‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 8 sur 33 · PREFACE. XXI · texte numérisé non relu

PREFACE. XXI

son temps à la révélation, rien sur Hobbes, rien sut Spinosa, rien sur le socinianisme, qui devait particulièrement exciter son attention par Téclat qu'il avait eu dans le dix-septième siècle, par les troubles qu'il avait excités en Pologne, et par le nombre et le zèle des écrivains qui Font défendu. Nous lui avons reproché aussi que dans le récit qu'il fait des disputes sur les cérémonies chinoises, il s'attachât à soutenir des confrères inexcusables^ et qu'il s'écartât de l'obéissance au Saint-Siège qu'il recommandait si fort pour d'autres points , et dont il eût dû donner l'exemple sur celui-ci. Quelques pei*sonnes ont essayé de le justifier ; mais leurs observations ne nous ont pas fait changer d'avis, parce que nous avions parlé d'après l'examen des pièces, jémicus flato, magis arnica veritas.

Un dernier défaut des Mémoires du même historien, c'est de ne pas donner assez de détails sur les églises étrangères ; c'est aussi ce qu'on avait reproché à notre premièie édition. Nous ne nous étions pas dissimulé combien il existait, à cet égard, de lacunes dans notre ouvrage, et nous en étions alors convenu franchement dans la préface. Nous n'avons rien négligé, depuis dix ans, pour nous procurer les renseignements dont nous manquions. Les recherches que nous avons faites, les communications que nous avons reçues, nous ont mis en état de suppléer à beaucoup d'omissions. Nous croyons qu'il est peu d'événements importants dans l'histoire des églises étrangères, dont nous n'ayons fait mention. La difficulté des communications, la différence des langues ont pu cependant nous priver encore de quelques détails. Il faut bien s'attendre d'ailleurs que Thistoire de l'église de France dominera toujours dans ces

Mënivires. AU fbnd, c'éit celle qui intéressé le plus la ttiâjorité de nos lecieurâ, et tioUs nous flâttdhs que efetle pâMie de notre trâV&il à été rendue, à force dé soins, moiils indigne dés dURVâgés du public chrétien.

l^bUS débutotis datis bette édition par, un Tabténa hfsiôHqaé de Viétat de là feli^à et êe V Eglise à Vûwè)^'tdfiè da diX'hdltième siècle. Ce Tahlêttà historique Hé resseinble plus à l'esquisse courte et rapide de Uotrô preinlère édition. C'est aujourd'hui un tableau dUttie assez grande éteudue, et qui pdUri*ait presque tbimèt à lui selil un ouvrage à pari. Il est divisé en trbis partifeS, dotit la premièi^e traite de l'état de la religion en général à la fin du dix-septième siècle; là àecbnde oHie la situation de l'Eglise dans les dilfé^ rentes parties de la chrétienté, et la troisième rappelle quelqu( s faits de l'histoire ecclésiastique du siècle précédent, nébessaires pour bleii entendre l'histoire du dix^huitièrtie. Celle-ci est la seule qui ne soit pas cliahgée (1). La seconde partie est entièrement neuve. Nous y parcourons les difféi'ents Etats de TEui-ope, et nous en niontrons la situation religieuse. On Remarquera que nous avons insisté surtout sUf la Fi-anice et sur l'Angleterre. Il nous a semblé que ce travail Taisait bien connaître le siècle de Louis XI V sous lés rappot'ts religieux, et ouvrait d'une manière convenable l'histoire que nous entreprenions d'écrirèv

Une auh'é iàugméntation impiortante est celle qui fcbweerne roHglne et lés progrès de la philosophie. Notis avons eu pour biit de la suivre dans sa Uàissattce et datis ses développements. Nous âvonS parlé

(1) M. Picot n'avait préparé, dans la nouvelle édition , attcUn €han|eroteftt poar cette partie, ^ui est touteiiliere relative au Jansénisme ; nous avons cru fhll étliii;«iile ^ là cdtkiplétet ^ 9st% «dditiMi^ «j^ ndiH oM ^M ttécM* ftatrts. Édiiewr.

successivement des écrivaius et des ouvrages de cette école. L'histoire des livres philosophiques se lie aveè rhistoire de k religion par des points de contact hbtilbreux et évidetitê; Elle forme à elle seule une portiôti notable des antiales de l'Eglise dans le dix^ huitième siècle.. Nous avons pris à tâche de ne rieil omettre de ce qui regardait ces livres, le caractère de chacun, les condamnations qu'ils ont essuyées^ et toutes les particularités de cette guerre si vive, de cette guerre à mort^ comme Tappelaît un des historiens de Voltaire, lequel a été prophète cette fois. Nous serîotis étonnés qu'on put nous reprocher d'avoir laissé passer en ce genre quelque chose d'esseiitièl.

Mais une addition plus volumineuse encore est une Liste chronologique dés écri^Hiins du dix-huitième siècle f considérés sous le rapport religieux. Nous en avions formé le projet dès notre première édition. Il nous fut suggéré par la légèreté et la partialité avec laquelle sont jugés en général, dans les dictionnaires historiques, les écrivains qui ont traité de la religion. Il nous semblait que cette liste était en quelque sorte un supplément nécessaire à nos Mémoires. Elle devait comprendre les hommes et les faits qui n'auraient pu trouver place dans le corps de notre ouvrage. Nous y passons en effet en revue les écrivains de loiîtes les classes qui ont travaillé isur des matières de religion, catholiques et prolestants, défenseurs et ènnetnis de la i-évélalion, théologiens, controver*sîstes, moralistes, orateurs, historiens, érudils. Nous nous sommes arrêtés un peu plus, comme cela devait être, sur ceux de ces auteurs qui appelaient davanl^e rallenlion par leur mérite et leur réputatioti^ bu pat* leur Influence et la nature de leurs .ëcrits»

XXiy -PREFACE.

Ainsi nous avons donné plus d^étendue aux articles fiossuet, Fénelon, Malebranche, Leibnitz, Fleury, Newton, Massillon, d'Àguesseau, Helvétius, Voltaire, Rousseau, Turgot^ d'Alenabert, Diderot, Frédé? rie, d'Holbach, de Brienne^ Condorcet , Gerdil, X^rimm, etc. ; nous ne citons ici que les principaux. Nous envisageons le plus souvent ces écrivains sous un jour différent de celui sous lequel ils sont présent; tés dans les dictionnaires historiques. Là on examine Fensemble de leui's ouvrages; dans notre plan, au contraire^ nous ne parlons que des écrits qui se rat-r tachent aux matières ecclésiastiques et religieuses. Ainsi Newton est considéré dans nos Mémoii^s sous un rapport entièrement nouveau. Il en est de même

des articles Malebranche, Massillon, d'Aguesseau

Un grand nombre d'autres articles n'avaient point ^encore paru dans les dictionnaires historiques. Nous indiquons entre autres les articles Saint-Simon, Hoadly, d'Etemare, de Stock, le Clerc (Pierre), Pir nel, Rauttenslrauch, Blackburne, Galiani, de Pressy, dePompignan, Natali, Jabineau, Zaccaria, Mamaclu^ de Malesherbes, Giorgi, Pereira, Walmesley, Serrao, O'Leary, Geddes, Eybel, le Plat, Proyard, Zola, Nair §eon, Emery, Lambert... Enfin nous avons travaillé celte biographie religieuse du dix-huitième siècle avec un soin particulier. Peut-être cependant , au milieu d'une foule de détails assez minutieux, nous sera-t-il échappé quelques inexactitudes. Nous espér rpns que la multiplicité des dates et des titres de lir vres sera notre excuse. Que l'on veuille bien se rapr peler aussi que nous n'avons point prétendu faire un ouvrage de bibliographie. Notre but a été seulement de faire connaître en gros les écrivains et leurs principales productions. Nous avons omis à dessein

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quelques auteurs dont les ouvrages étaient peu importants (1).

Tel est le plan de cette nouvelle édition; telles sont les augmentations que nous y avons faites. Nous n'avons épargné ni peines ni recherches pour la perfectionner^ Nous avons profilé des conseils de Tamitié et des reproches de la crijLique. Nous avions prié plusieurs pei^sonnes éclairées de nous communiquer leurs observations, et nous y avons déféré toutes les fois qu'elles nous ont paru fondées. Nous avons supprimé quelques détails moins importants; mais surtout nous avons taché de compléter ces Mé-^ moires , et de faire bien connaître l'esprit du siècle.

H y a plus de quinze ans que cet ouvrage nous occupe. Lorsque nous l'entreprîmes, nous étions étonnés qu'il n'existât point encore de corps d'histoire ecclésiastique du dernier siècle. Les faits relatifs à cette partie se trouvent dispersés dans une foule de livres différents, mêlés avec d'autres faits étrangers, et rapportés, le plus souvent, d'une manière incomplète et peu satisfaisante. Ils sont même quelquefois si fort dénaturés par l'écrivain qui les raconte avec indifférence, ou qui les altère avec partialité, qu'on a besoin d'attention et de recherches pour arracher le voile dont on couvre la vérité. Vous n'apprenez là que la moitié des faits; pour trouver l'autre moitié, il faut interroger d'autres monuments , comparer d'autres pièces, et c'est une véritable étude que de réunir ces traits épars et détachés pour en former un tableau qui ait de la suite et de l'ensemble. Nous avons donc parcouru , non-seulement les grandes

(I) Nous avons expliqué , à la fin de Tavis placé en tête de ce volume, la moKlification grave que nous apportions à cette parlie du travail de M. Picot, et les raisons qui nous y ont déterminés. Éditeur, "

XXYI PlUéf A.(QB.

eoUections qui pouvaient nous éclairer sur ootru

objet, tels que le Bullaiœ des Papes ^ les Brocp^w^i^ kmc (fn Chrgé^ le GalUa Chris^iqmj roais epporè une fpulç» de recueils, d^ mémoire^, de pamplil^U, d^ journaux, de brochures et d'écrits d^ toulç espècei où les faits se trouvaient comme égarés* C'est d'aprèn pes pièces que nous ayons travaillé. Nous n'avons appelé à notre secours, ni des traditions souvent fortéquivoques, ni des anecdotes^ ni des ouï*dire; nouii nous défions de ces sources suspectes, une des cau^eif les plus fécondes des erreurs où tombe un historien. Quand on ne veut rien avancer que de sûr et d'ei^act, il faut peu compter sur ces témoignages fugitifs. Ainsi, que l'on ne s'attende pas à trouver ici ces contes, ces anecdotes, ces épigramraes, ces traits d'esprit et de satire dont sont remplis tant de Mé^ moires, et qui ont fait entre autres la fortune de ceuf de Saint-Simon et de Duclos. Nous nous sommes interdit cette ressource, qui eut peut-être rendi} notre ouvrage piquant; mais ce n'a pas été là notr<^ ambition. Nous avons rapporté ce que nous croyons | nous l'avons rapporté d'après des pièces authentir» ques, et après avoir comparé les rapports et con^ fronté les témoignages. Nous nous étions même pro? posé d'abord de joindre à ces Mémoires la liste des écrits que nous avons consultés, en faisant connaîtra le degré de confiance que chacun d'eux méritait \ notre avis. C'eut été comme autant de pièces justH ficatives qui eussent corroboré notre travail et rendu compte de notre marche. Mais après avoir commence cette liste, nous nous sommes aperçu qu'elle aurait grossi considérablement nos Mémoires^ et nous avons été obligés de renoncer à ce projet.

Quant au ton de cet ouvrage, nous espérons qu'ôa

TRÉEA.CE. XXVII

y trouvera toute la modération désirable. A la vérité, BOUS ne nous sol)[^lpps pqipt proposé cette sorte d*impartialité qui raconterail froidement les avantages et les maux de l'Eglise, ne prendrait aucun parti dans \p^ djspM|e}i quj jg t|pi|14en|| e\ se rirait également et de ses défenseurs et de ses ennemis. Une telle disposition ne serait pas d'un ami de la rcr ligion, et pourrait être qualifiée de partialité vérit.aHÇî Np«8 f^isQiis prpfjewpn d'être ipvjftl§blg{nj|nt attaché à TEglise. Dans le récit des combats qg^dic a essuyés, nqus avons constamment prisses décisions pour notre boqssole, et nous avons regardé comme répréhensible ce qu'elle nous £|vertj^sai|: de ponsj4éT rpf cqmme le}; fnai$ npps p'avons; ppîni c|)epp})f § eMgérer les tprts. Nous ne nou» attendons pa9 Cds peqdcint à recueillir tous les suffrages. L'immortel 9pteur de V Histoire des variations des é^i^çs protes* tqntes f|jt Jraité de fanî|ti(|up par Ips minjstres qu'î|

çpnfpndait, gt p^ne dénQminatioi^, «i cpmir^ijRç (1^ nos jours qu'elle a été prodiguée à Gn\^%( mérnes qui n'avaient d'autre tort que de croire en Dieu, c©tt« dénomination, dis-je, ne flétrir^ pas apparemment celui à qiji elle serait dpnpée par des Hqmmes auxquels nqM3 m vpulons pgs rappliquer uoij^-piérpgs, Que nous soyons donc accusé de partialité par leg partisans de ceux dont nous raconterons les écarts, nous en serons peu surpris. Nos vœux seront sali^r fait? §i ces Mémoires ont Papprobation des véritables

^Uli3de l'Eglise, de ^e$ enfants dociles, ej $'m ppiivent contribuer à ranimer l'intérêt que tous doivent prendre aux biens et aux maux de cette mère coin* m une des fidèles.

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