‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècleChapitre 8 sur 14 · DO · texte numérisé non relu

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d janvier. — Ange-Marie Quirini, cardinal et évoque de Brescia, b'blioihéciiire du Vatican, naquit en 1680, et fit profession chez les Bénédictins du Mont-Cassin. Il s'appliqua à la littérature et aux sciences, voyagea en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en France, et vit partout les hommes les plus célèbres et les plus instruits. Il vii. t entre autres à Paris en 1710, et y passa dois ans. Son, mérite et sa réputation le fi r en t rionmi- r archevêque de Corfoti en 1723, et évèque de Brescia en 1727. Benoit XIII lui donna le chapeau la même année. Le car linal Quirini était auçsi libéral que savant. Il rehâlit l'Eglise cathédrale de Brescia, contribua à la construction d'une église catholique à Berlin, forma à Brescia une bibliotbè*

que publique, cl augmenta celle du Vatican. Nous distinguerons parmi ses écrits les Antiquités de Corfou; une édition des ouvrages de quelques saints évéques de Brescia; une édition des livres de l'office divin à l'usage des Grecs; la Vie du Pape Paul //contre Plalina; une édition des Lettres du cardinal Polus, et des discours et Instructions pastorales. Il procura l'édition des Œuvres de saint Eplirem, qu'il dédia à Clément XII. Le cardinal encourageait les savants à Rome et ai leurs, et jouissait de l'estime de Benoit XIV.

16 janvier. — Nicolas Lenglet du Fuesnoy, érùdit et critique, naquit à Beauvais en 167i. Il est auteur d'un grand nombre d'écrits, et éditeur de plusieurs autres. C'était un homme singulier, hardi, paradoxal, peu sur, qui ne se faisait point de scrupule d'écrire le contraire de ce qu'il savait. Il ne pouvait souffrir que les censeurs changeassent la moindre cliosc à son manuscrit, et il rétablissait ce qu'ils avaient supprimé. Nous ne citerons de lui qu'une édition du Nouveau Testament, en latin, avec des notes historiques et critiques, 4705, 2 petits vol. ; une édition du Rutionarium temporum, du P. Pélau; une des Commentaires de Dupuy sur le Traité des libertés de l'Eglise gallicane, de Pilliou; une Réfutation des erreurs de Spinosa par Fénelon, Lami et Boulainvilliers ; une traduction de l'Imitation; un Traité historique cl dogmatique sur les apparitions et visions, 1751, 2 vol. ; un Recueil de dissertations sur le même sujet, 1752, 4 vol., et un Traité historique et dogmatique sur le secret de la confession, 17lô. Il publia les œuvres de Laclance, avec des noies, 1 748, 2 vol. in--i°, édition commencée p.ir Le Brun des Morelles. Il a rédigé des ouvrages d'un genre bien différent.

48 janvier. — Pierre Boyer, prêtre de l'Oratoire, né en 1G77, eut de la réputation comme piédicateur. Dorsanne dit de lui : «On l'a ac- » cusé d'avoir souvent avancé dans ses sermons des propositions » dures. Il était suivi par tout ce qu'il y a de plus zélé dans le parti. » Dans les conversations il parlait beaucoup et fort indiscrètement, et » paraissait, par sa conduite, vouloir s'attirer une lettre de caclicl ; » lom. Il, p. G(i. Le P. Boyer fut en effet interdit, et même enfermé quelque temps. Il fit, avec l'abbé d'Eiemare, les Gémissements sur la destruction de Port-Royal. Il est aussi auteur des Maximes (t avis sur la pénitence; de la Solide dévotion du Rosaire; des Réflexions sur l'Histoire de la captivité de Babylone ; de la Cause de Dieu dans les miracles, et d'une Vie du diacre Pénis. On lui a attribué le Parallèle de la doctrine des païens et de celle des Jésuites; il paraît que ce pamphlet est d'un laïque nommé Péan. Le P.Biyer joue un rôle dans le Journal des convulsions. Comme il avait l'avantage de posséder la ceinture du diacre Paris, cette relique lui donnait de la considération. Il présidait quelquefois aux assemblées des convulsionnaires, fut quelque temps directeur du fameux frère Augustin, et finit par le dénoncer au Parlement.

DES ÉCRIVAINS (f7oo.) 415

24 janvier. — Jean-Bapliste PnuroTOT du Chesne, Jésuite, né en 1682, est auteur de l'Histoire du prédestinianisme, et de celle du baïanisme. Cette dernière a été mise à l'index à Rome par décret du 17 mai 173i,

\ i février. — Paul-Marin Candi, ex-général des Servîtes, né à Reggi en 161)2, professa avec distinction d;ins son ordre et en remplit les charges principales. Il se relira ensuite dans sa pairie, où il mourut. On a de lui : Abrégé de la Vie des fondateurs des Servîtes; Règles du Rituel romain sur les eworcismes des possédés; Apologie de Mazzclli et Ncodanasi, servîtes.

24 mars. — Gaspard Gagia, Jésuite, né en 1686 et mort à Turin, n'est connu que par les Lettres d'Eugrnc, apologiste, à un confrère du P. Concina, sur les dissertations sur l'Histoire du Prcbabilisme cl du Rigorisme, avec un Essai d'avertissement sur ses ouvrages, 1743, 5 vol. in-4°. Ces lettres provoquèrent une réponse de Paluzzi et furent depuis défendues par R.illa.

29 avril. — Jacques (ou Jean) le Febvre, Jésuite, né dans le Ilainaut, lut président du séminaire établi près Valenciennes, dans le diocèse de Cambrai. Il mourut dans celte ville, laissant Bayle en petit, ou Anatomie de ses ouvrages, 1757, réimprimé sous le litre d'Examen critique des ouvrages de Bayle. Il est encore auteur de la seule Religion véritable démontrée contre les athées, les déistes et les sectaires; Paris, 1744, 1 vol. in-12.

■15 mai. — Bonavenlure Racike, Chanoine d'Auxerre, né à Cliauny en 1708, fut d'abord chargé de la direction de quelques collèges par la Croix de Castries, archevêque d'Alby, et par Colbei t , évêque de Montpellier. De Caylus l'attira ensuite à Auxerre. L'abbé Racine composa quelques écrits sur la crainte et la confiance, puis un Abrégé de l'Histoire ecclésiastique, en 13 vol. in-12. Les premiers siècles sont assez bien traités; mais les derniers volumes ne sont pi us que l'histoire du jansénisme, cl une déclamation perpétuelle conire les Jésuites. On y joint ordinairement les Lettres à Morénas, qui font le xive vol., et une suite de ['Histoire, en 2 vol., qui n'est qu'une compilation du Journal de Dorsanne et des Nouvelles ecclésiastiques. Celle suite est fort au-dessous du travail de Racine. Celui-ci est en outre auteur de Discours sur l'Histoire de l'Eglise, 17.'i9, \ vol. in-12, et d'OEuvres posthumes, publiées par D. Clémence!. On regrette que son Histoire, commencée sur un a^sez bon plan, ait dégénéré en une satire amère et en déclamations fatigantes par leur longueur et leur partialité.

4 juin. — Henri-François- Xavier dk Belzunce, Evêque de Marseille, né en Périgord en 1671, entra d'abord chez les Jésuites, d'où il sortit peu après. 11 fut grand vicaire d'Agen, et fut sacré évêque de Marccillc, le 5 mais 1710. 11 <c signala par son zèle lois de la peste

qui désola celle ville. Loin d'écouler des conseils timides, il resta au milieu de son troupeau, et lui prodigua des consolations el des secours. S:i charité généreuse fut récompensée. Il ne fut point atteint du fléau qui enleva, en .-i peu de temps, tant de milliers de personnes, etentr'auties plus de deux cent cinquante prêtres et religieux. Attaché à son diocèse, M. de Belzunce refusa l'évcclié-pairie de Laon, en 1723, et l'archevêché de Bordeaux, en 1729. Clément XIî lui donna le pallium, en 1731. L'évéque assista au concile d'Embrun, en 1727, et montra en toute occasion un zèle très-vil contre le jansénisme. Il publia beaucoup de Mandements et d'Instructions pastoiales sur ces matières, contre, Le Courrayer, contre la consultation des Cinquante, contre les faux miracles, el en plusieurs aulres occasions. On a prétendu que dans toutes ces démarches M. de Belzunce avait éié l'instrument des Jésuites. Il est vrai que le prélat estimait et protégeait ces rel gieux, el avait accordé principalement sa confiance a deux d'enire eux, F afore et Maire. Quelques-uns ont cru que ce dernier était l'auteur de la plupart des écrits publiés sous le nom du prélat. Les derniers jours de M. de Brlzunce furent troublés par le* querelles sur les refus des sacrement-. Le parlement d'Aix condamna au feu un écrit de l'évéque, décréta son secrétaire et son imprimeur, saisit leurs biens, et dénonça l'évêque au Roi. Il n'eût pas échappé lui-même, si on n'eût pas eu home d'allaquer un prélat octogénaire et universellement respecté. 11 mourut à Marseille, après avoir fondé le collège qui portail soit nom. La France littéraire cite de lui V Abrégé de la Vie de Suzanne de Foix de Caudale , 1707; Lettres à M. Colbert, 1730; Pratiques pour se préparer à la mort, 1733 ; Recueil de prières, 1 758 ; le Combat du Chrétien, de saint Augustin, traduit en fiançais avec des noies, 1738; le Livre, de la grâce el du libre arbitre, du même, aussi traduit, 17i0; le Livre de V Unité de l'Église, de saint Cyprien, traduit, 1744; Méditations pour tous les jours de la semaine, traduites de l'Espagnol; l' Antiquité de l'Église de Marsdlle et la succession de ses évc'qurs, 17io,' VArt de bien mourir, traduit de Bellarmin, 1732; Abrégé de la manière de bien vivre, de saint Bernard, traduit en français, cl une Instruction pastorale sur l'incrédulité, 173 i. Il y a aussi de ce prélat une Insti uclion pastorale contre deux sei mous de Turrelin et Maurice, ministres protestants.

12 juin. — Jean-Antoine Brémond, Dominicain, général de son ordre, naquit à Cassis, en Provence, en 1692. Il fui d'abord missionnaire à la Martinique, revint ensuite en France, et fut mandé à Borne pour travailler au Unitaire de son ordre; collection qui parut de 1729 à 1740, en 8 vol. in folio. Il succéda, en 17 48, au P. Bipolli dans le généralat. Il est de plus auteur du Manuel du Chrétien; de l'Origine allemande d? saint Dominique ; des martyrs Pierre Sanz tt François Serrano, et du 1er vol. des Annales de ioidre dis frères Prêcheurs, 1730, Ces trois derniers sont en latin.

19 août. — Jacques Costa, Evêque de Bellunc, naquit à Bassano en 1099. En 1715 il prit l'habit des cleres réguliers au couvent de S. Antoine de Milan. On l'envoya achever ses éludes à Rome, d'où la Congrégation de la Propagande le chargea d'enseigner la philosophie dans le collège pontifical établi à Léopo!, en Pologne. Après avoir exercé cet emploi avec succès, il revint en Italie et fut successivement professeur de théologie à Milan et à Gènes. La Congrégation de la Propagande l'envoya de nouveau à Léopol, en 1755, pour y êlrti préfet du collège pontifical. Il y fui chargé par Jacques III (le prétendant) après la mort de la reine sa femme, d'obtenir l'indigénat pour le prince, son fils, afin de pouvoir hériter des biens que possédait la princesse. Costa ayant réussi dans cette mission délicate, Jacques obtint pour lui de Clément XII l'évêChé de Ripait ansone. Le premier soin du nouvel évêque se tourna vers son clergé et son séminaire, et il tint en 1741 un Synode diocésain dont les statuts sont estimés. Ayant été transféré à Belluue en 1747, toujours à la sollicitation de Jacques III, qui lui témoignait beaucoup d'attachement, il ne s'y occupa pas moins de ses devoits, et tint en 1750 un autre Synode. Les actes de ces deux assemblées ont été imprimés, ainsi que les sermons, homélies et discours prononcés par ce pré'al en différentes circonstances.

ZQuoût. — Jean-François Boyer, ancien Evéque de Mirepoix, était né h Pans en 1075. 11 entra chez les Théaiins, et s'étant livré à la chaire el a la confession, il y acquit de la réputation* et fut promu à l'épiscopat. Nommé à l'évéché de Mirepoix , en 1750, il devint, en 1750, précepteur du Dauphin, fils de Louis XV. Nous connaissons peu les détails de celle éducation ; mais la vertu, le mérite, la solidité de jugement du prince, sa conduite sage el soutenue, son amour pour la religion, sa vie laborieuse forment un ptéjugé en faveur des joins de son maître. Rigide observateur des lois de l'Eglise, M. Boyer donna alors !a démission de son é\èché. Le Roi le chargea, à la mort du cardinal de Fleury, du département des affaires ecclésiastiques. L'évêqite se montra sévère sur ie choix des sujets. Intègre, •lieux, austère, désintéressé, il n'accordait rien à la faveur. Les phi-

I isoplies et les jansénistes l'cnl peint comme au-dessous de sa place, pat ce qu'il leur était également contraire. M. Boyer n'eut jamais qu'un bénéfice, l'abbaye de Sainl-Mansuit , pus celle de Corbie ; exemple de modération remarquable dans un ministre de la feuille.

II a laissé des Sermons manuscrits. Voyez son éloge par le Beau, dans le< Mémoires de f Académie des inscriptions. Après sa mort, la feuille des bénéfices fut confiée successivement au cardinal de la Rochefoucauld, archevêque de Bourges, mort le 29 avril 1757; à Louis-Sextius de Jarente, évêque de Digne, puis d'Orléans, qui eut cette place jusqu'à la fin de 1770; au cardinal de la Roclie-Aymon, archevêque de Reims el grand-aumônier, mort le 27 octobre 1777, el à Yves-

Alexandre de Maibcuf, cvêque d'Aulun , et depuis archevêque de Lyon.

28 octobre. — Charles-Louis Dugard, chanoine de l'église de Paris, né en 1677, est auteur d'un Discours sur la spiritualité et l'immortalité de l'âme; 1735; de Dissertations sur les principaux fondements de la religion, 1744, in-4° ; (Ces deux écrits sont en latin ) et d'une Nouvelle paraphrase sur les Psaumes de David, 1754, 2 vol. in- 12.

30 octobre. — Jean-Bapiiste Gaultier, théologien appelant, était né à Evreux en 1685. 11 fut d'abord théologien de Févêque de Boulogne, de Langle, s'attacha, en 1724, à Colberl, évêque de Montpellier, et composa beaucoup d'écrits pour ce prélat; enlr'autres deux Mémoire* sur les plaintes portées contre le gouvernement de VEvcque de Boulogne, 1723, in-4°. La France littéraire de 1756 le donne formellement comme auteur des écrits qui ont paru sous les noms de MM. de Langle et Colbert. Après la mort de ce dernier, Gaultier se chargea de faire la guerre à M. de Charancv, son successeur. C'est de lui qu'est la Lettre adressée à ce prélat, et qu'on appelait agréablement dans ce parti les verges d'Héiiodorc. 11 composa dans le même genre le Mémoire apologétique des curés de Montpellier; deux nouvelles Lettres à M. de Charancy, en 1744 et 1745; Abrégé de la vie el des ouvrages de M. Colbert; cinq Lettres pour les Carmélites du faubourg Saint-Jacques; la Vie de M. Soancn; des Lettres à l'évêque deTroyes, à l'évoque d'Angers, à l'archevêque de Sens, etc. dans lesquelles il ne faut pas chercher beaucoup de modération. L'abbé Gaultier consentit cependant quelquefois à laisser les évêques en repos, et à tourner l'activité de son zèle contre les philosophes. On lui doit dans ce genre V Essai sur l'homme convaincu d'impiété; la lié fatation de la Voix du sage el du peuple, de Voltaire, et les Lettres personnes convaincues d'impiété. Enfin, il est encore auteur de dixs-ept Lettres théologiques contre Berruyer, el de la Lettre à un duc et pair, sur les affaires du parlement, du 26 octobre 1753. Ce dernier écrit est un libelle contre les évêques, et fut condamné au feu par arrêt du parlement de Rouen, du 20 février 1754.

— Scipion, marquis de Maffei, littérateur, poêle elértulit, naquit ù Vérone en 1075, d'une famille ancienne. Oulre beaucoup d'écrits sur des sujets profanes, il en composa encore sur des matières qui louchent la religion. Il publia, en 1721, des Commentaires ( Complexioncs) de Cassiodore, sur les Epitres et les Aclcs des Apôtres, el sur V Apocalypse , tirés d'anciens manuscrits; en 1741 , \e> Vrais sentimens des Pères des cinq premiers siècles sur la grâce, la prédestination cl le libre arbitre; une Lettre au P. Ansaldi, contre l'existence de la magie ; ftluralori et Tailarotli lui ont répondu. 1,'Histoirc théo-

logique des dogmes et des opinions sur la grâce, de Maflei, parut à Trente, en 1742. Elle fut traduite en latin par le R. Frédéric Reiffemberg. Mais celui des ouvrages de Maflei qui a fait le plus de bruil est un écrit en faveur de l'usure. Il s'était élevé à ce sujet une dispute à Vérone. Un article inséré dans le Catéchisme du diocèse contre les contrats rachetables des deux côtés occasionna des écrils contraires. Le marquis de Maflei se déclara pour le prêt à intérêt, dans son livre De l'emploi de l'argent, 1744, qu'il dédia à Benoît XIV. Ce fut contre lui que le savant Ballerini publia ses Six livres du Droit divin et naturel touchant l'usure , et Confina son Usure du triple contrat. L 'écrit de Maflei fut, dit-on, condamné par l'inquisition de Venise. L'affaire ayant élé portée à Rome, Benoit XIV nomma une congrégation pour examiner le livre du marquis et celui du Hollandais Broedersen, dont Maflei s'était beaucoup servi. Ce fut sur ce sujet que Benoît XIV donna sa lettre encyclique du Ier novembre 1745. Le marquis Maflei était attaché à la religion, et considéré pour son caractère et ses connaissances. Ou a de lui un ouvrage contre le duel.

5 novembre. — Celse Migliavacca, Chanoine régulier de Saint-Sauveur, né à Milan en 1673, remplit divers emplois dans son ordre, dont il fut supérieur-général de 1756 à 1742. Il mourut à Milan dans son abbaye de Sainl-Celse, après avoir composé des Remarques ( animadversiones ) sur l'Histoire théologique des dogmes et des opinions sur la grâce, de Maflei, 1749; une Défense de ces remarques et deux autres écrits sur ce sujet. Maflei se défendit dans deux ou trois écrits dans lesquels il accusa Migliavacca de jansénisme, et un anonyme intervint dans celte dispute et donna sous le nom de Joseph Pagani un pamphlet impertinent et irréligieux. On a encore de Migliavacca un traité Des dispositions aux sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Venise, 1753.

14 février. — Gabriel Martel, Jésuite, né au Puy en 1680, est auteur du Caractère du Chrétien, 1745, G vol. ; du Chrétien dirigé dans les exercices d'une retraite spirituelle, 1737, 2 vol., et d'un Exe rcice de la préparation â la mort.

21 février. — Daniel Concina, Dominicain, naquit en 1087 dans le Frioul, au diocèse de Concordia. Il étudia chez les Jésuites à Goiilz et fit profession en 1708 chez les Dominicains de Conégliano , qui sont de la congrégation du B. Jacques Salomoni. Son goût l'éloigna des grandes charges de son ordre et il passa toute sa vie à prêcher et à écrire. Il exerça pendant plusieurs années le ministère de la parole dans les grandes villes d'Italie, euli'auiresà Rome; mais trouvant lui -

même qu'il ne f.iisait pas assez de fruit, il quilla la cliaire tl se livra à la composition. Un zèle ardent pour la morale sévère forme le caractère disiinclif de ses écrits. Il la défendit constamment dans plus de 40 volumes. Il avait un tel éloignement pour le relâchement, qu'il est possible qu'il ait cru le voir quelquefois où il n'y en avait point. Les Jésuites surtout furent en butte à ses attaques, etil signala sans ménagement les erreurs de leurs écrivains ou du moins ce qu'il jugeait tel. De là une guerre longue, vive, opiniâtre, qui enfanta une foule de critiques, de réponses, de défenses, d'écrits de tous les genres possibles. On n'entendit retentir pendant plusieurs années que Ips mots de probabilisme, de probabiliorisme, de rigorisme, de relâchement. On s'attaqua avec feu , on se défendit avec passion. L'amertume et la satire s'en mêlèrent, et la morale sévère se trouva un peu compromise dans ces plaidoyers faits pour elle. Concilia fit face à tout avec une ardeur infatigable, et secondé de Dinelli, de Paluzzi et de quelques autres champions moins connus, il soutint le combat contre des adversaires nombreux. Ceux qui figurèrent contre lui dans celte controverse furent les jésuites Gagua , Plazza , Richelieu, Sanvilali , Leccbi, Faure , Cordara , Carvani , Noceti , Lagomarsini , Turano, Zaccaria, Monli, Gravina , Bovio , Qliczzi , Balla, Zecb, Poli et Curti, les théalins Gradenigo et Bcrlandi ; l'observaniin Bianchi et même les dominicains Millanloel Corrat'mo. Le marquis de Mall'ei intervint aussi dans ces disputes. Cette nuée d'à iversaires n'abattit point le courage de l'infatigable Concilia. Il passa les dernières années de sa vie à Rome. Ayant été attaqué d'une paralysie sur la main droite, il alla prendre les bains de Lucques qui le soulagé: enl peu, et il se retira dans le couvent de ses frères, à Venise, où il mourut à l'âge de 63 ans. Ce fut certainement un homme de beaucoup de savoir, laborieux, sobre, zélé pour la discipline, sévère pour lui-même, plein de mépris pour les honneurs et la fortune, ferme, courageux. Benoît XIV l'aimait, dit-on, à cause de sa vivacité, de son désintéressement et de sa franchise. Ses écrits, dont plusieurs sont en latin et les autres en italien, sont, suivant l'ordre des temps: 4° deux dissertations en faveur de la règle de S. Dominique, 1736; 2° une édition du dictionnaire des cas de conscience, de Ponlas, 1738, avec une critique des noies de l'édition d/Augsbourg, qui attira une repique du père Amorl, chanoine régulier , sous le titte de Nouvelles controverses de morale élevées dansV édition de Pontas faite à Venise ; 5' la Discipline apostolico-monastique éelaircie par des disserta/ions thcoloqiqucs, Venise, 1759; les dominicains Millante et Corraltino écrivaient contre ce traité sur lequel on peut voir le journal de Trévoux , 174 i ; <i° le Carême appelant du for contentieux de quelques ensuis/es , au tribunal du bon sens et de la bonne foi du peuple chrétien , sur le précepte ttujeûne, 1739; Cordare avait prépaie une réponse à cet ouvrage, elle n'a pas vu le jour ; 3° la Discipline ancienne et moderne de l'Eglise romaine sur le saint jeûne de carême, exprimée dans deux

brefs de Benoit XIV arec des observations historiques, critiques et théologiques, Venise, 1712; G0 Dissertations théologiques, morales et critiques sur l'histoire du probabilisme et du rigorisme , dans lesquelles on développe les subtilités des probabilistes modernes, ci on leur oppose les principes fondamentaux de la religion chrétienne , Venise, 1743, 2 vol. in-4°. Les jésuites San\ii;iii, Ghezzi, Leccbi, Bovio et Gravina réfutèrent ce livre, et un docte observantin publia à Padoue en 1 747 le Probabilisme démontré par la méthode mathématique. 7° Epilres théologico-morales contre la dissertation sur les cas réservés du diocèse de Venise (voyez Benzi) ; 8° Commentaire sur le rescrit de Benoit XIV en réponse « sept questions de l'archevêque de Compostellc relatives au jeûne, Venise, 1745; 9° Défense du Concile de Trente cl des constitutions apostoliques sur la pauvreté monastique , Bologne, 1745; 10° Observations critiques et morales pour la défense de l'histoire du probabilisme et du rigorisme contre le livre intitulé : Justification de plusieurs personnages et d'autres sujets considérables, Pesai o, 1745; il0 Examen théologique du livre intitulé : Essai d'un supplément théologique moral, et critique dont a besoin Vhistoirc du probabilisme, Pesaro, 1745; 12° Explication de quatre paradoxes qui sont en usage dans notre siècle, Lucques, 1746- c'est une défense de Concilia contre ses adversaires, cet écrit a été traduit en français, Avignon, 1751 (voyez les An. ec. du 18 juin 1752): 15° Explication du dogme de l'Eglise romaine sur l'usure contre le livre de l'emploi de l'argent (de Maff.i), Naples, 1746; 14° Commentaire de l'encyclique de Benoit XIV contre l'usure, Rome, 174G; •1 5°f Usure du triple con frat démontrée dans trois dissertations h istoricothéologiques, même année ; 16° Mémoire historique sur l'usage du chocolat les jours de jeûne, Venise, 17G8. Le zèle de Concilia n'a pas déraciné cet abus qr.i semble loir ré en Italie et dont des personnes d'ailleurs pieuses et régulières donnent l'exemple; 17° Théologie chrétienne , dogmatique et morale, Venise, 1749, 10 vol. in-4°; on en a fait un abrégé en 17G0. Cet ouvrage est assez recberebé, du moins parmi les théologiens qui suivent les mêmes principes que Concilia. Noceli , dans sa Vérité Vengée, Rome, 1755, trouva que Concilia avait altéré 150 propositions d'auteurs jésuites; 18° Déclaration et protestation d'un livre de Concilia, sur quelques critiques de sa théologie. Le P. Ignace Visconti, général des jésuites, ayant présenté à Benoit XIV un mémoire où il se plaignait de la manière dont l'auteur parlait de la Société, ce pontife obligea le dominicain à signer celte déclaration qui a été réimprimée plusieurs fois. 19° Apparat à la théologie chrétienne, dogmatique et morale, Venise, 1751, 2 vol. 20° Deux dissertations sur les spectacles défendus à tout chrétien, ecclésiastique et laïque, Rome, 1752; 21° Des théâtres modernes contraires à la profession du christianisme (contre Maffci et Bianchi), Rome, 1745; 22° De la Religion révélée contre les athées, les déistes, les matérialistes et les indifférents, Venise, 1754; 23° Neuf lettres au

4;;2 USTK CHRONOLOGIQUE

P. Noccti, Venise, 1755; elles traitent de la morale relâchée; 24° Vie du cardinal Ferrari, dominicain, Rome, 1 ~o5 ; 25° Instruction des confesseurs et des pénitents pour administrer le sacrement de Pénitence; 26° de V Absolution à accorder ou à différer pour ceux qui retombent dans l'habitude du péché , Rome, 1755, traduit en français en 1756. Tels sont les ouvrages de Concilia , dont Sandelli a publié là vie en latin, à Brixia, en 1767. Il y rend compte de toutes ses controverses.

10 avril. — Jean-Bernard Sensaric, Bénédictin de Saint-Maur, né à la Réole en 1710, se distingua dans la chaire, et fut prédicateur du Roi. On a ses Sermons, 1771, -i volumes.

21 avril. — Joseph-Antoine Sassi, de la Congrégation des Ohlais, directeur et bibliothécaire du collège Ambroisien, né à Milan en 1675, fut unérudil et un critique distingué. Il est auteur d'une Dissertation contre le P. Papebroeh. pour revendiquer à la ville de Milan les corps de saint Cervais et de saint Protais; d'une Vie de saint Jean Xépomucène; d'une Lettre pour prouver que le corps de saint Augustin est éi Parte; d'une édition des Homélies de saint Charles Borromée; de Discours du même ; d'une Chronologie des archevêques de Milan, et de plusieurs autres ouvrages pleins de recherches et d'érudition. Sassi n'était pas moins recomrnandable par sa sagesse et sa modération, que par sa science et ses talents.

10 mai. — Joseph Duranti de Bonrecueil, prêtre de l'Oratoire, né à Aix en 1663, mourut à Paris après avoir traduit les Lettres de saint Âmbroise, \~ï\, 5 vol. in-12; le Traité delà Virginité, du même; les Lettres de saint Jean Chrysostôme, 2 vol. in-8°; les Panégyriques des Martyrs, du même, et les Psaumes expliqués par Théodoret, saint Basile et saint Jean Chrysostôme, 7 Vol. iu-12. Il a donne de plus l'Esprit de l'Eglise dans la Récitation des Compiles.

16 juin. — Ildephonse Catmelinot, Bénédictin de Saint- Vanne?, né à Paris en 1671 , publia en 1748 les TjCflrcs tt opuscules de Bossuct et son Commentaire sur le Cantique des Cantiques, mis en ordre, 2 vol. iu-12. Il est auteur du Supplément ci la Bibliothèque Sacrée, imprimé dans le Dictionnaire de la Bible, par D. Calmet. On dit qu'il avait laissé beaucoup d'autres ouvrages manuscrits, qu'il ne put publier, étant tombé en enfance. On cite dans le nombre : Fables de la bibliothèque de Dupin, k vol. in -4°; Dissertations sur l'Histoire Ecclésiastique, de Fleury, 2 vol in-4°; Dissertations critiques sur l'Histoire du peuple de Dieu, de Berruyer; Trias Pat non , ou dissertations sur l'ouvrage du P. Aubert Roland, cordelicr, intitulé: les Moyens de. concilier les esprits louchant la C. X. et sur le Traité de l'amour de Dieu, parmi capucin; Abrégé des Dissertai ions et Commentaires de Calmet sur l'Ecriture sainte, A vol. in-i° ; Supplément au Concile

de Trente, in-folio. Il avait travaillé à une traduction latine de VHistoire Ecclésiastique , de Fleury, à celle de l'Histoire des Empereurs, de Tillemont, à une Histoire littéraire des bénédictins, et à des Annales Ecclésiastiques.

10 août. — Jean-Joseph Petitdidier, Jésuite, né en Lorraine en 166i, était frère de l'évêque de Nencra, cité plus haut. Ses écrits soi t plus nombreux encore que ceux de cet évèque. Ce sont : une Partiphrase canonique sur le droit des Clercs, 1700, in--i°; une Paraphrase canonique du 4e litre des décrétalcs,\10[ , in-folio; Remarque sur la théologie du P. Juénin, 1708, in-12; Réflexions sur le mandement de l'évêque de Metz. 171 4, in-4°; Lettres critiques au P. Benoit de Toul sur soyi apologie de V Histoire de l'Indidgencc de la Potioncule, 1725, in-12; Dissertation théologique et canonique sur Veffi t de l'appel , 1718, in-12; Mémoire touchant le droit des Jésuites, 1726; Réfutation des calomnies des Antonins contre les Jésuites, 1728; Les Saints enlevés cl restitués aux Jésuites, 1750, in-12; Traité de la clôture des maisons religieuses, 1742, in-1 2 ; Dissertation sur les mariages des catholiques avec les hérétiques; Critique de la Vie des Saints, de Bai Ile t, in-i2; Dissertation théologique cl canonique sur les prêts par obligation stipulathe d'intérêts , usités en Lorraine, 1756-1758, in -8°.

5 août. — Jacques-François de la Baume Desdossat, chanoine d'Avignon, auteur de la Christ iade.

12 août. — Pierre Albert, docteur en théologie, curé à Poitiers , puis vicaire à Saint-André-des-Arts, à Paris, interdit et exilé, est auteur de trois Lettres au sujet des observations de Mongcron sur l'OEuvre des Convulsions, 4742 , iu-4°; et de cinq Lettres à un ami de province sur les secours dans les Convulsions , in-4°.

24 novembre. — Hercule-Marie-Joseph Isolani, prêtre de l'Oratoire, né à Bologne en 1686, d'une famille sénatoriale, se distingua par ses connaissances, ses travaux et sa piété. Il recueillit un grand nombre de vies de saints et fournit des matériaux aux Bollandisl- s avec lesquels il était en relation. On conservait de lui soixante volumes manuscrits sur des matières de piété. Du reste il ne publia que la Vie d'Anne-Marie Calegari Zucchini, de Bologne, et celle de Louis Fanaroli, prêtre de VOratoire.

25 novembre. — Jean-Baptiste Cadry, plus connu sous le nom de Darcy, qui était son nom de guerre, était un théo'ogien appelant. Né en Provence en 1780, il fut tour à tour théologien de.MM.deVerlhamon, évèque de Pamicrs, de Soanen el de Caylus. Il eut parla {'Instruction pastorale publiée par le second, en 1726, et qui provoqua la tenue du concile d'Embrun. C'est lui qui est auteur des Apologies, du Témoignage et de la Défense des Chartreux réfugiés en Hollande, en 1728;

désirais derniers volumes de YHistoire du livre des Ré flexions morales; des Réflexions sur î 'ordonnance de M. de Yintiinillc, du 29 sept. 1729; d'Observations Ihéologiques et morales contre le livre de. Berruuer; d'une Relation de l'assemblée des prêtres de la mission, en 172-4; de V Histoire de la condamnation de l'évéque de Senez; de la cause de l'Etat abandonnée par le Clergé de France, et de Y Avertissement à la tète de l'avis des censeurs nommés pour l'examen de l'édition des conciles, de llardouin.

20 janvier. — CharlesRoné Billuart, Dominicain , professeur de théologie, naquit près Rocroy en 1683, à Bcvin , peiite ville sur la Meuse. Il y mourut le 20 janvier 1757. Il fut trois fois provincial dans son ordre et y enseigna longtemps la théologie. On a de lui un cours de théologie, en 19 vol., imprimé à Liège, de 1716 à 1751. Ce cours de théologie est plutôt un cours de théologie morale que de théologie dogmatique. Il y est zélé pour les opinions suivies dans son ordre, et y a joint des lhè>es sur l'Ecriture sainte et sur l'histoire ecclésiastique, empruntées en partie du P. Alexandre. Il a fait lui-même un abrégé de cette théologie, en 6 vol. On a encore de lui différentes dissertations, la plupart relatives aux opinions scolastiques. Ces divers ouvrages, quoique empreints des opinions particulières de l'ordre auquel appartenait leur auteur, sont cependant assez estimés.

17 mars. — Michel Villermaules, connu sous le nom de Villers, prêtre suisse, né en 1077, fut longtemps attaché à la congrégation de Saint-Sulpice, et missionnaire dans le Canada. Il est connu p;ir ses Anecdotes sur l'état de la religion en Chine, en 7 vol., où il ne tf aile pas bien les Jésuites. La relation de la mission du cardinal de Tournon, insérée dans le tome 1er, a été traduite de l'italien par Jacques Adam, de l'Académie française, né à Vendôme en 10 5, mon le 12 novembre 1735. On attribue à un auteur du même nom VAvocat du diable, 1743, 3 vol. in-12; recueil misérable, plus absurde encore que méchant, où l'on préconise les appelants; mais où l'on parle du concile de Trente avec un mépris révoltant, et où l'on appelle saint Vincent de Paul un exécrable boutefm.

3 juin. — Julien Sabbatim, clerc régulier des écoles pics, évêque d'Apollonie en 1720, et de Modène en 1745, était né à Fanano en 1084. Il prêcha avec distinction et fut employé par le duc de Modène dans des négociations auprès de quelques cours. Ses Sermons, Homélies, Instructions, etc., sont en 5 vol. in-4".

7 septembre. — Dominiqne-Jean-Marie d'iNGBIMBERT, archevèqueévêque de Carpentras, naquit dans celle ville en 1083. Il fut d'abord

DES ÉCRIVAINS. (illil. 4 ;:,

religieux de l'abbaye de Buon-Solazzo, où avait été introduite la réforme de la Trappe. Il y était connu sous le nom de frère Malachie. Benoît XIII le fit son secrétaire, et lui donna le titre d'archevêque de Théodosie. Clément XII le nomma évêquede Carpenlras, en 1755. Le pieux prélat y vécût toujours en simple religieux, bâtit un vaste hôpital, fonda une bibliothèque publique, et fit les pauvres ses légataires universels. Il est auteur d'une édition des OEuvres de Barthélémy des Martyrs, avec sa Vie, 2 vol. in-f0,- d'un Portrait de l'abbé de Rancé ; d'une iraduction, en italien, de la Théologie religieuse, et d'une traduction, dans la même langue, du Traité de Petitdidier sur l'infaillibilité du Paye.

25 octobre. — Augustin Calmet, Bénédictin de Saint-Vannes, abbé de Sénones, en 1728, naquit près Commerey en 1672. Son caracière était plein de douceur cl de boulé, et il unissait une grande modestie à son savoir. Il se livra particulièrement à l'élude de l'Ecriture, et il est célèbre par son Commentaire littéral sur tous les livres de V Ancien Testament, en 23 vol. in-4°, avec beaucoup de dissertations. C'est un ouvrage savant, mais où on pourrait trouver que l'auteur a fait entrer trop de choses. On a de plus de D. Calmet une Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament ; un Dictionnaire historique, critique et chronologique de la Bible. Dom Calmet y reproduit par ordre alphabétique toutes les matières qu'il avait déj'i traitées dans ses Commentai'es. C'est 'in ouvrage fort utile, et que l'on peut consulter avec fruit sur plusieurs points, quoiqu'il ne réponde point toujours aux difficultés actuelles de la science; une Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine; des Dissertations sur les apparitions; un Commentaire sur la règle de saint Benoit. On a encore de D. Calmet une Histoire univerellc sacrée et profane. Ce religieux était estimable, laborieux et savant; mais ?es écrits, où l'on remarque une érudition vaste, ne sont pas toujours des modèles de goût et de jugement, et quelques-uns lui ont reproché entre autres d'avoir dans ton Commentaire fourni, quoique sans le vouloir, des difficultés aux incrédules en rassemb'ant toutes les difficultés, et en compilant sans beaucoup de choix tout ce qui a été dit en bien et en mal sur l'Ecriture.

50 décembre. — Guillaume Beaufils, Jésuite, né à Saint-FIour en 1674, mort à Toulouse, est auteur d'oraisons funèbres; des Vies de MUIC de Leslonac et de Mme de Chantai, et de Lettres sur le gouvernement des maisons religieuses.

— Louis-François CHàLIPPE, Récollel, plus connu sous le nom de P. Candide, né à Paris en \6H, est auteur de Sermons et d'une Vie de saint François d'Assise, qui fut louée par les journalistes de Trévoux. C'était un religieux estimé.

m LISTE CHRONOLOGIQUE

18 janvier. — Jean-Antoine Biancht, religieux mineur Observantin, né à Lucques en 1686, fut professeur de iliéologie, examinateur du clergé à Home, el consulteiir de l'inquisition. Outre un assez grand nombre d ouvrages de littérature el de poésie, il publia, de 1743 à 1731, par Tordre, à ce qu'on dit, de Clément XII, une réfutation de Giaunone, intitulée : de la Puissance et de la Discipline de l'Eglise, en deux traités, 5 vol. in-4°. Il avait, en 1731, publié quelques volumes en faveur du dioitdu Saint-Siège, dans le différend qui existait alors entre la cour de Rome et celle de Sardaigne. Enfin il donna en 17!j5 Du lien el des défauts des Théàtresmodernes, et des moyens de les corriger, in-4°, où il soutient l'opinion de Maffei contre Concilia.

48 février.-— Joseph-Isaac Bi-ruiyer, Jésuite, né à Rouen en 1681, e.-t fameux par son Histoire du Peuple de Dieu. « 11 ne se souvint » pas, » dit le P. Berilrier, « qu'il travaillait sur le livre le plus sim- » pie, le plus noble, le plus divin, le plus sanctifiant. Il en altéra la » simplicité par l'extrême abondance de son style, la noblesse par une » foule d'images et d'expressions peu convenables, la divinité par l'ai- » liage de ses propres conceptions, l'édification par la méthode très- » condamnable de réduire quantité de leçons évangéliques aux seuls » juifs et aux événements qui les concernent. » La Ire partie parut en 1728, et reparut, en 1753, avec quelques corrections ordonnées dit-on, par le généra! des jésuites, mais qui fuient jugées insuffisantes. La IIe partie, qui renferme une Paraphrase littérale des Epilres des Apôtres, fut imprimée en 1758. Toutes ont été condamnées. Le Père Berruyer se soumit en 1753. Eu 17a6 il remit, le 12 avril, au conseiller Pasquier, commissaire du Parlement, une déclaration sur ses sentiments. 11 est certain que la publication de son livre contribua, ou du moins servit de préiexle à la destruction de sa compagnie. On supposa qu'il avait formé, avec llardouiu, un parti el une secte. L'auteur de son article, dans la Biographie universelle, accrédite ce soupçon. Mais le parti hardouino-berruyeriste, comme il L'appelle élégamment, n'a pas fait autant d'éclat qu'il le suppose. Hardouin et Berruyer ont pu tomber dans l'errreur; mais on ne voit pas qu'ils aient eu tant de partisans opiniâtres disposés à les soutenir, ni que ce parti ait inondé, comme on le dit, le public d'apologies, de défenses, de satires et brochures de louie espèce. L'opposition des Pères Tournemine, Laugier, Baltus eiBerlliier au livre de Berruyer, fait assez voir que tous les jésuites n'étaient point complices des torts de cet écrivain. Voyez sur Hardouin el Berruyer des Observations du Père Berihier, dans les Mémoires de Trévoux, dé-

cembre 1761. Elles sont rédigées avec exactitude, sagacité et impartialité. Le savant critique remarque tiès-bien en quoi consistait le vice du système de Hardouin et de celui de Berruyer ; car ce dernier est plus mitigé. Berruyer reconnaissait une génération éiernelle dans la Trinité; mais il détournait presque tous les textes qui le prouvent, à la filiation temporelle. Du reste il suit presque toules les interprétations de Hardouin. Il lâcha de couvrir les défauts et de pallier les excès de cette doctrine ; mais on l'obligea, dans une seconde édition, à en abandonner les points les plus répréhensibles. Il publia en faveur de s "il livre Lettre en réponse à un ecclésiastique de province, 1754; Défense de la IIe partie de son histoire, 1755, et nouvelle Défense de celle histoire, même année. Le 30 septembre 1759, un décret de l'index condamna le Père Berruyer justifié (contre récrit du Père Maille) et la Letttre à un docteur de Sorbonnesur la dénonciation de Berruyer. Lus Réflexions sur la foi adressées â l'archevêque de Paris, furent aussi mises à l'index le 6 juin 1764. Berruyer fut éditeur des Sermons des Pères Bretonneau et Segaud. L'abbé de La Molbe, sacristain de Saint-Eustache, mort en 1766, publia en 1745 une Exposition de la doctrine de Berruyer sur la divinité de Jésus-Christ.

2 mars. — Pierre de Guérin de Tencin, cardinal, archevêque de Lyon, né à Grenoble en 1679, fut successivement docteur de Sorbonne, grand-vicaire de Sens, conclaviste du cardinal de Bissy à l'élection d'innocent XIII en 17-21, chargé d'affaires de France à Rome depuis celle époque jusqu'en 1724, et nommé cette année même à l'archevêché d'Embrun. Il tint dans cette ville, en 1727, le concile dont on sait l'issue, et qui lui attira tant d'injures et de sarcasmes. Mais Benoit XIII approuva ses procédés. En 1739, il obtint le chapeau à la nomination du roi Jacques III, et en 1740, il fut fait archevêque de Lyon, Il eut le titre de ministre d'Etat en 1742 sur la recommandation du cardinal de Fleury. qui l'estimait, et se retira dans son diocèse dix ans après. Les principaux écrits qu'il publia sont un mandement contre la Consultation des cinquante avocats (il faveur de Soanen, et une Instruction pastorale contre les écrits de M. Colbert, supprimés l'un et l'autre par le parlement de Paris; des éciitspour justifier ces deux productions; d'autres Mandements pour proscrire les Mémoires historiques et critiques de Mezerai, ['Instruction de Colbert sur les miracles, le Mémoire sur les droits du second ordre du clergé, le Lettre sur la justice chrétienne, le Mandement do M. deSégur, la traduction de l1 Histoire du concile de Trente, par Le Courrayer; des Lettres au Roi, aux cardinaux de Fleury eldeRohan, et à l'évêque de Senez, et d'autres écrits sur les contestations de te temps-là.

3 mai, Benoit XIV (Prospert Lamberlini), né en 1675, fui suc

cessivement chanoine du Vatican, promoteur de la foi, archevêque

do Théodosie, évêque d'Ancùne, cardinal, archevêque <le Bologne, et Pape. Nous avons parlé ailleurs de ce savant pontife. L'édition la plus complète de ses Œuvres est celle de Venise, en 16 vol. in-folio, avec sa \ie. Le savant père Emmanuel de Azevedo, Jésuite, avait toute sa confiance et eut beaucoup de part à l'édition de ses œuvres. 11 fut secondé par son confrère Danzeita. Elle renferme le liailé delà béatification et de la canonisation, dont l'abbé Bandeau a donné une analyse en français, le traité du sacrifier de la messe, celui des fe'les m l'honneur de Jésus-Christ et de la sainte Vierge, leê Institutions ecclésiastiques, le traité du synode diocésain, le Bulfaire, des Décisions sur le droit canonique et sur la morale, et des mélanges. Il donna aussi une édition du martyrologe de Grégoire XIII, et quelques auires pièces. Son article dans la Biographie universelle n'est pas exact sur quelques points. On y dit, par exemple, que Benoît XIV mettait en pratique les maximes de Moniesquieu, et (pie ces deux grands hommes s'étaient devinés. Il n'y a pas la moindre apparence à ce rapprochement.

10 juillet. — François Seedorff, Jésuite, né à Fribourg, en Suisse, fut confesseur des électeurs palatins, Charles-Philippe et Charles-Théodore. On a de lui douze lettres de controverse, composées pour l'instruction du prince Frédéric, comte palatin, avant qu'il se fût fait catholique. Seedorff avoue qu'il a profilé du travail de Scheffmacber. Le protestant Pfaff a écrit contre l'un et l'autre. Seedorff lui a répliqué, et a gâté sa réponse par des personnalités.

29 septembre. — Urbain Bobinet, docteur de Sorbonne, abbé de Bellozane, chanoine et grand-vicaire de Paris, né à Ingrande en 4683, rédigea le Bréviaire de Rouen en 1756, et publia, en 1744, un Projet de Bréviaire, Breviarium ccclesiaslicum, A vol. in— 1 2, qui a été adopté à Cahots, au Mans et ailleurs. 11 est aussi auteur d'une Lettre d'un ecclésiastique à un curé o» on expose le plan d'un nouveau Bréviaire et d'un Mémoire pour prouver la nécessité de l'évocation générale des appels comme d'abus.

1er novembre. — Samuel-Guillaume de Verthamon, évêque de Luçon depuis 1737, naquit à Limoges en 1693. 11 publia une Instruction sur les sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, et une sur le Catéchisme de Luçon. Ses démêles avec les Jésuites, qu'il interdit dans son diocèse, eurent beaucoup d'éclat. 11 était aussi fort mal avec son chapitre. On répandit sur les causes de sa mort, comme sur celle de M. de Bastignac, des bruits absurdes, et aujourd'hui entièrement oubliés.

— Georges-Guillaume Alberti, ministre luthérien, né dans le Hanovre en 1723, publia, sous le nom iWilrthophile de Ciottingue, un ouvrage en anglais intitulé : Pensées sur l'Essai sur la nliç/ion natn-

relie de Hume. De retour eu Allemagne, il donna des Lettres sur Vétat de la religion et des sciences en Angleterre. 1752, et un Essai sur la religion, le culte, les mœurs et les usages des quakers.

— Cosme de Yilliers de Saint-Etienne, Carme, né à Saini-Germain-en-Laye en 1083, est aulcnr de La Bibliothèque des Carmes, en lalin, avec notes et dissertations, Orléans, 1752, 2 vol. in-folio.

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