‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 29 sur 54 · PORTUGAL · texte numérisé non relu

PORTUGAL

L'élat de l'Église, en Portugal, n'offre, vers 1700, rien de très-remarquable. Ce royaume était gouverné par don Pedro II, le même qui avait opéré la révolution de 1667. C'était un prince capable, sobre et politique. Il y eut sous lui quelques contestations avec le Saint-Siège au sujet du quindennia, ou pensions dues au souverain Pontife sur les revenus de tous les bénéfices. Ces pensions se payaient tous les quinze ans et avaient été établies sous Paul IL Cet usage se maintint jusqu'en 1685; mais alors les Jésuites refusèrent de payer pour les bénéfices unis à leurs maisons , alléguant qu'ils étaient de fondation ou de patronage royal, quoiqu'il n'y eût aucune exemption pour ces sortes de bénéfices. Le roi Pierre les favorisait, et ils résistèrent à tous les ordres du nonce apostolique, Conti. Le Pape, pour les réduire, leur défendit de recevoir des novices. Le nonce ayant signifié cet ordre aux chefs de la société en Portugal, fut obligé de quitter Lisbonne et la cour. On craignait une rupture déclarée, lorsque le roi ayant été attaqué d'une maladie grave, témoigna quelques regrets du passé, rappela le nonce et l'accueillit avec les égards qui lui étaient dus. Les Jésuites continuèrent cependant à refuser d'obéir, et plusieurs cardinaux voulaient qu'on fit un exemple sur les coupables. Mais Clément XI préféra les voies de douceur, et il obtint enfin par patience et modération une soumission qu'il ne voulait pas devoir à la sévérité.

Don Pedro II mourut en 1706, laissant la couronne à son fils, don Juan V. Catherine de Portugal, sœur de don Pedro et veuve de Charles II d'Angleterre , qui avait été fort utile aux catholiques pendant le règne de son époux, s'était retirée dans sa patrie en 1692^ et y mourut en 1705.

Il n'y avait, en Portugal, qu'un seul cardinal, Louis de Souza, qui était aussi archevêque de Lisbonne, et qui mourut en 1702. La situation de la religion dans ce pays était à peu près la même qu'en Espagne. Les formes du gouvernement ecclésiastique se ressemblent beaucoup dans les

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deux royaumes. Dernièrement un homme éminent en sainteté avait eu la plus grande réputation en Portugal. C'était Barthelemi du Quental, fondateur de la congrégation de l'Oratoire, et mort en 1698. 11 a reçu le titre de Vénérable, et le procès pour sa canonisation est pendant à Rome. Un Jésuite, Pierre d'Amaral, mort en 1711, se rendit célèbre dans l'Université de Coïmbre par ses talents. Un autre Jésuite du même nom, mort en 1715, est connu par quelques écrits.

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