DISTINCTION ENTRE LE FAIT ET LE DROIT
Comme les subterfuges des jansénistes et leurs contestations sur les différents sens allaient à éluder la bulle , les évéques qui se trouvaient à Paris s'assemblèrent le 9 mars 1654, et s'occupèrent des moyens à prendre pour assurer l'autorité du jugement du Saint-Siège. On nomma une commission, qui tint plusieurs séances, examina les textes de V Auguslinus qui avaient rapport à chacune des propositions, et lut différents mémoires qu'on lui présenta.
(1) Ce n'est pas du reslc ici le lieu d'examiner les rapports qui existaient entre le système de Jansénius et le véritable système de Calvin, ni à plus forte raison de réfuter l'abus que faisaient les jansénistes des autorités de saint Augustin, de saint Thomas, et de l'étolc des Thomibtcs, avec laquelle ils s'idcnlitiaicnt. EiliCciir.
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Elle fit son rapport le 26 mars, et en conséquence l'assemblée déclara que la constitution dinnoccnt avait condamné les cinq propositions, comme étant de Jansénius et au sens de cet auteur. Elle écrivit au Pape pour l'en informer: et le saint Père, dans sa réponse, la félicita de son zèle, l'assura qu'il avait condamné dans les cinq propositions la doctrine enseignée par Jansénius dans son livre, et lui fit part en même temps de la condamnation qu il venait de faire de divers ouvrages en faveur de révéque d'Ypres.
L'n autre écrit donna peu après lieu à une nouvelle dispute. A la tête des admirateurs de W^ugustinus, élaif, comme nous l'avons dit. M. Arnauld , docteur de Sorbonne, d'une famille respectée, d'un caractère ardent, d'une imagination brillante, d'un esprit vif et pénétrant. Nourri dans l'étude de la philosophie et de la théologie, enrichi par la lecture des auteurs sacrés et profanes, il avait un style abondant, facile, éloquent même quelquefois, mais surtout véhément et impétueux. Le 24 février 1655, il donna une lettre adressée à un ami, et dans laquelle il rendait compte d'une affaire arrivée au duc de Liancourt, à Saint-Sulpice. Le confesseur de ce duc ne voulut point l'admettre au tribunal de la pénitence, qu'il ne donnât des marques d'une soumission parfaite à la dernière bulle, et qu'il ne rompît ses liaisons étroites avec Port-Royal. Arnauld en prit occasion de se justifier lui et ses amis , et d'assurer qu'ils condamnaient les cinq propositions partout où elles se trouvaient. Quelqu'un avant répondu à cette lettre, et ayant prétendu qu'Arnauld et ses amis devaient de plus déclarer qu'ils renonçaient à la doctrine qu'ils avaient jusque-là soutenue, ce docteur fit paraître une seconde lettre datée de Port-Royal, le 10 juillet 1655.11 y prenait ouvertement le parti de W^ugustinus. On en murmura. Le syndic de la Faculté dénonça la lettre à son corps, au prima inensis de novembre. Des commissaires furent nommés pour l'examiner: et malgré l'opposition d'Arnauld et de ses amis, qui présen-
lèrcn( requête au parlement , le rapport fut fait le 1"' décembre 1655.
On avait extrait de la lettre deux cliefs, qu'on appela de fait et de droit. Le premier concernait ce qu'avait dit Arnauld, « que les cinq propositions avaient été forgées à » plaisir par les ennemis de la doctrine de saint Augustin \ » qu'elles n'avaient été soutenues de personne; que pour » lui, ayant lu avec soin le livre auquel on les attribuait, il )j n'avait pu les y trouver. » La question de droit roulait sur cet endroit de la lettre où Arnauld disait, « que la grâce, )) sans laquelle on ne peut rien, a manqué à un juste, dans « la personne de saint Pierre, en une occasion où l'on ne )) peut pas dire qu'il n'ait point pécbé. »
Les docteurs opinèrent sur ces deux propositions. Le 14 janvier 1656, après plus de seize séances, la première fut déclarée téméraire, scandaleuse , injurieuse au Pape et aux Evéques, et donnant lieu de renouveler la doctrine de Jansénius. Ce fut l'avis de cent trente docteurs, dont sept étaient évêques. 11 y en eut soixante -buit qui convinrent qu'Arnauld avait manqué, mais qui prétendirent qu'il ne méritait pas une censure publique. On opina ensuite sur la seconde proposition, qui , après douze séances de discussion, fut jugée téméraire, impie, blasphématoire, frappée d'anathéme, et hérétique , à la pluralité de cent trente docleurs contre neuf. Arnauld ayant fait signifier à la Faculté un acte, par lequel il protestait de nullité contre tout ce qui s'y était fait et s'y ferait , il fut arrêté que s'il ne se soumettait dans la quinzaine , il serait retrancbé de la Faculté et rayé du nombre des docteurs. Cette disposition et la censure furent confirmées dans deux assemblées subséquentes. Le 18 février, la censure fut signée par six évèques et par tous les docteurs, sans en excepter quatre amis d'Arnauld, qui l'avaient servi jusqu à la fin, et qui ne s'étaient pas retirés, comme d'autres de ses partisans. Cette censure fut aussi reçue et eni'egistrée par la Sorbonne, et approuvée par l'assemblée du clergé qui se tenait alors; et depuis ce temps nul n'a pris les de-
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grés de dncleur OU de bnchclicr dans la Faciillé de thénloijie , qu'il u'ait signé la condamnation des deux arlicles de la l< tire.
L'assendilée du clerîj* de 1656, dans ses séances des 1" et i septembre, revit et approuva ce qui avait été fait par les prcccdeules, el déclara (|u'il y avait des (picslions du fait, sur Usquclles l'Eglise ne pouvait se tromper, sans perdre l'auioriié dont elle a besoiei , soit pour la foi, soit pour les mœurs. Klle arrêta quelques arlicles sur le méa)e sujet, el écrivit au Pape pour lui rendre compte de ce qu'elle avait fait. Alexandre Vil, successeur d'Innocent, lui répondit par la bulle ^d sacrum , datée du 16 octobre 1656. Il Y confirmait celle de J653, et appelait perturbateurs du repos public et enfants d'iniquité ^ ceux qui soutenaient, au grand scandale des fidèles, que les cinq propositions ne se trouvent point dans le livre de Janséuius , ou qu'elles n'ont point été condamnées au sens de cet auteur. Il assurait au contraire, comme témoin de tout ce qui s'était passé, que le fait de Janséuius avait été examiné du temps de son prédécesseur, avec une exactitude telle (juon n'en pouvait désirer davantage. Le 17 mars 1657, l'assemblée du clergé reçut cette bulle, en recommanda l'exécution dans tous les diocèses, et arrêta que pour assurer davantage celte exécution, les évêques souscriraient et feraient souscrire dans un mois un formulaire, par lequel on promettrait soumission aux deux constitutions d'Innocent X el d'Alexandre YÎI. Mais celte délibération n'eut pas silot son effet, Texécution en ayant été remise après l'assemblée générale suivante.
Ce fut alors que l'on commença à écrire contre l'obligation de se soumettre à l'Eglise dans ce qu'on appelait le point de fait. On ne pouvait être obligé, disait-on , à reconnaître, contre ses lumières et sa conscience, qu'une doctrine bérétique se trouve dans le livre d'un pieux et savant évêque; et ce n'est là c[u\\n fait sur lequel l'Eglise n'a point d'autorité pour juger infailliblement. Arnauld fut un des premiers qui établirent celle assertion : elle
fut désapprouvée alors par M. Pavillon, évêque d'Alet, qui élailen grande réputation de piété, et dont nous aurons encore occasion de parler. Ce prélat pensait et écrivait que la question de fait est tellement jointe à la question de droit^ qu'il est dangereux de les séparer (1).
Le 7 septembre 1060, treize censeurs, dont quatre évoques, notèrent les LeLlres provinciales ^ ensemble les notes de WendrocJx et les Disr/uisitions de Paul Irénée (2), comme contenant les hérésies de Janscnius, pleines de médisances et d'outrages contre tout ce qui n'était pas du parti de l'auteur, dignes enfin des peines portées contre les livres diffamatoires et hérétiques. Sur quoi un arrêt du conseil d'Etat condamna l'ouvrage au feu. Tel fut le sort d'un écrit, où l'on trouve, il faut l'avouer, plus d'enjouement et de sel, que de vérité dans les faits et de solidité dans les raisonnements. Ce livre, cher aux littérateurs, qui attachent un grand prix aux charmes du style et à la finesse de la satire , ce livre tombe, malgré ces avantages extérieurs, quand on approfondit ses preuves, et que 1 on cherche à démêler le spécieux du concluant. Les amis de l'auteur lui ont même depuis reproché le peu de solidité de ses raisonnements, lorsque, devenu plus ardent que les plus zélés des siens même, Pascal en vint, dit-on, jusqu'à soutenir que l'on ne devait pas se soumettre à l'Eglise, même pour le point de droit, et qu'elle avait erré en condamnant les cinq propositions : opinion qui le brouilla avec plusieurs de ses amis.
Sur la fin de 1660 commença l'assemblée du clergé, composée de quarante-cinq archevêques et évêques et de dix-huit députés du second ordre. Elle nomma douze commissaires pour chercher les moyens les plus propres
(1) On peut voir ce point et fjuelques autres discutés dans l'ouvrage de l'ahhé Dumas.
(2) Chacun sait que Pasral est l'auteur des Provinciales. Les notes de Veiidi ock , et les Disqttisiliotis de Paul Ii cnée, sont «lu télèhrc Nicole. Les Disqiiisilioiis ont pour but de faire croire que le janscnisine n'est <ju une hérésie imaginaire. Editeur.
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h faire cesser ropposilion. Ils fnenl leur rapport le 10 janvier, el après quatorze séances employées à examiner et à délibérer, l'assemblée arrêta, le T' février, que tous les ccclési;!stiques souscriraient la formule de foi dressée par l'assemblée précédente, et qu'on ferait le procès aux réfractaires. Le Roi autorisa cette mesure par un arrêt de son conseil du 13 avril 1661, et la Faculté de théologie de Paris, donnant l'exemple de la soumission , ordonna, le 2 mai, la souscription du formulaire pour tous ses membres. Les vicaires-généraux de rarchevêque de Paris (le cardinal de Retz était alors absent du royaume) rendirent, le 8 juin 1661, une ordonnance pour la signature du formulaire. Ils y disaient que du temps d'Innocent X, il ne s'agissait à Rome que desavoir si les cinq propositions déférées étaient catholiques ou hérétiques, et demandaient la croyance pour le point de foi, et le respect pour la décision du fait. Cette assertion et cette distinction excitèrent le zèle des évêques. L'assemblée du clergé déclara l'ordonnance contraire aux constitutions etconséquemment nulle, et le Roi en ordonna la révocation. Les grands-vicaires trouvèrent des défenseurs dans leurs amis de Port- Royal, et écrivirent au Pape, qui leur répondit par un bref, où i 1 les accusait d'être perturbateurs de V Eglise, et auteurs, autant qu'il était en eux, d'un schisme honteux. Il déclara qu'il était faux qu'on n'eût examiné les cinq propositions à Rome, que pour savoir si elles étaient catholiques ou hérétiques. Il leur ordonna donc de révoquer leur ordonnance. Après de longs délais, les grands-vicaires se soumirent, et donnèrent, le 31 octobre, un secondMandement pour obligera la signature pure et simple du formulaire. M. de Gondrin , archevêque de Sens, signa aussi dans le même temps, en déclarant expressément que les cinq propositions sont condamnées et hérétiques au sens de l'auteur, qui n'est pas celui de saint Augustin. Il est vrai que les amis du prélat prétendirent qu'il n'avait pas pour cela changé de sentiment. Nous devons remarquer, à cette occasion, que le parti se partagea sur le formulaire en trois
avis différents. Les uns disaient qu'on pouvait signer, quoiqu'on ne crùi pas intérieuiement \e fait, et Arnauld avoue que celait l'opinion d'un grand nombre de personnes dans de sai'antes conimunaulés . On a lieu d'èlre étonné cependant que de zélés disciples de saint Augnslin, des ennemis de la inoiale relâchée, des gens qui s'étaient tant moqués des restrictions mentales, aient pu se persuader qu'on pouvait signer que l'on croit une chose, quand on ne la croit réellement pas. Aussi cet avis fut-il réfuté par Arnauld et ses amis, qui soutenaient, et c'est la seconde opinion, qu'on ne pouvait signer le formulaire sans restriction, lorsqu'on n'éiail pas persuadé que les cinq propositions sont de l'évêque d Ypres. Mais la troisième opinion est la plus étonnante. C était celle de Pascal et de quelques autres, qui prétendaient que le sens de Jansénius était une vérité de foi , que les papes avaient erré en le condamnant, et qu'on ne pouvait en conscience les suivre sur ce point. Ce sentiment n'était pas le plus généralement adopté. Le temps n'était pas encore venu, où l'on croyait pouvoir heurter de front l'enseignement de l'Eglise. Pendant que les opposants disputaient entre eux et avec les évêques sur la signature du formulaire, on eut quelque espérance de voir se terminer les querelles. M. de Choiseul, évêque de Comminges, qui passait pour être lié d'affection et de sentiments avec Port-Royal, et le P. Ferrier, Jésuite, s'étant trouvés ensemble à Toulouse, un ami commun les engagea à chercher de concert quelque moyen de finir les contestations. Ils se réunirent et convinrent d'un projet. Puis ils se rendirent à Paris, et le P. Ferrier entra en conférence avec MM. de Lalane et Girard, nommés à cet effet par le parti. Il y eut cinq conférences tenues entre eux trois et en présence de M. de Choiseul- mais on ne put s'accorder sur rien. Les amis de V Augustinus refusèrent, dit-on, de souscrire au projet arrêté à Toulouse, et après quelques autres tentatives les conférences furent rompues. Peu après, M. de Choiseul persuada aux docteurs de Port-Royal qui avaient
été de la négoci.uion, de s'en rapporJer au jugement de trois évè'incs, savcir, lui, M. de Péréfixe, depuis archevêtpie de Paris, et M. d'Es'récs, évcque de Laon. Ce nioven fut encore inutile. L'évéïpie de Coniniinfjes niettail loul en œuvre poui" amener un acccmmodement. Mais tout ce qu'il put tirer des opposants, ce fut u; e procuration pour éci ire en leur nom au Pape et l'assurer de leur soumission. Dans cet acte, daté du / juin, ils disaient que « leur intention n'avait jamais éié de blesser leSaint- » Siétje, qu'ils étaient prêts à rendre à ses constitutions » tout le respect que la majesté et Taulorilé suprême du » Saint-Siège exigeaient d'eux, et que, si le Pape désirait » encore quelque chose d'eux pour lui témoigner leur fidé- )) lité, ils étaient disposés à lui obéir. "Us envoyèrent en même temps à Rome cinq articles de doctrine, qu'ils avaient dressés, et qui correspondaient aux cinq propositions. Le Pape ayant reçu toutes ces pièces, chargea des théologiens de les examiner. Après qu'ils eurent donné leur avis, il tint, le 21 juillet 1661, une congrégation extraordinaire, où il fut résolu de ne rien répondre sur les cinq articles, parce qu'ils étaient conçus d'une manière ambiguë, qu'ils contredisaient dans un endroit ce qu'ils semblaient accorder dans l'autre, et qu'il paraissait que le dessein qu'on avait eu en les composant, avait été d'obtenir quelque réponse dont on pût tirer avantage contre les constitutions. Il fut arrêté que S. S. écrirait aux évêques de France en commun, pour les féliciter de leur zèle à faire observer les constitutions, leur témoigner sa joie de ce que plusieurs prenaient des sentiments orthodoxes en s'y soumettant, et les exhorter à continuer leurs soins pour ramener les autres. Le secrétaire d'Etat eut ordre d'écrire une simple lettre de civilité a M. de Choiseul, dont on n'était pas content à Rome, à cause de la conduite qu'il avait tenue lors de la bulle d'Innocent X. Lorsque le bref fut arrivé en France , le Roi chargea l'évêque de Comminges de porter les signataires de l'acte du 7 juin, à l'exécution de ce qu'ils avaient promis dans
cet écrit. Après y avoir travaillé durant quelques jours, le prélat ne put tirer d'eux qu'une déclaration où ils distinguaient encore \efait. du droit. On vit alors qu'il n'y avait rien à espérer d'eux 5 et les négociations furent rompues. Cependant les évêques qui se trouvaient à Paris s'assemblèrent par ordre du Roi pour recevoir le bref du Pape, et examiner la déclaration remise à M. de Comminges. Cette assemblée se tint le 2 oclobre. Les évêques, au nombre de quinze, déclarèrent que ce dernier acte était captieux et conçu en termes pleins d'artifice -, qu'il n'y avait pas de meilleur moyen, pour faire observer les constitutions , que le formulaire prescrit par les assemblées précédentes, et que le Eoi serait prié d'interposer son autorité pour le faiie souscrire. En effet, il donna peu après une déclaration enregistrée au parlement, le 29 avril 1664, par laquelle il était ordonné à tous les ecclésiastiques, sous peine de privation de leurs bénéfices, de signer le formulaire prescrit. Aussitôt on ne 'vit que signatures, dit le P. Gerberon.
Mais comme on espérait qu'une constitution solennelle pourrait peut-être encore réduire les iéfraclaires, Alexandre VII donna, le 15 février 1665, une bulle qui prescrivait le formulaire suivant, le même pour le sens qvie celui des évêques : « Je soussigné me soumets à la con- )) stitution apostolique d'Innocent X, du 31 mai 1653, et à )) celle d'Alexandre VII, du 16 octobre 1656, et rejette et » condamne sincèrement les cinq propositions extraites du » livrede Corneille Jansénius, mlilulé y^ugustiims, dans le )) propre sens du même auteur, comme le Siège Aposloli- ); que les a condamnées par les mêmes constitutions. Je le )) jure. Ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles.» Le Roi ordonna aussilôt l'exécution de cette bulle par une déclaration enregistrée au parlement le 29 avril. Tous les évêques publièrent leurs Mandements, sans aucune distinction de fait et de droit. Il n'y en eut que cinq qui énoncèrent cette distinction, et qui bornèrent la soumission pour \ej'ait au silence respectueux. Encore un
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de ces cinq, l'évèque de Noyon, léliacla-l'il son Mandement peu après. Les quatre qui persévûèrent furent MM. Pavillon, Aniauld, Caulet et de lîuzanval, évèques d'Alet, d'Angers, de Paniiers et de Beauvais. Leur résistance les a rendus fameux dans Thisloire ecclésiasrique de ce temps-là. Le premier, surtout, était regardé comme le chef des trois autres, qui le suivirent toujours aveuglément. Il avait cru longtemps qu'on devait se soumettre sans reslriclioii , et l'abbé de Rancé témoigna depuis qu'il savait quelque chose des moyens et des intrigues uiis en œuvre pour faire changer ce prélat, dont l'autorité pouvait être d'un grand secours pour le parti. Il donna, le l'^'^juin, son Mandement, qui fut copié mot à mot par l'évèque de Beauvais, et suivi, quant au sens, par les deux autres. L'évèque d'Angers était le frère d'Antoine Arnauld, et l'on ne devait pas être surpris de voir son nom dans la liste des opposants. Leurs Mandements furent flétris à Borne, et déclarés nuls par un arrêt du conseil.
On ne s'en tint pas là, et le Pape fut prié de nommer douze évèques pour juger les quatre récalcitrants. Pendant qu'on négociait sur le nombre et sur le choix des commissaires, Alexandre VII mourut 5 et cette affaire resta suspendue jusqu'à l'avènement du cardinal Rospigliosi au pontificat. Clément IX, c'est le nom qu'il prit, confirma la commission donnée par son prédécesseur contre les quatre évèques. En même temps so:i nonce tâchait de les ébranler. On commençait à s'apercevoir qu'on aurait de la peine à les réduire. Ils avaient eu le temps de former un parti. Une femme d'un rang illustre à la cour, la duchesse de Longueville, les favorisait publiquement, et plusieurs ministres le faisaient aussi en secret. Les quatre évèques avaient des amis dans les communautés, dans le parlement et parmi leurs collègues. Le 1^"^ décembre 1667 , dix-neuf prélats, à la tète desquels était M. deGondrin, archevêque de Sens, écrivirent au Pape en faveur des quatre opposants. Une autre lettre, qu'ils
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avalent envoyée an Roi, fut mal reçue de ce Prince. Les quatre évéïjues. de leur colé , adressèrent à tous leurs collègues une circulaire du 25 avril 1668, et les excitèrent à prendre leur défense. Celle lellre fut supprimée par un aiièt du conseil; m;iis ce cpii srrvit mieux ces prélals, ce fut une néjjocialion que M. de Gondrin entama avec le nonce. Il lui fit envisager condiien il sérail honorable pour lui, et avantageux pour l'Eglise, de terminer celle conlesialion à l'amiable. Le nonce y donna Jes mains. M. de Gondrin convint avec M. Vialart, évé ■ que de Chàlons, prélat fort attaché aussi aux quatre évéques, que ceux-ci, sans révoquer leurs Mandements ni revenir siu- le passé, feraient faire une nouvelle souscription du foi-mulaire dans des procès-verbaux qui demeureraient secrets. On a prétendu que le Pape et le nonce consentirent à ce que la distinclion du fait et du droit fût énoncée dans les procès-verbaux ; mais celle assertion est évidemment démentie par les faits. C'était pour cette distinclion même que les quatre évéques étaient inquiétés. Connnent auraienl-ils pu rentrer en grâce en la faisant encore? Tout déinontie qu'ils promirent de signer le formulaire purement et simplement, ou du moins qu'on le promit pour eux, et que le Pape ne leur pardonna qu'en supposant qu'ils l'avaient fait. La suite va le faire voir.
M. de Cholseul, évêque de Comminges, ayant déterminé l'évêque d'Alet, et par son moyen les trois autres Es accepter la voie qu'on leur offrait, ce qui n'eût pas été un grand sacrifice, si le Pape eût consenti à la distinction à\\ fait et du droit^ la négociation s'avança. Le nonce eut ordre du Pape de ne plus parler de rétractation et de se contenter d'une soumission sincère. 11 convint donc, avec les négociateurs, d'un modèle de lettre que les quatre éve(|ues écriraient au Pape. On eut beaucoup de peine à faire signer ce modèle à M. Pavillon, qui aurait voulu que la lettre ne contînt rien d'ambigu ou d'équivoque, tandis que celle qu'on envoyait faisait
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entendre tout autre cljose que la vérité. Cependant il se rendit enfin aux instances de ses amis, et signa, ainsi que ré\éc|ue de Paniiers , qui le suivait en tout. Le \A septembre, la lettre arriva h Paris, signée des quatre évêques, et le jour même elle fut remise au nonce, qui eut le 16 une audience du Roi, Tassura que l'affoire était finie et le Pape satisfait, et le pria de laisser tout en suspens jusqu'à la réponse de S. S. Dans leur lettre, les quatre évéques disaient : « Nous avons voulu donner à )) toute l'Eglise, dans l'affaire des souscriptions, une 1) preuve éclatante de notre disposition à conserver l'u- » nité, et à rendre au Saint-Siège ce qui lui est dû. Car » les évoques de France, qui nous sont très-unis d'ailleurs )) pour les sentiments, ayant pris une autre voie pour )) signer le formulaire, nous nous sommes résolus de les » imiter. Ayant donc assemblé, comme eux, les synodes V de nos diocèses et ordonné une nouvelle souscription, )) nous avons souscrit nous-mêmes. Ce qu'ils ont expliqué )) à leurs ecclésiastiques, nous lavons expliqué aux nô- » très. L'obéissance qu'ils ont exigée des leurs, pour les » constitutions apostoliques, nous l'avons exigée des no- » très 5 et, comme nous étions unis de tout temps avec » eux pour le dogme, nous nous y sommes encore unis » pour ce point de discipline. Nous ne dissimulons pas » que la cbose nous a été très-dillicile et très- pénible, » sachaiit assez combien de railleries ce cbangement )) de discipline nous attirerait de la pari de nos enne- )) mis. Nous nous y sommes déterminés pour rendre la » paix à l'Eglise. » On demande si tout ce langage, si toutes ces expressions ne devaient pas porter le Pape à croire que les quatre évêques avaient signé puremetit el simplement. Cependant ils étaient fort éloignés de le faire; et dans leurs synodes, qu'ils ne tinrent qu'après le départ de la lettre, quoiqu elle énonçât le contraire, et où ils n'invitèrent que très-peu d'ecclésiastiques, la distinction du fait et du droit fut clairement énoncée dans les procès-verbaux, dout on fil pour cela
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niêiiie un grand mystère. Us s'altaclièrent avec grand soin à dérober au public la connaissance de ce qui s'était passé en celte occasion, et le secret était même une des conditions de l'accommodement. Aussi ne fut-ce que quelque temps après que l'on apprit le détail de leur conduite. Le 22 septembre, l'évéque de Laon , un des négociateurs, écrivit au Pape pour l'instruire que les quatre évêques s'étaient conformés au reste de leurs collègues par une souscription nouvelle et sincère: mais comme il se répandait quelques bruits peu avantageux sur leur sincérité, le Pape voulut avoir une attestation signée d'eux, qui certifiât qu'ils avaient signé sincèrement et conformément aux constitutions d'Innocent et d'Alexandre. Ces certificats furent envoyés au Pape, tous parfaitement semblables, et datés du jour de la tenue des synodes, quoiqu'ils n'eussent pu être demandes qu'un mois après. Enfin, sur de nouveaux soupçons qu'on eut contre les évêques, qui n'avaient donné à personne copie de leurs procès-verbaux , et qui ne les avaient même pas laissé lire aux signataires, le Pape chargea son nonce de prendre des informations, bien décidé, dit le cardinal Rospigliosi dans la relation qu'il donna de celte affaire, à ne point ménager les évêques, s'ils avaient effectivement déclaré ne pas vouloir tenir pour hérétiques les cinq propositions dans le sens de Jansénius, selon qu'elles avaient été condamnées par le Saint-Siège. Le nonce s'adressa à M. Vialart, qui lui donna une déclaration pour attester que les évêques avaient agi de la meilleure foi possible -, qu'ils avaient condamné les cinq propositions sans restriction dans tous les sers proscrits^ et que quant à l'attribution de ces propositions an livre de Jansénius, ils avaient fait rendre au Saint-Siège l'obéissance qui lui est due, suivant tous les théologiens. Cette déclaration, confirmée par d'autres évêques, engagea enfin le Pape à écrire aux quatre prélats. 11 leur marquait avoir appris qu'ils avaient souscrit et fait souscrire sincèrement le formulaire. « Car M il n'aurait jamaisadmisàcet égard,» ajoutait-il," niexcep-
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)) tion ni reslriclion quelconque. » Il écrivit dans le même sens aux médiateurs, parlant toujours de soumission sincère et d'obéissance vraie et parfaite. Ces brefs mirent comme le sceau à l'accommodement. Ce fut pour en perpétuer le souvenir qu'il fut frappé une médaille-, mais, sur les plaintes du nonce, le Roi ordonna d'en rompre le coin. Telle est Thistoire de la paix de Clément IX, dont quelques écrivains postérieurs ont parlé comme de l'événement le plus favorable pour l'Eglise. Ils assurent dans leurs ouvrages que le Pape approuva la distinction adoptée par les quatre évêques, et que ceux-ci remportèrent réellement la victoire. Il est difficile de concilier ces assertions avec la lettre des quatre prélats et les autres faits. Au surplus, si l'on désirait des notions plus étendues sur ce point historique, on pourra consulter la relation qu'en donna le cardinal Rospigliosi, neveu de Clément IX, sur les actes déposés à Rome et sur les autres pièces authentiques. On pourra lire aussi ce qu'en dit l'abbé Dumas dans l'ouvrage cité. Cet article y est traité avec étendue, et la vérité du fait y est portée jusqu'à l'évidence. On y verra que le Pape exigea des évéques une souscription pure et simple, que ceux-ci lui dirent tout ce qu'il fallait pour lui faire croire qu'ils avaient rempli celte condition, et que ce ne fut que dans cette supposition qu'il leur accorda la paix. Au reste, comme dans cet accommodement les quatre évoques et leur partisans n'abandonnèrent pas au fond leurs sentiments, les suites n'en furent pas aussi heureuses que s'ils avaient agi de bonne foi ; et au lieu qu'on eût pu en attendre une paix durable pour l'Église et une soumission parfaite à ses décisions, on n'en vit naître au contraire qu'un attachement plus tenace à des erreurs proscrites. On profita de la trêve qu'on avait obtenue en trompant le Pape par une soumission apparente, pour s'accroître et se fortifier. Port-Royal rentra dans les droits qu'il avait mérité de perdre, et devint encore le lieu du rassemblement des ennemis de l'autorité. En un mot, on forma un parti, et
Ton se mit dans le cas de luller dans la suite avec plus d'avantage.
Il ne se passa pins, dans cette fin du dix-septième siècle, que quelques faits de peu d'importance relativement aux mêmes contestations. Un des plus dignes d'attention, à cause de l'avantage que les disciples de Jansénius prétendirent en tirer, lut ce qui arriva en Flandre à l'occasion du formulaire. Ce pays était aussi en proie aux nouvelles opinions. Le séjour d'Arnauld , de Nicole, de Quesnel et autres chefs, n'y avait pas été inutile à la cause, et elle y comptait des partisans. Comme plusieurs signaient le formulaire, en prétendant que leur serment tombait uniquement sur les cinq propositions, sans aucune attribution au livre de Jansénius, les évêques des Pays-Bas avaient cru de concert devoir ajouter au formulaire une queue qui coupait court à ces subterfuges. On s'en plaignit, et le pape Innocent XII, pensant qu'en effet cette addition n'était pas nécessaire, répondit aux évêques par un bref du 6 février 1694. Il s'y déclarait fermement attaché aux constitutions de ses prédécesseurs, oidonnait de réprimer ceux qui soutenaient les cinq propositions, et voulait que ceux qui prêtaient le serment le fissent sans distinction ou restriction, condamnant les propositions dans le sens propre et naturel des termes. D'ailleurs il défendait l'addition, aussi bien que l'imputation vague de jansénisme.
Ou ne saurait croire condiieu certaines gens triomphèrent, du moins en apparence, de ce bref. Ils abusèrent surtout de ce que le Pape disait qu'il fallait condamner les cinq propositions dans le sens naturel des termes, et par une interprétation fort étrange, ils prétendaient qu'on pouvait signer le fornuilaire sans condamner le sens de Jansénius; puiscpie, disaient-ils, le Pape ne condamnait que le sens naturel, et qu'il était certain que ce sens naturel n'était point celui de Jansénius. C'est ainsi que, ])ar une subtilité ridicule, ils éludaient la force des expressions du bref.
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Les évèques des Pays Biis en insduisirent le Pape, qui leur répondit le 24 novembre 1096.11 témoignait combien il avait élé étonné d'apprendre qu'on le soupçonnât a avoir voulu changer ou aliérer les consiiluiions de ses prédécesseurs, tandis qu'il les confirmait, qu'il y était alliiché, et qu'il ne soufflait pas qu'on changeât en rien le formulaire. Il recommandait aux évéques de procéder contre ceux qui, en signant, montreraient de vive voix ou par écrit qu'ils ne condamnent les cinq propositions que dans leur sens naturel, sans rapport au sens naturel du formulaire, se formant ce sens naturel à leur fantaisie. Tel est ce second bref, dont ceux qu'il concernait furent un peu moins contents que du premier, mais qui ne les empêcha cependant pas dediscuter encore, parce que c'est le propre de l'esprit humain, quand il est livré à des préventions, de n'en pas levenir aisément, et d'interpréter tout d'une manière favorable aux idées qu'il s'est faites.
[[L'assembléeduclergéde France de 1/00, d'après un rapport de Bossuet et ses instances réitérées, condamna quatre propositions relatives aux vaines subtilités des jansénistes.
La première de ces propositions avançait quon pouvait présentement reconnaître que le jansénisme n'était qu'un fantôme^ qu'on cherchait partout , mais qu'on ne trouvait que dans limagination malade de quelques-uns.
La seconde accusait les constitutions d'Innocent X, Alexandre Vil, Innocent XII, de n'avoir fait qu'exciter les disputes , d'avoir employé des termes équivoques., en même temps qu'elle accusait les prélats de l'Église gallicane d'avoir affaibli les libertés de l'Église gallicane en recevant la constitution d'Innocent X contre Jansénius.
La troisième supposait que le bref d'Innocent XII du 6 janvier 1694 (le premier bref adressé aux évéques des Pays-Bas), avait d'abord paru apporter remède au mal, en mitigeant la rigueur des constitutions sur le point de fait ; puis on se plaignait que cette miligation eût été affaiblie par le bref du 2i novembre 1696.
La quatrième enfin supposait quil élalt nécessaire d'auoir, par rapport à la condamnation de /'Aiignstlnus, de nouvelles conférences devant des juges nommés ou par le Pape ou par le Roi.
Ces quatre propositions étaient déclarées fausses, scandaleuses, téméraires, schisnialiques, favorisant les errem's condamnées, outragenses envers le clergé de France, les Pontifes romains et l'Eglise universelle (1). ]]
Les contestations se renouvelèrent, en 1 702, avec beaucoup de bruit à l'occasion du fameux Cas de conscience. C'est ainsi qu'on appelle une décision que signèrent quarante docteurs de Sorbonne.
Voici le sujet el le précis de la consultation, qui donnera une idée des questions agitées à cette époque, et dans laquelle on remarquera facilement qu'on avait mêlé avec artifice plusieurs propositions de nature ditrérente. On suppose qu'un confesseur de province a quelcjues doutes sur le compte d'un ecclésiastique auquel il a donné longtemps l'absolution sans scrupule, mais qu'on lui a dit avoir des sentiments nouveaux et sin^culiers. Il a donc examiné cet ecclésiastique, qui lui a répondu : 1° qu'il condamne les cinq propositions dans tous les sens condamnés par l'Eglise et même dans le sens de Jansénius, comme Innocent XII l'a expliqué dans son bref aux évéques des Pays- Bas, c'est-à-dire, comme l'entendait cet ecclésiastique, dans le sens que présentent les cinq propositions considérées en elles-mêmes et indépendamment du livre de Jansénius; mais que sur la question défait, c'est-à-dire sur l'attribution des cinq propositions au livre de Tévêque
(I) Voyez cette Censure dans les OEuvres de Bossuet, édition de Lcbel, tome vu, page 362.
Ces actes si aullientiques et si publics doivent écaiter tous les nuajjes |)ar les(iuels ou a clierclié dans des ouvrages iteents el en particulier dans Vlluitoiic iiim'vr^t'llc de l'Et^lisc catholique , par Al. l\orijatlier, tome xxvi, page 316, et suivantes, àobstureir l'oitliodoxie de lîossuet. Cet liistorleu, en voulant prouver J'incoht'rence de Bossuet en cette matière, par des lettres de Fenclon de l'an 1711, confond évideuiuicnl lios&uet avec de Bissy, son successeur. Bossuet était mort en I70i. Editeur.
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d'Ypros, il lui sullît d'avoir une soumission de respect el du silence, el que tniil qu'on ne pourra le convaincre jnridiqucmcnl d'avoir soulenu aucune des propositions, on ne doit pas Tinquiéler, ni tenir sa foi pour suspecte. 2° Il croit la prétlesiinalion gratuite et la grâce ellicace par elle-même; mais il avoue qu'il y a des grâces intérieures qui donnent une vraie possibilité d'accomplir lesconniiandemenls de Dieu, et qui n'ont pas tout leur effet par la résistance de la volonté. 3° 11 croit que nous sommes obligés d'aiiner Dieu par-dessus tout, et de lui rapporter toutes nos actions-, d'où il conclut que les actions qui ne sont pas faites par l'impression de quelque mouvement d'amour de Dieu, sont des péchés, faute d'une fin bonne et droite. 4° Il pense que l'attriilon doit renfermer un commencement d'amour de Dieu par-dessus toutes choses, pour être une disposition sutîisanleà recevoir la rémission des péchés dans le sacrement de Pénitence. 5° Son sentiment est que celui qui assiste à la messe avec la volonté et l'affection au péché mortel, commet un nouveau péché. 6® Il ne croit pas que la dévotion envers les saints, et principalement envers la sainte Vierge, consiste dans tous les vains souhaits el pratiques peu sérieuses, qu'on voit dans certains auteurs. 7° A la vérité, il ne croit pas à la conception immaculée de la Vierge-, mais il se donne bien de garde de rien dire contre l'opinion opposée à la sienne. 8° Enfin, il lit le livre de In Fréqupnte communion d'Ârnauld, les Lettres de l'abbé de Sainl-Cyran, les Heures de Du mont, la Morale de Grenoble^ les Conférences de Luçon et le Rituel d'yilel. Il croit tous ces livres bons et approuvés, et pense de même des traductions du Nouveau Testament en langue vulgaire, et même de la traduction dite de Mons, qu'on peut lire dans les diocèses où elle n'a pas été défendue. Après cet exposé, le confesseur demande s'il peut absoudre l'ecclésiastique.
Quarante docteurs répondirent que ces sentiments n'étaient ni nouveaux, ni singuliers, ni condamnés par l'Église, ni tels enfin que le confesseur dût exiger que l'on