‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 9 sur 33 · A QUELQUES CRITIQUES · texte numérisé non relu

A QUELQUES CRITIQUES

Lorsque ces Mémoires parurent pour la première fois, eu 1806y les journaux en rendirent un compte généralement aa^ sez favorable. Le Journal des Débuts on de l'Empire en fit Vér loge dans si feuille du l'^^ novembre 1806, et u*y mêla même aucune espèce de critique. La Gazeitn de France ne fut paflT moins indulgente, et il n'y eut pas jusqu'au Courrier des Spec" tacks.oà nous fûmes surpris de trouver un article à la fois grave, religieux et flatteur. Le Mercue annonça aussi les iléi^moires dans son numéro du 24 mai 1806 Le rédacteur» ^pi^ quelques élevés qu*il voulut bien donner au style et ai^c ; talents de Thistorien, lui reprocha de n'avoir point assez parfijr . des philosophes, et de s'être trop étendu sur les Jésuites et SQikl^ leurs adversaires. Ce repioche est entièrement détruit, pour \éf premier point, par les additions nombreuses qu'a reçues, dan» cette édition, la partie philosophique. Quant au second point, pouvions-nous nous dispenser de parler de questions et de querelles qui ont agité l'Eglise pendant cinquante ans, qui ont si fort divisé les esprits, et enfanté tant de livres? Ce n'aurait pas été apparemment faire connaître l'histoire du siècle, que d'omettre ce qui y a tenu une si grande place, et ce qiii a excité tant de troubles. La tâche d'un historien est de rapporter les faits, et l'on serait en droit de lui adresser des reproches, s'il prétendait ne parler qu'en passant de contestations longues et animées, et qui ont rempli plus de la première moitié du siècle. D'après ces motifs, nous n'avons cru devoir supprimer dans cette édition que quelques particularités moins importantes et quelques discussions qui suspendraient trop le récit des événements. Les autres critiques du Mercure roulaient sur

(1) Quoique nous regrettions que M. Picol n'ait pas abrégé cette réponse, nous croyons devoir la reproduire, en employant un caractère qui permet-* tra de la resserrer dans un petit nombre de pages. Editeur^

AiPONSE A QUELQUES CRITIQUES. XXIY

des détails sisez minutieux. L'auteur répondit, dans le temps,â cet article, par une lettre que le Mercure ne jugea pas à pro-pos d'insérer. On la trouve dans les Mélanges d histoire^ de philosophie, de morale et de littérature ^ chez Le Clere, 1808, tome V, page 604.

Ce fut la seule critique que les Mémoires essuyèrent pendant quelques années. Car nous ne comptons pas les observations* verbales et les lettres particulières adressées à l'auteur. La plupart, dictées par l'intérêt et l'amitié, ne portaient que sur des faits détachés, ou n'étaient même destinées qu'à demander des éclaircissements. Ce ne fut qu'au bout de cinq ans, quand letf Mémoires avaient produit leur effet, et que l'édition en était presque épuisée, que l'on vit paraître un gros volume sous ce titre imposant: La vérité et C innocence vengées contre les erreurs et les impostures d'un lit^re anonyme intitulç : Mémoires pour ser^ nr à r Histoire ecclésiastique pendant le xviii* siétle; par le P. B» L,, ancien processeur de théologie. Paris ^ Doublet^ l8ll.- CeP. B. L. était le P. Lambert, Dominicain, qui était pins d'une fois descendu dans l'arène pour la défense d'une cause dont il était regardé comine le dernier appui. On connaissait déjà la fécondité et la véhémence de sa plume ; mais il faut avouer qu'il n'avait encore montré nulle part la chaleur et Ténergie qu^il déploya dans son long et terrible plaidoyer contre les Mémoires.

Jadis le docteur Arnauld, ayant à combattre les adversaires de sa doctrine, ne leur épargnait pas les épithètes les plus fortes On sait comment il traita un abbé Mallet, qui avait eu la présomption d'écrire contre lui. Il l'appela un petit docteur, un docteur sans nom, un esprit mal Jait, un cert^eau troublé^ un étourdi^ un impertinent, un ignorant^ un fqu^ un at^etig/e, un fu^ vieux } et sur ce que ses amis mêmes s'étonnaient de ce style véhément, Arnauld publia une Dissertation selon lu méthode des géomètres^ pour la justification de ceux qui emploient^ en écrii^ant dans de certaines rencontres^ des termes que le monde estime durs. Le P. Lambert avait lu sans doute cette Dissertation. Il ne pouvait choisir un meilleur modèle que Tinfatigable Arnauld. Mais, comme tout se perfectionne , il a encore surpassé son maître, et nul n'a plus largement usé de ces termes que le monde estime durs. Dès son début, il annonce le ton qui va régner dans son écrit. Il appelle les Mémoires une insipide ga-- Z2ttey un sot livre, une triste rapsodie. Quant à Fauteur, c'est un

4M^inf^r sans bonne foi, un^ espèce d'illmniné^ m déifffimf akscur^ Ufi eauujcux CQmpihteur^ ui\ écrif^in lourd ^ ffat^ sptjthi menl g'priêujpy empurlp^ wcugle^ ia^puder^t, if^nqrçin(^ mt^is, {VrA^ cUtû... Ces derpièi'p» qualifiiatiops i(oq( inè|iie r^pé|^e{i, (r^ fi'pqiieiiimpnt quand le P. Lambert se fàdie qq peu plufTprl î ce qui p'6§tpa$ rare. Te) es^ le 9tyle grapieuiir, auuabie çt ppli de ce l^u religieux \ telle est la dpiic^iir et raméuité de U) plqppe de ce patron du \\x^\\à précepte de la charité. Le» Gijr raf^e fL\ les ScioppitfSt dont ou a tant parlé, p'étaieut pas piu| vét|é|iient9 et plq$ iiasçibles. Chaque page presque c{e \éçv\i du Dominicuiq e«H3|ir le tqq ^^l'ario^ance ei de rainertun^e. Ilaffec^ 2|vec soq advfsrs^ire l^s former les plus hf^niaÎDes^ i| lui PF^iiigiie ie^ expres^ioifs le§ plu$ méprisantes, il appelle j^ sou secours tout cq cjiie la langue offre dVpitl)ètes acres ; il If^ vapie ni^ine ^vcç une inconcevable l'écoudiiéf le tout si^nt doute par charité* ppu)Uie ^ruapld. C'est ainsi que cei hitqible et fnpdaste théologien sait défendre. sa cause. Il nous ^ei|)ble qu'il iili a fait p'u;>de tort par une telle apologie, qu'il n'a pui aux Mémoires, Qn se déQe d*uu avocat*qui a recours aux îur jures, et uoua nous souimes, plus d|une fois , senti éu)u de pitié pqur un vieillaid, uu prêtre, un religieux, cjue pi SQU âge, pi son caractpr^ , pi 9on propre int'éiêt, ni le sentiment des convenances 1 ne pouvaient préserver de ces eiuporuis ments.

Nous nous garderops bien de payer le P. Lambert çle la même monnaie C'est une ressource qu'il faut abandonner ^ ceui^ qui appareipmept n'ep ont pa^ de meilleures. Nous ^ur rion^ d'ailleurs epcore un autre motif de consolation, si c*eu ét^it une ; c'est que potre adversaire n'est pas plus modéré et plus poli epver^ un grand nombre de personnes élevées en digpité. Il s'en va gourmand int et frappant, à droite et à gapche* tous ceux qui ont eu le malheur de ne pas pen$^r comipe luj ; et comme il y en a beaucoup danç cette catégorie, et qu'il n'en ^p^rgpe aucun ^ il en résulte (|ue son livré est, dauf tout SQO ponten^i, une suite presque non inierroutpqe^de reproches, de gropderies, d'emportefpents^ d'inveptiyes , et que le .déhqpuaire Dominicain a l'air de ne jamais respirer 4e ses ^ç(:ès de colère. Lef Ëvéqnes surtout ont grande part aux ép^qchemepts de $a bile, et il les nomme rarement sans joindre à Ipur nom quelqqe signe de mépri^. Ainsi il dit : U/i M. ^mqla^j'^ ^n V* d^ UffqljssoleSf un M, de Belzunce^ un M. de

f(iifoH0<, Ce9 Evéques étaient, 4 la vérité, de$ prélats é4ifiant$^ efiuyi^i)!^, zi\é^ ; mais ils n'étaient point favorables aux appp?; lapis, jet ih lor^qiiçl mérite pouvaîent*-ils avoir? i^e Cai^ina} dp B«»sy et M. Lan|)(iet, Ar^bevêque ^e Sens, put eu Je ^pv^ ^'écrire fur ces disputes. Le p. Lambert ne leur fait point quartier. C$ pauvre âf, de Bissjr^ dit-il, ce brave M. ta»giief.,i Ô*autres n'en sont pas quittas à si bon marché. Il assure quif Ip nom seul de M. d^ Tencin est uri opprobre. Il tra{ne dan^ \^ boue IV}t L^fîtaii, Evéque de ^isteron. (1 flétrit le Cardjr^al dç BfaiUy, Archevêque de Keiins. Le Cardinal de Fieufy ét4i|t înçpte^ infilèle^ hjrpocrite. D^MS unç longue tirade contre Fénpr Ion, ou tance yerieuien^ ce grapd Archevêque, et on lui rer proche f^vec feu son îgnorçinçe rn théologie^ sa coupablr profar^a-* Hgi% dans la coniposition du Téléinaquei <ff7 ridicule mfprjse ^ poursuivre le fantôme du jansénisme. ,]V|ciis riep n*égnle le toQ de Tardent écrivam à l'égard de Clément ^I. Il revient fré* quemment ^ur ce Pape, sur ceperutrbaw^rt ce prei*ariçateur^ cq proftnaieur^ ^WX sQfi orgi^e l injlcjpiLle et sQr\, Qpii\idi'eté scanda'* leuse, tSif y (ût en un Concile général, QU Cldmenl XI aurait falt^ au9 pi d" de ce souverain tribunal ^ amende honorable des scfin^ dales quil Oignit donnés au monde ckf'éiicn^ ou une irrei^ocable dé^ position aurait été la juste prine de son endurcissement. C'est aip^i que ce respectueux enfant de l'Oglise parle de son chef. Ne doit-on pa^ plutôt s'honorer que rougir des invectives d'un homme capable de s'oublier à ce point?

^i de I4 forme de son livre nous passons au fondi pous p'y trouverons pas pli^s de solidité. Toute la première partie pyt destinée 4 prouver que le jansénisu\e est nu fantôme, et c'est même au fppd le but de tout sou écrit. Mais il semblerait qu'il a voulu faire voir lui-même le ridicule de cette assertion : J^e^ deux puissances s^émeupent^ ait A\^ et déploient cç qu elles ont de plus redoutable^ Les Papes assemblent des congrégations ^ pronçn^ cent des jugements at^ec le plus grand (tppareiif le roi rend des arrêts dans sQfi conseil j le clergé de France s'^^semkle plusieurs fois j^ le Sacerdoce et V^rtipire firrnt le glaii^e et unissent leurs forces,,,.. Oiia-t-pn, en effet, qpe ces 4eux autorjtés fussent tout à coup devenues aveugles, et que la lumiè e et le sens poinmiiu se fussent réfugiés che^ceux qu'elles ppursuivaient? A qui faut-il s'en rappprter, pour connaître la vérité, pu aux premiers pasteurs, chargés de la conserver et de la ^élendrC) ou i IIP parti qui prétepd Ravoir pour soi? Çroira-t-oii que et

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