‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18e siècleChapitre 9 sur 50 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

L'Allemagne, depuis les grands changemens et les divisions intestines qui la déchirèrent au xvie siècle, présentait un mélange singulier de religions différentes. Les catholiques, les luthériens , les calvinistes, plus ou moins nombreux, suivant les pays, partageoient les souverainetés et les églises de ce vaste territoire. L'ancienne crovance s'étoit maintenue dans l'Autriche et dans la Bavière, oîi le protestantisme avoit à peine pénétré. Elle avoit aussi conservé une grande prépondérance dans les cercles de l'Occident. Les états des trois électeurs ecclésiastiques étaient restés attachés au catholicisme. Lesévcchés de Bamberg , de Wurtzbourg, d'Aichstedt, d'Augsbourg, de Constance, de Spire, de Worms, de Baie, comptaient un grand nombre d'habitans qui navoient point adopté les nouvelles doctrines; et il y était resté beaucoup de monastères et d'établissemens religieux qui pou voient contribuer à maintenir l'attachement à l'Eglise romaine. Plusieurs princes laïques de cette partie n'avoient point embrassé la réforme , ou l'avoient quittée depuis. L'électorat palatin venoit de passer danr la branche catholique des ducs de Ne u bourg. Le margrave de Bade-Barien ? le landgrave de Hessc-RJiinfeh ,

■j4 Introduction.

et d'autres souverains, professoient la religion catholique. En général, le catholicisme dominoit dans le cercle du Bas-Rhin , et n etoit pas moins répandu rjue le protestantisme dans les cercles du Haut-Rhin , de Franconje et de Souabe. La Saxe , qui avoit été le berceau du luthéranisme, et d'où il s'étoit répandu dans les autres contrées, venoit de voir la même maison, qui avoit protégé autrefois la réforme, l'abandonner tout à coup. Quels qu'aient été dans l'origine les motifs de cette démarche , la Providence qui se sert de tout , la destinoit à en tirer un grand avantage. On a vu plusieurs membres de cette famille se distinguer par une piété érainente. Dcs-lors, Dresde, qui comptoit très-peu de catholiques, les a. vus se multiplier. Un prince de Saxe-Zeits avoit non seulement renoncé au luthérauisme , mais encore embrasse l'état ecclésiastique. 11 devint depuis cardinal, et contribua a la conversion de plusieurs de ses païens. 11 existait des catholiques h Berlin , et ils ont depuis obtenu une église. La Lusarc en renfermoit un assez grand nombre, et avoit conservé quelques étahlissemens ecclésiastiques. Les sièges de Munster , de Paderhorn et d'ÏIildeshcim étoient restés dans leur état ancien. Celui d'Osnabruck, depuis le traité de Westphalie, étoit occupé tantôt par ' un catholique , tantôt par un protestant, h- condition que, lorsque ce dernier scroit titulaire, l'administration spirituelle scroit exercée par l'archevêque de Cologne. Levé- * ché de Lubeck avoit passé h un prince luthérien, qui étoit obligé d'avoir un grand-vicaire catholique pour ceux de ses sujets de cette religion. Ces pays du nord étoient gouvernés, pour le spirituel , par des vicaires apostoliques, envoyés par la cour de Rome. Lorsqu'en 1692, Léupold donna le bonnet électoral au duc Ernest -Auguste de Brunswick-Luncbourg , il exigea que le nouvel électeur accordât une église aux catholiques d'Hanover , et qu'il permît à un vicaire apostolique d'y résider. Le nombre des catholiques ne laissoit pas d'être considérable dansée duché. Un frère d'Ernest , Jean-Frédéric , duc de Calemberg , mort sur la Gn du xvu« siècle , étoit catholique, ainsi que

Introduction. 75

la princesse son épouse et ses filles. Nous verrons depuis un duc de Brunswick-Wolfenbuttel se déclarer pour cette religion, et la protéger dans ses états. Enfin dans les pays où le protestantisme dominoit le plus, et où l'exercice public du culte catholique était en conséquence interdit, les fidèles, attachés à lancienue croyance, avoient des chapelles privées pour le service divin. Quelquefois ils partageoient les églises avec les protestais, ou fàisoient leurs offices à différentes heures. Le traité de Westphalie avoit établi , à cet égard , et sur plusieurs autres points , des dispositions favorables aux protestans. Il avoit sécularise des évêchés , et fort accru les domaines et les prérogatives des princes sépares de l'Eglise romaine. Les cutholiquesavoient perdu en beaucoup d'endroits, n\>n seulement désavantages temporels, mais les privilèges les plus essentiellement liés à la religion.

Les cardinaux allemands étoient Léopold de Koltonitsch , archevêque de Colocza ; Jean -Philippe de Lambergh , évêque de Passa w; Guillaume-Egon de Furstemberg, évéque de Strasbourg, et Vincent Grimani : encore ces deux derniers pouvoient-ils êtres rangés parmi les cardinaux des autres nations. Le cardinal Grimani étoit Vénitien , mais il devoit son chapeau à la protection de l'empereur. Quant au cardinal de Furstemberg, attaché depuis long- temps à la France, il tenoit encore à ce royaume par de nouveaux liens depuis qu'il étoit devenu évêque de Strasbourg , nouvellement conquis par Louis XIV. Le cardinal de Kollonitsch étoit Hongrois , et avoit soutenu avec chaleur les intérêts de l'empereur pendant les dissentions de ce pays. Par son crédit et par ses libéralités , il racheta un grand nombre de chrétiens captifs chez les Musulmans. Le cardinal de Lambergh et lui avoient part à la confiance de Léopold.

Les trois électeurs ecclésiastiques étoient pourMaycncc, Lothaire* François deSchoenborn ; pour Cologne , Joseph- Clément de Bavière ; et pour Trêves , Jean-Hugues d'Orsbeck. Ces prélats, suivant un abus qui avoit prévalu en .Allemagne, possédaient encore d'autres évêchés. L'arche-

n6 Introduction.

vêque de Cologne entr'aulres étoit de plus , par une tripla infraction des lois canoniques, évêque de Liège , d'Hil— dcshcim et de Ratisbonne , réunissant ainsi sur sa tête l'administration de quatre vastes diocèses. 11 y avoit même dans cette accumulation de dignités des abus de plus d'un© sorte. Car ce prélat, évêque de quatre, grands sièges, n'étoit pas encore prêtre ; il n'étoit même pas dans les ordres* Il n'avoit encore que onze ans, lorsqu'un bref d'Innocent XI Tavoit déclaré éligible pour les sièges de Cologne , de Liège et d Hildesheim , a condition que ceux de Ratisbonne et de Frisingue , qu'il possédoit déjà , seraient dèfrlors censés vacans; condition qui ne fut pas remplie en entier , puisque le jeune prince retint encore Ratisbonne, Une concession de cette nature , foite par un Pape aussi , régulier et même aussi sévère qulnnoncent XI , ne peut s'expliquer que par les instances importunes de grandes puissances qui se croyoient en droit d'obtenir tout ce qu'elles désiraient. La maison de Bavière , la famille ca- 1 tholique d'Allemagne la plus puissante après la maison d'Autriche , avoit sollicité avec chaleur des dispenses qui n'étoient malheureusement pas sans exemple. Les avoir arrachées une fois , paroissoit un titre pour les extorquer encore. La maison d'Autriche, liée alors avec l'électeur de Bavière, avoit appuyé ses demandes, et on n'avoit pas cru apparemment qu'il fut possible de résister à de* si puissantes intercessions. Les mêmes circonstances expliquent de semblables infractions des règles de l'Église, infractions que l'ambition avoit presque consacrées, et qui n'étoient cependant pas sans de graves inconvéniens dans un pays où les diocèses sont très— étendus, et où le mélange des protestons et des catholiques exige plus de < soins , de zèle et de vigilance. 11 est vrai que les évêques allemands avoient tous des grands- vicaires , revêtus du caractère, épiscopal , et chargés d'en exercer les fonctions à leur place. Mais ces prélats subalternes, si on peut parler ainsi , n'a voient pas , à beaucoup près , la même autorité que les princes-évêques qui les employoient , et leur icèîe , quaml il eut été fort actif, n'auroit pas produit d'au^i

Introduction.

bons effets. I) faut le dire, le mélange d'autorité spirituelle et temporelle n'avoit pas été eu Allemagne aussi favorable a la religion qu'on pour mit le penser. Le sage Fleury l'a observé avant nous, et nous pouvons bien nous permettre les mêmes observations que cet homme si judicieux, sans paroître approuver un bouleversement qui n'a fait qu'accroître le mal au lieu d'y remédier. Ces évêques souverains oublioient trop souvent qu'ils étoient évéques pour ne songer qua leur qualité de princes. Ce n'étoit point de l'administration temporelle dont ils se déchar- Çeoient la plupart. Ils auroieot trouvé trop d'iaeonvéniens à la confier à un ministre , qui auroit pu se croire le véritable souverain. Ils aimoient mieux retenir les rênes du gouvernement civil , et charger des détails ecclésiastiques un grand- vicaire, dont ils n'avoient pas à redouter l'ambition , et qui se croyoit rarement obligé d'y apporter plus d'attention et d'exactitude que le prince lui-même. Pela l'éducation ecclésiastique négligée , moins d'instruction et de régularité, et les liens de la discipline rompus. On peut penser, avec beaucoup de fondement, que les protestons auraient en plus de peine à propager leurs doctrines en Allemagne , si les sièges épiscopaux de cette grande contrée avoient été remplis par des prélats bornés

un seul évêché, et non distraits par les soins du gouvernement temporel ; si ces sièges n'avoient pas donné tant de richesses et de puissance qui excitoient 1 ambition et la cupidité des princes temporels , et qui servoient de prétexte aux plaintes des ennemis de l'Église. Le tempo-» rel , au lieu de protéger le spirituel , contribua à le perdre.

Léopold I«» réguoit en Allemagne depuis plus de quarante ans. Destiné, dans son enfance, à l'état ecclésiastique, il avait reçu une éducation conforme à cette vocation prématurée; mais la mort de son frère aîné fit ohanger les vues de sa famille. Léopold devint empereur à dix-huit ans. On a loué ses connoissances , son habileté dans la politique , et son discernement dans le choix de ceux à qui il accordort sa confiance ; mais on lui a en même temps reproché une ambition qui l'a porté à susciter le

<j8 Introduction.

fléau des gœrres. Ce fut lui qui joua le principal -rôle dans la ligue d'Augsbourg contre Louis .XIV ; il contribua au délrôncraent de Jacques II , roi d'Angleterre. Il voulott par là ôter à la France un allie', mais en même temps il ôtoit à la religion càtholique un appui; conduite assez peu conséquente de la part d'un prince qui aimoit la religion, et qui paroissoit en remplir les de-* voirs avec zèle. Léopold e'toit même ici doublement ca opposition avec lui-même; car, tandis qu'il encourageoit la révolte en Angleterre, il la réprimoit d'une manière terrible en Hongrie. Sa sévérité avoit produit dans ce royaume un esprit de méconlcntcnieut qu'il ne pot réprimer que par de plus grandes rigueurs. Un échafaud, dressé dans la ville d'Eperies, répandit la terreur parmi les Hongrois, et étou (la leurs rr.s. Les Téiéli , les Ragotzki et les autres chefs des mécontens furent successivement, abattus.

Frédéric- Auguste , électeur de Saxe, élevé récemment sur le trône de Pologne, avoit publiquement embrassé la religion catholique. Son fils, le prince électoral, suivit aussi cet exemple. Instruit par le P. Salerno, Jésuite, depuis cardinal, il fit abjuration à Bologne, em 1712, entre les mains du cardinal Casoni ; mais il tint long-temps cette démarche secrète. Jusque-là les luthériens s'étotent flattés que le changement du roi de Pologne n'auroit aucune .suite par rapport à l'électorat, et que le fils persisterait dans leur communion* Quand Us apprirent sa conversion , leur zèle s'en alarma. Ils craignirent ou ils feignirent de craindre pour leurs intérêts; Ils publioient que la confession d'Augsbotirg étoit en danger; que le papisme alloit prévaloir; qu'on étoit Sur le point de perdre le fruit de la reforme ; qu'il fàlloit se mettre en garde contre les tentatives d'un prince catholique. Ces bruits faisoient quelque impression sur des esprits ombrageux. On se plaignoit de la destruction de cinq églises protestantes , qui venoit d'avoir lieu sur les irontières de Pologne. On exagéroit les moindres événemeus , et on enveuimoit les moindres démarches. De

Intt oduction . 7y

nombreuses réclamation* furent adressées à l'électeur. Ce fut pour .dissiper les soupçons et les alarmes de ses sujets et de ses voisins, qu'il publia une déclaration où il aouoneoit son intention de ne rien changer à ce qui étoit établi dans ses états pour la doctrine, pour le règlement des universités, et pour les droits et privilèges de la confession d'Augsbourg, sans pourtant prétendre gêner en, rien l'exercice de sa religion pour lui et pour ses successeurs. Ces assurances, et la modération de lélecteur, étoient propres à calmer toutes les craintes. Cependant les cris se renouvelèrent, en IT19, à l'occasion du mariage du prince de Saxe avec l'archiduchesse Marie- Joséphiue, fille de l'empereur Joseph. En faveur de ce mariage , l'empereur Charles VI , oncle de la princesse , demanda qu'il y eût une église pour les catholiques à Dresde. Il y eut presque un soulèvement en Saxe à la nouvelle de celte proposition. Il sembloit que le luthéranisme fut menacé de sa destruction totale par une concession de cette nature. L'esprit de tolérance pratique n'avoit pas encore fait de grands progrès parmi les protestans, et ils n'étoient nullement disposés ù accorder aux catholiques ce qu'ils avoient autrefois sollicité avec tant d'ardeur pour eux-mêmes. La prudence de l'électeur tendoit cependant à leur oter tout prétexte de mécontentement. Il souffrait que dans la chapelle, dite de la cour, on fît le service suivant le rit luthérien, comme si le prince eût été de cette communion, et il se contentent d'avoir%une chapelle intérieure, OÙ il assistoit à la messe et aux offices , suivant le rit de l'Église romaine, et où il admettoit les catholiques de la ville. Cet arrangement a du ré jusqu'à nos jours.

Le parti protestant preiioit alors ombrage de tout. Un accident bien peu important, saus doute, qui eut lieu à Hambourg , montra quelles étoient ses dispositions relativement aux catholiques. Deux hommes du peuple, uu catholique et un luthérien , ayant pris querelle dans la rue, une pierre que le premier jeta au second, donna par hasard coutre les vitres du temple, dans le moment

So Intjvduction.

ob le ministre distribuent la cène. L'assemblée ne Ibt d'abord qu'un peu émue de ce quelle supposent venir d'un manque de respect ; mais quand elle sut que la pierre avoit été jetée par un catholique , .son ressentiment éclata avec force. Les luthériens s attroupèrent, coururent h la chapelle des catholiques , brisèrent les vitres , mirent Jcs ornemens en pièces , foulèrent au* pieds les images , et enlevèrent les vases sacrés. Non cootens de cette première vengeance , ils se portèrent à l'hôtel du résident impérial , et le pillèrent. Le désordre et Je tumulte durèrent depuis dix heures du matin jusqu'à huit heures du soir , et ne furent arrêtés que par les troupes qu'on envoya. Le résident de l'empereur se plaignit vivement. Cétoit la seconde fois que son hôtel étoit pillé par la populace. Il l'a voit déjà été un jour que Christine, reine de Suède , qui venoit de se déclarer catholique, y donnoit un repas à l'occasion de l'élection du Pape. Elle avoit été contrainte de s'enfuir précipitamment. L'empereur demanda que le sénat fit rétablir la chapelle et l'hôtel, punît les auteurs du désordre, et payât 100,000 écus. Les ffara-bourgeois essayèrent en vain de se soustraire à cette satisfaction. Le roi d'Angleterre , dont ils réclamèrent la protection , étoit alors lié avec l'empereur , et leur conseilla de l'apjKuser par leur soumission. Us étoient d'ailleurs en querelle avec le roi de Prusse , qui les accusoit de gêner aussi l'exercice du culte des calvinistes. Us furent donc obligés d'exécuter les conditions qu'on leur prescrivit.

Un autre sujet de discussion devint plus grave encore , et occupa l'attention de tout l'empire. L'électeur palatin , Jean-Guillaume de Bavière-Neubourg, étoit un prince religieux, et protégeoit les catholiques long-temps prives dans ce pays de l'exercice public de leur culte. Il demanda au consistoire protestant d'Heidelberg la moitié de l'église du Saint-Esprit de cette viMe , qui étoit partagée entre les catholiques et les protestans. Un mur la separoit en deux et la défiguroit. L'électeur «ouhaitott d'ériger des tombeaux pour les princes de sa maison - dans la partie

occupée

IntroAicttog. Ift

*&tj pce parles protestai», et proposoitenécnangeà ceux-ci -une église entière. Ils refusèrent. L'électeur, apiei avoir épuisé les voies de la négociation , fctigué de la résistance opiniâtre des ministres, abat le mur de séparation, et •'empare de ce que l'on ne vouloit pas lui' accorder. Ce 'fut le premier grief. Le second fut qu'il défendit la pu^ blication d'un Catéchisme, oh les ministres avoient affecté d'insérer Une addition récente , portant que le culte de l'Église romaine étoit une idolâtrie, et que ceux qui le professoient dévoient être regardes comme des idolâtres. L'électeur, blessé d'une accusation dirigée contre lui-même, supprima le Catéchisme jusqu'à ce que cet article eût été retranché. Le consistoire d'Heidelberg , jeta les hauts cria. Il excita les plaintes les plus vives de la part des protestai» du Pa latin at. Il écrivit au roi de Prusse et aux autres princes de sa communion. Tous, de concert , s'intéressèrent à cette affaire. L'électeur de Brandebourg, devenu roi de Prusse, y mît sur- tout un grand gèle, et regardant leS protestans comme lésés, il s'en vengea sur quelques églises et quelques couverts catholiques dont il s'empara. Le roi d'Angleterre, le duc de Wurtemberg épousèrent aussi avec chaleur le parti du consistoire. On dépouilla , par représailles , en plusieurs lieux , les -établissemens catholiques. À Minden , à Zell , à Hammersleben on usa de violences. En vain Té-* lecteur palatin fit valoir les justes sujets de plaintes qu'il •voit contre les ministres; en vain il exposa qu'ayant donné une autre église aux calvinistes, ils ne pou voient raisonnablement lui refuser sa demande. Le bien de là paix et les instances de l'empereur le portèrent à céder, et les ministres d'Heidelberg eurent la gloire de le forcer à reculer.

Sur la fin du siècle précédent , plusieurs projets avoient été conçus pour la réunion des églises protestante* avec l'Eglise catholique. Le plus fameux de ces projets, par l'importance des questions qui y furent agitées $ et par le mérite des théologiens qui les discutèrent, fut, sans contredit, celtri qui fut formé, wi 1690, par révéVjuê *>

Page 1