‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 9 sur 15 · ANNI'K · texte numérisé non relu

ANNI'K

it traversa la république de Venise, qu'il promit de visiter à son retour. Arrivé dans les Etals autrichiens, le 14 mars, il fut d'abord, à Goritz, complimenté, au nom de l'empereur, par le vice-cliancelier, comte de Cobcntzcl ; puis reçu, à Léoben, par l'archiduchesse Marie-Aune, sauir de l'empereur, qui était venue exprès de sa résidence abbatiale de Clagenf'urt. Le 22 mars, lorsque le Pape était encore à dix lieues de Vienne, l'empereur Joseph, quoicjue indisposé d une fluxion sur les yeux, vint à sa rencontre, avec son frère, l'archiduc Maximilien, le même qui fut bientôt après coadjuteur, puis électeur de Cologne. Après les erabrassements les plus tendres, l'empereur l'invita à monter dans sa propre voiture, et prit lui-même la gauche, pour faire les honneurs à son bote. On arriva ainsi à Vienne au milieu d'un peuple immense, et de plus de huit mille carosses. Tout ce que la noblesse et les emplois les plus élevés avaient de personnages marquants, attendait le Pape au palais impérial ; on se rendit avec ce cortège à la chapelle, où était exposé le Saint-Sacrement : puis le Pape fut conduit dans les appartements de l'impératrice Marie-Thérèse, qu'il devait occuper. « On ne peut, dit-il » lui-même, rien trouver de plus magnifique que cette hos- )) pitalité; on ne peut ajouter à la joie que notre arrivée » fit éclater 'dans cette capitale; on n'inventera rien de )> plus beau que le spectacle qui a été offert pendant tout » le temps que nous y avoqs séjourné. C'était chaque jour » plusieurs milliers d'hommes qui accouraient de toute l'AI- » lemagne, de la Hongrie, de toutes les provinces, pourre- » cevoir la bénédiction du pasteur de toute l'Eglise. >) Tant il y a de force dans cette institution divine de la Papauté I Le 25 mars, le Pape sortit pour la première fois, pour aller prier dans l'église des Capucins, où sont les tombeaux des princes de la famille impériale : le jeudi saint l'empereur et sa famille recurent la communion de sa main. Le jour de Pâques, 31 mars, il célébra pontificalement dans l'église méli'opolilaine, y prononça une homélie en latin; et donna ensuite, sur la place dite du Hop, la bénédiction

solennelle à une multitude qu'on porta à quarante mille personnes au moins.]]

Ccnendant tous ces honneurs n'étaient pas le but du voyage de Pie VI : il entra donc sérieusement en discussion avec Joseph 5 el celui-ci paraît, du moins, avoir mis de l'honnêteté dans ses procédés. « Chaque jour presque, » raconte le Pape, nous avions des conférences: et les » choses s'y traitaient de part et d'autre familièrement » et à l'amiable, mais avec une grande chaleur (familia- » inter amiceque, sunimo /amen animorum studio). Il n est )) rien que nous n'ayons expliqué librement, ouvertement, » n'ayant égard qu'à ce qu'exigeait de nous noire charge » apostolique et l'intérêt de la religion; et il n'est rien que » l'empereur n'ait écoulé avec attention et tranquil- » lité (1). »

Les demandes qu'avait présentées le Pape dans ces entretiens particuliers furent ensuite rédigées par écrit 5 et l'empereur y fit faire par son Conseil d'Etat une réponse détaillée : elles forment dix-sept articles, et elles roulent sur les édils rendus précédemment par Joseph (2).

On peut se rendre exactement compte de ce que le Pape obtint et de ce qui lui fut refusé, par l'édit qui est daté du 30 mai 1782, et qui fut publié à Milan quelques mois après : en en donnant les principales parties, nous y joindrons quelques observations tirées du Mémoire du Pape, et des réponses de l'empereur. Le ton dur et hautain qui se manifeste à chaque ligne n'échappera à personne, a Après les » éclaircissements que nous avons eus avec le Pape durant ■) son séjour dans notre cour, par rapport à divers objets )) ecclésiastiques, compris dans les règlements que nous

(1) j4llocutio habita in consi%torio, 23 septembre.

(2) [[I^e Mémoire du Pape, avec les réponses de l'empereur, arficlc pat article, se trouve dans les Nom'elles ecclésiastiques pour 1783, page 46. Nous ne voyons aucune raison de douter de l'authenticité de cette pièce importante; elle est pleinement en rapport avec les affaires de cette époque; et le gazetier janséniste, grand partisan de Joseph II, avait i» la cour du Vienne des correspondants bien informés.]]

ANNÉE 1782. i7t

» avons faits jusqu'ici pour ravanlafjc de la reli(jion et de » l'Etat, nous avons jiK^fé nécessaire d'expliquer nos dé- » terniinations subséquentes pour l'instruction cl la direc- )) tion des fjouvernements respectifs de nos Etats, afin M qu'ils les fassent pleinement exécuter et observer.

» r Ce que nous avons prescrit sur In tolcrance chré- » tienne en matière de religion, demeurera ferme et sera » pleinement observé. » L'édit sur la tolérance du 31 octobre 1781, formait l'objet des àaxw premiers articles du Mémoire de Pic VI. H avait représenté, que dans aucun royaume cnlholique, elle n'avait jamais été portée aussi loin qu'elle l'était en vertu des lois nouvelles, et qu'elles ouvraient la porte à l'apostasie, en permettant à tous d'abandonner impunément et suiv^ant leur caprice la religion où ils étaient nés et avaient été élevés. L'empereur, dans sa réponse, s'était contenté de promettre de powvoir en temps et lieu aux inconvénient^..

« 2" Le plan établi pour la censure des livres(réservée aux » censeurs royaux), demeurera dans son entière vigueur, ce M qui n'empêchera pas que les évoques ne puissent, comme » par le passé, faire leurs représentations au gouverne- )) ment, par rapport aux livres qu'ils estiment nuisibles à » notre sainte religion. i) Le Pape demandait (article 3 du Mémoire) que l'empereur déclarât qu'il laissait aux évéques la liberté de prohiber les livres nuisibles, et de réclamer le secours du bras séculier pour ci réprimer 1 introduction. L'empereur refusa de consentira toute /j/o- Inhition publique des évècjues, relativement aux livres autorisés par le tribunal de censure (1).

» 3° On maintiendra dans sa vigueur le droit royal » d'inspection sur les séminaires épiscopaux, et sur les » autres maisons d'institution du clergé, tant par rapport )) à la discipline, que par rapport à la doctrine. » Le Pape avait représenté que la liberté des évèques dans la di-

(1) rayez dans les Mémoires, tome IV, p;ige ^03, ce (]iii r')riceine l'éta- Llisseinent du tribunal de censure dans la Lonibardie .uUricliicnne.

HZ ANNÉE 1782.

reciion de leurs séminaires, découlait de l autorité appartenant essentiellement à l'Eglise.

« 4" On signifiera aux évêques nos défenses expresses » de disputer, de vive voix ou par écrit, soit pour, soit » contre les propositions condamnées dans la bulle Uni- » genifus ^ et l'on ordonnera aux professeurs de théologie )) qu'ils se contentent de donner à leurs écoliers les nO' » lions nécessaires sur Vexistence et le contenu de cette » bulle, sans proposer, ni thèse, ni argument de contro- » verse, relatifs à cette bulle, surtout dans les leçons pu- » bliques, les examens et les exercices. » Tout dur et répréhensible qu'était cet article, il modifiait assez notablementcequ'avaient porté les décrets d'avril et mai 1781 (1).

« 5° Le droit royal du placet et exequatur demeurant » dans son entier, on comprend facilement que les bulles )) en matière dogmatique, ne sont point sujettes à l'inspec- » tion royale, sinon autant qu'il sera nécessaire de s'as- )) surer préalablement qu'elles sont purement dogmati- » ques. » C'était encore une modification assez grave; et les Jansénistes trouvèrent qu'ici l'empereur paraissait ne pas connaître tous ses droits (2).

« 6° Les évêques de nos Etats seront obligés, avant d'en- » trer en possession de leur église, de nous prêter ser- » ment comme à leur légitime souverain, suivant la for- » mule que nous envoyons ci-jointe. » La nouvelle formule du serment adoptée par l'empereur, était la même que celle dont on se servait à la cour de France. Les clauses si dangereuses que portait le serment prescrit auparavant par Joseph (3) étaient retirées. De plus, il déclarait qu'il ne s'opposait pas à ce que le serment fût prêté au Pape selon la forme du pontifical , en l'entendant d'une obéissance canonique (4).

« 7" Il demeure réglé qu'aucun de nos sujets ne pourra

(1) Foyez plus haut, page 156.

(2) Noui'pUfs ecclésiastiques pour 1783, page 23.

(3) f'ovez jdiis haut, page 1.S3,

(4) Réponse tic l'empereur à l'article 7 «lu Mémoire du Pape.

ANNEE nSi>. 173

» recourir par lui-uicme directemenl à Koiiie pour le» » dispenses des empèchenicnls de niaringe, dans les de- )> grés prohibés de consanguinité et d'adinilé; et que les » évèques useront à cet égard de leur dioit propre et ori- )) ginalre. Cependant ceux cjuise feront dillicu hé de procé- » der eu vertu de leur droit propre, pourront se faire munir )) par Sa Sainteté des facultés (ju'ils croiraient opportunes, » pourvu qu'elles leur soient accordées pour leur vie » et pour toutes sortes de personnes, par rapport aux troi- » sième et quatrième degrés. Mais dans les degrés plus » proches, la dispense ne doit point être accordée, suivant )) la disposition du concile de Trente que rarement et seu- » leraenl entre les princes souverains, ou pour cause ])u- » blique : nous voulons bien dans ces cas laisser la liberté » de recourir à Rome par le canal de l'évèque diocésain, )) et avec notre permission préalable. » Malgré les restrictions contenues dans cet article, il déro.geait à ce que les lois précédentes avaient de plus excessif, et il ouvrait aux évèques une voie qu'ils pouvaient suivre. L'empereur promettait d'ailleurs de laisser aux évèques la liberté d'user, en accordant ces dispenses, de la formule accoutumée, et d'agir connue délégués du Saint-Siège (1).

« 8° Les ordonnances émanées de nous pour la suppres- » sion des monastères de certains ordres religieux sorti- » ront leur plein effet. » Le Pape, en suppliant l'empereur de se conformer à l'avenir aux règles canoniques pour les monastères qu'il serait question de supprimer, offrait d'accorder aux religieux déjà sortis du cloître les dispenses nécessaires; mais, comme nous le dirons, il refusait aux évèques la faculté de dispenser des vœux solennels. Le Pape avait aussi demandé, dans son Mémoire, que I empereur laissât subsister solidement quelqu'une des maisons de la 'vie conleniplative, afin que les âmes que Dieu y appelle pussent satisfaire leur vocation. L'empereur répondit que, comme il y avait hors de ses Etats un nom-

(1; llepoiïse tic l'emjiercK, à un second Mémoire du Piij'f,

174 ANiNÉE 1782.

bre sutfisanl de couvents de ce genre, les individus qui croiraient n être pas nés pour travailler et avoir besoin pour se sauver d'embrasser un tel institut, obtiendraient la faculté de s'expatrier.

« 9" II en sera de même des ordonnances qui regar- » dent, soit la soustraction des monastères de nos Etats à )) la dépendance des généraux et des assemblées de leur » ordre, existants en pays étrangers, soit à leur parfaite 1) subordination à la puissance originaire des évèques : )) nous permettons seulement que les provinciaux , ou » antres cheis des congrégations nationales, lorsqu'ils se- » ront nouvellement élus, fassent part de leur élection au 1) général de Tordre, par une lettre de simple nolification, » qui sera remise au gouvernement, et envoyée par lui à » notre ministre résidant à Rome; et la réponse du géné- » rai passera par la même voie. » 11 est trop évident que la concession que semblait faire cet article ne satisfaisait nullement aux demandes du Pape, qui, en accordant l'établissement de vicaires généraux, avec les plus amples facultés, voulait au moins qu'ils reconnussent leur dépendance du général. L'empereur ne permettait aux religieux ni de demander ni d^ accepter aucune faculté.

[[Outre les objets énumérés, les seuls dont parle l'édit donné par Joseph, le 30 mai 1782, il restait à régler un point très-délicat, celui de la nomination aux évêchés et aux autres bénéfices de la Lombardie. Le Pape offrait diverses concessions, et entre les autres, il offrait de choisir pour les évêchés un des quatre sujets proposés par l'empereur, à l'exception de l'archevêché de Milan qu'il se réservait, à cause des prérogatives spéciales appartenant au Saint-Siège; et d'établir pour les abbayes, qui avaient été jusque-là à la pleine disposition du Saint-Siège, et pour les autres bénéfices simples, une alternative de nomination entre le Pape et l'empereur. L'empereur déclarait que, pourvu que le droit incontestable qu'il s'attribuait fût reconnu, il témoignerait son affection à la personne du Pape, en lui laissant, sa vie durant, la nomination de la

ANiNEE 17S2. Ho

iiioitic (le CCS cvèchcs, abbayes et bénéfices, cl niciiie de lous, si elle le voulait. Ce ne fut que plus de deux ans après, au commencement de 1783*, cju on put enfin arriver à un concordat. Le Pape, au nom du Sainl-Siéf;e, y accorda à perpétuité aux ducs de Milan et de Mantoue le droit, qui jusque-là avait appartenu à lui seul, de nommer aux arcbevcchés, évêchés, abbayes, prévôtés, dignités conventuelles, de quelque ordre que ce fût, et même aux simples eanonic;;ils, et cures, pendant les mois réservés où ces bénéfices inlérieurs étaient auparavant attribués au Saint-Siège, en réservant les droits des ordinaires pour les autres temps de l'année. On devait suivre dans ces nominations la règle canonique de nommer les plus dignes^ et de ne donner les cures et prébendes théologales que selon les lois du concours : lesévéques nommés devaient subir l'examen à Rome: on acquitterait les taxes prescrites pour les provisions de ces différents bénéfices (1),]]

On voit par tous ces détails que Joseph ne se relâcha pas de sa roideur, et qu'il ne céda que le moins possible. De plus, on prétend que le Pape était comme prisonnier dans le palais impérial, que toutes ses actions étaient épiées, et qu'on ne laissait entrer chez lui que très-peu de personnes. On assure même que les évêques des Etats héréditaires avaient eu défense de venir à Vienne pendant le séjour du Pontife; précaution bizarre et mortifiante pour Pie Vï. On avait craint, sans doute, que ces prélats ne puisassent dans leurs entreliens avec lui trop d'attachement pour le Saint-Siège. On attribue surtout aux conseils du prince de Kaunitz la résistance que Joseph opposa aux sollicitations du Pape; et ce ministre, encore moins réservé que son maître, fit essuyer à Pie VI plusieurs mortifications, et ne remplit même pas, dit-on, envers lui tous les devoirs de la politesse la plus commune.

Le pontife reçut, pendant son séjour à Vienne, des questions que lui présentèrent onze évêques des Etats de

(1) BuUurUtm liowamnn PU f'J, n. 628.

ne ANNÉE 17*2.

l'empereur sur plusieurs nouveaux édils j et dans ses réponses, pleines de sagesse el de modération, il leur exposa les règles qu'ils auraient à suivre. Il leur accordait les pouvoirs que les circonstances rendaient nécessaires sur des matières d'ailleurs réservées à son autorité, spécialement celui d'accorder les dispenses du mariage dans les troisième el quatrième degrés d'atlinité et de consanguinité, non-seulement avec les pauvres, mais aussi avec les riches; et même en général dans les cas d'empêchements occultes qui sont du ressort de la sacrée pénitencerie. La position des religieux dont les monasiores étaient supprimés causait de grands embarras : le Pape refusait aux évêquesle pouvoir de les dispenser des vœux 5o/ew/ïe/j» de chasteté et de pauvreté, pourqu'ils pussent contracter mariage, et faire des teslaments (1 ). S'ils étaient obligés de vivre dans le siècle, on pouvait les dispenser des jeûnes prescrits par leurs règles, et leur permettre de porter l'habit séculier, mais sans donner atteinte à leurs vœux solennels, et en les obligeantà conserver, même sous l'habit séculier, quelques marques de la profession religieuse. Relativement à la bulle Unlgenitus il n'était pas nécessaire quon en disputât publiquement^ mais elle devait èirt, enseignée ààïi^ les écoles, au moins historiquement, sinon dans une forme dogmatique (2). Quanta la bulle //z cœna^ou pouvait d'autant plus se conformer aux ordonnances, que la publication de cette bulle était interrompue à Rome même, et quil était pourvu d'une autre manière aux points contenus dans cette même huile.

Le 19 avril, le Pape tint dans la grande salle du palais,

l\\ [rL'évè(|ue de Brùun en Moravie, ayant déclaré que des Chartreux, dont le monastère avait été supprimé, étaient dégagés de leurs vœux, le Pape lui écrivit de Vienne même, le 12 avril 1782, pour Llàiiur sa conduite, et lui déclarer qu'il avait excédé ses pouvoirs. Nouvelles ecclésiastiques pour 1782, page 161.]]

'"2) yiLes Nouvelles ecclésiastiques (\c 1782, page 163, qui donnent l'analyse de res réponses du Pape, ajoutent que le Pape déclara qu'on pouvait /pMWi'er l'ordonnance impériale relativement à la bulle Unigenilus, en déclarant que le but de Sa Majrstt était (tempccher toutes disputes.]]

un C(jiisi.s!i)lrc jii:!jli(' pntir doiiiier ii' ciKiptaii aux cardinaux Balliiaul cl de Firmlaii ; cl irois jouis après, il (juitia Vienne après un mois de séjour, avec le cliajjrin de ne jîas avoir obtenu tout ce tjn'il eui iJcsiré, mais aussi avec la consolaiion d'avoir ranimé par sa présence , dans les peuples et dans It; Clergé, les senlimenls de véruTalion envers le Sié^e apostolique. Avant son départ, Joseph lui lit présent d'un superbe pectoral (I), el il lui remit aussi un diplôme de prince de rKmpire pour le duc Braschi- Onesii. son r.evru; mais le f'énércux l'onlile ne voulut |)as qu'on pût 1 accuser d'avoir né^li^'^é les intérêts de lÉfjiise pour ceux de sa lamille, et il refusa ce dernier présent. Nous allons l'enteiidre raconter lui-même le lesle du voyage: « Nous sommes sorti de Vienne, accouqiayné n de rKmpereur lui-même: cf. après avoir fait ensemble y, plusieurs mille; pas, et nous èire donné réciproquement •! des martpics d'une tendresse mutuelle, p.ous nous sommes » séparé de lui, non sans une ;jiande émotion. Nous '! avons |)ris notre roule pai' la lîavière et par Munich , oîi » noire très-cher fils, l'électeur palatin, Charles-Théon dore, nous avait invité avec les plus vives instances. » Arrivé aux Ironlières de ses Etats, nous avons été reçu !? par des personnalises distingués qu il avait envoyés pour 51 nous acconqianncr (le prince de Bienkerfeld, licveu du ' duc de Bavière : deColloredo; évè(|ue de Salzbourg, etc.) : ;) à quatre lieues de Munich, nous I avons vu venir luiî) même se jeter dans nos bras, Kutré darus la ville et arriî) vé à son palais, au milieu d'un concours immense, nous 1) avons vu une ponqie tout à lait royale-, mais ce qui nous » a surloui rranp<'. c'est la piété el le zèle de l'éiecleur, )) vraimenl propres à enflanmier veux cpii en ont élé té- " moins : nous sommes resK' chez lui cinq jours entiers > et nous V avons reçu tous les lionneuis possibles... Nous

1; , ()ii a|)peiiL' jiectoiul, un ouitiniiit «kci.ic (!«• jtii-rivî) (irccieuats , ou fjTiiiù (l'une lime d'«)r, qui seit j iVriiuT li cliiippc ilu SdUvc-iuiti poiiliie Oïl d'un tvP(|ue. C'est uni' iuiilaiinn dt l'unt-ien ornement du ^raiid-prttrc il« la loi mosaïc,Uf, appelé ) alional. t\

178 AiNNEE 1782.

)) y avons été joiul par notre vénérable frère, Ciénit iiiw Venceslas (de Saxe), électeur de Trêves et en mèinc » temps évéque d'Augsbourg, et cédant à ses prières rci- » térées, nous nous sommes rendu à Au^sbom-ff, du toni » s'accomplit avec une splendeur qui répondait à la dignilé » de noire iiote et à son dévouement jHjur nous. Après » avoir assisté à la messe poniificale, célébrée par l'clecw teur lui-même, dans la cathédrale, rions nous sommes » rendu au palais épiscopal voisin : c'était le même, où, ^) il y a deux cent cinquante-deux ans, cette pernicieuse M confession luthérienne d'Augsbourg avait été publiée » par la lecture solennelle qui en avait été faite en pré- » sence de 1 empereur Charle-Quint, de son frère le roi » Ferdinand, de lélecleiir de Saxe et de son fils, et des )) autr<fs électeurs; alors les princes de Saxe étaient les » principaux appuis de cette confession d'Aup^sbourg, et » maintenant nous venions d'assister à la messe qu'avait » offerte en notre présence un excellent prince de celle » même famille de Saxe, aujourd'hui si pieuse (I). Qui » n'atlmirerait ici la profondeur des conseils divins dans M une révolution si glorieuse à notre sainte religion ?

» Rentré sur les Etats d'Autriche et dans le Tyrol, nous » avons reçu de l'Empereur de nouvelles lettres et de » nouvelles marques de vénération. A Inspruek, nous » avons salué l'archiduchesse sa sœur, qui nous a donné )) les preuves de la plus parfaite vénération. A Tienle, » nous avons visité avec une grande consolation, ce temple » à jamais célèbre par la tenue du dernier concile œcu- » ménique, où dans des temps si difïiciles, le dépôt sacré » avait été maintenu sans corruption, et la discipline de » l'Eglise raffermie par les lois les plus utiles... A Vérone, » nous avons eu ii notre rencontre les procureurs de Saint-

(1) [[Pie VI, se rappeiani que dans l'année séculaire de la confession d'Aiigsliourg, les piinccs de Saxe avaient i'ail irap[)er une médaille sur laquelle ils étaient re]irésenlés eoinine les protecteurs de cet acte, youlut laire happer et distribuer, le jour de la iète de Saint-Fierre, une iiudaille qui rappelait la réception qui lui avait été faite à AugsboHrg*]]

AiNiNUE 1782. 179

» Marc, qui nuut, devuieiil rendre louie espèce de devoirs » durant noire séjour dans la république de Venise : ils » nous ont ainsi conduit par Vicencc et Padouc ^ tout s'est » accompli parlont avec échu et magnificence. Ps'ous ne » pouvions voir qu'avec une fjrande joie, le nombre et » le zèle religieux des évéques, des magistrats, des peu- » pics, qui se pressaient uulour de nous. Mais ce n'était » qu'un prélude à ce qui était piéparé dans la capitale » de la République. Lorsque n-ous en approchions, nous » avons été reçu par le doge et son conseil ; c'est dans le » principal navire de l'Élat que nous avons traversé le ca- » ual, qui disparaissait presque sous la quantité des embar- » calions. Le lendemain, environné de vingt cpjatre évè- » qucs qui s'étaient joints au paîriarclic, nous avons reçu » les féiiciialions du sénat, des magistrats et de toute la ') noblesse. Nous ne rapporterons pas ce qui s'est passé » pendant notre séjour ; tout ce qui a été dit sur la gloire » et la richesse de celle grande république, avait été réuni » pour orner notre passage.

» Arrivé dans notre ville de Ferrare, nous nous sommes » trouvé au milieu des cardinaux vos collègues, et parmi » eux le cardip.al des Lances vint nous offrir les devoirs de » notre très-clier fils, le roi de Sardaigne... Nous avons )) revu à Bologne i'inCant d'Kspague , Ferdinand, venu n une seconde fois de Parme pour nous donner ce nouveau » gage de sa piélé filiale. Nous avons passé quelques joursà » Ravenne chez le cardinal, notre oncle, et nous avons » consacré solennellement l'église cathédrale, qu'il avait » niagiiihqucment rebàlie tout entière; nous avons fait la » même cérémonie à Césène, pour l'épjise des Servilcs » qui conservent les cendres de nos parents et ancêtres. » Nous sommes enfin rentré dans Rome, après quatre mois » entiers d'absence... »

Tous ces détails prouvent que ce ne fut pas sans raisou que le Pape se Hallait d'avoir du moins accru sur son passage l'attachement des peuples à la religion et au Sainl- Siége. Mais son voyage était à peine terminé, qu'il apprit

de nouveajix changenienlsopéiés eti Allemagne. Celaient tous les jouis des envahissemenis, dont il n était pas possible (le prévoir la (in. Nous nous bornerons à indiquer, parmi les édiis qui parurent à celte époque, ceux qu'il est plus nécessaire de connaître.

Lu lonj^ règlement, qui devait recevoir son exécution à la lèie de Pâques 1783, {prescrivait une multitude de ré- Ibrmes lilurg"i(jues conformes aux vuts de I empereur et de ses conseillers : Ou v reirancliait des saluls ou des dévotions qui leur paraissaient nouvelles : on y réglait le nombre des messes basses : on v déterminait les heures des instructions et du catéchisme (l). Un autre décret ordonnait d'enlever des églises des images d'une certaine (orme.

Ledit du 30 mars 1783 sur les sémina-res généraux devait avoir des consécjuences bien plus étendues. Les séminaires particuliers des diocèses, et toutes les écoles privées des monastères, étaient supprimés dans toute l'étendue des Etals autrichiens, à partir du F' novembre 1783. Lu séminaire commun à tous lis évèchés de la pi'ovince devait être érigé à Vienne pour l'Autriche haute et basse : à Prague pour la Bohème; à Olmulz pour la Moravie; à luspruck pour le Tvrol ; à Pavie pour la Lombirdie auli-iehienne : à Louvain pour les Pavs-Bas. (Nous veirons sous 1786 les troubles (|u excita l'exécution au séminaii-e de Louvain.) Aucun eccle>iiisticpie séculier ne pouvait être OF'douné prêtre, s il n'avait fait son Quinquenniwn dans l'un de ces sénunaires. Pareillement il était défendu aux religieux d'admettre à lavenir, à l'exception des convers, aucu!i sujet qui n eût saiisiait à la méiue condition; et les religieux actuellemenl appliqués aux éludes, devaient être envoyés dans une université publique pour y terminer leurs cours. Quant à l'organisation de ces séminaire^, on ne devait y être reçu qu après un cours de phiiosophie fait avec soin ; pendant les quatre premières années, les

(1) Cet édit bizarre portiit le célèbre anuijraii.K.c lîe Jesul(es, A. M. U. G. Il ne conleniit pas inoins Ue ii~ paj^es. \n'n'p//e^ t'cclesim'ti'iuei jicnr J78". ;»SC 107.

ANNÉE 1782. If.l

sujets devaient suivre les leçons publiques de luiiiversilé de la ville oîi éum établi le séiiiiiiaiie ; et pendant la cinquième année, ils devaient se former spéeialement aux fonctions du saint ministère. Les évèques devaient appliquera la pension des ecclésiastiques de leurs diocèses les revenus des séminaires suppriini's ; les reli|;ienx rent^'s devaient payer pour ceux qui se présentaient de leur part; et quant aux reliijieux mendiants, une Ca-'sse de rc/i^ieux, fondée avec les revenus des monastères supprimés, devait pourvoit" aux sujets qui leur étaient destinés. Un surintendant général, cboisi par l'empereur, dans les membres du clergé, devait veiller sur la conduite des supérieurs et directeurs (l). Nous n'avons pas besoin de signaler tontes les consé(|uences pernicieuses que pouvait avoir Citte mC' sure, surtout lorsque I on considère les doctrines funestes qu'on s'appliquait à faire prévaloir.

Bientôt il lut (juestion d'une antre affaire non moins grave: Josepli fil, de son autorité, un nouvel arrondissement des évècbés de ses Etats. La résistance qu il rencontra dans l'évéque de Goritz, .losepli d Kdiitig donna naissance à ce projet. Le prélat ayant reçu lis éditsde l'empereur sur la dispense des enq)èclieme!its de mariage, n'avait pns cru devoir les exécuter (2). L'empereur en avant été iniornié, cassa d al)ord le gouv<'rneur de !a province, qui n'avait pas montré assez di; zèle pour presser l'exécution des édits, et manda l'évècpie à Vienne, où il le fit comparaître devant le conseil antique ; puis il lui défendit de venir à Vienne, à l'occasion du passage du Pape; bientôt après il lui demanda sa démission, et sur son refus, il lui ordonna de partir poiu' Rome. Le siège épiscopalde Passau étant venu à vaquer dans ces circonstances, l'empereur jugea à propos de faire une nouvelle circonscription desévèclusdu 'ryrol,dela Sivrie, et d'autres Kials:, ensuite il prétendit faire agréer ces cbangements par le Pape , et

.1) Nowelle.i ecrUara.iiiques, 1783, pase 3 72. 2) f'fnez p!u< haut, page ISII.

obtenir l'institution canonique pour les sujets nommés en conséquence. La cour de Rome ne pouvant sanctionner de telles mesures sans un mûr examen, et ne voulant pas destituer les évêques qui déplaisaient à la cour, on commença à parler sérieusement à Vienne de se passer du Pape pour la confirmation canonique des évèques et de la faire donner par les métropolitains, ou par le concile de la province (1). On voit ici comment le parti Janséniste préludait en Autriche à ce qu'il parvint à faire établir en France, sous le nom de Constitution du clergé.

Joseph réservait d'ailleurs les dignités de l'Eglise pour les admirateurs de ses systèmes. Il encourageait des écris'ains à en prendre la défense. Il protégeait à Pavie une réunion de théologiens, qui, comme Ricci à Pistoie, cherchaient à rabaisser le Sainf-Siégeet à réformer l'enseignement, faisaient revivre les écrits des appelants français, préconisaient leur doctrine, et favorisaient un esprit d'opposition, de plainte et de déclamation, dont l'effet était de troubler, d'alfiiblir et d'asservir l'Eglise. Pie VI se plaignit plus d'une fois de l'imprudente protection qu'on accordait à ces théologiens ardents et inquiets. On n'eut aucun égard à ses réclamations.

— [[Le 1" octobre. Actes d'une assemblée extraoudi- NAïKE DU CLERGÉ DE Fi'.ANCE. Loisqu'cu 1780, à l'occasiou de la guerre, amenée par l'insurrection des Etats-Unis, le clergé avait ofFei't le doji gratuit de trente millions (2), le gouvernement avait pris l'engagement de ne rien lui demander avant le terme des cinq années, où devait se tenir son assemblée ordinaire : mais celte promesse parut au ministère ne l'obliger qu'autant qu'il n'y aurait pas dans intervalle de nécessités imprévues demandant des secours )lus urgents. La guerre avait eu ses succès et ses revers : plusieurs victoires maritimes avaient relevé l'honneur du pavilion français : mais la perle d'une bataille navale,

(1^ Nouvelles ecctcsiasiiqiies de 1784, page 132. (i) Fores plus hauf, page i:î3.

le 12 avril 17S2. parut faire perdre tous ces avantages. La nation lut profoîidomont émue : on offrit de toutes parts des dons volonlaircs pour aider le p,ouvernement à réparer ses pertes, et pour venir au secours des marins blessés, et des veuves de ceux qui étaient morts. Le gouvernement saisit cette occasion pour faire une nouvelle demande au clergé, et convoqua à cet effet une assemblée extraordinaire. On lui proposa d'offrir au roi, moyennant quelques conditions, quinze millions, et de donner un autre million de secours pour les marins. Ces demandes furent accueillies avec empressement. Le clergé profila de celte circonstance pour faire de nouveau entendre ses vœux sur les objets ordinaires de ses remontrances. On peut voir ce qui sera dit, plus bas, à l'occasion de l'assemblée de 1T85.J]

— Le If) avril. Mokt dk Benoit-Joseph Labbe, a Rome. Benoit-Joseph Labre, né le 20 mars 1748, à Saint-Sulpice d'Ameite, au diocèse de Boulogne en France, est un de ces prodiges de vertu que le ciel montre de temps en temps aux hommes, pour confondre leur lâcheté, et pour opposer un remède salutaire à la corruption générale. Labre, encore enfant, parut prescuie déjà ce qu'il devait être un jour. Loin de remarquer en lui des semences de vices, on n y voyait pas même les défiiuts les plus excusables dans cet âge. Devenu grand, il résolut de renoncer au monde. Frappé des avantages de la vie religieuse, il tenta successivement d'entrer à la Trappe, chez les Charlreux, à Sept- Fonts. La faiblesse de sa sanlé ne permit pas de l'admettre aux vœux. Il s'en dédommagea en se condamnant a la même vie qu'il eût observée dans un monastère. En 1770, il fit, par dévotion, le vovage de Rome. Son but était de visiter le tombeau des saints Apôtres et les pèlerinages d'Italie. Il fit ce voyage en pauvre véritable, marchant à pied, vivant des auuiones qu'il recevait sans les demander, et dont il distribuait même aux pauvres ce qui ne lui était

pas exactement nécessaire; pratiquant un(^ luimililc profonde, un détachement exitènie et des mortifications continuelles. A Home, il fréquentait assidûment les églises, et passait souvent la journée entière en prières. Après différents pèlerinages en Ilalie, en Allemagne et en Suisse, il se fixa, en 1776, dans la capitale du nioude chrétien, et n en sortit plus que pour aller, une lois chaque année, à Lorette. Il vivait dans une solitude et un silence presque continuels, recher<;hant Toubli et les humilialions, ne portant que des haillons, exerçant des austérités, et s'unissant .sans cesse à Dieu par une oraison fervente. Une telle vie n'eût paru que méprisable aux veux du monde, et la philosophie surtout se lût récriée contre cet étal d'abjection et d'inutilité apparentes. MaisI esprit de Dieu ne juge pas comme celui de 1 homme. Il apprend à révérer celui qui, estimant les choses ce qu elles valent, préfère le Créateur à la créature, la méditation des vérités éternelles à la recherche des biens d ici- bas, et le soin exclusif de son salut à tous les objets qui nous charment et nous égarent. ]| apprend à ne pas regarder comme inutile celui qui donne au monde de si grands exemples de vertu, et à ne pas taxer d'abjection une vie pure et céleste.

A peine Benoît-Joseph Labre eut-il rendu le dernier soupir, le mercredi-saint, 16 avril, après quelques heures de maladie, que le bruit de sa sainteté, déjà connue de plusieurs personnes, se répandant par toute la ville, on accourut dans la maison où il était mort. On le transporta dans une église voisine, où, pendant quaire jours, une foule immense assiégea son ceicueil, voulant baiser ses pieds et voir cet homme de Dieu. On l'invoquait : on recherchait tout ce qui avait été à son usage. Plusieurs miracles opérés par son intercession furent confirniés par des informations juridiques. Le 20 avril, dimanche de Pâques, on l'enterra, après avoir reeonn»i que son corps était aussi sain et aussi flexible qu'au moment de sa mort. Des prodiges continuèrent à s'opérer sur son tombeau. On accourait des diCférenles parties de Tlialie pour obtenir de ce pauvre

volontaire (k's J^ràces splriiiielles, ou la {juérisoij de diffôrcnts maux ; et Dieu se plaisair à faire éclalt r la sfloire de son servileur, et à confondre l'incréduliré d'un siècle dédaigneux, par les faveurs signalées (ju'il accordait à son intercession. On sait qu'un ministre protestant des Éials- L'nis, nommé Thayer,(|ui voya.j;<ait en Kurope, étant venu à Home, et y ayant été témoin tlis miracles qui s opéraient sur le tombeau du saint [)ersoiuiaj^e, ne put s'empêcher d'en reconnaître la vérité. Convaincu de la divinité de la religion CHtlioli(|ue, il renonça cour.igeusement à ses erreurs, et alla depuis annoncer la foi dans les mêmes pays où il avait exercé ses fonctions de ministre protestant. Eu attendant qoe la cause de la béatification de Beuoîl-Josepli Labre ail été instruite avec les délais prescrits et les formalités ordinaires, le titre de f'cnciable lui a été donné par un décret de la Con&réj'ation dis rites.

— Le lô avril. Bkef relatif v l'érection di siège de

MoHILEW. Co!NSÉQ^E^CES UE CETTE AFFAIKE, PAU RAPPORT

Aux Jéslites de Russie. Nous avons parlé de Torganisa' lion que Catherine II avait voulu introduire dans ses Etats par rapport au culte catholique, de la condescendance que le Pape avait jugée nécessaire dans I intérêt de !a religion, et des pouvoirs qu'il avait en conséquence accordés à révé(jue de 3îallos, Siesirzenciewilz. Le 17 janvier 1782, I impératrice publia un ukase pour compléter son œuvre. Elle érigeait à Mohilew un archevéclié dont la juridiction devait s'étendre sur toutes les Eglises catholiques du rit latin en Russie \ elle nommait archevêque Stanislas Siesirzenciewilz, et coadjuteur, Jean Benilawski, ancien jésuite et chanoine de Mohilew : elle chargeait l'archevê(jue de former un chapitre de chanoines qui l'assisteraient dans sa juridiction. G était rarchevê(|ue cpii devait nommer tous les supérieurs des couvents. Ions les curés des paroisses, et pourvoir à tous les emplois: il ne devait point les Jonner à des étrangers; et il lui était ordonné de renvoyer ceux qui l'éiaienl. Ce règlement serait ap[)licable à Petersbourg, où ion avait admis jusque-là des reli-

iSfi ANNÉE 1783.

gieux élrangers, mais où cela ne devait plus avoir lieu à l'avenir. L'impératrice confirmait les défenses faites aux (gouverneurs des provinces par les décrets des 3 juillet 1779 et 31 janvier 1780, d'admettre des ecclésiastiques étrangers. Elle voulait que tous les ordres religieux catholiques dépendissent uniquement de l'archevêque, de son coadjuteur et de son consistoire, sans reconnaître aucun pouvoir étranger. L'archevêque drvait envoyer un état de tous les couvents, en indiquant les services qu'ils rendaient, soit par leurs travaux, soit pour l'éducation de la jeiinesse. soit pour le soulagement des malheureux. L'ukase défendait de recevoir toute bulle ou écrit du Pape, s'ils n'avaient été vus et aulorisés par le sénat (1).

On voit qu'il n'est question jusqu'ici que de l'autorité civile. Celait 1 impératrice qui créait un archevêché, qui nommait des prélats et qui réglait l'exercice de la juridiction. On lui fit comprendre néanmoins qu'il était nécessaire de recourir à une autre autorité pour rectifier ce qu'il y avait d'irrégulier dans des actes qui touchaient au spirituel. Elle entra donc en négociation avec le Pape, et elle donna dans ce but une mission de confiance à Benilawski, qu'elle avait désigné pour coadjuteur au futur archevêtjue. Le Pape pro.Ota de ces ouvertures pour venir au secours des fidèles de Russie: et par le bref du 1.5 avril 1783. il donna au nonce de Pologne Archetli tous les pouvoirs nécessaires pour conclure celle affaire (2): il devait ériger Mohilew en archevêché, et choisir parmi les églises de cette ville, celle qui lui paraîtrait la plus convenable pour y établir le siège du métropolitain, assurer le revenu qui devait former la dotation, et mettre le prélat en possession de tous les droits et privilèges attribués à sa dignité. « Afin, disait » le Pape, que le nouvel archevêque puisse exercer sa ju- )) ridiciiou ordinaire sur tous les catholiques du rit latin,

(i) f-'qyez le texte de l'uk.Tse en italien et en ang!.iis dans le recueil d'Hipj>isley, page 399. 11 y a deux édilions de l'ukise. l'une du 17 janvier, l'autre du 20.

(2) Dullarium Romanum Pli VI, p. 4S6.

)) qui sont soumis à l'empire de Russie, nous vous donnons » la charge de dcclnrcr que, jusqu'à ce que nous avons une .) autre occasion d'clablir d'autres évèqucs catholiques, » tous les fidèles ecclésiastiques ou séculiers, tout le clergé » et le peuple du rit latin, qui se trouvent dans Icsdits » Etats, (piand même précédemment ils auraient été sous la ^> dépendance de l'évécpie de quelque autre diocèse, seront ') désormais soumis ;i cet archevêque et à ses succes- » seurs (1). w

Muni de ces pouvoiis, le nonce Archetti, archevêque de Chalcédoine se rendit à Pélersbourg, oii on lui fit une réception solennelle : le grand-duc, héritier présomptif, alla à sa rencontre, et le présenta à l'audience de l'impératrice. L'érection canonique de l'archevêché de Mohilew fut accomplie: le nouvel archevêque prêta serment de fidélité au Sainf-Siége, entre les mains du nonce, et en reçut le pnUiuni. La cérémonie eut lieu en présence de Timpératrice et de sa famille, au milieu d'un grand concours, dans la nouvelle église catholique de P(^tersbourg, dont l'archevêque de Chalcédoine venait de faire la dédicace. y\. Siestrzenciewilz reçut ensuite le pallium. Le nonce sacra M. Jean Benilawski, sous le titre d'évêque de Gadara in partibus, reçut son serment de fidélité au Saint-Siège, et érigea le chapitre cathédral de Mohilew(2).

Ces actes n)ontrent que ce n'est pas l'ukase qui a érigé Mohiiew en archevêché. L'impératrice a pu vouloir paraîîre faire tout en celte occasion : mais dans la réalité elle sentit le besoin de l'intervenlion du Saint-Siège, et

(1) [f M. Arinud, dans Y Histoire des Papes, remarque que cVsf alors que la ( our de Rome coninit-iica à recoiin lîlrt," aux souverains de Russie, le lilre iV Empereur. .(us(;He-ln, on avait luit dilficullé d'accorder aux princes russes le tiir<' de Cznr, ahrégé de César.]]

(2^' Toutes les |iièces relatives à ces opérations sont citées dans un écrit intitulé : Lelti e synodale de JMcolas, par l'abhé de Rastignac, P.ins, 1791, page 114 et suivantes. On y rapporte une lettre de l'ahhe O'Sullivan, chapelain de l'iunhassadeur d'Espagne à PetersLonrg, et (jiii r;vait assisté aux différentes cérémonies. En 1792, l'ablié Bossard puMia.à Paris un liecueil de pièces sur Varchevéché de Mohiiew, in-8« de 128 pages. Ce sont lous les actes ci-dessus enuniérés.

i?(ti AiNNi:K 17«J.

elle !a rrclania. L'ukase défendait à l'archevêque de recevoird'oidre de personne, et cependant le prélat recevait des pouvoirs du Saint-Siège. La présence d'un nonce du Pape à Pélersbour^, la publicité des cérémonies auxquelles il présida, le serment de fidélité qu'il reçut des deux prélats, prouvaient assez qu'il ne fallait pas prendre à la rigueur les expressions de l'ukase. La défense d'admettre des ecclésiastiques et des religieux étrangers ne fut pas non plus observée : on continua depuis à Pélersbonrg et ailleurs, à recevoir sans dillicullé les prêtres des diverses n3!i()ns : plusieurs de nos prèlres proscrits par la révolution, trouvèrent asile à Pétersbourg, à Moscou, à Odessa et dans d'autres villes de I empire.

L'impératrice combla le Nonce Arcbetli de marques d'estime; elle demanda pour lui le chapeau de cardinal, que le P.ipe accorda en elfet peu après, malgré l'opposition de (juelques princes catholiques.

L'établissement canonitpie du siège de Mohiiew, et la promotion de Siestrzenciewitz pouvaient donner de l'ombrage à ces puissances qui avaient manifesté tant d'apprébension au sujet de la résurrection des Jésuites. L'impératrice s'était formellement opposée à ce que l évêcjue de Mallos revînt sur lesacles dont il a élé parlésous 1779 (I). De plus, par un ukase rendu le 25 juin 178'2, elle autorisait formellement les membres de la compagnie de Jésus à se choisir un supérietir général, à la condition toutefois d'être soumis à 1 évêqne de Mohiiew, pour les fonctions du ministère ecclésiastique. En conséquence, les Jésuites de Russie, dans une congrégation tenue à Polosk, avaient nommé vicaire général le P. Czerniewilz (2). Avant de terminer l'affaire de Téreciion du siège de Mohiiew, le Pape trouva nécessaire de s'expliquer au sujet des Jésuites de Russie avec ceux des princes catholiques qui pouvaient prendre plus d'intérêt à celle affaire. Dans les brefs

(1) ^'oyes plus haul, page i07.

{i} JhUoiie de lu Cfnipaif/ire du J<^!Uf jiar Crt^tinrau Joiy, tome V, cbapitrr vu.

ANNhE 1783. 189

cju'il atlress.i, au comniencement de 1783, aux rois de France. d'Espaj>ne, de Naples, de i*orlii>jal (l), il faisail coiiiiaîire que c ôl.iii la crainle de voir les àiues exposées au j)éril de l'aposlasie qui l'oblij^eail à ne pas insi.sicr sur la salislaclioii (|u il avait demandée à I évèquc de Malîo.s. et à céder aux désirs de l'impérafiice par rapport à ce prélat : mais eu même temps il déelarail comme nul cl ill(';;itime tout ce (pii avait élc lait conirairement <mx dispositions du bref Duniinus ac redewpfoj .

I) un aulreeoté iienilawski. cet ancien Jésuite que nrus venons de voircliarij;é d'une mission conndeutiellede limpératrice auprès du Pape, et qui (ut à celte épocpie même sacré eofiinie coadjuteiu' de .Moliilew, assura qu étant chargé de demander que le Pape couiirmùt ce (jui s'élait lait par rapport aux Jésuites de Russie, et en particulier ce cjui concernait réieciion d un supérieur général, il avait ohienu une réponse lavorable. Selon ce témoi.j^uage, le Pape se serait refusé à donner aucun rescrit ; mais il aurait dit da vive voix qu il approuvait ce qui s'était fait. C'est sur cet assentiment verbal de Pie VI que s'appuyèrent les Jésuites pour maintenir leur oiganisation, et pour élire le P. Lenkiewiiz en qualité de vicaire générai après la murt de C/crniewiiz (2).

— l.e 10 mai. f iioi wles suscités dans la cokguégation

UK SaIM-\ AMVKS. ET UÉCLAMATIOIN DV SLHiuiF.CR GÊ>ÉnAL.

La conîjrégatiun de Saiul-Nannes et Saint- Hidulplie dut

{\j L<s brefs ;iu\ ruis <le Fraïui', rie N;ipU'» cl t\v l't)rtiij,';ii, sr tioiivciit •lan.i le M'ciu-il <li' Tln'iniT, Clemcnlis Xir Ihci'iii. n. 313 et ul4. Ils soiil du il) j;ui\ifr, 20 fcvri: r et II avril ITStl.

{2 I , La «léposilion de ljrnisla>vski se tioiive dans iis iliicttriictili, puliliës par le Père de Ravignaii, à la siiile de l'ouvrage inliliile : Clément Xlll et L'icnieiit Xiy, paç;e iG(î ; » ii voici le pa<-sa|^e le plus itiiportnnt : a K\posui Saii- » elitali sMif slriliiin .ïe-iuilariiiu coiiloriiiittr iiisiitiilioiii mki' viveiiliiiin tt •> (|uod mIji ad jt.ilUM hi:iic buuui cotiscrvnndiiii! de inniulalo iiiipcialiicis, ' pi'xpoïiiluiii ^eiieraleti) ele|;erint. QiiiLus niiditis. S. S. 1). 1). Nosler, el " slatuiii illoruiii et eleitioiieii) pr»'|iosiii gcueralis factaui beuigne conlir- » inavit, repeliiis ter viribus dicciidu : /Jpprobo. De hoc vivic vocis oiaculo » fidfiii plenii^iinain laeio. > C'est le 1^ mars 178:H qu'on dit que celle approbation verbale aurait «-u lieu.]]

100 ANNÉE i783.

son existence à une réforme de Bénédictins, commencée dans l'abbaye de Saint- Vannes, diocèse de Verdun, par D. Didier Dclacour : elle avait la gloire d'avoir servi de modèle à la congrégation deSaint-Maur. Elle comptait un certain nombre de monastères dans la Lorraine et les pays voisins. Elle était gouvernée par un président élu tous les ans dans un chapitre général. Depuis l'édit de 1768 sur les religieux, elle avait renouvelé ses constitutions ; et elle avait obtenu en cons qucnce des Isltres patentes, qui semblaient fortitier son existence. Les troubles qui eurent lieudansson sein en 1783 se rattachent à celte désorganisation des communautés qui devei ait de plus en plus générale. On gagna un certain nombre de membres du bureau connu sous le nom de dcfuihoire (I), et ils prirent sur eux d'accorder la dispense générale de l abstinence de viande. C'est contre cet abus que le président de la congrégation, D. l'ière, crut devoir s élever dans une lettre très-solide qu'il adressa à ses confrères, et qu'il rendit publique. Il y faisait voir que chaque institut religieux avait certains caractères fixes et permanents qu'on ne pouvait déiruire sans en altérer la substance ; et que dans l'ordre de Saint-Benoît l'observation de l'abstitrence était un de ces points fondamentaux. Le chapitre, et à plus forte raison le définitoire. n avait pas rautoiité nécessaire pour faire un changement de celte impor tance ; et à celle occasion le pieux abbé rappelait les conditions pr*escriles par la règle pour les dispenses passagèr'es et temporelles. Rien n'avait d'ailleurs été plus irrégulier que la manière avec laquelle on avait comme extorqué une concession de celte nature (2). Cette lettre prouve du moins que si le relâchement s'étendait dans les communautés, il s'v trouvait encore des âmes ge-

ll) D:uis les coJt^i'csatioiis régulières, coinposées d'un certain nombic de couvents, on ajipilait di'finitoire, un liureau qui était formé par élection dans les chapitres ijénéraux, et qni devait veiller même, après la dissolution du chapitre, h l'exécution des règlements.

(2) Les Nouvelles ecclésiastiques pour i'So, donnent une analyse élea-j due de la lettre de D. Pièrc.

ANNÉE 1783. iOl

néreuseti qui coinpienaleul les devoirs de leur vocalion. [[C'est vers cette époque que les Cisterciens deiuiindèrent au Pape et oblinrenl la dispense de l'abstinence (l). ]]

— Le 23 décembre. L'empekelu Joseph auuivk a Home. Joseph suivait ses plans de réforme avec opiniâtreté; et le voyage (ju'il fit à Uome, sous prétexte de rendre au Pape la visite (ju il en avait reçue, devint pour lui Toceasion de pousser de pins en plus ses projets. On n'eût pas iniaijine qu'il lût venu à Uome pour y former une litjue contre le Saint-Siège : c'est cependant ce que semble inditpjcr quel(|ues détails que nous allons dvinuer, et qui nous paraissent authentiques (2). Parti de Vienne le 6 décembre, il arriva inopinément à Rome le 23. Il n avait fait donner aucun avis de son voyage, qui se.rprit jusqu'à sou andîassadeur ; et il voyageait dans un strict incognito. Avant devoir personne, il écrivit au chevalier Azara, ministre d'Espagne auprès du Saint-Siège, j)our lequel on avait inspir<'> à l'empereur beaucoup d'estime. Il lui demandait une entrevue pour le soir même. Après une visite assez courte au Pape, il alla en effet trouver le chevalier, et l'entraîna dans un lieu retiré, oii ils passèrent quelques heures en tête à tète. « On a su depuis que, dans cet en- » tretien, Joseph avait développé avec une extrême chaleur » un pian qui allait étonner TEuropo. Il voulait soustraire 1) tout ;i fait ses sujets à l'autorité pontificale. 11 se riait de 1) ses foudres... On l'appellerait sehismatique , peu lui » importait. Il déploya ses idées avec une chaleur et » une vivacité extrêmes. Ce ne fut pas sans peine que le » chevalier obtint la parole, et lui fit sentir hs inconvé- » uients d'une résolution aussi brusque. Elle pouvait « avoir des suites fâcheuses pour le prince lui-même. Ne » devait-il pas craindre les dispositions d'une partie de ses

(1) Biitliii iuiH Pu l'I, 11. 371 .

(2) Nous Ic', iioiivoiis flans les Mcmoires /ihtoi iiiins et philoMipItiques sur Pie Vf, par Bouii^omg. L'auttiii- se moiilre asi>cr instruit des laiis, el ce qu'il flit il cettr occasion jinraît confornu' an caractère He» iicrsoiinagf s.

ii)2 ANNÉE i783.

'> sujets? De pareils remèdes n'étaient-ils pas trop vio- )> ienls?... Ces arguments de la part d'un homme que 1) 1 empereur estimait, el dont il ne pouvait suspecter ni » les pi incipes ni les intentions, firent impression sur lui. )) Il sortit de l'entretien avec des dispositions plus eoncl- » liantes... Les représentations du cardinal de Bernis et » du chevalier Azara, des réflexions pins mûres sur les 1) suites du houleversement dont il allait donner le signal, >) peut-être quelques mouvements de bonté pour ce vieux )) pontilé qui n'avait aucun lilre peisonnel à la malveil- ^) lance et en avait à la compassion, calmèrent celle prc- » mière etFervescence (1), »

[[En eHèt, sa conduite extérieure à Rome iul assez convenable: il assista avec le roi de Suède. Gustave HT, aux cérémonies de ^ioêl : el après être allé visiter la reine

(1) Ce (|ui n'esl j)i<'.s(|ue y.ts moins tloiuKint que ttt nclianienient do

Jusepli foiitic le S;iiiit-Si«'gf. c'est la inan ère dont l'auteur fies Mi-ntoires

<juc nous venons de citer, raconte ces diiTérends. II convient que l'Enipe-

reur éliiit' transporté dii l'aniour dc^oi donné delà ci-l'biité : tju'il était

{(l'isolé d'une ailit'itc de coi ps et d'esiniL qui a ucccléié sa mort: (ju'il

ctail conslant jusqu'il l'obalinutioii dans les pluiis qu'il cwait une fois

iirréi< S ; ([u'il ne craig/tail point d'ajjligcr ceux qui fjoiivaicnt souffrir de

sus mesures ; qu'il etuil vujiuiit pour les autres et plein de confiance pour

lui-mcine ; qu'il cioyaii ai'oir nnii i ses projets parce qu'il y m'ait soui^e :

que son inipalience aurait voulu en hdter l'exécution ; qu'il manquait

ae mesure et de préi'ojance, et qu'il iouis<iait. en sui\'ant ses grands

j>i incipes i.</iilosoij/iiques, des inquiétudes qu'il nllait donner au Pape.

(Mémoires hiitoriques et phdosophiques sur Pie VI, tome I, clia-

jiitre xi-\vii, passim.) N'est-il pas étrange qu'après de t<ls aveux, con-

foruies d'ailleurs à ce que l'histoire nous a transmis du caraelèrir de

Joseph, l'auteur des Mémoires lasse un crime à Pie VI de ses démêlés a^ec

un prince sans mesure et sans prcv^oyance; qu'il lui reproche de ne s'être

pas asservi au caprice de ce prince chitine ; qu'il le hianie de n'avoir pas

cunc<.uru à la |)ropagalion de ^e5 glands pi incipes philosophiques, et

qu'il le gourmande de ne s'être pas prêté de houne giàee à ses jouissances?

iMais on tlirail que cet écrivain jouit aussi lut-iiiême des inquiétudes et des

embarras du pontife. Décidé ij lui dunm r toujours tort, il appelle sa l'ennele

obstination, et traite sa condescendance de pusillanimité : moins Lfiiiitablc

en cela et moins généreux que Fre(leii<- lui-même, dont il cite ce passage

d'une lettre n d'Alemhert : Ce qui me jdc/ie seulement, c'est que tant de.

bien (il faut songer que c'est le roi de Prusse qui parle) ne soit pas opéré

iûus les Popes qui ont inerilé d'être humiliés, et que cela atteigne préci-

sémeni l'hoiméle JJraschi, qui a desséché le* marait Pontins.

Page 1