XXXVI REPONSE A QUELQUES CRITIQUES
réfuter les Mémoires dans leur ensemble. Il se borne à examiner nn très-petit nombre de faits qu'il prétend faux «t calomnieux, et il se hâte d*en couclure que le reste de Touvrage ne mérite aucune créance. Mais, quand il serait vrai que l'auteur des Mémoires se serait trompé sur quatre ou cinq faits, cela, prouverait-il qu'il eût été également en erreur sur tant d'autres qu'il rapporte? Une induction aussi générale ne nous pa«! raitrait pas d'une bonne logique. Venons au détail.
Le premier tort de l'auteur des Mémoires ^ selon M. S., est de n'avoir pas parlé avec assez de respect d'Arnauld et de la Morale pratique. Il a fait entendre que le docteur avait bien pu être poussé par sa haine contre les Jésuites jusqu'à rapporter d'eux des faits non prouvés^ et que la Morale pratique n'était pas une source très-sûre, ni une autorité très respectable« Le zèle de M. S. se soulève contre de telles assertions. Mépriser la Morale pratique j ce livre précieux qui est dans toutes les bibliothèques, et dont tous les honnêtes gens font leurs délices, quel procédé odieux ! £t combien un écrivain se décrédite en cherchant à flétrir un livre si rocomniandable, si utile, et si généralement lu et estimé ?Ge livre esi particnlièremeut cher à M. S., dont la foi robuste adopte toutes les histoires qui s'y trouvent. Nous l'en félicitons. Quant à nous, quel est notre crime? De n'avoir pas assez spécifié qu il n'y a que les deux premiers volumes qui aient été mis à l'Index, censurés par la Sorbonne, et condamnés an feu par le Parlement de Paris ; de n'avoir pas dit que ces condamnations étaient, comme cela est manifeste, l'effei des intrigues des Jésuites et une surprise faite à l'autorité, et qu'ainsi, au fond, elles ne pionvent rien ; et de n'avoir pas ajoniéque le siL*me gardé à Kome, sur les derniers volumes, est une démonstration victorieuse en leur faveur. Car il est bien clair que quand Rome condaume les écrits de ces gens-là, c'est l'effet de laprévention de leurs ennemis, et que quand elle ne les condamne pas, c'est parce qu'elle est assez sage pour les approuver. De cette manière, soit qu'elle parle, soit qu'elle ne parle pas, ces messieurs ont toujours raison. Ce laisonnemeiit est sans réplique, et nous nous proposons de le mieux développer dans une antre édition , et de n)onlier que la Morafe pratique est un livre d'or, qu'on ne saurait trop recommander et répandre.
Le second tort de l'auteur des Mémoires est encore plus grave que le premier. Il f touché à l'arche ; il a manqué de respect