‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 5 sur 15 · ASSEZ IT · texte numérisé non relu

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même celoi da oommîssaire da roi, c'est qu'oc élat pour vicaire général ec France ce même Saint-Pierre, qui acrait dû être honteusement dépcisé pour ses intri^es. L é- Teqne proposa ensuite de délibérer sur la soumission aui articles 6 et T de ledit de ITôS. c"es!-à-dire à la réforme des mitigalions et des abus. Plusieurs étaient d'avis de rentrer dans i observation àes règles : mais Sâint-Pierre se hâta de dire que les règles étaient bien sévères, qu elles étaient oubliées depuis longtemps , que pour hii il se sentait hors d'éfat de les observer, et qu'il regardait commf: impossible de les mettre en vigueur. Il ooodnt par consentir à la destruction de Tottire, non . dit-i! . par averskm pour la règle, mais comme la suite malheureuse des cîrcocstances où 1 on se trouvait. Un religieus. le P. Grecotsous-prieur des couvents de Paris^ représenta qu'on n'avait point à délibérer sur les voeux, que ce n'était pas !à lobîet du chapitre, qui était convoqué pour travailler au bien de Tordre et non à sa destmctioa : enfin qu'on n'avait point consulté l'abbé général, et qu'on ne pouvait prendre une si grave décision sans avoir son avû;. Malgré ces représentations, le P. Saint-Pierre dressa une dî^ ^lorme à son discours, et des règlements qu- :i\: -. . ^- -r but de favoriser le parti du relâchement. Le vœu présumé du chapitre fut envové à Bome : mais le Pape voulut essaver encore de prévenir la destruction de 1 ordre, et chargea les érèques respectifs de visiter les maisons de Céleslins de leurs diocèses, et de tâcher de ramener les espnfe à 1 observation de la règle. Les démarches qui purent être faites n'eurent point de succès. L archevêque de Paris entre autres envova au couvent de cette ville 1 abb-e Le Corgne de Launav. archidiacre, dont les représentatiûQS furent inutiles. DeBrienne. archevêque de Toulouse, tint au couvent des Célestios de Paris un chapitre particulier, qui procéda d une manière asscE irrégnhère. On dit qu un assez grand nombre était pour la réforme. Le P. brenct protesta contre la destruction, tant en se» nom qu en celui de 1 abbé général et des Célestins de LoovaiD . ums

à la piovluce de France ; il prolesta également contre tout ce qui avait été fait à Liraay et depuis. Cependant la supplique du P. Saint-Pierre ayant été envoyée à Rome avec des procès-verbaux qui constataient l'inutilité des tentatives faites pour rappeler chez les Célestins l'observance de la règle, le Pape prononça par six brefs particuliers la suppression de six couvents (1 ). Le Pape disait dans ces brefs que ladiscipline régulière était tellement tombée dans ces maisons, que, loin d'édifier et d'être utiles, elles étaient plutôt pour les peuples une occasion de préjudice et de scandale (2). Les quatre derniers couvents étaient d'ailleurs très-peu nombreux et n'avaient que quatre ou cinq religieux. Il paraît que tous accueillirent la sécularisation avec empressement. Il n'y eut, dit-on, qu'un P. Cabillot, procureur d'Ambert, qui déclara vouloir vivre et mourir dans son institut, et le Pape recommandait qu'on lui accor' dàt toute facilité pour suivre un désir si louable.

Les lettres-patentes du 5 avril 1778 avaient pour objet de régler l'exécution des brefs. Au surplus, il paraît qu'on n'avait pas attendu ce moment pour supprimer les maisons, séculariser les religieux, s'emparer des biens et gaspiller le mobilier. Il y eut à cet égard de scandaleux abus. Cependant le vicaire général élu à Limay avait abandonné la direction du corps qu'il devait soutenir. Il ne résidait ni à Paris ni à Lyon, et avait acheté en Franche-Comté, avec les deniers de la Congrégation, une maison de campagne oii il vivait en séculier (3).

Les autres couvents de Célestins (il y en avait vingt et

(1) Ces couvents étaient ceux de Metz, de Sens, de Ternes dans le diocèse de Limoges, d'Ambert dans celui d'Orléans, de Vichy dans celui de Clermont, et d'Esclimont, diocèse de Chartres.

(2) Bullarium PU ri, n. 246.

(3) Ces détails sont tirés d'un Mémoire à consulter du P. Edme Grenot, sous-prieur et procureur des Célestins de Paris ; mémoire qui est suivi d'une Consultation de Camusal d'Assenat, avocat, datée du 10 mars 1774; le tout de 40 pages in-4o avec les pièces justilicatives, imprimée chez Brunet et Demonville. Il y eut de plus sur cette affaire un Précis du P. Grenot, avec une consultation des avocats Masson et Féranville, datée du 16 octobre i'tlb, Paris, chez Demonville, 13 pages in-4'' avec les pièces. On trouve un extrait

un en France ), furent successivement supprimés. La maison de Paris, bâtie avec maî^nificence dans le quatorzième siècle, ne fut point épargnée: l'église était remarquable par le grand nombre de tombeaux qu'elle renfermait ; des princes, des princesses, des seigneurs y avaient choisi leur sépulture (1) : le cloître, la bibliothèque étaient décorés de sculptures élégantes. Tout cela fui abattu ou dégradé; il n'en reste plus rien aujourd'hui 5 on a construit à la place une caserne de ffendarmerie.

[[L'ordre des Célestins avait été fondé vers 1254, par le saint ermite Pierre de Moroni , qui devint Pape et prit le nom de Céleslin V; puis abdiqua cette haute dignité, et mérita d'èlre placé sur les autels. Il avait donné la règle de saint Benoît h sa congrégation. ]]

— Le 25 mai. Bill du paklemekt d'A^gleteuiie en

FAVEUK DES CATHOLIQUES DE CE PAYS. QuC dcS lois VCXa-

toires eussent été portées contre les catholiques dans des temps de trouble et de révolution, c'était un résultat malheureusement trop commun de Tespritde parti: mais que cette législation continuât d'être en vigueur dans des époques de calme et d'union, c'est ce qui étonnait les esprits impartiaux. Depuis longtemps les ennemis les plus envenimés des catholiques avaient peine à trouver quelque sujet de plainte à former contre eux. Cependant les anciennes lois subsistaient toujours. Leur exécution dépendait du caprice des juges, et si la modération de quelquesuns modifiait dans certains lieux la rigueur des peines, dans d'autres, d'anciens préjugés profilaient du prétexte de la loi pour inquiéter les catholiques. On avait vu dans des occasions récentes combien ces préjugés étaient enracinés. Les Anglais s'étaient emparés du Canada pendant la guerre de 1756, et ce vaste pays leur avait été cédé

(le cps documents dans les Nom'cllcs cccU'siastiqiics du 4 septembre 1778; il est dit à la fin que la dél'ectiou des Célestins parait avoir etc exagérée, soit a Rome, soit au conseil du roi.

(1) 11 y avait aux Célestins de Paris la chapelle d'Orléans, la eliopcUc d' Rostaing, la chapelle de Gesyrcs, clc, toutes remplies de tombeaux.

78 ANrsEE 1778.

par le traité de paix de 1763, si humiliant pour lu France. Il était exclusivement peuplé de catholiques, et la politique comme le bon sens s'accordaient pour engager le gouvernement anglais à les protéger, surtout à une époque où les anciennes possessions anglaises de l Anîérique commençaient à réclamer leur indépendance (1). Il fallait essayer de leur faire oublier, par de bons traitements, la domination de la France à laquelle ils tenaient par leur origine, leur langage et leurs habitudes. Il fallait leur laisser la plus entière liberté dans Texercice d'une religion à laquelle ils étaient fort attachés. Le dernier évêque de Québec, M. de Pontbriand, était mort à Mont-Rcal, pendant le siège, le 9 juin 1760, et n'avait point encore eu de successeur. Les Anglais permirent qu'on lui en donnât un. On fit choix de M. Olivier Briand, prêtre du diocèse de Saint-Brieuc et chanoine de Québec, qui avait été envoyé en Angleterre après la conquête pour y plaider les intérêts des habitants. Il fut fait évêque et sacré en France dans Tannée 1766. Ce fut un grand scandale pour les zélés protestants. Ils ne furent pas moins choqués de ce qu'on permît aux catholiques de la Grenade d'aspirer aux charges. Cette île avait aussi été cédée par la France, en 1763, et comme elle n'était peuplée que de catholiques, on ne pouvait se dispenser de leur permettre d'y remplir les places. Cependant des concessions si raisonnables et si nécessaires efTrayèrent les ennemis du catholicisme. On vit l'archidiacre Blackburne jeter à ce sujet les hauts cris, et reprocher à ses compatriotes leur mollesse et leur indifférence à l'égard du papisme et de ses progrès prodigieux, éternel épo-uvantail d'une prévention aveugle.

Un acte du gouvernement augmenta encore les plaintes. Cet acte, rendu en l'année 1774, portait qu'il serait établi

(1) Nous remettons à parler ailleurs de la guerre de l'indépendance et de la reconnaissance des Etats-Unis, qu'on ne peut regarder comme un événement «iranger aux intérêts de l'Eglise.

un conseil législatif pour les afïaires du Canada, et que les catholiques pourraient en être membres; que les lois françaises seraient suivies pour les causes civiles et les lois anglaises pour les causes criminelles ; que le clergé catholique conserverait la dime sur les habitants de la même communion, etc. Ces dispositions excitèrent l'alarme. La ville de Londres se hàla de présenter une adresse au roi pour le prier de ne point sanctionner un bill qui donnait une existence légale à une église idolâtre et sanguinaire ^ c'étaient les expressions de l'adresse.

Mais le ministère anglais crut devoir faire moins d attention à ces clameurs de l'esprit de parti, qu à la voix de la saine politique et de l'équité. Méprisant des murmures que nous verrons éclater d'une manière plus fâcheuse deux années après, il accorda aux Canadiens ce qu'il jugea nécessaire pour les réconcilier avec leurs nouveaux maîtres. Les catholiques anglais virent dans ces concessions un présage de ce qu'ils pouvaient espérer pour eux-mêmes. La partie la plus éclairée de la nation commençait à reconnaître que les mesures prises autrefois contre eux étaient aussi inutiles qu'injustes. Les personnes modérées blâmaient des rigueurs qui n'avaient plus d'objet. L'indififérence même pour la religion, cette grande maladie du siècle, contribuait à diminuer les préventions contre les catholiques, et le banc des évêques anglicans ne paraissait pas éloigné d'améliorer leur sort. Le parti qui leur était contraire était formé de prolestants zélés, de dissenters ardents, de méthodistes outrés, qui conservaient encore la roideur et les idées exagérées des premiers réformateurs. Mais quand les dissenters réclamaient pour euxmêmes une tolérance universelle, ils n'étaient guère recevables à se montrer si intolérants pour les catholiques.

Telles étaient les dispositions générales envers ces derniers, quand la gueri-e d'Amérique leur fournit l'occasion de montrer leurs sentiments politiques. Dans un moment où l'on était alarmé de la révolte des colonies américaines, un des juges du lui en Ecosse s'adressa à Georges Hay,

0 ANNÉE ï"^.

évêqne de Daulie et vicaire apostolique en Ecosse, pour connaître la manière de penser de ceux de sa communion sur cet événement, et pour savoir si l'on pouvait attendre d'eux de coopérer aux vues du gouvernement anglais. M. Hay manifesta, dans les termes les plus forts, son attachement pour la constitution existante; et les assurances de ce respectable prélat furent confirmées par la promptitude avec laquelle des catholiques se firent inscrire pour les levées qui se faisaient alors en Ecosse. La lettre de M. Hay fut même communiquée au gouvernement. Dans le même temps à peu près, lorsque les flottes combinées de France et d'Espagne menaçaient l'Irlande, un religieux catholique, le père Arthur O'Leary, employé dans le ministère à Cork, publia une adresse à ses compatriotes pour les exhorter à rester fidèles à l'ordre établi. Ce fut dans ces circonstances que les catholiques rédigèrent une adresse au roi. Elle fut signée de deux cents d'entre eux, dont dix était pairs, et elle fut présentée au roi, le 2 mai 1778, au palais de Saint-James, par trois lords catholiques. Elle éiait, dit un protestant, modeste et respectueuse. Les signataires protestaient de leur attachement pour la maison régnante, et demandaient que les adoucissements qu'ils avaient déjà obtenus fussent confirmés authentiquement. lis dressèrent en même temps une pétition au parlement. Elle était longue et motivée. Elle eut son effet. Le H mai, sir Georges Saville fit une motion à la chambre des communes pour abroger les peines portées sous Guillaume IIL La discussion s'entama à ce sujet. Plusieurs membres parlèrent dans le même sens que sir Georges. Ils firent sentir combien il était politique, dans un moment de danger, de se concilier, par un grand acte de justice, l'attachement d'une portion considérable de la nation. Après un discours éloquent de lord Beauchamp, le bill passa sans la moindre opposition. Dans la chambre haute, le bill fut adopté sans aucune espèce de débats. Depuis le roi y donna sa sanction. L'acte portait que les évêques, prêtres et jésuites, ne seraient point poursuivis

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en vertu du statut de (juillamne Ilî; que toutes ces personnes et autres changées de l'instruciion de la jeunesse ne seraient point sujettes à remprisunnement perpétuel porté parce statut; (pie les catholiques auraient le droit d'hériter, quoique le plus prochain héritier après eux fût protestant; qu'ils pourraient acheter des terres. Mais pour jouir de ces avantages, ils devaient prêter tous les six mois un serment portant qu'ils seraient fidèles au roi Georp-e lli et à ses successeurs; qu'ils le défendraient de tout leur pouvoir; qu'ils renonçaient à toute obéissance envers celui qui prenait le titre de Charles 111 ; qu'ils détestaient comme antichréliennes et impies cette proposition quon peut assassiner pour cause d'hérésie, et cette autre qu'il ne faut point tenir la foi aux hérétiques; qu'ils rejetaient également l'opinion que les princes excommuniés par un pape ou par un concile peuvent être déposés ou tués; qu'ils ne croyaient pas non plus que le pape eût ni directement ni indirectement aucun pouvoir temporel sur l'Angleterre, et qu'ils faisaient cette déclaration sans aucune réserve ou équivoque.

Ce serment est le même que celui dont il a été parlé sous 1775, et sur lequel on avait consulté la Faculté de théologie de Paris. Il fut communiqué avant le bill aux quatre vicaires apostoliques, qui consentirent à le prêter. Butler, dans ses Mémoires historiques sur les catholiques anglais y raconte que le serment fut communiqué entre autres au docteur Chalioner, vicaire apostolique du district de Londres, qui l'examina avec soin, et qui dit qu'il y avait dans ce bill des expressions contraires au style de la cour de Rome, que si on la consultait avant l'adoption du bill, ces expressions y feraient des dilïiculiés ; mais que le bill une fois passé, Rome ne ferait plus d'objections, il conseillait donc de se hâter. Butler prétend que cet avis de Chalioner fut une chose notoire alors; et il cite lord Park, sir John ïrockmorton et Joseph Herington, tous à la vérité grands partisans du serment. Il paraît certain que les vicaires apostoliques le prêtèrent, et conseillèrent de le prê-

ter. Le parlement d'Irlande demanda le même serment aux catholiques de cette partie du royaume britannique (l).

— Le 30 mai. Mout de Voltaiue, a Paris. Il y avait vingt-huit ans que cet écrivain n'était venu dans la capitale. Il désirait ardemment s'y montrer, y jouir de sa réputation, y voir ses nombreux amis. Il n'avait osé y paraître sous Louis XV. Il crut pouvoir le faire impunément sous son successeur. Il arriva à Paris au mois de février 1778 . On se disposa à lui faire la réception la plus flatteuse ; et comme on craignait que les ministres ou le clergé ne cherchassent à traverser un voyage dont on se promettait beaucoup d'avantages, on voulut leur imposer silence en comblant d'honneurs et d'hommages le chef de la philosophie. Son séjour à Paris fut un triomphe continuel. On rassemblait la foule au bas de ses fenêtres. Ses amis lui faisaient un cortège assidu, et lui prodiguaient des éloges et des respects qui parurent un peu étudiés. De grands seigneurs ne dédaignaient pas de lui rendre visite. L'entretenir était une faveur. Les journaux ne retentissaient que de ses faits et gestes. L'Académie, toute peuplée de ses admirateurs, lui prodigua les distinctions les plus recherchées : lorsqu'il vint à une de ses séances, elle alla en corps à sa rencontre, honneur qu'elle ne rendait pas aux princes. De plus grands honneurs encore l'attendaient au théâtre. Il s'y rendit, et assista à la représentation d'une

(1) Déjà, en 1756 et 1757, il y avait eu de longues discussions au parlement d'Irlande sur une formule de serment à imposer aux catholiques. Ce serment fut successivement modifie et enfin prescrit par un bill. Nous voyons, par une lettre de Jacques Butler, archevêque de Cashell, à la congrégation de la Propagande, en date du 20 février 1777, qu'il s'excusait, lui et les évêques de la province de Munster, d'avoir prêté le serment. L'intérêt de la religion, dit-il, les y a déterminés : ils n'ont pas cru blesser la foi, et ils n'ont pas écrit à Piome, parce qu'ils n'ont pas cru la chose assez importante. Ils se sont adressés seulement aux théologiens de Louvain et de Paris. Le prélat ajoute que leur condescendance leur a réconcilié les protestants, qui montrent actuellement des dispositions beaucoup ])lus favorables. Il espère qu'ayant renoncé aux avantages du monde pour exercer un ministère laborieux, on ne le soupçonnera pas d'avoir trahi ses devoirs. Nous avons vu cette lettre dans les archives de la Propagande.

de ses pièces. Elle n'était pas bonne, et eût été sifîlée de tout autre. Mais on l'applaudit avec enthousiasme, et son buste fut couronne sur le théâtre au bruit des acclamations universelles. Cette scène avait été préparée d'avance. On le reconduisit en triomphe chez lui, aux cris de ofiue Foliaire, a-iVe Mahomet, ^uiue la lienriade. Ses historiens nous apprennent même que, dans leur enthousiasme, les amis de leur héros s'écrièrent publiquement qu'ils rendaient ces hommages, non pas seulement à l'auteur de ses poésies les plus dignes d'éloges, de ses ouvrages avoués, mais à l'auteur d'un poëme immoral, dont ils ne craip-nirent pas de prononcer hautement le nom, comme pour se rendre complices du crime de l'avoir fait. « Il s'occupait » cependant, dit le marquis de Condorcet, à revoir son » Essai sur les mœurs et V esprit des nations, et à y porter » de nouveaux coups au fanatisme.... Ses amis l'avaient » vu se livrer à toute sa haine contre les préjugés, l'exha- » 1er avec éloquence, et bientôt après ne plus les envisager » que du coté ridicule, s'en moquer avec cette grâce et » ces rapprochements singuliers qui caractérisent ses plai- » sauteries. »

[[ Toutes les circonstances de la mort de cet homme singulier demandent à être exposés avec précision 5 elles montrent clairement quels principeson suivait alors, par rapport au refus des sacrements et de la sépulture dans les cas de pure notoriété de fait.]] Voltaire eut au commencement de mars un vomissement de sang qui fit craindre pour ses jours : il admit un abbé Gauthier, chapelain des Incurables^ qui s'était, à ce qu'il paraît, présenté de lui-même ; et, après lui avoir fait sa confession, il lui remit la déclaration suivante : « Je soussigné, déclare qu'étant attaqué depuis » quatrejours d'un vomissement de sang, à l'âge de quatre- » vingt-quatre ans, et ne pouvant me traîner à l'église , w M. le curé de Saint-Sulpice ayant bien voulu ajouter à » ses bonnes œuvres celle de m'envoyer M. Gauthier, » prêtre, je me suis confessé à lui, et que, si Dieu » dispose de moi, je meurs dans la sainte religion catho-

)) lique où je suis né -, c;fiérant de la miséricorde divine

» qu'elle daignera pardonner toutes mes fautes; et que,

» si f avais jamais scandalisé l Eglise, j'en demande par-

» don à Dieu et à elle. Siiiné : Voltaire , le 2 mars 1778,

)) dans la maison de M. le marquis de Villelte. en présence

» de M. l'abbé Mignot, mon neveu, et de M. le marquis

» de Yillevieille^ mon ami. Signé: Mig>ot, Villevieille.

» M. l'abbé Gauthier, mon conf'ciseur, m'ayant averti

)) qu'on disait dans un certain monde que je protesterais

» contre tout ce que je ferais à la mort, je déclare que je

» n'ai jamais tenu ce propos, et que c'est une ancienne

» plaisanterie, attribuée dès longtemps très- faussement à m

» plusieurs savants plus éclairés que moi. Signé : Yol-

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