‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 10 sur 33 · XXXII REPONSE A QUELQUES CRITIQUÉS · texte numérisé non relu

XXXII REPONSE A QUELQUES CRITIQUÉS

parti n'existe pas, par cela seul qu'il l'assure? Est-ce l'usagé dans les tribunaux qu'on s'en reinette aux accusés pour savmi^ à'il y a eu ou non un délit ; et leur témoignage est-il recevabks pour éluder les arrêts portés contre eux? Depuis cent cinquante ans, un parti fort animé écrit et se remue, et quand on veut le réprimer, il se plaint qu'on poursuive nn f^intôme. Singu-^ lier fantôme, qui, depuis tant de temps, trouble toute l'Eglise^ fantôme que ceux-là seuls ne voient pas, qui ont intérêt à lé contester ! Quoi ! tant d'écrits, de pamphlets, de querelles, dtf déclamations, sont*ce donc aussi des fantômes? Les soins que ces gens-là prennent pour se déiober an grand jour, attestent seulsleurexisteuceei leur dessein. Le P. La'iibert lui-mêmeest la preuve vivante de la réalité de ce fantôme. Il ne loue que ce qui est émané de ce parti, et ne blâme que ce qui lui est c6n<^ traire. Aurait-il oublié que rassemblée du Clei^ge de France dé 1700 a condamné cette même proposition qu'il prend tant dé peine à établir? Aurait-il oublié que cette censure fut faite à la réquisition et sur les instances de Bossuet, que le P. Lambert n'osera peut-être pas appeler un ignorant et un aveugle? L'antoi ité d'un si grand nom sera-t-elle aussi sans force, et lé confondra t-on avec tant d'autres sur lesquels on s'est plu à jeter l'opprobre et le mépris?

Nous ne suivrons point le P. Lambert dans une foule dé discussions et de raisonnements auxquels il se livre. Il y a une réponse générale à lui faire ; c'est que les Mémoires étant uii ouvrage historique, c'était par des faits qu'il fallait les réfuter. Ou ne détruit point des faits par des dissertations, par des arguments, par des rommentaires. On n'anéantit point une longue histoire par des subtilités et des dénégations hardies. Prouvez que cette suite d'événements rapportés dans les Jlfenioires est fausse, que ces écrits n'ont pas existé, que ces condamnations sont chimériques, que cette guerre si vive et si opiniâtre est une puie imagination, alors vous aurez causé gagnée. Au lieu de cela, le P. Lmibert disserte sans fin. Il oppose à un fait d'interminables raisonnements. Quand on lui dit qu'il a été condamné, il objecte qu'il Ta été à tort. C'est changer l'état de la question ; c'est substituer des discussions à des récits. Nous lui avons présenté des faits ; qu'il réponde par d'autres faits, s'il le peut. Il nous somme de lui détailler les erreurs des appelants. Mais l'auteur des Mémoires n'a pas prétendu faire un ouvrage de théologie. Il ne dogmatise point ; il

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raconte. Jl n'est point controveisiste ; il est historien. Il laisse à d'aatreâ le soin de montrer Téquité des jugements de TEgUse ; son objet se borne â rapporter l'occasion , les circonstances et les suites de ces jugements. Il peut répondre simplement au P. Lambert : flotte cause a été jugée , mon Père. Ce rCeslpcLs à moi à la remettre de noui^eau en question. Vous vous plaignez d^at^irété condamné à tort, j4 dressez-vous au juge qui 9 prononcé V arrêt. Quant à moi j je suis et je dois être hors de cause. Je rC écris que d'après des pièces authentiques ^ je raconte des faits ^ je marche à la suite de r autorité, Cest le plus sûr pour vous comme pour moi.

Je ne sais trop ce que le P. Lambert , malgré sa faconde, aurait pu répondre à cette courte défense. Peut-é ire aurait-il eu recours au moyen qu'il n'a pris que trop souvent. 11 se se« tait emporté, et aurait fait pleuvoir sur son adversaire une grêlede reproches amers, d'épithètes injurieuses et de termes de mépris. Mais ces gentillesses, quM a semées si libéralement dans son Tolume, sont une triste ressource. La colère est un mauvais conseiller. Elle égare l'écrivain et ne persuade pas le lecteur. Le P. Lambert, avec ses dénégations tianchantes, mériterait quelquefois les qualifications impolies qu'il prodigue sans retenue. Nous nous bornerons à en donner un exemple. L'auteur des Mémoires avait dit, dans son Introduction^ qu'Ar^ nauld, dans sa fameuse Lettre à un duc et pair, lenouvelait la première des cinq propositions condanmées. Là-dessus son débonnaire critique , avec sa modération accoutumée, Taccuse d'ignorance^ d^ injustice et d'emportement, Cest une preuve, dit-ilf que fauteur des Mémoires n entend rien à ces maneres^ jamais les censeurs dArnauld ne lui ont fait ce reproche. Le P. Lambert s'est tiompé; car nous ne voulons pas lui rendre ses qualifications malhonnêtes. Il n'avait qu'à consulter le rapport fait par le docteur Chapelas , un des commissaires de la Faculté de théologie pour Texamen de la lettre d'Arnanld. Il y aurait vu que les commissaiies, aussi ignoraits apparemment que l'au" teur des Mémoires^ étaient persuadés également que, relativement à la question qu'on appelle dr droite la lettre d'Arnauld contenait l'erreur de la première des cinq propositions Sur qui doivent retouibei alors les reproches d'ignorance grtis.siïrr^àe méprise ridicule et Ôl exagération calomnieuse ^ intentés par le péttdaut Dominicain? Lui sied-il bien de prendre des airs de

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