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d'une seconde Encyclique, qu'ils adressèrent de Paris // lews frères les autres éuaques et aux églises veuves : elle était destinée à relever une église qui croulait de toutes parts. C'était comme un nouveau code par lequel on voulait remplacer la consiitution civile du clergé, dont on ne se dissimulait plus les défauts depuis qu'elle était anéantie. Nous ne suivrons point dans ses détails ce long règlement, fait par des gens sans mission, et accepté par des gens qui n'en avaient pas davantage Ou y trouvait quelques principes sages, des réflexions judicieuses, et en même temps des idées bizarres, des observations satiriques, des maximes fausses, des projets ridicules; on y parlait de la persécution récente, dont on réclamait une part pour le clergé constitutionnel. Il était possible, en effet, que quelques-uns de ses membres eus'?ent souffert de la tyrannie, malgré leur docilité. Ce n'était pas sur eux cependant qu'étaient tombés ces décrets de proscription en masse et de déportation générale; ils en étaient même nommément exceptés. En parlant des évéques immolés sous la terreur, rEncyclique, à coté de l'illustre M. Dulau, archevêque d'Arles, massacré aux Carmes, citait le constitutionnel Expilly, évêquc du Finistère, exécuté à Brest; mais ce n'est point comme évêque que celui-ci subi» la mort; il était entré dans les querelles du fédéralisme, et lorsque ce parti eut été abattu, il fut condamné avec les administrateurs de son département, dont il était président, comme ayant signé des ai rclés fédéralistes. Sa mort fut injuste, sans doute, mais ne peut être regardée comme celle d'un défenseur de la foi, d'un témoin de la vérité. Les auteurs de l'Encyclique, tout en protestant de leur respect et de leur attachement pour le chef de l'Eglise, ne se refusaient pas le plaisir de l'attaquer de temps en temps. Ils témoignaient leur désir que le Pape rendit justice à leur inéhranlahle fermêlé dans les principes de la foi et de V ancienne discipline. On trouvera les preuves de cciie fermeté inébranlable dans les détails que nous avons donnés sur la fa-
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mcuse séance du 7 noviiuhrc 17î);>. Ils di,>iMeiil que lu distiplifte intérieure de l église gallicane lui (ipparlieiii exclusivement (l). De quci dioil l'Asseinblcc loustiluaute avait-elle donc donné à celle église, cl nial.;;ré ses réclamalions, un code nouveau? Ils ordonnaienl la furntalion àcs presb) tères à la place des conseils épiscopaux clal)!!.-^ en 1791. « Celte dernière organisation ('■tait, (Jisaier>l-il>;, » mal assortie au gouvernement de 1 tglisc; ils 1 ahan- » donnaient au burin île l'histoire, et voulaient liien » oublier les excès par lesquels la |)lupart se signalèrent. » L'Encyclique oidonnait, de plus, qu'on remît en vigueur les (l) pfitjues, qu'on établît des diaconies ; elle réglait le mode d'élection des évèqucs, et ordonnait à cet eHct dans chaque [)aroisse des assemblées, des suffrages, des listes, des scrutins, et tout l'appareil des formalités alors à la mode^ enfin elle indiquait un concile pour le 1" n)ai 1796; mais cette convocation n'eut point d'effet.
L'Encyclique fut signée des quatre réunis, et, de plus, de Primai, évèque du Nord. On l'envoya aux autres constitutionnels, qui y adhérèrent au nondirc de trente-cinq. Dix presbjl ères nouvellement organisés y joignirent leurs suffrages. On remarque dans les signatures une singuf'irité. Jusqne-là, les conslituîionnels avaient toujours pris le nom du déparlement dont ils se disaient évèques ; ainsi ils s'étaient appelés évoques de la Somme, du lîas-Rhin, des Hautes-Alpes. On peut consulter, sur ce fait, tous les écrits en 1791, 1792 et 1793. Dans la première Encyclique même, ils suivaient encore cet usage, qui éîaii conforme à l'esprit et à la lettre de la conslilulion civile du clergé. On ne sait pourquoi ils l'abandon nèrcnî tout à coup: sans doute ils espérèrent iju en prenant le même titre (pie les évéques qu'ils avaient voulu dépouiller, on pourrait les confondre avec eux. Quoi qu'il en soit, ils changèrent de titre, et quittèrent leurs montagnes et leurs rivières poiu" s'établir dans les villes. Cependant, pour éviter la confu-
(i) Lellie encyclique, page 44.
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sîon, et par déférence pour la constltulion civile du clergé, nous conlinuerons, lorsqu'il sera question de ces évéques, à les désigner par le nom de leurs départements : d'autant plus qu'on en vit encore quelques-uns retourner à cet usage.
Un écrivain d'un grand talent, l'abbé de Boulogne, fit paraître quelques mois plus tard, sous le litre de Réflexions adressées aux soi-disants évéques signataires de la seconde Encyclique, un opuscule plein de verve et d'éloquence, qui faisait parfaitement ressortir le cbarlatanisme de ces faux pasteurs, et qui eut alors un immense succès (1).
(1) Cet opuscule se trouve reproduit dans les OEuvves de l\f. de Bouloi^ne. Mélanges, lome I^f.
Une Notice que M. Picot a plc.cée en tête des OEin'ics, fait connaître comment M. de Boulogne parvint, malgré le refus du serment à la constitution civile du clergé, à déjouer les recherclics des persécutions, ou à échapper de leurs mains; toutefois il fut arrêté le 26 juillet 1794, la veille ii'.ème de la chute de Robespierre, et cnfern)c aux Carmes, oii on le plaça dans une mèine chamljie avec des jatolins qui Llaspliémaicnt toute la journée. Un décret de la Convention ayant ordonné qu'on mît les détenus en liberté, sous certaines conditions , lal.bé de Boulogne fut élargi le 7 novembre.
La publication des Rejlexious sur l'Encyclique fit désirer aux abbés Sîcard et Jaurtrct, qui publiaient les Annales rcli ^rieuses et litiéruircs, de l'avoir pour collaborateur. Ce recueil avait commence au mois de janvier 1796, cl avait pour but de combattre les annales de la Fieligion, que publiaient les constitutionnels. L'abbé de Boulogne ne tarda i)as à en devenir le principal rédacteur; et c'est lui qui lui fit prendre le litre d'Jnnales catholiques.
LISTE CllllO\OLO(iliHE
DES ÉClllVAI.NS DU DIK-JIL ITIli.Mli SIÈCLE
CONSIDERKS