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26 août. — Jean-François Maugras, prétrê de la Doctrine chrétienne, né à Paris en 1682, prêcha avec succès. Il a laissé des Instructions chrétiennes pour faire un saint usage des afflictions ; — une Instruction chrétienne sur les dangers du luxe ; — quaire Lettres en faveur des pauvres des paroisses, et quelques autres livres de piété.
18 octobre. — Guillaume Dessin, Bénédictin de Saint-Maur, né au diocèse d'Evrcux en 1654, mourut à Rouen. Il est auteur des Réflexions sur le nouveau système du Père Lami, sur la Pâque, 1697. Il publia, en 1717, les Conciles de la province de Rouen, dont la première édition avait déjà clé donnée par D. Pommeraye. Celle-ci avait été presque achevée par D. Bcllaise, mon en 1711. D. Bessin y a peu ajouté. On dit qu'il a eu part à l'édition de saint Grégoirc-le-Grand, et qu'il se proposait de donner de nouvelles éditions des Décrets de l'Eglise gallicane de Bochel.
21 novembre. — Michel Théraize , docteur de Sorbonne, curé et chanoine de Péronne, naquit à Chauni. Il se rendit habile dans la liturgie. On a de lui des Questions sur la Messe publique et solennelle , ouvrage plein de recherches, qu'il publia en 1690, et des Recherches historiques sur la Messe, l'Office divin et l'administration des Sacrements ; celui-ci manuscrit.
— Jean Brigxon, Jésuite, mort dans un âge avancé, a composé beaucoup de livres de piété , et en a traduit beaucoup d'autres : Y Imitation ; — le Combat spirituel; — la Guide spirituelle, du P. Dupont, Jésuite espagnol ; — les Opuscules de Beilarmin, — et leTraité des sept paroles de Jésus-Christ sur la croix, du même. Il retoucha l'Jntroduction à la Vie dévote de saint François de Sales et la Vie de Jésus-Christ, par le P. de Montèrent.
1er mai.— François de Paris .diacre, né à Paris en 1690. vécut dans la retraite, et mourut dans le faubourg Saint-Marcel. C'est lui qu'on s'est avisé de transformer en thaumaturge. On lui attribue des Explications de VEpilre de saint Paul aux Romains et sur celle aux Galates, — et utie Analyse de VEpitre aux Hébreux,
2 mat. — Paul Aler, Jésuite, né dans le Luxembourg en 1656, publia un grand nombre d'ouvrages, dont on peut voir le catalogue dans la Bibliotheca coloniensis, du P. Hartzhcim. Ils ont principalement pour objet la théologie, la morale et la piété. C était un religieux estimable et instruit. Il mourut à Duren.
21 août. — Réné Richard, chanoine, puis «'oyen de Sainte-Opportuuc de Paris, ne a Saumur ci 1654, entra dans l'Oratoire, fui em-
ployé à Jes missions dans les diocèses de Luçon et de La Rochelle, sortit ensuite de celle congrégation, et se fixa à Paris. II a donné tes ouvrages suivants : Mari nu:* chrétiennes — rt le Choix d'un bon directeur, composés pour la maison de Sainl-Cyr; — la Vie de Vabl Le Vacher, Instituteur dos Filles de l'Union chrétienne; — et PJBfoloire du P. Joseph du Tremblay, Capucin. Il l'y point comme un parfait religieux; mais il chanta ensuite la palinodie, et lii du P. Joseph un poitrail fort différent dans le livre intitulé: Le vénérable Père Joseph. C'cst-là qu'il raconte la fable de la violence faite à Uicber; et pour détourner les soupçons sur son compte à l'occasion de ce livre, il donna une Réponse au vénérable P. Joseph , pour justifier ce religieux. En tout ceci l'auteur montrait bien peu de jugement. 11 fallait avoir l'esprit versatile et faux pour soutenir ainsi le pour et le contre, raconter le vrai et le faux, et rendre tout problématique.
22 décembre. — llené de La Bigotièrb de Percuambai lt, président au Parlement de Bretagne. ( Voir page 538 du 1er volume des Mémoires. )
Vers ce temps. — Bernard Désiiunt, religieux Augustin, docteur en théologie à Louvain , naquit à Bruges. Il fut envoyé à Rome sous Innocent XII, pour appuyer les accusations de M. de Précipiano, archevêque de Malines, contre le parti opposé à ce prélat el à M. Steyaërl. On dit que son voyage ne fut pas heureux. Il ne réussit pas mieux dans sa dispute contre Van-Espen. Le 8 mai 1708, ou le déclara supens de ses droits dans l'Université de Louvain, et on le bannit des Etais de l'empereur. 11 se relira à Aix-la-Chapelle, d'où il fut appelé à Rome par Clément XI, qui le nomma professeur à la Sapienec, et le chargea d'écrire en faveur des décrets du Saint-Siège. Il mourut sous le pontificat de Benoit XIII. Ses thèses ont été imprimées. Il écrivit contre les quatre articles du clergé de France, contre Dupin, contre l'Eglise de Hollande. Il était, dit-on, très-vif sur ces matières. On le peint dans les écrits d'Arnauld et de ses amis comme un fourbe, un emporté, et un déclamateur. N'y a-t-il pas un peu à rabattre de ces traits injurieux partis de mains ennemies?
i9 janvier. — Pierre Dozennr, Jésuite, assistant de France, né a Alençon vers 4648, est auteur de la Divinité de Jésus-Christ par ses oeuvres; 1688, in-12; — de la Morale de Jésus-Christ; 4686, in-4°, — et des Vérités nécessaires pour inspirer la haine du vice et Tamour de la vertu; 1708, in-12.
24 février. — Paul-Ernest Ruth-d'Ans, prêtre flamand, naquit a Verviers, au pays de Liège, en 1653. Il assita Arnauld à la mort, et
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fat, dit-on, chargé d'apporter son cœur à Port-Royal. Exilé des Pays-Bas, il y rentra par la protection des Hollandais, dans la guerre de la succession, et se fit nommer par eux chanoine de Bruxelles, puis doyen de Tournai. Le chapitre de celte ville refusa de l'admettre. Ruth-d'Ans contribua, dit- on , à faire chasser de son diocèse M. do Bcauvau, évôque de Tournai. Il ne fut jamais reconnu comme doyen, et mourut à Bruxelles. Il est auteur des dixième et onzième volumes de Y Année chrétienne, de Le Tourneux, et a écrit en faveur du parti auquel il était livré. (Voyez VHistoire de Fénelon, par M. de Bausseï, tome II, page 528, où il est représenté comme un brouillon; seulement son nom y est altéré.)
A mars. — Henri-Antoine de la Fite-Màru, abbé de Sainl-Po!ycarpe, était né à Pau, de parents calvinistes. Il se convertit, fit ses études théologiques à Paris, et fut nommé à l'abbaye de Sainl-Polycarpe en 1705, étant encore dans les ordres mineur-. Il munira cependant dès lors l'intention de réformer cette abbaye, où il n'y avait plus de régularité. Secondé par Taffoureau, évéque d'Alet, et par Le Goux de la Berchère, archevêque de Narbonne, il mit la main a l'œuvre, et se proposa pour modèles la Trappe et Sept-Fonts. Les anciens religieux se retirèrent: de nouveaux profès furent reçus, et la Règle primitive de saint Benoit lut observée dans toute sa plénitude. L'abbé obtint même de posséder son abbaye en règle, et cependant il ne fut point abbé régulier en titre, quoiqu'il ne lui en manquât que le nom. Il vivait comme le religieux le plus fervent, et donnait l'exemple de toutes les vertus de cet état. Il parait qu'on voulut l'attirer à un parti remuant. Tournus, appelant zélé, Ut le voyage de Saint-Polycarpe, et n'omit rien pour communiquer ses sentiments à l'abbé, qui y montra toujours de la répugnance, et persévéra dans la soumission. Ce ne fut qu'après sa mort que ce parti, étant revenu à la charge, l'emporta ; ce qui amena la dissolution de cet établissement. On s'y écarta bientôt des règles et de l'esprit du sage abbé, et Ton s'y livra à de vaines disputes. Un antre la File- Maria, frère du pieux réformateur, vivait dans l'abbaye, et y déclamait sans ménagement contre la bulle et contre les évéques. L'auteur que nous citons plus bas avoue qu'il avait donné prise sur lui par un lèle peut-être excessif. On fut obligé de l'éloigner. Mais d'autres appelants y venaient secrètement. En 4741, on fit défense de recevoir des novices. On sut qu'on y avait des reliques du diacre Pârls et de Soanen. Le l*r septembre 1747, les trois religieux restants appelèrent de la bulle Unigenitus. Le 6 avril 1773, le dernier religieux, D. Pierra, fut assassiné dans l'abbaye qu'il n'avait pas voulu abandonner. Les biens furent donnés au séminaire de Narbonne. Voyez VHistoire de V Abbaye, publiée, en 4785, par Reynaud, curé de Vaux, au diocèse d'Auxcrre. Appelant lui-même, il y fait assez connaître les relations étroites des religieux de Siint-Polycarpe avec le parti If
est remarquable que la maison alla en décadence de ce moment.
$4 mars. — Antoine Leget, supérieur du séminaire d'Aix, écrivit contre le livre des Maximes des Saints. En 1703, il donna : 7a (7onduite des confesseurs dans l'administration du sacrement de Pénitence. La théologie qu'il enseignait ayant paru suspecte, il Tut obligé de quitter le séminaire, et se tint quelque temps caché. Après la mort de Louis XIV, le cardinal de Noailles lui donna quelque emploi. Leget composa encore une Retraite de dix jours.
SU avril. — Jean Woodward, médecin anglais, né en 1665, mourut catholique, suivant les journalistes de Trévoux. Il avait fait sur l'état actuel de la terre des observations qui furent la base de son Essai sur l'histoire naturelle de la terre, où il y a beaucoup de choses hasardées, mais où il paraît du moins avoir voulu prouver la vérité du récit de Moïse sur l'origine de la terre. •
27 avril. — Jean Portas, naquit le 31 décembre 1638, à Sainl- Hilaire-du-Harcouet, au diocèse d'Avrauches. Il fut élevé par un de bcs oncles qui le fit d'abord étudier chez les Jésuites de Rennes, et ensuite au collège de Navarre à Paris. Ordonné prêtre en 1663, il se livra avec ardeur à l'étude du droit canon, et reçut le bonnet de docleur dans cette Faculté, en 1666. M. de Péréfixe, alors archevêque de Paris, lui a>signa les modestes fonctions de vicaire, à la paroisse Sainte-Geneviève-des-Àrdents. Il les remplit avec zèle pendant l'espuce de vingt-cinq ans, qu'il employa tour à tour aux travaux du saint ministère el à l'élude de la théologie. M. de Harlay, successeur de M. de Pércfixe, lui donna une place moins obscure et plus conforme à ses goûts, en le nommant sous-pémtencier de l'Eglise de Paris. Il mourut le 27 avril 1728, dans sa quatre-vingt-dixième année. On a de lui des Exhortation* et des Entretiens spirituels, sur divers sujets; — un traité Des péchés qui se commettent dans chaque état; — Sacra Scriplura ubique sibi constans, et enûn le Dictionnaire des cas de conscience (2 vol. in-folio, 1715), le plus important de ses ouvrages. Les décisions sur les difficultés pratiques de la morale sont données par Pontas, avec sagesse. Elles sont ordinairement appuyées d'autorités respectables, et également éloignées d'un rigorisme outré et d'un relâchement, dont on ne s'est peut-être pas assex défié dans ces derniers temps. Le Dictionnaire des Cas de Conscience a été traduit deux fois en latin. Lamet et Fromageau, docteur de Sorbonne, ont donné un Supplément à l'ouvrage de Pontas, et Collet en a publié V Abrégé.
14 juin. — Matthieu Petitdidier, Bénédiclin de Saint-Vannes, abbé de Senones, évêque de Macra in partibus infidelium, était né en Lorraine en 1659. Il débuia par des Remarques, en 3 vol. sur les premiers tom s de la Dibliot' eque Ecc'ésiasliquc, de Dupin. Il donna
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ensuite une Apologie des Lettres provinciales, qu'il désavoua depuis;
— différentes pièces contenant ses sentiments sur les contestations de l'Eglise en 1721 ; — Dissertation sur le sentiment du concile de Constance, touchant r infaillibilité des Papes; — Justification de la morale et de la dùcipline de l'Eglise de Rome et de toute l'Italie contre le Parallèle de la morale des païens et de celle des Jésuites'-
— Lettre à D. Guilleminfen faveur de la bulle, et quelques autres écrits. Ce prélat ayant fait le voyage de Rome, y fut très-bien accueilli de Benoît XIII, et ce fut ce Pontife qui lui donna le titre d'évéque, et qui le sacra lui-même. Il a été maltraité par les Jansénistes.
Il ne faut pas le confondre avec Jean-Joseph Pclildidier, son frère] Jésuite, auteur de Remarques sur la Théologie de Juénin; — d'un Traité de la clôture des religieuses; — et d'une Dissertation sur les prêts à intérêt.
25 juin. — Gabriel Daniel, Jésuite, né à Rouen en 1649, fut bibliothécaire de la Maison-Professe , à Paris. [[ Le roi Louis XIV lui donna le litre d'historiographe de France, avec une pension assez forte. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, à l'Age de soixantedix-neuf ans, après une vie consacrée tout entière à l'élude. Jj On a de lui : les Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe, contre les Provinciales; — les Lettres au P. Alexandre ; — celles au P. Serry ; — des Dissertations théologiques, — et des Traités de controverse sur les disputes du temps; — des Observations critiques sur l'Histoire de France de Mézerai ; — une Histoire de la Milice française; ouvrage un peu singulier pour un théologien et un religieux, et ce qui est plus singulier encore, particulièrement estimé par les gens de guerre sous le rapport de l'exactitude militaire. [[ L'ouvrage le plus important du P. Daniel est son Histoire de France, qui parul en 1715, en 3 vol. in-folio. On en a plusieurs éditions, dont la meilleure fut publiée par le P. Griffet, en 17 vol. in-4° ; Paris, 1755-1760.
L'histoire du P. Daniel, écrite avec le respect des choses saintes que l'on doit attendre de tout homme de bon sens et de bon goût, mais à plus forte raison d'un religieux et d'un prêtre eut le malheur de déplaire aux philosophes du dix-seplième siècle* qui ne lui épargnèrent pas leurs critiques. Vollaire, Chabby, Lenglel-Dufresnoy, se déchaînèrent contre lui. A les entendre, il n'avait aucune des qualités de l'historien, ses récils étaient altérés ou entièrement faux, son style sans couleur, sans force et sans élégance. Mais l'exagération même de ces critiques en prouve la fausseté; sans être un ouvrage de génie, VHistoire de France du P. Daniel a des qualités fort estimables. Il esl en général exact, et s'il lui arrive de rapporter quelques détails avec moins de facilité, cela lient à l'immensité des recherches qu'exigeait un ouvrage de celle nature, dans lequel il a dû quelquefois s'en rapporter aux travaux d'écrivains étrangers. C'est ainsi qu'il a profilé pour les premières races des ou-
vrages de Valois, de Lecointe et de Cordemoy. On ne peut méconnaître, du reste, la manière simple, claire et méthodique avec laquelle le )P. Daniel raconte les événements, et en résumé son Histoire de France ne manque pas de mérite. ]] Daniel se montra fort zélé contre les Jansénistes, qui, en revanche, ne font pas ménagé. La liste de ses écrits, dans Moréri, est fort détaillée.
22 Septembre. — Lazare-André Bocquillot, chanoine d'Avalon, y naquit en 1048. C'était un homme bizarre, dont la vie fut singulière et mêlée de beaucoup d'aventures : il passa quelque temps à Constant! nople, *pufs a Port-Royal, fut avocat, puis prêtre. Il composa des Homélies; — un Traité sur la HlUrgie, et des livres de piété.
2 octobre. — ZEGERs-Bernard Van-Espe^ , jurisconsulte flamant!, naquit à Louvain en 1646V et fit ses études dans Y Université de cette ville. 11 s'attacha en particulier à l'étude du droit canon et de la discipline de l'Eglise, et fut reçu docteur en droit en 1667. Il obtint bientôt après une chaire de droit dans le collège d'Adrien IX à Louvain, et se fit estimer par l'étendue de son éruditiou, et par la vigueur de son esprit. Il acquit en peu de temps une grande réputation; on le consultait de toutes les parties de l'Europe. Des théologiens, des évêques et des souverains mêmes étaient en relation avec lui. L'honneur qu'il recueillait de ses travaux ne fut pas malheureusement sans mélange. II se laissa entraîner dans le parti janséniste, et donna bientôt dans des écarts déplorables. Il fit paraître de nombreux écrits contre la Bulle Unigcnitus, envoya à la coUr de Vienne, dont la Flandre dépendait alors, des mémoires contre ce décret, et n'épargna rien pour gagner des adhérents à une cause qu'il avait embrassée lui-même avec tant d'ardeur. Il eut la plus grande part à l'élection de Steenoven, comme archevêque schismatique d Ulrecht. Il publia même une lettre pour prouver la validité de la consécration, que Varlct, évéque de Babylone, interdit lui-même de toutes fonctions, avait osé conférer à l'intrus. Cette démarche eut trop d'éclat pour que les supérieurs ecclésiastiques pussent fermer les yeux. Van- Espen fut interdit par une sentence du recteur de l'Université, le 7 février 1728, et l'empereur ordonna de procéder contre lui. La crainte d'un jugement plus sévère porta Van-Espen à prendre la fuite, et il se relira d'abord à Chaëstricht et ensuite à Amersfort, auprès de ceux dont il avait pris la défense. Il y mourut quelques roots après dans la quatre-vingt-troisième année de son âge. L'archevêque schismatique, Brachman, célébra ses obsèques, et prononça son
On a de Van-Espen un Commentaire estimé sur les canons du droit ancien et nouveau, beaucoup de pièces et de dissertations en latin, soit sur des points de droit, soit sur ses disputes avec le P. Désirant et avec Gavartz, vicaire apostolique de Bois-le-Duc, soit contre la Constitution Unigenitus. [[ L'ouvrage qui a lo plus contribué à
éloge.
la réputation de Van-Espen, quoiqu'il soit loin d'être irréprochable.
est son Jus Ecclcsiasticum universum. On y trouve une connaissance très-étendue des luis et de la discipline de l'Eglise, une méthode sûre, une exposition claire et facile. Pourquoi faut-il que de semblables qualités nient élé trop obscurcies par les préjugés de l'auteur? On lui reproche d'avoir quelquefois tendu à exagérer les droits des curés aux dépens de ceux des évêques, et ceux de ces derniers aux dépens de l'autorité du Saint-Siège. 11 est trop favorable aux prétentions de l'autorité civile sur des matières que l'Eglise regarde avec raison comme de son ressort. Aussi ne doit-on point s'étonner que cet ouvrage ail élé mis à Yindex dès l'année 1704. Ces défauts %sont toutefois bien plus sensibles dans les additions que fît l'auteur dans les années suivantes. ]]
14 octobre. — Pierre de Villiers, Jésuite, puis Clunisle et prieur de Saint-Taurin, naquit à Cognac en 1648. On a de lui : l'Art de prêcher; — des Sermons ; — des Pensée* sur les égarements de l'homme dans la voie du salut, et d'autres livres de morale.
Il ne faut pas le confondre avec l'abbé Marc-Albert de Villiers, auteur de Y Apologie du célibat chrétien, 1762, contre les Avantages du mariage, du chanoine Desforges, et d'une Explication littérale sur le Catéchisme de Paris, 1768.
3 novembre. — Charles-Edme Cloyseault, prêtre de l'Oratoire , né à Clamecy, fut supérieur du séminaire de Chàlons sur-Saône et grand-vicaire. C'était un prêtre édifiant. Ses ouvrages sont : Une traduction de la Vie de saint Charles Borroméc; — la Vie de François de Saint-Pé, prêtre de l'Oratoire; — Méditations des prêtres avant et après la messe ; — Méditations d'une Retraite ecclésiastique.
13 novembre. — Antoine Dorsanne, docteur de Sorbonne, grand* vicaire de Paris, naquit à Issoudun en Berry. 11 eut part à la confiance du cardinal de Noailles, et fut un des principaux instigateurs des mesures que prit ce cardinal, et de son opposition à la Bulle. On a de lui un Journal très-minutieux de tout ce qui se passa à Rome et en France au sujet de la Constitution, depuis 174! jusqu'en 1728. L'auteur s'y montre très-prévenu, très-partial et très-ardent. Il a tout vu, tout entendu, et mêle à quelques faits intéressants les détails les plus minutieux et les anecdotes, les plus suspectes. Ses amis seuls ont le sens commun ; les autres sont des imbéciles ou des fripons. Dorsanne est à la fois dans ce Journal, fort crédule et fort malin. Il ne dissimule pas qu'il fit tout ce qu il put pour empêcher le cardinal de Noailles d'accepter : il nomme, comme ayant contribué à cette démarche, M. d'Agucsseau, le P. de La Tour, général de l'Oratoire, et les abbés Vivant, Guéret, Couet et Menain son confesseur. Ce recueil a beaucoup servi à la rédaction des Anecdotes ou Mémoires se~ crets, par Vile fore.
LISTK CHHOlNOLOGIQUE
14 novembre. — François Masclef, chanoine d'Amiens , né oans cette ville, se rendit habile dans l'hébreu. Il est auteur d'une Grammaire hébraïque, où il propose de renoncer complètement au système des points-voyelles , introduit par les Massorèlcs, et de ne plus se servir, ainsi que le faisaient les anciens Juifs, que des seules lettres de l'alphabet; — des Conférence» ecclésiastiques d'Amiens; — du Catéchisme du diocèse, et, à ce qu'on dit, d'une Lettre sur la Bulle, — et d'une Dénonciation contre les Jésuites.
Pierre Guarin, Bénédictin, mort le 29 décembre 1729, était opposé au système de Masclef sur les points-voyelles, et a donné une Grammaire et un Dictionnaires hébraïques dans ce sens.
6 Janvier. — Pierre Le Brun, prêtre de l'Oratoire, né à Brignoles en 1661, fut un critique instruit, mais singulier. Son Histoire critique des pratiques superstitieuses renferme plus de recherches que de critique véritable, et l'auteur parait y recourir trop souvent à des agents surnaturels pour expliquer des faits où il n'y a de merveilleux que l'adresse et l'imposture. L'abbé Bellon en a donné une édition augmentée; 4 vol., 1750. Le Brun fit pendant treize ans des conférences à Saint-Magloire, sur l'Ecriture , les Conciles et l'histoire ecclésiastique.—«Son Explication de la Messe fut attaquée par Bougeant et par les journalistes de Trévoux. On la déféra à Rome. Le Brun se défendit, et cette controverse produisit plusieurs écrits. L'Oratoiien soutenait sur la consécration un sentiment contredit par le commun des théologiens. Breyer a depuis écrit contre lui. — Le Brun est aussi auteur d'un Discours sur la comédie, contre Caflaro.
18 janvier . — Laurent Cozzà, cardinal, né près de Montefiascone en 1654, était entré chez les Frères mineurs de l'étroite Observance, et devint général de son ordre. Il jouissait d'une grande considération, et la méritait par ses connaissances. Il a publié Vindiciœ areopaticœ, 2 vol. ; — Historia polemica schismatis Grœcorum, 4 vol.; — Traclalus de jejunio, et deux autres ouvrages de théologie.
2 mars. — François BiANcniNi, diacre, chanoine de Saint-Laurent in Damaso, à Rome, naquit à Vérone en 1662, et se rendit habile dans l'astronomie et dans les antiquités sacrées et profanes. Alexandre VIII, Clément XI et Innocent XIII le comblèrent d'honneurs et de biens. Il avait une grande réputation de savoir. Nous ne citerons de lui que son édition des Vies des Papes, d'Anaslase le bibliothécaire, où il a mis des notes et des dissertations très-savantes.
Il eut un neveu, Joseph Bianchini, prêtre de l'Oratoire, né à