‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècleChapitre 9 sur 14 · ART. II. AUTEURS PROTESTA1STS · texte numérisé non relu

ART. II. AUTEURS PROTESTA1STS

M janvier. — Guillaume Wake, archevêque anglican de Canlorbéri, ne en I6o7, début;! par ries écrits (outre les catholiques, et entreprit entr'aimes de réfuter ['Exposition de la doctrine catholique, de Bossnel. Il prit part aux disputes de son Eglise sur les droits de la convocation, eut une controverse avec Aiterbury, et devint successivement évêque de Lincoln et primat d'Angleterre. Nous :ivons l'ait connaître sa correspondance avec Dupin sur la réunion des deux églises, et avec Le Courrayer au sujet de son livre. Il engagea ce dernier à passer en Angleterre. Wake mourut à Lambetb, laissant un volume de Sermons, et une version anglaise des Epitrcsdes Pères du temps des Apôtres.

14 avril. — Jacques-Christophe Iselix, professeur de théologie à Bàle, naquit dans celle ville en 1681, et y acquit beaucoup de réputation. Il était littérateur et savant. Ceux de ses ouvrages qui se rapportent à notre objet, sont : du Canon du Nouveau Testament. où il réfute Dodwell; des Controverses de l'Eglise anglicane; Servions sur la pénitence, ei diverses dissertations.

1er mai. — Jean-Alphonse Tïrretix, professeur d'histoire ecclésiastique à Genève, naquit dans celle ville en 1671. Il étudia à Leyde sons Spai.heim, connut Bayle, et soutint, en 1692, des ilièses contre VHistoire des variations, de Bossuet. Il vit en Angleterre Burnet, Tillolson et Wake. De retour à Genève, il fut fait ministre en 1294, professeur d'histoire ecclésiastique en 16(.)7, et de théologie en 1705. En 1766, la compagnie des pasteurs, à la sollicitation des petit et grand conseils, résolut de ne plu-; faire signer la doctrine du Consensus, déclarant en même temps qu'elle ne portait par là aucune atteinte à celle doctrine, et qu'elle exhortait les ministres à ne rien enseigner contre ses règlements, et à conserver l'uniformité cl la paix. Plusieurs Genevois avaient refusé en différents temps la souscription du Consensus. Turret'm entretenait correspondance avec

Leibnitz et Bourguel. 11 adopta dans ses leçons, en 1711, les principes de la Théodicée, et lit les plus grands efforts pour réunir les protestants. Ses principaux ouvrages sont : lire Histoire ecclésiastique ; des traités de théologie ; des dissertations sur la vérité de la religion chrétienne, dont Vernet, pasteur de Genève, a pris le fond ; des sermons; quelques écrits pour la réunion des églises prolestantes. 11 soutenait la distinction des points fondamentaux. De Bulzunce, évêque de Marseille, publia une longue instruction pastorale sur un sermon de Turreiin, et sur un autre du professeur Maurice, touchant la réfoimalion. Guillaume Teller a donné, à Berlin, en 1766, une édition augmentée du traité de V Interprétation de l'Ecriture sainte. La dissertation de Turreiin sur les points fondamentaux fut attaquée par le P. de Pierre, jésuite de Lyon, et par un ministre du pays de Vaud.

25 avril. — Jean-Conrad Dippei., protestant, né en Allemagne en 1672, prenait dans ses livres le nom de Christianus Democritus. Ses premières controverses furent contre les piétistes, à Strasbourg. Obligé de quitter cette ville pour les scandales qu'il y donna, il alla à Giessen, où, changeant tout à coup, il se déclara zélé piéliste. Puis ;l attaqua toute la réforme dans son Papismus protestantium vapulans, écrit qui souleva contre lui les protestants. Le reste de sa vie n'est marqué que par ses travers. Il se livra aux rêveries de l'alchimie, fit des dettes, courut de ville en ville, et se signala par son inconduite,ses dérèglements et la hardiesse de ses propos et de ses écrits contre la religion. 11 annonça qu'il ne mourrait pas avant 1808, et fut trouvé mort subiteniemàWiigensiein. Ses écrits ont été réunis en 5 vo!.in-8°.

ii juillet. — Jean-Rodolphe Cramer, minisire protestant, né à Elcau en 1678, professa, à Zurich, l'hébreu, puis l'histoire sacrée et profiine, puis la théologie. 11 fut doyen du chapitre. 11 est auteur d'opuscules et de dissertations latines sur l'histoire ecclésiastique, sur la Bible et sur la théologie.

15 décembre. — Jean Strype, prêtre anglican, travailla beaucoup à l'histoire ecclésiastique d'Angleterre depuis la réforme, et publia un assez grand nombre d'écrits sur celte matière.

27 février. — Henri Grove, ministre presbytérien anglais, né a Taunton en 1G83, se fit connaître, en 1718, par un Essai sur la démonstration de l'immatérialité de l'âme, puis par un Essai sur les articles de la communion chrétienne. On dit que chargé d'élever des étudiants en théologie, il ne leur inculquait aucune croyance particulière, et les accoutumait à les discuter toutes l'une après l'autre. Son

enseignement a fructifié dans le presbytérianisme. En 1730, Grovc publia VEvidence de la résurrection de Jésus-Christ, et quelques pensées sur la preuve d'u)> étal futur par la raison, en réponse à Ilallcl, qui, par zèle apparemment pour la révélation, avait affaibli 1rs preuves naturelles de cet état. Dans un discours sur' la cène, Grove vit cette institution sous le même jour qn'lloadly. Ce ministre était latiludinaire dans le sens le plus étendu de ce mot.

10 mars. — Jean-Henri Michaelis, théologien luthérien, né en 1GC8, fut professeur de théologie et de langues orientales à Halle et directeur ilu séminaire de celle ville. Il était très-savant dans les langues et le rabbinisme, et a beaucoup travaillé sur l'Ecriture. On a i!e lui des dissertations sur des points de critique et d'érudition relatifs à la Bible. Sa Bible hébraïque, le plus important de ses ouvrages, est de 1720. Peu d'orientalistes ont été aussi versés dans la littérature biblique.

5 juin. — Isaac de Beausobre, naquit à Niort, le 8 mars 16b9, d'une famille originaire de Provence, et engagée dans le protestantisme. 11 fil ses éludes à Saumur, et fui chargé ensuite, en qualité de ministre protestant, de la conduite é\\\\\e église reformée, pendant l'espace de trois ou quatre ans. — Une résistance d'éclat qu'il fit contre les ordonnances, au roi Louis XIV, qui interdisaient aux protestants tout acte public de- leur culte, lui ayant attiré plusieurs désagréments et même la condamnation à une amende honorable, il passa en Hollande, où la princesse d'Orange lui procura la place de chapelain de la princesse d'Auhall-Dessau, sa fille. Il demeura à D.ssau jusqu'en 1G86, et il passa plus tard à Berlin, où il devint successivement chapelain du roi el de la reine de Prusse, conseiller du Consistoire royal, inspecteur des églbes françaises de Berlin, et pasteur de deux paroisses particulières. Il mourut en 1758, à l'âge de soixante dix-neuf ans el trois mois. C'était un homme érudit, et il a composé un grand nombre d'ouvrages fort estimés par ses coreligionnaires, mais empreints des préjugés et des erreurs de la secte à laquelle il appartenait. On a de lui : Défense de la doctrine des réformés, Magdebourg 1695; Dissertations sur les Adamiles de Bohême ; Histoire de la rëformation, jusqu'à la confession d'Ausbourg. Mais son ouvrage le plus célèbre, celui qui lui a fait le plus d'honneur parmi les savants, quoiqu'il soit loin d'être irréprochable, et qu'on y remarque des opinions extrêmement hardies, est son Histoire critique de Manirhée et du manichéisme. Deux volumes ;i;-i", Amsterdam, 175-4 cl 1759. Le second volume ne parut qu'après la mort de l'auteur. Il contient aussi l'histoire de Marcion, de Basilide, deBardésane, et l'exposition des faux systèmes de ces hérétiques. — On a encore plusieurs autres ouvrages deBeausobrc, moins connus que ceux que nous venons de citer, el dont nous ne parlerons pas.

2 juillet. — Gustave-Georges Zeltner, théologien luthérien, ne en 1672, fut ministre à Nuremberg, On cite de lui : Remarques sur la Bible ; Vies des théologiens d'Altorf; Histoire du socinianisme caché d'Altorf; des dissertations sur l'Ecriture suinte cl la théologie.

Novembre. — Jean Asgill, avocat anglais, e«t auteur d'un livre fort singulier sous ce titre : Argument prouvant que, conformément au contrat de vie éternelle révélé dans les Ecritures, un homme peut être transféré d'ici bas à la vie éternelle sans passer par la mort, quoique la nature humaine du Christ lui-même n'ait pu en être exempte, 1700. Ce titre annonce un ouvrage ridicule, et ne trompe point. Toutefois ce livre fit du bruit. L'auteur fut chassé successivement du parlement d'Irlande et de celui d'Angleterre. Depuis il fut enfermé pour dettes, et mourut en prison. Son livre est aujourd'hui totalement oublié, même en Angleterre. La lecture en est, dit-on, rebutante et fistidieuse.

20 mai. — Mailiurin Veyssiêre la Cp.oze, né à Nantes en 1661, Bénédictin de Saint-Maur, quitta celle congrégation et la France en 1696, abjura la religion catholique à Bàlc, cl se relira à Berlin. Il écrivit contre Hanlouin, Histoire du christianisme des Indes; Entretiens sur divers sujets d'histoire ; Histoire du christianisme d'Ethiopie et d'Armcnc. D. Bernard Pez, Bénédictin allemand, lui écrivit une lettre li ès-bien faite pour rengager à rentier dans le sein de l'Eglise. La réponse de la Croze montre les liens qui le retenaient. Ce réfugié était fiul savant, et ses écrits sont en grand nombre. La plupart n'entrent pas dans notre plan.

— Chrétien Auguste Salig, théologien luthérien, né prés Magdebourgen 1692, est auteur d'une Histoire de la co>ifession d'Augsbourg; du Nodus prœdestinationis solutus, cl d'un Traité sur Veut y chianisme plus ancien qu'Eutgchès. On Taccu-a d'y être neslorien, ou du moins de regarder le neslorianisme et l'eulychiauisme comme des opinions indifférentes. Jablonski, le fils, était de ce sentiment. Iloffman a fait une dissertation contre lui et Salig.

20 avril. — François Haue, évêque anglican de Saint-As.iph , puis de Chichester, étudia à Cambridge, et fut précepteur du lils du duc de Malborough. Cette place devint le principe de sa fortune. Il fut cependant opposé à lloadly dans la controverse de Bangor; ce qui lui al-

lirafnn pamphlet de celui-ci. Vers la fin du règne d'Anne, Hare publia un pamphlet anonyme iniilulé: Difficultés décourageantes qui accompagnent l'élude de l'Ecriture dans la voie dit jugement privé, représentées à un jeune ecclésiastiejue. Hare cacha soigneusement qu'il lui l'auteur de cet écrit qui aurait pu nuire à Sun avancement, et dont le ton excita les plaintes de la convocation. L'auteur y avait mis une teinte d'ironie assez déplacée dans ces matières, et Whision l'a accusé d'avoir été une espèce de sceptique en tait de religion. Hare publia encore des sermons détachés. Sun plus grand ouvrage est le Livre des Psaumes en hébreu rétabli dans le mètre poétique primitif. Il se dallait d'avoir retrouvé la versification hébraïque, et croyait avoir prouvé son système d'une manière irréfragable. Mais Lowlh l'a renversé depuis. Les œuvres de Hare ont été imprimées, en 1716, en 4 vol.

1er juin. — Samuel Werenfels, théologien prolestant, né à Baie en 1657, fils de Pierre Werenfels, père du précédent ministre protestant, pasteur et professeur de théologie à Bàle, était mort le 23 mai 1703, laissant plusieurs ouvrages de controverse, en latin, eut beaucoup de réputation dans sa communion, et donnait à Bàle des leçons très-suivies, Il formait, avecTurretin et Osterwald, ce qu'on appela le triumvirat des théologiens de Suisse. Il a laissé des opuscules de théologie, des sermons et des dissertations sur des matières ecclésiastiques.

23 décembre. — Daniel Waterland, ministre et docteur anglican, né en 1683, prêcha, en 1720, le premier cours des sermons fondés par lady Moyer pour la défense de la Trinité, et eut, sur le même sujet, une controverse avec Glarke. Il était partisan des souscriptions et de l'orthodoxie anglicane, et était regardé comme un des plus savants docteurs de sa communion à une époque où plusieurs en abandonnaient la doctrine. Ses principaux ouvrages sont, une Défense de l'Ecriture, contre Tin. lai; le Cas de souscription arienne ; d'au très écrits en faveur du dogme de la Trinité, et une dissertation sur les articles fondamentaux de la religion chrétienne.

20 ,mit — Daniel-Ernest Jablonski, théologien protestant, né à Danlzick, en 1660, du dernier évoque des Bohèmes, l'ut ministre de la cour à Berlin. Il montra du zè!c contre l'athéisme et le déisme , et travailla à la réunion des luthériens et des calvinistes. .Mais il échoua, malgré sa réputation et ses efforts. Il est auteur de Sermons ou Homélies; de l'édition d'une Bible hébraïque; de ['Histoire du Consensus de Sendomir, en 1730; de la Relation de l'affaire de Thorn, en

iiii LISTE C11RONOL0G10.LE

i72i,ol des Plaintes des réformés polonais, en 1723. Il a la:ssé de plus des ouvrages de théologie et des commentaires sur l'Ecriture

saints.

2-4 juillet. Edouard Synge, archevêque anglican de Tuam, en Irlande, naquit en 1G39. Il laissa un grand nombre d'écrits, de serinons, de Traités et de Mandemenls, qui sont cités avec éloge dans

la Biographie britannique.

50 juillet. — Thomas Emlyn, ministre presbytérien anglais, naquit en IG65. Il devint haut arien, c'est-à-dire, qu'il croyait que Jésus-Chri.st n'était pas Dieu, mais seulement le premier des èlres créés, le créateur du monde et un objet d'adoration. Il fut pasteur à Dublin, où l'on découvrit bientôt ses sentiments sur la Trinité. On l'arrêta, et on le traduisit devant un jury qui le condamna, le IG juin 1703, à un on d'emprisonnement tl à une amende de 1000 livres. Ayant obtenu peu après son élargissement, il se rendit à Londres, où il se mita la léte d'une petite congrégation. En 1706, il publia: La Défense du culte du Seigneur Jésus-Christ, d'après les principes unitaires, en réponse à Boyse et à Waterland; Il écrivit, en 1707, contre Sberlock ctFowler. En 1715, il se déclara contre l'authenticité du texte de saint Jean : Il y en a (rois qui rendent témoignage dans leciel.... , et il eut à ce sujet une controverse avec le minisire Martin, pasteur de l'église protestante de la Haye. Emlyn attaqua aussi la Nouvelle théorie de laTrinité, de Benneit. C'était un ami de Clarke et de Whistôn. On dit que ses écrits ont beaucoup contribué à répandre l'arianisme.

— Albert Sciilltens, ministre protestant, né à Groningue, est auteur de Commentaires sur Job et sur les Proverbes; d'un Traité des origines hébraïques ; d'une Grammaire de celte langue, et de remarques sur différents passages de l'Ancien Testament. Ce fut un des plus savants hommes de son temps. Il enseigna l'hébreu et les langues orientales avec une réputation extraordinaire jusqu'à sa mort, et montra dans ses ouvrages beaucoup de critique et d'érudition. Il soutenait avec raison contre Gousset et Diussen, que pour entendre parfaitement l'hébreu, il fallait étudier le cbaldéen, le syriaque et l'arabe.

M juillet. — Richard Bentley, docteur anglican, né en 1662, fut le premier qui prêcha les sermons de la fondation de Bayle. Il y établit ses preuves contre l'athéisme, d'après le système de Loïke sur les idées, et celui de Newton sur le monde. En 1713, il donna, sous

DES ÉCRIVAIS (1744). 4Jj

le î'0:ii do Pkilcleulhère de Leipsiek, des Remarques sur le discours louchant la liberté de penser de Collins. Ces Remarqut s ont depuis été traduites en français par Armand de la Chapelle. Elles eurent beaucoup de succès eu Angleterre. Bentley écrivit pour prouver que le passage célèbre de saint Jean : Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel....... était apocryphe. C'était un habile critique et un littérateur distingué.

21 août. — Jean-Gustave Reinbeck, théologien luthérien, né à Zell en 1682, était i asteur à Berlin. On a de lui: Considérations sur la confession d'Augsbourg; — Recueil de sermons; — Traités de Morale; d'autres écrits sur des matières ecclésiastiques. Il était considéré dans sa communion.

Avril. — Daniel ÏSkal, ministre presbytérien, né à Londres en 1678, est principalement connu par une Histoire des Puritains, dont il donna ensuite une Défense contre Maddox. Ses sermons sont en 2 volumes. Il y en a plusieurs contre l'Eglise romaine. Il les avait prêches à Old-Jewry lois de la fondation faite à cet effet par les nonconformistes en \17r,}. Le docteur Toulmin a donné depuis une nouvelle édition de YHisloirc des puritains. Il y répond aux critiques de Maddox, de Warburton et de Grey.

19 mafÊ — Henri Cuastelain, ministre protestant, né à Paris en IG84, fut pasteur à Amsterdam. Il a laissé des sermons, en 6 vol., et un Traité de l'Excellence de la religion chrétienne.

nu.

— Joseph Hallet, ministre presbytérien anglais, né en 1692, se déclara pour le sentiment de Clarke dans un livre sur la Trinité, et prétendit conci ier les unitaires avec les orthodoxes. Il pensait que la croyance d'un étal futur était un des bienfaits du christianisme, et eut, à ce sujet, une dispute avec Grove. Il réfuta Tiudal, Morgan et Chubb, et acheva la paraphrase de Peirce sur TEpître aux Hébreux. C'était un théologien instruit, mais qui passait, même parmi les siens, pour être trop tolérant.

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m LISTE CHRONOLOGIQUE

— Armand de la Chapelle, minisire protestant, pasleur de l'église calviniste française, à La Haye, était un littérateur instruit. Il est

auteur des articles théologiques de la Bibliothèque raisonnée. 11 traduisit en français la Religion chrétienne démontrée par la résurrection de Jésus-Christ, de Ditloa, et les Remarques de Bentley sur le Discours de Collins, touchant la liberté de penser. Ce dernier écrit fui intitulé parla Chapelle : La friponnerie laïque des prétendus esprits forts. On lui attribue un Examen de la manière de prêcher des protestants; enfin il est auteur de la Nécessité du culte public, contre la leilre sur les Assemblées des religionnaires du Languedoc, du ministre Allaroand, qui soutenait que le culte public n'était pas indispensable dans l'étal où se trouvaient les protestants en France.

8 février. — Thomas Ciiiijb, déiste anglais, né en 1(379, ne paraissait pas destiné par sa naissance ou son éducation à prendre rang parmi les écrivains. Il fut apprenti gantier, et travailla à ce métier pendant plusieurs années. Cependant il dévorait les livres qui lui tombaient sous la main. Malheureusement il ne rencontra pas toujours les meilleurs. Ayant eu occasion (le lire la Préface historique du christianisme primitif renouvelé, de "Winston, et n'ayant pas assez de connaissances pour bien apprécier cet ouvrage, il en fut ébloui, et devint tout à coup un adversaire décidé du dogme de la Trinité. Bientôt il lui vint dans la tète d'écrire sur le même sujet. 11 composa un Traité sur la suprématie de Dieu le Père. Peu après il se lança dans les disfussions les plus épineuses. En 1730, parut de lui une Collection de Traités sur différents sujets; puis un Discours sur la Raison par rapport a la révélation. En I752, il voulut prouver que la raison est un guide suffisant en matière de religion. Depuis il attaqua l'inspiration des livres saints. Ses dernières productions sont plus hardies encore. Il mourut subitement, avec la réputation d'un homme d'une imagination ardente, et d'autant plus tranchant qu'il était moins instruit.

14 avril. — Jean-Frédéric Osterwald, théologien protestant, né à rs'eulchàtel en 1605, fut fait pasteur dans ta pairie, en 1699. Il forma, avec Turrelin de Genève, et Werenl'els de Baie, ce qu'on appela le triumvirat des théologiens suisses. Il était fort estimé dans sa communion. On a de lui un Traité des sources de la corruption; — un Catéchisme ou Instruction dans la religion chrétienne, auquel on croit que Turrelin a eu part; un Traité contre l'impureté; une édition

de la Bible française, de Genève; un recueil de serinons, et quelques autres ouvrages de théologie et de morale. Son fils aîné, Jean-Rodolphe Osterwald, pasteur de l'église française à Bàle, est auteur des Devoirs des communiants. On a une vie du père, par David Durand, ministre protestant à Londres.

9 juin. — Samuel Crellils, fils de Christophe, et petit-fils du fameux Jean, fut socinien comme eux. Né en 1(357, il fut pasteur d'une église unitaire sur les frontières de Pologne, et se retira ensuite parmi les collégiaiils d'Amsterdam, où il mourut. Il composa un assez grand nombre d'ouvrages en faveur de l'unilariani me. Crabe et le j'une Batatier, mort en 1740, ont réfuté quelques-uns de ses écrits.

— Jean Potter, archevêque ang'ic.m de Cantorbéri, né en 1074, publia une édition des OEuvres de suint Clément d'Alexandrie; écrivit contre Ho.ully et Clarke, ci montra du zèle contre les ariens. Ses OEuvres ont été imprimées à Exford en 3 vol.

6 septembre. — Edmond Gibson, évèque anglican de Londres, né en 1000, fui un zélé défenseur de l'Eglise établie. Il publia, en 1715, le Codex juris ccclcsiasiici anglicani, et en 1728, trois Lettres pastorales à l'occasion des écrits de Collins et imU es contre le christianisme.

21 septembre. — Jean Balguy, piètre anglican, né en 1080, se déclara pour HoaMy dans la controverse dile de Bangor. Il écrivit contre Shaftesbury et Tindal. Ses principes étaient à peu près les mêmes que ceux de Clarke et Hoadly. Il eut une controverse sur des sujets métaphysiques.

19 décembre. — Ernest-Frédéric Nelbauer, théologien protestant, né à Magdebourg en 1705, fut professeur de théologie à Gietsen. On a de lui des explications de quelques textes de l'Ecriture et des sermons.

— Pierre Roques, ministre calviniste, né en Languedoc en 1085, fut pâleur de l'église franc, ise à Bàle. Ses ouvrages sont nombreux. Les piincipaux sont: le Tableau de la conduite du chrétien ; — le Pasteur evangélique; — les Éléments des vérités historiques, dogmatiques et morales que l'Ecriture renferme ; — le Vrai piétime ; — des Sermons; — une continuation des Discours de Saurin sur la Bible, et une nouvelle édition de la Bible de Martin.

\\ a9ût. — Jusle-Ilenning Boehmêr, né à Hanovre en 1674, pro-

fesse ur à Halle, puis à Mngdebourg, jurisconsulte prolestant, dédis à Benoît XIV son Corps de droit canonique, avec des notes. Il est de plus auteur du Droit ecclésiastique des protestants et du Droit paroissial; — d'Institutions du droit canonique: — de Dissertations sur le même sujet, d' Observations sur l'institution au droit ecclésiastique, de Fleury, et d'autres traités de droit canonique. Tous ces ouvrages sont en latin. Le cardinal Gerdil a écrit contre lui, et a réfuté quelques-uns de ses principes. Son second li s, George-Louis, né à Halle en 1715, et mort le 17 août 1 71*7, est aussi auteur d'écrits sur le droit canonique.

19 novembre. — IIopton Haynes, Anglais, ami de Newton, laissa un ouvrage posthume intitulé : Notions de l'Ecriture sur les attributs et le culte de Dieu, et sur le caractère cl les offices de Jésus-Christ. Les unitaires font grand cas de cet ouvrage qui est en faveur de leur doctrine, et que Lindsay a fait réimprimer en 1790.

S février. — Guillaume Beriumax, théologien anglican, né à Londres en 168(3, étudia particulièrement l'Ecriture et les langues. Son premier écrit fut un examen de l'ouvrage de Wbislon sur Jes anciennes doxologies. En 1724, il fut choisi pour prêcher le cours de sermons fondés par lady Moyer, pour la défense de la Trinité. En 1730 et les deux années suivantes, il prêcha les sermons de Boyle, où il prouva la religion par l'Ancien Testament et par les prophéties. Middleton écrivit contre lui. Berriman lui répondit.

'18 février. — Georges-Bernard Bilfinger, théologien luthérien, né dans le Wurtemberg en 1695, étudiai» Tubingueet à Halle, y devint disciple de Wolff, perfectionna, dit-on, à Tubinguc l'enseignement de la théologie sans rien innover sur le fond, devint président du Consistoire et conseiller privé du duc, eut beaucoup de crédit à la cour, et mourut à Stuttgard. Ses principaux ouvrages sont: un Traité (disputatio) sur l'harmonie préétablie ; Commentaire sur Vorigine du mal; Eclaircissements sur Dieu, Véimc cl le monde; Traité sur le culte raisonnable de Dieu; Notes sur la méthode de Spinosa pour expliquer les Ecritures; Discours sur les mystères du christianisme en général. Il était partisan chaud de Leihnilz et de Wolf, et à la fois théologien et homme d'Etat. Tous ses ouvrages sont en latin.

28 juillet. — Conyers Middleton, prêtre anglican, né à Richeraond en 1683, fut un des littérateurs les plus distingués de son temps en Angleterre, cl doit, sous un autre rapport, trouver place dans eetlc liste. Ayant fait le voyage de Rome en 172'*, il publia, en 172'.».

une Lettre pour montrer une conformité exacte entre le papisme el le paganisme, à laquelle Cbalioner répondit par le Chrétien catholique instruit. Middlelon répliqua. Les protestants même ne furent pas contents de son livre. I:s trouvèrent que ses plaisanteries contre l'Eglise romaine avaient l'air d'être dirigées contre ton* les miracles en général, et contre ceux de Jésus-Christ en particulier. Waterland ayant répondu au Christianisme aussi ancien que le monde, de Tindal, Middlelon attaqua cette réponse dans une Lettre à Waterland. Il y traitait ce docteur avec beaucoup de mépris, et combattait hardiment les sentiments les plus généralement reçus. Cette lettre sou'eva contre lui le c'ergé anglican. Pearce l'accusa de favoriser l'incrédulité, et Middlelon et lui publièrent à ce sujet quelques écrits anonymes. Middlelon, menacé d'une grande disgrâce, prévint l'orage par des Remarques sur la réplique de Pearce, où, sans renoncer à ses opinions il les exposait de manière à ne point donner de prise sur lui. On soupçonnait pourtant que son orthodoxie n'était pas parfaite. En 17-i7, il donna Y Introduction à un plus grand ouvrage sur le pouvoir des miracles qu'on suppose avoir subsisté dans V Eglise pendant plusieurs siècles. Il prétendait y faire voir que nous n'avons point de raison suffisante de croire sur l'autorité des premiers Pères que ce pouvoir ait continué dans l'Eglise après le temps des apôtres. Cnte Introduction lui suscita une foule d'adversaires. En 1719, il fil paraître l'ouvrage annoncé sous le litre de Libre recherche sur le pouvoir dis miracles de l'Eglise depuis les premiers temps, et en 1750, l'Examen des discours de Sherlock sur l'usage et la fin des prophéties, puis des Observations rapides, où il présente le récit de Mrise comme une allégorie morale. Sur la fit» de sa vie, il fui nommé à un bénéfice, et souscrivit de nouveau les trente-neuf articles, quoiqu'il n'y crût guère. Les théologiens ang'icans l'ont représenté comme un déiste. Il peut être assimilé aux chrétiens rationnels. Il se montra dans ses disput» s arrogant et hautain.

26 avril. — Philippe Doddridgk, ministre presbytérien, était né à Londres en 1702. Ses sermons ont été imprimés. Il est encore auteur des ouvrages suivants : la Naissance et les Progrès de la religion dans Vanne, 17i5 ; une dissertation sur le système d'harmonie de Newton, et sur l'inspiration du Nouveau-Testament, 1748. Il mourut à Lisbonne, où il était allé pour sa santé. Sa vie a été écrite par Orlon, et Kippis l'a loué démesurément dans la Biographie britannique.

— Jean-Jacques de la Barre, ministre protestant, né en 1G90, fut pasteur à G>'nève. Sennebier loue beaucoup sa Doctrine des protestants sur divers points justifiée, 1720.

16 juin. —Joseph Butler, évêque anglican de Bristol, puis de Durham, né en 1692, donna, en 1730, l1 Analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature. On prélendit qu'il élail mort catholique ; mais le fait ne paraît pas constaté.

22 août. — Guillaume WniSTON, prêtre anglican, né en 1067, est fameux par son zèle pour l'arianisme. Ses premiers ouvrages n'annonçaient pas encore son penchant pour celle erreur. Il publia d'abord une Nouvelle Théorie de la terre ; un Court exposé de la Chronologie de l'Ancien Testament et de l'harmonie des quatre Evangiles, et un Essai sur la révélation de saint Jean. Ayant embrassé l'arianisme, il s'occupa exclusivement à le soutenir et à le répandre. Tout le reste de sa vie fut employé pour cet objet. Il traduisit en anglais les Constitutions apostoliques, de l'authenticité desquelles il ne permettait pas de douter. La Biographie britannique ne parle pas de lui avec beaucoup d'estime, et il paraît que parmi ses compatriotes on ne faisait grand cas, ni de sa véracité, ni de son jugement.

S novembre. — Jacques Foster, ministre presbytérien anglais, né à Exeter en 16£7, prit part aux disputes sur la Trinité et sur la souscription aux tests, et se déclara contre la croyance commune dans son parti sur ces deux points. Les écrits du docteur Galle lui peismidèrentqne le baptême des adultes par immersion était conforme à l'Ecriture, et il se fit baptiser de celte manière. En 1731, il publia une Défense de l'utilité, de la vérité et de l'excellence de la révélation, contre le Christianisme aussi ancien que le monde, de Tindall. Il devint dans la suite pasteur d'une église d'indépendants, à Londres, changeant sans façon de communion et de doctrine. Deux volumes de Discours sur la religion naturelle et la vertu sociale prouvent combien il était laliludinaire. Il laissa aussi quatre volumes de sermons, et des Traitéttwr l'hérésie, qui lui attirèrent une controveise avec le docteur anglican Stebbmg.

— Jean-Albert Bengel, théologien luthérien, né dans le Wurtemberg en 1087, fut pasteur et professeur à Denkendorf. Il étudia particulièrement les Pèies et le Nouveau Testament, et fut le premier théologien de sa communion qui ait traité en lolaliié la critique des livres du Nouveau Testament. 11 publia une édition du Nouveau Testament grec, et une Harmonie exacte des quatre évanqélistcs. Son travail sur le texte est, dit-on, généralement bien fait ; mai- ses rcûexions et ses explications ne sont pas exemples d'enthousiasme. H

avait des idées singulières sur la fin du monde, et il les a surtout manifestées dans son Explication des révélations de saint Jean.

— Jean-Laurent Mosheim, théologien luthérien, né à Lubeck en 1694, fut professeur de théologie à Helmsladt et à Goltingue. Il est principalement connu par son Histoire ecclésiastique, qui a été traduite en français par Maclaine, en 6 vol. in-8c. On a de plus de lui, des Notes sur Cudworth; des Sermons ; des Dissertations sacrées, et l'Histoire de Servet. Mosheim était attaché aux dogmes de sa communion.

— Moïse Lowman, ministre presbytérien anglais né à Londres en 1679, publia, en 17i0, une Dissertation sur le gouvernement civil des Hébreux; en 1743, des Paraphrases et notes sur la révélation de saint Jean ; en 1748, Baisons du Rituel hébreu. Il fut un des ministres presbytériens qui s'unirent à Londres, en 1753, pour prêcher contre l'égli-e romaine. Du reste, Lowman n'en voulait qu'aux catholiques, était fort tolérant pour les dissidents, et paraît même avoir été partisan du Christianisme rationnel. On publia, en 1756, trois traités posthumes de lui, tous relatifs à l'Ecriture sainte.

%R janvier 1733. — Israël Gottlieb Canz, professeur de théologie à Ileinsheim, était né dans cette ville le 26 février 1690, et y mourut le 28 janvier 1733, «à l'âge de 63 an^. Il était un des disciples les plus distingués de \Vo!f dont il avait suivi les leçons à Tubingue, mais dont il n'avait pas adopté servilement toutes les idées. 11 essaya d'introduire sa philosophie et celle de Leibnilz dans la théologie. Les principaux ouvrages de Canz sont : Philosophiœ Leibnitzianœ et. Wolfianœ usus in theologia, per preecipua fidei capila, Francfort et Leipzig, 1728-1729, 4 parties in-4°, livre qui eut du succès en Allemagne; Eloquentiœ et prœsertim oratoriœ lincœ paucœ. Tubingue 1734, in-4°. Grammaticœ universalis tenuia rudimenta, 1737, in- 4°, Disciplinœ morales omncs.etiam eœ quœ forma artisnondum, hue usque comparuerunt, perpetuo neœu tradilœ. Leipzig, 1739, in-8". Meditaliones philosophicœ, Tubingue 1730, in-4n, Theologia (heticopolemiea, Dresde, 17 il, in-8°. Compendium theologiœ purioris, Tubingue 1732, in-8°.

Avril. — Nicolas Fatio de Duller, né à Bâle en 1664, élevé à Genève, passa quelque temps à Paris et à la Haye, et se fixa enfin en Angleterre, où il mourut. Ce fut un géomètre et un physicien habile. M Bè livra nu fanatisme, non pas de6 mcthodl les nnginis comme M

dit Jean Sennebier, mais des réfugiés français des Cévennes, qui se signalèrent par leurs folies à Londres au commencement du siècle. Fatio se lit leur secrétaire, el publia quelques écrite pour prouver l'inspiration de ces fanatiques. Il attesta, le 1er avril 1707, avec Daudé et Portalès, que l'esprit parlait par la bouche de Marion. Sennebier ne veut point qu'il ait été mis au pilori, et dit qu'il fut seulement exposé sur un échafaud à deux différentes fois, avec un écrileau; ce qui ressemble un peu au pilori. Celle exécution eut lieu le 2 décembre 1707. Depuis, Fatio entreprit de convertir l'univers, et commença un voyage en Asie dans ce dessein. Il mourut toujours persuadé île l'inspiration des camisards, et laissa dos manuscrits dans ce sens.

Avril. — Philippe-Louis Yebhulst, théologien flamand, né à Garni, étudia à Louvain, et composa un ouvrage en 6 vol., sur l'Eucharistie, sous le nom de Zeelander, en IG95, et des lettres en 5 vol. in-12, sur les disputes de son église. Ami d'Opslraet et de Van Espen, il se relira à Amersfort en 1759, y fut professeur de idéologie avec le Gros, et eut la principale part aux Acla ccclesiœ Ultrajectensis, publiés par Van Der Croon, en i 7"57.

lôjuin. — Marie HuBER, protestante , née à Genève vers 1694, mourut à Lyon : elle e.^t auteur des Lettres sur la religion essentielle à l'homme, distinguée de ce qui n'en est ejue l'accessoire; Londres, 1750, où l'on trouve le pur déisme ; du Monde fou préféré au monde sage, 1751-17-14. M"e Hubert avait donné précédemment le Système des théologiens anciens et modernes , concilie par l'exposition des différents sentiments sur l'état des âmes séparées des corps; on a encore d'elle : OEuvres posthumes, ou Recueil de pièces servant de supplément ù la Religion essentielle « l'homme. Sennebier cherche à l'excuser.

24 mars. — Jean-Jacques Wetstein, ministre protestant, né à Bàle en 4693, s'adonna à la littérature biblique. Il voyagea dans toute l'Europe, recherchant et examinant les manuscrits du Nouveau Testament pour en donner une nouvelle édition accompagnée de variantes. Il publia en 1750 les prolégomènes de cette édition. Ls furent attaqués , el l'auteur dénoncé an conseil de Haie, comme cherchant à affaiblir l'autorité du texte sacré. On déclara son entreprise inutile et même dangereuse, et on l'exclut du ministère. 11 se retira en Hollande, où les remontrants lui firent un accueil distingué, et lui procurèrent la chaire d'histoire el de philosophie qu'avait occupée Jean le Clerc. Après avoir fait le voyage de Itàle pour s'y justifier el y faire casser le décr<jl porté contre lui, il revint à Amsterdam, el y publia, en 1751 el 1752, après des recherches immenses, son édition du

Nouveau Testament grec, en 2 vol. in-fol., avec les variantes et des remarques critiques. Ce travail lui iil une grande réputation.

23 septembre. — Thomas Bott, d'abord ministre presbytérien, puis prêtre anglican, naquit à Deiby en 1688. Il était wight ardent et devint recteur de Winburg. En 1724, il donna un discours pour montrer que l'intention immédiate du Sauveur en venant sur la terre, avait été de rendre les hommes heureux ici bas, et en 1725 une brochure contre la notion du bien et du mal moral donnée par Wollaston dans son Ebauche de la religion de nature. Son principal ouvrage est une réponse au premier volume de la Mission divine de Moïse, de YVarburlon, où il relève sévèrement les défauts de cet ouvrage. Bott pensait sur les matières de religion comme Clarke et lloadly.

41 mars. — Thomas Mangey, prêtre anglican, est auteur de Remarques sur le Nazarenus de Toland, où il montre la fausseté de l'évangile mahométan de ce dernier ; d'une Défense de la lettre de l'éveque de Londres, en 1719, et d'une édition estimée des OEuvres de Philon le Juif.

15 juillet. — Jean Conybeare, évêque anglican de Bristol, né en 1692, eut de la réputation pour ses Sermons. Ces Sermons sont au nombre de vingt. II y en a sur les Miracles, sur les Mystères . sur la Sanctification pénale des lois, sur la Convenance de la révélation, etc. On a de plus de lui une Défense de la religion révélée, contre le Christianisme aussi ancien cpie le monde, deTindal.

23 novembre. — Arthur Ashley Sykes, théologien anglican, né en 1G83, pensait comme Clarke sur la Trinité, et a éciit dans ce sens. On le trouve mêlé dans toutes les controverses de son église dans son temps. Quoiqu'ennemi des souscriptions, il continua son adhésion à la doctrine anglicane. Il écrivit contre les catholiques, et parait avoir été lié avec l'éveque Hoadly.

i juillet. — Jacques-Sig'smondBAUMGARTEN, théologien luthérien, né près Magdebourg en 1700, étudia la théologie, l'histoire ecclésias-

tique et les langues. Il fui pasleur et professeur de théologie à Halle. Accusé d'hétérodoxie par quelques-uns de ses confrères, il fui appelé à Postdam, où il se fil aisément ahsoudre au tribunal d'un prince peu difficile sur la religion. Il renonça cependant à sa chaire. Il élait disciple de Wolff, et paraît avoir préparé le nouveau système de théologie qui prévalut bientôt dans l'Allemagne protestante. Ses principaux ouvrages sont: Théologie morale; — Abrégé de l'Histoire ecclésiastique, continué par Semler; — Doctrine évangélique, etc.

26 février. — Robot t Claytox, évêque anglican de Clogher, en Friande, naquit à Dublin en 1695, Il se lia avec Clarke, qui lui inspira ses sentiments sur différents 'points de religion. Il se fit connaître assez tard dans la littérature par une Introduction éi l'histoire des Juifs, par une Chronologie de la Bible, par une Dissertation sur les prophéties, où il dit que la fin de la dispersion des Juifs et la ruine du papisme auront lieu vers l'an 2,000, par des Recherches sur la venue du Messie, et enfin, en 1751, par Y Essai sur l'esprit. { On dit que YEssai sur l'esprit n'était pas de lui, mais d'un jeune ecclésiastique de son diocèse, qui n'osa se nommer; et que Clayton ne fil que l'adopter), où il se déclare anti-lrinilaire. Depuis il donna la Défense de l'Histoire de l'ancien et du nouveau Testament, en réponse aux objections de Bolingbroke. Son récit sur la formation de la terre et sur le déluge a été attaqué par un hulchinsonien. L'Essai sur l'esprit était plus hardi que la Doctrine de l'Ecriture sur la Trinité, par Clarke. L'auteur du premier voulait une réforme dans l'Eglise, et la suppression du symbole de saint Athanase II disait que les articles de foi qu'on obligeait à souscrire, n'étaient que des articles de paix. Son livre manifesta les grands progrès que l'ai ianisme et la liberté de penser avaient fait dans l'église anglicane. Les écrits de Clarke, d'Emlyn, de Winston, de Wlnthy et de Jackson avaient contribué à répandre les opinions sociniennes. Des évoques mêmes les avaient professées. Hoadly et Rundlo, évêque de Derry, passaient pour avoir secoué les principes de leur église. D'autres évèques lalitudinaires ne faisaient aucune difficulté do lolércr l'erreur dans leur clergé, s'ils ne l'adoptaient pas pour eux-mêmes. Chez les dissidents le mal était plus grand encore. Leurs ministres les [dus renommés s'accordaient à nier la Trinité, et ne se divisaient que sur des questions incidentes; les uns regardant Jésus-Christ comme un objet d'adoration, et comme le premier des êtres créés, c'est ce qu'on appelle les hauts ariens ; les autres ne voyant en lui qu'un homme honoré d'une mission spéciale de Dieu, ce sont les sodniens. 1! n'est pas étonnant que dans

un tel élût de choses on ait été peu choqué des assenions anlichréliennes d'un évêque qui eût dû être le premier à les réfuter. Toute la punition de Claylon l'ut qu'il n'obtint pas l'archevêché de Tuam, en Irlande, auquel il aspirait. En 1756, il ht un nouvel éclat. Comme il blâmait le symbole de Nicée, el qu'il était Fâché de le voir adoplé dans la liturgie anglicane, il proposa la suppression do ce symbole, ainsi que de celui attribué à saint Alhanase, et qui a toujours été l'objet particulier de l'aversion des unitaires. Il ne faisait, dit-il, cette démarche que pour l'acquit de sa conscience. Le scrupuleux évêque prononça donc, le 2 février 1750, dans la chambre des pairs duparlementd'irlindc,un discours où il demanda nettement qu'on réformât les deux symboles. Ce discours, qui fut imprimé depuis, alarma lt banc des évêques, et leurs plaintes, renouvelées peu après à l'occasion d'un dernier écrit de Clayton, attirèrent un ordie du roi d'Angleterre pour juger cet évêque. Il fut sommé de comparaître devant ses collègues. Soit qu'il fût frappé de cette nouvelle, soit que des causes purement naturelles l'eu-sent rendu malade, il mourut avant le jour indiqué pour l'examen de son affaire. Comme il y avait déjà deux ans qu'il avait prononcé son discours, il paraît qu'on ne mettait pas beaucoup d'ardeur à le poursuivre. C'est surtout depuis lui que la doctrine anti-lrinilaire s'est le plus répandue en Angleterre.

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