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y renonçât. Celle décision élait du 20 juillet 1701. Elle avait, à ce qu'il paraît, pour auteur le docteur Petitpied; du moins on assure, dans sa Fie^ qu'il dressa celte résolution. Elle fut tenue secrète assez longtemps, et ce ne fut guère que sur la fin de 1702, ou au commencement de 1703j qu'elle fut publiée avec une préface que Dupin luimême, l'un des signataires, qualifie d'mipertinenle. Les docteurs signataires assurèrent n'avoir eu aucune part à la publication de cet écrit. Quoi qu'il en soit, il excita les réclamations les plus vives. Ou vit aisément que la décision des docteurs tendait à anéantir tout ce qui avait élé fait dans le siècle précédent contre le Jansénisme (l). L'évêqued'Apt la condamna le 4 février. Huit jours après, un bref du Pape proscrivit le Cas de conscience.
Les docteurs, effrayés de l'orage, parurent vouloir revenir sur leurs pas. Le P. Alexandre, un des plus célèbres des signataires, assura dans une longue lettre à l'archevêque de Paris, qu'en disant qu'il sutlisait d'avoir sur le fait une soumission de respect et de silence, il avait entendu une soumission sincère d'esprit et de cœur, une soumission deson proprejugementau jugementde I Eglise. 11 prolesta reconnaître dans l'Eglise une infaillibilité de gouvernement et de discipline dans la décision des faits doctrinaux, et croire qu'on ne peut, sans péché mortel, refuser opiniâtrement de signer le formulaire. Quelques autres docteurs signèrent aussi un acte où ils décidaient qu'on doit à l'Eglise, non-seulement un silence respectueux, mais encore une créance intérieure et un acquiescement véritable de cœur et d'esprit. Les autres signataires, au nombre de vingt-quatre, écrivirent au cardinal do Noailles pour se soumettre au jugement qu'il porterait
(I) On peut voir dans l'Histoire de Bossuet par M. de B:iusset, livre xii, n. 2, « coniineiit au premier éclat tiuc lit cette nouvelle attaque du parti janséniste, lîossuct prit feu; « (c'est l'expressiou dont se sert Ledicu. Dès ce moment il travailla avec prudence, mais avec activité, à amener le cardinal de Noailles à a;;ir de concert avec lui. Ce point élait d'autant ])lus important il obtenir qu'on accusait le (cardinal de n'avoir pas mis assez d'empressement à condamner le Ciis de conscience. Editeur,
DU COMMENCEMENl DU XVIII SIKCLL.
sur leur décision. Toutes ces rétractations étaient l'effet des soins du cardinal lui-nicme, qui n'avait rien épargne pour amener les docteurs à cette démarche. Il donna aussi son Ordonnance, datée du 22 février, mais qui ne parut que le 5 mars. Aussitôt les docteurs révoquèrent leur signature. Il n'y en eut que deux qui le refusèrent, Petitpied et Delan; encore ce dernier se soumit-il dans la suite. Petilpied, l'auteur même de la résolution, persévéra à la défendre, fut exilé à Beaune, et se relira depuis auprès de Quesnel en Hollande.
Cependant, un grand nombre d'évcques se déclaraient contre le Cas de conscience et donnaient des Mandements pour le proscrire. Outre le cardinal de Noailles, il y en eut environ dix-huit qui s'expliquèrent à ce sujet. Seulement, comme quatre d'entre eux avaient inséré dans leurs Mandements le bref du 12 février, qui n'était point revêtu de lettres patentes, il y eut des parlements qui, pour cette raison, en appelèrent comme d'abus.
La faculté de théologie de Paris, qui eût dû se montrer la première, &e prit, que le 4 septembre 1704, une délibération pour censurer le Cas de conscience et exclure de son sein ceux qui ne voudraient pas se soumettre. En conséquence, Petilpied fut rayé du tableau. Enfin le Cas de coTiscience fut aussi proscrit en Flandre par l'archevêque de Malines et l'évêque de Liège, et par les facultés de théologie de Douai et de Louvain. Celle-ci donna même à ce sujet, en 1705, une seconde censure fort détaillée, où elle reprenait, article par article, ce qu'elle avait trouvé de blâmable dans la déclaration de l'ecclésiastique supposé.
Ces différentes condamnations ne ramenèrent pas ceux qui les avaient provoquées; et ( omme ils se retranchaient toujours derrière le silence respectueux, prétendant qu ils n'étaient tenus qu'à ne pas contredire ouvertement les décisions de l'Église, et ne cessant cependant d'écrire contre elles, Clément XI voulut leur oter ce dernier subterfuge par une décision plus solennelle.
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Le 15 juillet, il donna la constilulion Vineam Doviîni. Elle lui avait été demandce par les rois de France et d'Espagne, et par plusieurs évèques qui voyaient les prp- P^rès des nouveautés dans leurs diocèses. Le Pape y confirmait de nouveau les bulles dinnocent X et d'Alexan^ dre YII, « qui avaient fini la cause, et auraient dû, dit-il, « finir l'erreur, s'il ne s'était trouvé des hommes qui em- )) ploient mille subterfuges pour troubler l'Eglise. »
11 se plaignait qu'on abusât principalement du bref de Clément IX aux quatre évéques, et de ceux dinnocent XII aux évéques des Pays-Bas, « comme si, ajoutait-il. Clément, » qui déclarait dans ce même bref qu'il demeurait très-fer^ )) mementattachéaux constitutions de ses prédécesseurs, et )) qu'il avait exigé des quatre évèques une obéissance vraie » et entière, et une souscription pure et simple, eût admis » effectivement quelque exception ou restriction dans le » temps même qu'il protestait qu'il n'en aurait jamais )) admis aucune ; et comme si Innocent XII, en déclarant » avec sagesse et précaution que les propositions extraites )) du livre de Jansénius, ont été condamnées dans le sens » évident que les termes dont elles sont composées pré- » sentent d'abord et expriment naturellement , avait » voulu parler, non du sens propre el naturel qu'elles » forment dans le livre de Jansénius ou que Jansénius » a eu en vue, et qui a été condamné par Innocent X et ;) Alexandre VII, mais de quel ]ue autre sens différent 5 et M comme s'il avait voulu adoucir, restreindre ou changer » leurs constitutions par ces mêmes brefs, dans lesquels » il assurait qu'elles étaient encore dans toute leur force » et qu'il V demeurait fortemeni attaché. »
Le Pape en venait ensuite à ceux qui prétendaient qu'il n'était pas nécessaire de condamner inlérieuremeni comme hérétique lé sens du livre de Jansénius, mais qu'il sullisail de garder sur cela un silence respectueux. « Sous le » voile de cette trompeuse doctrine, disail-il, on ne quille » point l'erreur, on ne sait que la cacher, on couvre la » plaie au lieu de la guérir, on n'obéit pas à l'Eglise, mai§
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» on s'en joue. Bien plus, quelques-uns n'ont pas craint >y d'assurer que l'on peut licitement souscrire le formu- )) laire, quoiqu'on ne juge pas inlérieuremenl que le livre » de Janséiiius contienne une doctrine hérétique : comme » s'il était permis de tromper 1 Église par un serment, et )) de dire ce qu'elle dit sans penser ce qu'elle pense. » Knfin le Pape déclarait qu'on ne satisfait point, par le silence respectueux^ a l'obéissance due aux constitutions, et que l'on doit regarder comme hérétique et rejeter de cœur le sens du livre de Jansénius, qui a été condamné dans les cinq propositions, et que leurs propres termes présentent d'abord.
Une décision aussi précise forçait l'erreur dans ses der* niers relranchements. Sous ce rapport, la bulle Fineam Domini est l'un àcs, monuments les plus importants de l'enseignement de lÉglise : elle fut acceptée avec soumission par les évèques de l'assemblée du clergé de 1705, malgré quelques dilhcultés accessoires dont il sera parlé sur l'année 1706 à l'occasion d'un bref du Pape adressé aux membres de cette assemblée.
Cependant il se trouva des gens qui, à force de subtilités, prétendirent qu'elle ne décidait rien. C'était une trisle consolation qu'ils voulaient se procurer dans leur disgrâce. Au fond, ils savaient qu'en penser, et la simple leclure de la bulle réfutait leur allégation,