri étoient* point Voeuvre de Dieu , et que ce ■ prodige j autorisé par une admiration mal placée, dei'oit être livré ît tout le mépris qu'il méritoit. C'étoit, disoient-îls. une folie , un fanatisme , un scandale, uu blasphème , que d'attribuer à Dieu ce qui ne pouvoit venir de lui. Ils décidoient que .«77 arrh'oit quelquefois " aux convulsionnaires de dire la vérité ', on ne pouvoit
(1) CYsl mu! qu'où »j|<.loil les jatlisar.s îles convuWoiià.
Jnnée
enfuira honneur <ju a des conjectures, ou à un heureux hasard , ou à des connoissances particulièt'es ; quils «voient pu se procurer , ou enfin peut-être même au démon. Quant aux miracles, les trente docteurs gardoicnt a ce sujet le plus profond silence , et posoi'-nt toutefois <les principes qui rcuversoient ces prodiges, dont en eifet plusieurs appelaus couimençoieat à parler assez librement. Cette consultation ayant été rendue publique $ 4e vint un grand sujet de scandale pour la bande des •admirateurs des convulsions. Ils se récrièrent avec vivaaité contre les décisions des trente. « On vous a vus, «lisoient-ila, approuver ce que vous rejetez aujourd'hui. Pendant plus d'un an , vous avez reconnus par les convulsions l'œuvre de Dieu même. Quel sujet de triomphe pour nos ennemis communs Vous souscrivez à leurs principes, vous leur fournissez des armes, vous anéantissez les preuves glorieuses sur lesquelles s'étayoit notre appel, n Ils reprochoient encore aux docteurs de se séparer des évêques appel ans yet de rompre avec les pères et les colonnes de leur église. Au reste, ce qu'il y avoit de plus clair dans cette dispute , c'est que ces deui partis se ternassoient l'un l'autre. Les trente docteurs prouvèrent fort bien qu'on ne pou voit admettra les cou vu 1sions comme divines, et les partisans de celles-ci, en répondant h ceux de leurs adversaires qui recoanoistoienf .encore les miracles, leur déinontroient qu'ils étoient •tellement liés avec les convulsions, qu'on ne pou voit rejeter les une3 sans proscrire aussi les autres. C'étoieni •le même tombeau, les mêmes reliques , les mêmes invocations qui produisoient les convulsions et les miracles. De ces raisounemens réciproques on concluoit que ces ,deux sortes de prestiges méritoient le mépris et l'horreur , et qu'il ne restoit aux appelans que la honte d'avoir vanté tous, au moins pendant quelque temps , et d'avoir donné comme divin ce qui ne pouvoit être regardé que comme l'œuvre du démon ou le fruit de l'imposture. Et . ici il est bou de remarquer encore quelle fut l'origine et J* syurçt? i« çpflv unions. Elles paroisjent être venues *
jâ Jnnêe 1780.
comme nôits l'avons déjà vu, du figurisme . ceat-à-dire^ de la mauie de voir partout des figures dans l'Ecriture èainte. Ce système, qui, renfermé dans des justes bornes , rte présente rien que de fouable , de sage et de conïbrme h la tradition, devient ridicule quand on l'outre, comnle faisoient les figuvittes de ce temp-là. Le plu», célèbre d entre eux, * l'abbé d*Étemare, que nous avons tomme plus haut , avoit été disciple de Duguet ; mais il alla bien plus loin que son maître. I! tournoit tout eu allégories dans la Bible , tout , jusqu'aux plus menues circonstances. Tout étoit pour lui un type. 11 voyoit dans les détails les plus indifférens de l'ancien Testament , des images de ce qui se possoit de son temps. Affligé cfe la défection et de l'apostasie, qu'il croyoit consommées par l'acceptation de la bulle Unigenàus y il cherchoit des consolations et des remèdes dans l'avenir. Sa tête travailla sur ce sujet, son imagination s'échauffa, et il vît ' clairement que Dieu alloit tenir au secours de son Église par quelque moyen extraordinaire et éclatant. Il insinua ces idées dans des livres , dans des conférences publiques, dans des entretiens particuliers. Elles trouvèrent aisément accès dans des têtes disposées à l'illusion. On crut voir ce qu'on désiroit , et les convulsions parurent l'accomplissement ou du inoins le présage du renouvellement général qu'on arttendoit dans l'Église/ Gc parti des fleuristes devint dominant dans l'appel. Le docteur Boursier, le diacre Poncot , Le Gros /Mon geron , le gazetier La Roche, les évêqnes de Montpellier, de Sénea et de Sabylone, étoient , après l'abbé d'Etemarc , les principaux de ce parti , et le soutinrent par leurs écrits. A pris eux venoient des noms moins connus, le P Boyer, l'abbé de Femanvillc, l'abbé Coudrette, l'abbé Nivelle, agen« subalternes, qui sutvoient 'les ordres et ex&ntoient les commissions de Boursier et d'Étcmare. Tons jouèrent •un rôle dans les convulsions. On les vit s'agiter en faveur de Yœuvre , assister avec dévotion aux assemblées ébnvnlsionnaires, et préconiser comme des choses «livi— nTÇ5 1<w scandales et ks exc^s qui s'jr cvu*neUQit:nt. y
Jhnée ifaiSî w
eut même qui prirent > une part plus active encore
ià ces excès. Du Tronchet, agent de Boursier, devint laineux sous le nom de frère Victor. C'étoit un prêtre du diosèse de Tours , qui déshonora son caractère pao bel conduite. D'autres prêtres, dont quelques-uns appai tenaient à une, congrégation respectable, mais qui n'a* voit pas été inaccessible à la séduction , des laïques , dtjs. avocats , des religieux , on a bonté de le - dire , se signa-, lèrent par un aveugle dévouement à des pratiques monstrueuses. On a entendu parler d'un frère Augustin Cozv ^ Alexandre Ottin. Us ont eu depuis des imitateurs. Il faut, se rappeler que ces odieux hypocrites ont été nourris e&. ea restés par les appelans, qu'ils sont nés daps ce parti y et qu'ils y ont , jusqu'à ces derniers temps , trouvé, des défenseurs. -Leurs excès étaient néanmoins tels, que beaucoup, d appelans ne purent s'empêcher de les blâmer* Au parti desjrguristes s'opposa un autre parti, qu'on, appela Jcs antùjigiiiïstes* A leur tête étoit un docteur de Sorbonue , appelant , l'abbé de Bon «aire , qui se rendit aloçs iameux par le zèle avec lequel il combattit \&Jigu+ ristne et Les convulsions. 11 s'unit pour cet effet avec, plusieurs appelans , tels que l'abbé Boidot , le docteuç La Tour, elumoiue de Laon, l'abbé Mignot, et ils prq-» duUîrent plusieurs écrits qui soulevèrent contre eux le$ amis figurume. Dcsessarts, dit Poncet, se signala, particulièrement contre eux , et fit adopter par levêque " d« Sénez uue lettre du 20 juin 17S6, contre leurs erc* rcurs. On les accusa de témérité et même desocinianisme. L'abbé de Bonnaire fit tête à l'orage avec une constance imperturbable, La Lettre h Nicole, ï Examen critique ^ physique et t/téologique des convulsions , les Observations apologétiques , les neuf Lettrés sceptiques , Jieponses de l'auteur des trois Examens > ï Esprit eik convulsions y plusieurs lettres aux évêques de Montpellier et de Sénez, des réponses aux auteurs des Réflexions, judicieuses et du Juste milieu 9 prouvèrent qu'il ne s'ef- Jrayoit pas des contradictions. Entre son parti et celui 4&jïgwst£3, a'ôeveit ua naçiï mnoycoqui prétej^j
f$ Annie i^85.
<*éloigtier également de touf » éxcès. Ce parti étoit cetffi des docteurs signataires de la consultation du 7 janvier 1735; qui, en re'prouvant les convulsions , ménagi'oient lejîgnrisme. Les principaux de ce parti croient Besoignc ». d'Asfeld, Delan , Fouillou , Petit pied. Le premier publia l'écrit intitulé le Juste milieu* Il paraît auteur g, avec l'abbé d'Asfeld , de trois écrits contre les discernant et les me'langistes . Dalan rédigea les Re flexions judicieuses et les Dissertations sur les convulsions* Ainsi,, de chaque coté, c'était un déluge intarissable décrits» de pamphlets, de libelles, do dissertations raisonnées. Chaque parti croyoit écraser les autres par des preuves, sans réplique. La liste seule de ces brochures remplirait des volumes. Nulle controverse ne fut plus animée, nulle ne montra mieux la nécessité dune autorité. Car, couw ment en imposer à des gens qui étoient exercés de longue* main ?i ne p is se rendre à la voix des chefs et des pasteurs? Il n'y eut pavjusqu'nn frère Augustin qui ne publiât ou du moins qui ne fit publier des écrits en sa faveur. Les apologies, les défenses, les récriminations se Succédoient sans fin. La discorde étoit au comble , et uq de leurs écrivains, l'auteur de. la Table des Nouvelles y Convient que c étoit une tentation terrible de se voir ainsi aux prises les uns avec les autres. Ils réaiisoient ainsi malgré eux le sort prédit à tous ceux qui se séparent du tronc, qu'ils ne pourront conserver l'union entreux. Us se séparoicut en une infinité de branches: H y eut les augustinistes , les vaillantistes , les otti/ustes , les margouillistes , les mongeronistes , et d'autres* espèces de fanatiques. Où retrouver, au milieu de cette lutte et de ce désordre, où retrouver cette unité et cette
union qui font le caractère de l'Eglise véritable? Que serait-ce si nous montrions de quelle manière chaque parti se traitoit réciproquement, et quels portraits ils traçoient les uns des autres? On verrait combien ces colonnes de l'appel étoient ébranlées , et ce qu'on y pensoit des meilleures têtes de ce parti. On peut consulter * cet éçaj'4 la dût- neuvième Lettre tktolo^iquc de D* h
Année tjSSt &
*Çastc, qnl n rassemble les jngëmens curieux que ces par-* tis portaient mutuellement de leur* adversaires , et qui s'est amusé à les mettre en scène d'une manière fort piquante. Ils se sont plaints de lui très* vivement ; comme si c'était à lut ou à eux qu'ils dévoient s'en prendre de ces témoignages humilians pris dans leurs propres écrits; Çt mal-aises à récusé r.
— Le 10 janvier, le procureur-général au parlement de Paris dénonce des convulsionnaires. Nous disions tout « l'heure que les partisans mêmes des convulsions s'é-» tbient partages, les uns voulant faire un discernement dans l'œuvre, et les autres persistant h tout diviniser. Va fanatique appelé V ai liant , prétendit être Eiie, fit -toutes sortes d'extravagances , et fut enfermé à la Bastille, où je crois qu'il mourut. Un autre, nommé Au~ gusti'n ou Coz , dont nous nous garderons bien de décrire les folies, les sacrilèges et les désordres, sous un. voile hypocrite, couvroit les plus effroyables turpitudes j, et cet être affreux , qui se disoit le second Jean , le précurseur d'EHc, l'homme sans péché, eut des sectateurt et des disciples qui imitèrent et son langage impie et ses -4>imes. Pins ils commettoient d'horreurs dans leurs orgies, plus ils recherchoient l'ombre, et étaient attentife % n'admettre que leurs admirateurs à leurs assemblées; vais ils étaient en assez grand nombre, et trouvotent aisément a se recruter dans cette foule d'êtres dépravés ^ue recèle la capitale. Ce fut de cette classe que se plaignit principalement le procureur-général. Il s'éleva contre le fanatisme de gens , qui t sous prétexte de co/iïulsions , enseignoient une doctrine pernicieuse. Il en rapporta quelques traits, et déféra un recueil imprimé de discours tenus par des convulsionnaires , et dont nous avons ci^é quelques passages qui méritaient bien en effet tonte l'attention des magistrats. M. Gilbert désigna spé*-* étalement cet Augustin dont nous venons de parler , et trois on mmtre de ses partisans. La grand chambre ordonna d'informer. On entendit plusieurs témoins; Auijusjixi et ua Q> «s disciples furent décrétés de prise die
^ Année
corps. €)n prononça la même peine coutve Quatre V cinq coovulsiouoaires ; trois fille» furent enfermées Lalarme se mit parmi leurs partisans. C'étoit déclarer ouvertement la guerre aux saints. On se remua en faveur de ces Giies; on présenta en leur nom au. parlement trois requêtes, que l'on osa imprimer, et qui étoieut une apologie des convulsions. De Mopgeron en étoit l'au»teur. Ces. requêtes furent appuyées par une consultation d'avocats. Douze jurisconsultes, du nombre de .ceux qui s'étoient déclarés contre le concile d'Embrun, et les mêmes à peu près qui écrivirent en faveur des miracles de Saint- Médard , prirent la défense des trois couvnlsionnaires , en remontrant que c'étoit là une œuvre de Dieu, qu'il n'éloit pas donné au bras de l'homme, de pouvoir empêcher. On n a voit rien oublié pour, gagner la grand'chamhre. Deux de messieurs, fort dévoués aux miracles , avoient plaidé pour les soutenir. D au-! très conseillers avoient donné des déclarations écrites ea faveur dune des convulsionnaires. Enfin il (ut. arrêté de déclarer simplement les requêtes des trois fdles non admissibles pour le présent. Ce fut avec cette indulgence que le parlement termina une affaire , dans laquelle on avoit espéré qu'il montreroit d'autant plus de vigueur, que le mal avoit fait plus de progrès, et que c'étoit un moyen de répondre à ceux qui taxoient les. magistrats de partialité.
— Le 18 février, arrêt du parlement Paris, contre Une Instruction pastorale de l'archevêque de Cambrai , et contre des tbèses soutenues en Sorbonoe. Fendant que. les magistrats montraient tant de mollesse d'un coté, ils déployoient , de l'autre , toute leur sévérité. M. de Saint* Albin, archevêque de Cambrai , avoit donné, le s 4 août précédent, une Instruction pastorale où il citoit, pour appuyer ce qu'il avançoit, les trois bulles contre Baïus, nn décret de l'inquisition et la bulle Unigenitus% A peu, près dans le même temps, il avoit été soutenu en Sor— bonne une thèse, où il étoit dit qnc tout catholique est obu* g* dactjuiesxer-a^x bui^s JMkU*.. JC«^uv^i^.fe» ■
^eo-eots enflammèrent le zèle d'un conseiller au* enquêtes, qui, le n février, déféra aux chambres l'Instruction pastorale et la thèse. La dénonciation fut longue ; c'était une espèce de diversion qu'on a voit ménagée pour détourner l'attention du public, et empêcher les- suites que Ton craignoit désinformations ordonnées contre les convulsionna ires. L'Instruction et la thèse furent remises, fiux gens du roi, qui firent leur rapport le 18 , et requirent la suppression des deux écrits; mais un arrêt «ussi simple ne satisfaisoit pas les plus ardens. Il y eut des discours , tous plus forts les uns que les autres. On «ut cru être dans une école de théologie, tant on y raisonna sur ces sortes de matières , si ce n'est pourtant qu'on y traitoit mal les papes , les évêques et les décU sions les plut solennelles, et qu'on y tranchoit fort légèrement les questions les plus délicates. L'abbé Puwlle, sur-tout, y parla avec sa véhémence ordinaire, et .èe fut par son avis qu'on rendit l'arrêt qui supprimoit l'Instruction de l'archevêque, comme contenant des principes contraires aux maximes du royaume, en citant un décret de l'inquisition , et eu proposant / comme de& règle* certaines auxquelles tout fidèle est obligé de se soumettre de cœur et d'esprit, des bulles non reçues élans le royaume , non revêtues de lettres patentes registrées en la cour, et qui n'ont acquis par aucune décision de V Église , èt ne peuvent avoir par leur nature le caractère de règles de foi. On ordonnoit que la thèse seroit pareillement supprimée, et l'on mandoit le syndic et le répondant. Ainsi le parlement décidoit sur des questions qui n'étoient pas de sa compétence, et il en décidoit contre les décisions même de l'Église. Il enéantifisoit l'autorité des bulles contre Baïus. Il répétoit encore que ces bulles et les autres n'avoient acquis 9 par aucune décision de l'Église, le caractère de règles de foi ; comme si l'acceptation de l'Église ne suffisoit pa» pour leur donner ce caractère, et qu'il fut besoin pour ' cela d'une nouvelle décision , sur laquelle on pourroit #cwt ks mêmes diiîku lies, et comme Vil «voit fclhi.
par exemple , un nouveau concile général pour décider que. fclui de Trente étoit éeuméuique. Enfin , Je parlement oublioit que l'enregistrement des constitutions des papes, en matière de doctrine , étoit d'un usage moderne , que Louis XIV l'établit, pour la première fois, en iG6j , lors de la bulle d'Alexandre VII, qu'on ne l'avoit pas suivi pour celle d'Innocent X, et que regarder cette formalité comme nécessaire pour donner de l'autorité aux décisions dogmatiques des papes, c'étoit abuser, pour les anéantir, de ce que Louis XIV avoit introduit pour les faire mieux exécuter. Aussi, dès le lendemain dtf l'arrêt, le roi évoqua à lui la connoissance de cette affaire , et lit défense au syndic et au répondant de comparoître au parlement. Les magistrats firent des représentations. D'un autre côté, la faculté présenta un mémoire, et plusieurs érêqnes en dressèrent uu en faveur de leur collègue Le 10 mai intervint un arrêt du conseil du roi, par lequel le prince ordonnoit que les qualifications données à l'In- •jlraction et à la thèse, seraient comme non-avenues et nulles, recevoit le prélat et la faculté opposa ns à l'arrêt^ et remettait, les deux écrits au même état qu'auparavant. Quelques jours après , le parlement supprima encore une lettre de l'archevêque de Cambrai , et déclara uu bref da pape abusif, parce qu'on y prenoit la défense de f instruction et de la thèse attaquées.
— Le 17 mai, Julien de Lizardi, Jésuite espagnol, est massacré par les Ciûriguanes, peuplade de l'Amérique méridionale. Il fut percé de flèche* , ainsi qu'un catéchiste indien, nommé Bonaventure, qui l'accoropagnoit. Le P. Lizardi travailloit, depuis plusieurs anné\« , dans les missions du Paraguay. On retrouva son corps, qui fût enterré avec honneur dans la ville de Tarija.
Le 3o septembre, ouverture d'un concile provincial e>ej Mw^U» ib £ya* ,On «ait que la fc* xatlw-
liqne d*est conservée intacte, chez ces peuples, nu milieu *lt*s progrès de l'hérésie et du mahométisme. Les M ironitrs se distinguent depuis long temps par un con*» atant nttae!ieinen( à l'Églis* romaine. Ces peuples simples et pauvres sont gouvernés, quant au spirituel, par un patriarche et par des évoques, ou, comme l'on dit dans ce pays , des archevêques. Les diocèses de ces prélats son! aussi bornés que leurs revenus. Ils ont sous eux des prêtres du pays et des missionnaires envoyés d'Occident. Car ceux-ci sont répandus dans presque toutes les parties de l'église grecque, où ils exercent l;»ur ministère sous la protection des puissances chrétiennes 4 et s'efforcent de ramener les schismatiques. Louis XIV , sur-tout , a voit beaucoup favorisé ces établissemens. II e'éloit s>rvi <Je son crédit h la Porte pour obtenir à ces missionnaires plusieurs avantages. Il hur avoit même bâti des églises, et avoit contribué de tout son pouvoir à leurs succès. Par leurs soins, plusieurs cantons, soit dans la pirtie d'Europe . soit dans les îles, soit sur-tout4 on Asie, s'étoient réunis à l'Église romaine. Pour en revenir aux Maronites, quelques abus, relatifs a la discipline^ selant introduits parmi eux , excitèrent l'attention du siiot Siège. Clément XII leur envoya , suivant» leurs désirs, en qualité d'ablégat, le prélat Assemani , qui étoit dr ce même pays, et qui est si connu par sa vaste érudition et par ses savans ouvrages. Il devoit engager les évêques a se réunir en concile , et h y prendre de concert des mesures pour faire cesser les abus dont on se plaignoit. Ces évêques s'assemblèrent en effet après quelques délais. L'ouverture du concile se fît le 3o septembre. Joseph-Pierre Gazcnus, patriarche maronite d' A ntioche , présidoit. Le prélat Assemani siégeoit ensuite avec quatorze évêques maronites, deux syriens et deux arméniens, plusieurs abbés de différens monastères, des missionnaires apostoliques, et beaucoup de curés et de prêtres du pays. Un des missionnaires fit le discours d'ouverture , et parla sur les objets qui dévoient se traiter -dans l'assemblée. On lut la lettre du souve-
78 Année 178?.
rain Pontife, et Ton eonvint des choses à rêH5rt*<2** On y travailla dans six séances tenues les trois jours suivans. Le 3 octobre au soir, tout étant réglé, on finit I* huitième séance par des acclamations et des actions de grâces. Nous ne rendrons pas un compte détaillé ije» régletnens qu'on y fit , et qui avoient rapport à la situa» tion particulière de cette église, et à des localités qui noffriroient pas beaucoup d'intérêt. Le savant ablégat fut chargé de rédiger les actes et réglemens du concile # qui furent envoyés à Rome. Benoît XIV en confirma, les décrets, le septembre 1741 , et envoya depuis ua nouvel ablégat pour veillera leur exécution. H dédora-: magea le patriarche de quelques revenus dont il étoit privé par ces décrets , et continua de procurer, comme avaient toujours fait ses prédécesseurs, des avantage» «spirituel» et temporels à ces peuples fidèles et dociles» •
Le 13 janvier, quatre missionnaires sont mit à moft daus le royaume de Ïong-King. Les chrétiens de ce pays^ fort tourmentés depuis 1721 , et privés, en 1723-, comme nous lavons vu, de deux de leurs missionnaires, seotoient le besoin d'ouvriers évangéliques , ijuand six Jésuites tentèrent d'y aborder, en 1736; mais quatre de ce* religieux furent pris, interrogés et emprisonnés. Après neuf mois de prison , ils furent condamnés,.* ^tre deca-« pités. Ils subirent leur supplice avec la plus parfirite, résignation. Leurs noms étoient Barthelemi AKarex, Emmanuel de Abreu , Vincent d'Acunha, et Jean-Gaspard Cratz , les trois premiers Portugais , et le dernier Allemand. La persécution continua long-temps dans ce royaume j mais on assure que la foi du plus grand nombre se soutint au milieu de ces épreuves.
— Le 16 juin , Clément XII canonise les bienheureux Vincent de Paul, Jean-François Reg»s, Catherine Flisca et Julienne Fidconjcri. Cette 'derrière, née a Fiorcneef
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*t fondatrice âu tiers-ordre des Serviteurs de la B. V. M. , mourut le 19 juin i34i. Catherine, née à Gènes e» i447 1 étoit fille du noble Flisco , neveu d'Innocent IV, et vice-roi de Naples. Elle fut mariée à Julien Adorno, qui d abord la prit en haine , mais dont elle gagna eafin l'estime et rattachement par ses vertus et sa patience* Elle mourut à Gênes, le 16 septembre i5to, après une vie consacrée au soulagement des pauvres et des infirmes.- Jean-François Régis, ne' en Languedoc, Jésuite h dix-neuf ans, se dévoua aux missions eSangéliques , et prêcha la foi dans les Cévennes , accompagnant sa prédication de l'exemple de ses vertus, assistant les pauvres, visitant les hôpitaux , soignant le* malades , et joignant même à l'exercice continuel de son ministère le doa des miracles. Il mourut h la Louvesc , au diocèse de- Vienne, le 3i décembre 1640, âgé seulement de quarante-quatre ans. La voix des peuples, l'éclat de sa sainteté et les prodiges opérés à son tombeau , le firent mettre an rang des bienheureux en i~i6, et canoniser cette année 1737. Vincent de Paul, qui partagea avec lin nés honneurs, et qui fut son contemporain, étoit né h, TPoy , au diocèse d'Acqs , en 1 376. Son nom rappela l'idée de la vertu la plus pure et de la charité la plu» héroïque. On est étonné de tout ce que fit cet homme 9 né dans un rang obscur selon le monde. Des missions * des conférences, des retraites , des fondations d'hôpitaux , des aumônes immenses signalèrent sa vie toute consacrée* au service du prochain'; et H ne fat pas moins le bienfaiteur de la postérité que de son siècle par la nature des établissemens qu'il forma, et par le soin qu'il eut de laisser après lui des personnes qui se dévouèrent, à son exemple, à l'instruction dos pauvres et au soulagement des infirmes, objet de son ardente charité. 11 mourut & Paris, le 27 septembre 1660, également révéré des peuples et des grands. Le temps a confirmé le jugement qu'en a voient |K>rté les uns et les autres ; et des philosophes mêmes de ce siècle dédaigneux et contempteur dea sainte , ont loué la bienfaisance de salai Viaaeat de Patf,
et ont fendu hommage à un prêtre canonise* par rÉglîar» D'ailleurs, nous ne pouvons dissimuler qu'il n'a pus réuni tous les suffrages. Chéri des pauvres, révère des grands», admiré des incrédules , comblé d'éloges par la postérité' « et mis par l'Église au rang de ses héros, Vincent de Paul na pas été loué |»r quelques sectaires. On en sait la raison. .Fermement attaché aux premières décisions de l'Église cootrc l'erreur naissante , il sollicitait à l'obéissance ceux qui 'e consultaient , et sefforçoit d'y ramenés eeux qu'il voyoit s'en écarter. C'est là , il faut l'avouer, une tache ineffaçable. Aussi dans les écrits du partj on n'appelé jamais le saint que M* Vincent (1), et J'o» se donne bien de garde de canoniser un homme qui Se déclara hautement contre les commencemens de la. secte. Mais comment se refuser au jugement de 1 Eglise, qui, se conformant aux suffrages des peuples, a placé saint Vincent de Paul sur ses autels ? Rien n'est moins embarrassant , selon Je gazeticr. Tenons pour certain 4 dit- il (2) , qu'il viendra un temps où l'Église , aujour* d'hui captive , reprenant sa liberté', désavouera bief des jugemens , qui, dans cette lie des siècles, ont efe prononces en son nom, mais contre son esprit, et par un abus énorme de son autorité. Ne doutons pas nom plus qu'elle ne rende une pleine et éclatante justice^ aux morts , soit en rejetant de son calendrier nombre de prétendus saints que l'intrigue et la cabale jr oral introduits par la corruption des juges et le violemenp de toutes les règles y soit en consacrant et en proposant à la vénération des fidèles la mémoire de quanti tt de grands serviteurs et de fidèles servantes de Dieut que la passion et l'aveuglement ont laissés sans honneur dans la poussière du tombeau. Ainsi voilà saint Ignace,
saîut
(i) Voyez le Dictionnaire de Morèri , édition de 1759, vingt* cteus. un» après la canonisation de saint Vincent Je Paul.
(a) tourelles ecclbûtsttanes # feiùHe du 12 juin i;€g»
saint François de Sales , saint Jeau-Françoîa BegU^ Saint Vincent d - Paul , sainte Chantai....,, rayés du catalogue, des bienheureux , en attendant qu'au y place Jansenius^ Saint-Cyraii , Qiiesuel , Paris, les çonvulsignuaires, et autres grands serviteurs de Dieu.
— Le 29 juillet , le conseiller de Mongeron présenJespA livre au rou Basile de Mongeron, conseiller au parle— nient de Paris , croyoit , ainsi que plusieurs de ses cou-* frères , à la vertu guérissante du diacre Paris» Il raconte lui-même (1) qu il menoit une vie fort déréglée, lorsqu'en 19 ii, d alla a Sa i ut- M éi tard. Le spectacle dont il fut témoin, fut pour lui le coup delà grâce. Il n'y «voit pas moyen de résister en voyant sauter Bescfaerand «t consorts. Dès ce moment , de Mongeron fut un homme tout changé. Auparavant, il ne croyoit rien ; depuis, il crut tout ce qu'on voulut. Son imagination arefente ne lui permettoit guère de connoître des bornes. U de-, vint chaud partisan des miracles , et voulut même écrira pour en prouver la vérité. Il composa un livre, qu'il alla lui-même porter à Versailles et présenter au »oif Il en porta de suite des exemplaires au duc d'Orléans, au premier président, etc. Cette démarche, que quelques-uns ont mise sans façon au-dessus de la hardiesse généreuse des premiers apologistes chrétiens, ne parut à d'autres qu'un trait d'égarement et de fanatisme. La nuit suivante, de Mongeron fut conduit à la Bastille. On le trouva entouré dune foule d'enthousiastes, qu'il iogeoit chez lui , et qui nourrissoient ses rêveries par leurs éloges. Il en reçut bientôt de tout le parti. On le représenta , en tête de quelques brochures , ayant au-dessus de lui un Saint-Esprit en forme de colombe , et l'on n'en parla plus que comme d'un confesseur de la foi. Le parlement voulut bien présenter des remontrances en sa faveur. Elles n'eurent aucune suite , et de Mongeron fut
(1) Vérité des miracles opérés par KrUerccssitn de M. Pdr» et autres appelant , j;3;.