MISSIONS
De tous les caractères qui distinguent le cbristianisme, un des plus éclatants est cette propagation rapide qui illustra son berceau, et qui, résistant à tous les moyens bumains, répandit en peu de temps la connaissance du vrai Dieu dans toutes les parties du monde alors connu. Les trois premiers siècles surtout virent un grand nombre d'bommes apostoliques travailler avec une généreuse ardeur à étendre la religion, et porter successivement la lumière de l'Évangile chez des peuples livrés jusque-là aux plus tristes superslillons. Les siècles suivants ont bérité de ce zèle pour les progrès de la vérité -, et il n'en est aucun qui n'ait fait de nouvelles conquêtes à la foi, et
DU COMMr.NCFHEJN'T DU XVIII* SIKCLE. 201
qui n'ait reculé les bqrnes de l'euipire cliroticn. Les ministres de la religion, tantôt convertirent ces hordes barbares qui s'étaient assises sur les ruines de la domination romaine, et en avaient occupé les plus belles provinces, tantôt pénétrèrent jusque dans les pays inconnus, d'où ces hordes étaient sorties. A des époques plus récentes, ce noble empressement à propager le christianisme ne s'est point démenti. Les progrès de l'art de la navigation ont ouvert un nouveau champ au zèle des missionnaires, et ils ont volé, avec les auteurs des nouvelles découvertes, pour les (aire tourner à la gloire de la religion et au bonheur des peuples. C'est ainsi que l'Inde et l'Améririque, les régions les plus peuplées de l'Asie et les déserts de l'Afrique, les continenis et les îles ont vu successivement des ouvriers évangéliques traverser les meis pour leur apporter le bienfait d'une morale plus juste et d'un culte plus pur. On a ouï raconter les travaux d'un saint François-Xavier dans l'inde, d'un Père Claver en Amérique, et de tant d'autres héritiers de leur courage et de leur dévouement. Ce zèle pour répandre la foi semblait s'être accru au dix-septième siècle. On volt à celte époque un grand nombre d'âmes généreuses occupées du soin de faire connaître Dieu jusque dans les pays les plus reculés. Pendant que des prêtres pleins de piété et d'ardeur brûlaient du désir d'aller annoncer la parole divine aux extrémités de la terre , des particuliers opulents songeaient à leur aplanir les obstacles, fondaient des missions, et consacraient des sommes considérables pour soutenir une église naissante. Ainsi la duchesse d'Aiguillon, pour nous borner à un seul exemple, prenait part à l'envoi de missionnaires en Chine, contribuait à faire bâtir des églises à Québec, et établissait des prêtres à Allier. Ce même siècle vit se former ou s'accroître des missions importantes. Nous allons les passer en revue, en nous occupant surtout, suivant notre plan, de faire connaître l'état où elles se trouvaient à l'ouverture du dishuitième siècle.