‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 47 sur 54 · DES ÉCRIVAINS · texte numérisé non relu

DES ÉCRIVAINS

de lui un écrit sur la version du Nouveau-Testament de Botiliours, et sur celle de Mons, des Notes sur la version du Nouveuu-Tcslament , de Richard Simon, el une Harmonie des livres des Machabées.

21 janvier. — Adrien Baillkt, critique, né près Beauvais en 1(540, fut successivement professeur dans un collège, curé, puis bibliothécaire deM.de Lamoignon. Son principal ouvrage est les Vies des Saints, 4 vol. in-foi., on l'on trouva, dans le temps, une critique exagérée, et où elle n'ot pas aussi sage que dans la collection de Bmler, traduite par Goilescard. Le livre I)e la Dévotion à la sainte Vierge, et du culte qui lui est dû, donna aussi lieu à quelques plaintes contre Bailiet. Les autres écrits, dont nous ferons mention, sont VHistoire des démêlés de Boni face VIII et de Pliilippe-le-Bel., — la Vie de saint Etienne de Grammont, — celle de Richer et celle de Godefroi Hermant ; — Jugement des savants sur les ouvrages, etc., neuf volumes in- 12. Cet écrivain était instruit et fécond, mais pas toujours exact.

22 janvier. — Antonin Massollié, Dominicain, né à Toulouse en 1C32, refusa nn évêché qui lui fut ofTert par le grand duc de Toscane, et mourut à Rome, où il était assistant du général de son ordre. Son principal ouvrage. Saint Thomas interprète de lui-même, qu'il composa en latin en faveur du thomisme, fut déféié à Rome et ne fut pas condamné.

15 mai. — Jean-Baptiste de Bexedictis, Jésuite, né à Ostuni en 162i!, professeur de théologie à Naples, se déclara contre la philosophie de Descartes et contre le jansénisme, et fut obligé, par suite de ces disputes, de quitter Naples ; il se retira en Sicile, puis à Rome en 1705. Ses Lettres apologétiques pour la défense de la théologie scholastiquc sous le nom de Benoit Alatin, firent beaucoup de bruit.

16 mai. — Antoine Verjus, Jésuite, frère du comte de Crécy, naquit à Joigny, en 1632, el fut procureur des missions du Levant. Ayant eu occasion d'aller chez les prolestants d'Allemagne, il se fit estimer d'eux. Il procura beaucoup d'avantages aux missions, el les étendit. Ses écrits sont : Vie de M. Le Nobletz, missionnaire en Bretagne; Vie de saint François de Borgia; Catéchisme pour les nouveaux Convertis, traduit de Canisius. Le P. Verjus avait un autre fière, François, mort évéque de Grasse en 1710.

6 août. — Jean-Baptiste Duhamel, d'abord Oratorien, curé de Neuilly-sur-Marne, puis chancelier de l'église de Bayeux, était né à Vire en 1624. Secrétaire de f Académie des Sciences, à Paris, il cultiva les sciences, et principalement la physique, el fut lié avec tous les savants de son temps. Ces éludes ne l'empêchaient pas d'être un théologien pieux et habile. Ses ouvrages en ce genre sont : Théologie spéculative eipratiqne, 7 vol., 1691 ; — un Abrégé de la même; Institutions bibliques, avec des notes, 1698; — et une grande Bible qu'il donna en 1705. Il était généralement estimé pour son caractère et ses

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connaissances. Voyez son Eloge, par Fonlenelle. Il y rend hommage aux vertus, à la piélé et au désintéressement de ce saint prêtre.

8 octobre. — Joseph Agnelli, Jésuite napolitain, né en 1G21, mort à Rome, où il résidait depuis trente ans. Il était coiisulteur de l'inquisition et prédicateur, et composa plusieurs livres de piélé en italien. Le plus connu est Vluslructcur paroissial.

10 octobre. — Paul Pezron, Bernardin, docteur de Sorbonne, naquit àHennebon en 1G39. Il remplit diverses places dans son ordre, et fut nommé, en 1697, h l'ahhaye de la Charmoy, dont il se démit en 1705. Il se livra à l'étude, et se distingua dans le genre de l'érudition. Son Ànliquité des temps rétablie est destinée à soutenir la chronologie des Septante contre celle du texte hébreu. Depuis, il doima une Défense de cet ouvrage contre les pères Marti;inay et Le Quien, qui avaient écrit en faveur du texte ht^breu. VEssai d'un Commenment aire sur les Prophètes fut plus généralement approuvé; mais sa produciion la plus estimée e^t VHistoire èvangclique confirmée par la judaïque et la romaine; 1696, deux voliunes. Il y a beaucoup de recherches dans cette espèce de démonstration historique du chiisuanisme. Le P. Colonia, Lardner, en Angleterre, et l'abbé Bullet, ont depuis traité ce sujet. Dans ces derniers temps, le baron de Sainte-Croix préparait, lorsqu'il mourut, une nouvelle édition de VHistoire évangélique du P. Pezron. Il la regardait, avec raison, comme très-importante contre les incrédules.

18 octobre. — Jean-Bapiiste Langlois, Jésuite, publia divers écrits contre l'édition de Saint-Augustin donnée par les Bénédictins, et une Histoire des Croisades contre les Albigeois , qui est esiiméf . On lui doit aussi le recueil connu sous le nom de Journée du Chrétien.

8 décembre. Abraham-Nicolas Amelot de la Houssaye, laïque, né à Orléans en 1654, est auteur d'une traduction de VHistoire du concile de Trente, de Fra-Paolo; — du Traité des Bénéfices, du même; — des Homélies de Palafox; — des Mémoires Itistoriqnes, Cet auteur était plus fécond qu'exact, et est en général peu favorable au Saint-Siège.

— François Ducasse, canonisie estin)é, né au diocèse de Lecloure, fut grand-vicaire de Carcassonne, puis archidiacre de Condom. On a de lui la Pratique de la Juridiction ecclésiastique, — et un Traite des chapitres.

b janvier. — Charles-Grégoire Rossignoli, Jésuite, auteur ascétique, né en 1651, est connu par les Merveilles de Dieu dans le Saint-Sacrement, et par quinze autres éciits de piélé recueillis à Ve-

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nise, 1723, 3 vol. iii-i". — Grégoire Rossignoli, son frère, Barnabile, mort le 5 juin 1723, écrivit sur le droit canonique, sur les sacrements, les contrais, les censures, etc.

2G [('crier. Louis Colsin, président à la cour des Monnaies, était, quoique laïque, lort versé dans la coniiaissance des Pères et de l'iiisloire ecclésiastique. Né à Paris en 1G27, il avuil été destiné d'abord à l'étal pcilé.siasiiqiie, lit sa théologie, et fut même reçu baclielier en celle faculté. Il conserva toujours du goùl i)Oin' la science qui l'avait occupé dans sa jeunesse. Il publia, en 1072, la traduclion de VUistoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée, — puis celle de Socrate, de Sozomène et de Tluodoret, — celle lie?, Discours de saint Clément d'Alexandrie pour exhorter les païens à embrasser le christianisme, etc. Il fonda six bourses à Paris pour de jeunes clercs, et donna sa bibliothèque à l'abbaye de Sainl-Viclor, avec vingt mille livres pour l'entretenir.

■12 septembre. — Etienne Le Camus, cardinal, évêque de Grenoble, était né à Paris en 1632. Il fut docieur de Sorbonne, et remplit la place d'aumônier du Roi peudinii plusieurs années. Ayant été nommé à révcché de Grenoble, en 1671, il n'accepta qu'avec peine ce fardeau, et montra qu'il était digne de le porler. Dès lors il embrassa la vie pénitente qu'il a toujours menée depuis. Il se levait à deux heures du malin, faisait maigre toute l'année, el partageait son temps entre la prière et 1< s soins ue sou diocèse. La prédication, les visites pastorales, la réf-irme des abus, le soin de maintenir la régularité dans le clergé, rattachement aux règles de la discipline et de la morale, distinguèrent son gouvernement. Créé cardinal par Innocent XI, eu 1CS6, il ne changea rien à son genre de vie, et ne rabattit rien de son zèle. Il fallu! que Clément XI lui écrivît pour l'engager à relâcher quelque chose de ses austérités. Il fonda deux séminaires, et institua les pauvres ses héritiers. On dit que c'est par ses ordres que lut rédigée la Théologie morale, dite de Grenoble. Lui-même coniposa quelques ouvrages : une Défense de la virginité perpétuelle de la Mère de Dieu, selon r Ecriture el les Pères, Lyon, 1680; — un Recueil d^ ordonnances synodales, — et un Traité de l'Eucharistie. Lalouette a publié un Abrégé de la Vie de ce prélat, et Gras-Duvillard a fait paraître sur le même sujet, en 1748, un Discours dont le fond est, dit-on, dû P. Molinier, de l'Oratoire; seulement l'éditeur a corrigé ce qui rappelait trop les préventions de TOratorien. D,ms ["Histoire ecclésiastique de l'abbé Racine, on peint le cardinal Le Camus comme opposé aux Jésuites, et mécontent de leur dodrine et de leur conduite. Il est permis de croire que cet historien a été partial et inexact sur ce point, comme sur tant d'autres.

27 décembre. — Jean Mabillox, Bénédictin de Saint-Maur, naquit près Mouzon en 1652. Associé par D. d'Achéri à son Spicilége, il prit de bonne heure le goût de la critique et de l'érudition, et l'habitude

du travail et des recherclies. Il voyagea en Allemagne et en Italie, y découvrit plusieurs pièces imporlaiiles et plusieurs nvinuscrils curieux, ei publia le journal de Tuu et de l'autre voyages. Ses recherches et sasag;icilé lui tirent une réputation étendue. Ses ouvrages dans le çenrequi nous occupe, sont : les Actes des saints de V ordre de saint Benoit (ouvrage rempli des plus curieuses recherches, et iiès-unportant pour Thisloire ecclésiastique générale et pour celle de chaque province); —Liturgie gaUicane ; — Dissertation sur l'usage du pain azyme; — Lettre sous le nom d'Eusèbe, Romain, sur le Culte des saints inconnus; — Annales de V ordre de suint Benoit, riuvrage digne des mêmes éloges que les Actes des Saints; — Traité des Etudes monastiques, etc.^Lc P. Mabillon eut, sur ce dernier livre, une controverse avec l'abbé de Rancé, qui croyait que des religieux devaient se livrer à la vie méditative et aux exercices de piété, et non aux études littéraires. Mabillon soutint la lhè»e contraire ; et son exemple même servait à justifier son sentiment : car il n'était pas moins pieux que savant. Doux, modeste, sage dans sa critique, il fut un des ornements de sa congrégation ; il enlreleuait, au dehors et au dedans, des relations avec beaucoup de savants. On doit encore à D. Mabillon trois éditions de saint Bernard. La seconde est la plus estimée. Il eut un grand nombre de disciples, qu'il forma au goût des bonnes études. Voyez sa Vie, par D. Ruinart.

— Jean Sergeant, prêtre catholique, naquit en Angleterre, en 1621, de parents prolestants, étudia à Cambridge, et fut d'abord secrétaire d'un évêque anglican. S'étant fait catholique, il alla étudier au collège anglais, à Lisbonne, et y fut ordonné Piètre. En IGoâ, il retourna dans sa patrie, et y exerça les fonctions de missionnaire sous les noms de Sergeant, de Smith et de IloUand. Car la persécution obligeait les prêtres à se déguiser ainsi. Ses confrères, peu après son arrivée, le tirent chanoine et secrétaire de leur chapili-e. Il eut un long différend avec Talbol, archevêque catholique de Dublin, qui l'accusa d'hétérodoxie. On trouve les détails très-circonstanciés de cette controverse dans \'Histoire de l'Eglise d'Angleterre, de Dood. Il donne tout l'avantage à Sergeant, ei il paraît en effet que le clergé catholique anglais était pour lui, ainsi qu'on le voit par les pièces que produit Dood. Sergeant écrivit aussi contre les protestants Casaubon, Taylor, Tenison, Stillingfleei et Whilby. Il composa un assez grand nombre d'ouvrages de controverse connus en Angleterre, et il travaillait encore dans un âge très-avancé pour le soutien de la foi catholique.

b mars. — Charles Le Gobien, Jésuite, né à Saint-Malo, et mort à Paris à l'âge de SSans, y)uh\'\AV Histoire des îles Mariannes, et une

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