‹ Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le XVIIIe siècleChapitre 16 sur 17 · ART. II. AUTEURS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

ART. II. AUTEURS PROTESTANTS

21 février. — Pierre Allix, ministre protestant, né à Alençon en 1641, ministre à Rouen, puis à Charenton, se retira en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes. 11 eut part aux ouvrages de 6es confrères contre la Perpétuité de la foi. En 4699 il écrivit en faveur de la Trinité. Dans deux dissertations sur le double avènement de Jésus-Christ, il fixa le second avènement à 1720 ou 4736 ; ce qui lui attira quelques railleries de Bayle. Ses ouvrages sont nombreux, et roulent sur l'histoire ecclésiastique, la critique et l'érudition. 11 avait une grande réputation de science et d'habileté.

30 août. — Guillaume Llotd, évêque anglican de Worcester, né en 4627, fut partisan zélé de la révolution de 1688. Il laissa des sermons, une Dissertation sur les soixante- dix semaines de Daniel, et quelques autres écrits.

Septembre. — Casimir Oudin, ancien Prémontré, retiré en Hollande, naquit à Mézières en 4 638, et fit profession chez les Prémontrés à Verdun en 1658. Il s'appliqua principalement à l'histoire ecclésiastique, et il fut employé en 1681 pour faire la visite des abbayes de son ordre et pour tirer de leurs .archives tout ce qui s'y trouverait de précieux. Il parcourut donc les monastères de France et des Pays- Bas et en rapporta un grand nombre de pièces. Il s'occupa aussi à rassembler les ouvrages des anciens moines de Lérins, qui avaient

été élevés à l'épiseopat.Cc recueil était prêt à paraître lorsqu'une maladie de l'auteur en arrêta l'impression. En 16880udin publia un Supplément des auteurs ecclésiastiques omis par Bellarmin. Deux ans après, à làge de plus de cinquante-deux ans, on fut fort surpris d'apprendre qu'il s'était enfui à Leyde, où il embrassa le calvinisme et fut Tait sousbiblioihécaire de l'université. Il y publia les Opuscules sacrés inédits de quelques anciens écrivains de la Gaule et de la Belgique, 4698, in-8°. Son Commentaire sur les anciens écrivains de l'Eglise et sur leurs écrits, ne parut qu'après sa mofl, Leipsick, 1724, 3 vol. in-1*, et fut mis à l'index le 48 juillet 1729. On a de plus de lut des Dissertations critiques ; Actes de S. Luc; le Prémontré défroqué; Lettre sur ses études. Le fameux Leclerc faisait peu de cas de son érudition et dirait que ce compilateur ne savait pas assex de grec et de latin pour entendre les ouvrages sur lesquels il travaillait. Il est encore plus ré* prébensible par la manière dont il parle des papes, des religieux et en général de ce qui touche l'Eglise qu'il avait abandonnée.

25 avril. — Jean de la Placetle, ministre protestant, né en Béarn en 4639, se relira en Danemark, en 4685, puis en Hollande, et mourut à Utrecht. Il composa beaucoup de livres de morale, estimés chex les siens ; entre autres, Nouveaux Essais de morale; — Traités de VOrgueil, de la Conscience, etc ; Dissertations sur divers sujets de théologie et de morale; deux écrits, l'un contre la transsubstantiation, l'autre contre le scepticisme prétendu de l'Eglise romaine.

50 juillet. — . Guillaume Penn, un des principaux chefs des quakers, naquit à Londres en 1644. Dès l'âge de onze ans, il eut, si on l'en croit, des visions et des révélations. Il étudiait à Oxford lorsqu'il fit la connaissance d'un quaker, qui l'engagea à se séparer de l'église anglicane. 11 résista aux instances et aux menaces de ses parents, et commença, en 1668, à prêcher le quakérisme. [[ Jusqu'à Penn et l'Ecossais Barclay, qui mourut en 4690, à l'âge de quarante-denx ans, la secte des quakers fondée au commencement du xvne siècle, par le cordonnier Fox, n'avait suivi qu'un enthousiasme fanalique. Ce sont Penn et Barclay qui l'on réduite en système. C'est surtout quanta l'application morale que le quakérisme se distingue des aulres sectes protestantes, proscrivant tout serment, s'élevant contre tous les usages reçus par rapport aux devoirs de civilité, aux égards dus aux puissances, etc. , sous prétexte de recommander la charité, l'indépendance de la conscience et l'austérité des mœurs. La discipline des quakers et le régime de leurs assemblées ne sont guère moins extraordinaires. On peut consulter à ce sujet le Dklionimre des Hérésies, par Pluquet. ]]

Le premier écrit de Penn Ait la Vérité exaltée, pute le Guide dans l'erreur. Mis en prison plusieurs fois pour son zèle, il n'en devint que plus ardent, et chercha à propager sa doctrine par ses voyages et par ses écrits. En 1682, il s'embarqua pour l'Amérique, où il avait obtenu une concession de terrain considérable, en récompense des services rendus par le contre-amiral son père» et en échange de plusieurs sommes importantes qui lui étaient dues ; il s'efforça d'y rétablir sa secte, qui s'y propagea rapidement. Il revint peu après en Angleterre, et ne fut pas partisan de la révolution de 1688. De là, les quakers se divisèrent en deux branches, les Pennites et les Mcaditeti du nom de Mead, qui était favorable à la révolution. Penn passa depuis encore deux ans en Pensylvanie, nommée ainsi de son nom, et revint mourir en Angleterre. L'état de ses affaires étant devenu mauvais, il fut obligé de céder sa colonie à la couronne.

Les oeuvres de Penn ont été rassemblées en 2 volumes in-folio, avec 6a vie à la tète. Il eut un adversaire dans la personne de George Keith, quaker, qui l'accusa de déisme. Il est regardé, après Fox, comme le fondateur du quakérisme.

On ne doit point juger des quakers par ce qu'en a dit Voltaire dans les Lettres philosophiques. Il y est très-inexact et très-superfleieh comme on le montre dans une Lettre d'un quaker à lui-même ; lettre publiée à Londres en 1745, où l'on fait voir qu'il n'a connu ni l'histoire ni la doctrine des quakers, et qu'il débile des fables sur le compte de George Fox et de ses sectateurs. On dit qu'il J>eot y avoir en Angleterre environ 60,000 amis. Ils sont cinq fbis plus nombreux en Amérique. Celte secte a beaucoup prêté au ridicule par l'exagération de ses manières et par ses assemblées, où de prétendus inspirés débitent gravement, tantôt des impiétés, tantôt des eitravàgances.

— Michel Lu Vassor, né à Orléans, entra dans l'Oratoire, quitta ensuite cette Congrégation, se relira en Hollande, en 4695, el ensuite en Angleterre, où il se fit anglican. Il avait publié en France un Traité de la véritable religion et dés Paraphrasés sur le Nouveau Testament. En Angleterre, il traduisît les Lettres et Mémoires de Vargas, sur le concile des Trente. Mais son ouvrage le plus connu est une Histoire de Louis XIII, 20 volumes in-I2, Amsterdam 1710, remplis d'anecdoctes singulières et très suspectes. Mi lord Portland, qui lui donnait l'hospitalité, fut indigné de celte publication et le chassa de sa maison. Le Vassor était un esprit léger et un écrivain satirique.

23 février. — Barlhélemi Ziegenbalg, théologien luthérien, né eu Lusace en 4683, fut envoyé dans l'Inde, en 4705, par le roi de Da-

HZ LISTE CHRONOLOGIQUE

neinark, Frédéric IV, pour annoncer le christianisme aux idolâtres. Il fit imprimer une version du Nouveau Testament en langue malabare, et traduisit aussi quelques autres livres de l'Ecriture. Voyez sur celte mission protestante VHisloire du christianisme des Indes, par La Croze.

21 tnan. — Pierre Poirbt, ministre protestant, né à Metz en 1 646, fut pasteur à Heidelberg et à Anweil, et se retira ensuite près de Leyde, où il mourut. Il avait une imagination exaltée, et ce fit un système de mysticité, qui approchait de l'enthousiasme et du fanatisme. Ses principaux ouvrages sont : Cogitationes rationales de Deo. animé et malo ; — Y Économie divine ; la Paix des bonnes âmes ; — les — Principes de la religion chrétienne ; — la Théologie du cceur. 11 donna une édition des Œuvres de MUe Bourignon, avec la vie de cette singulière fille, et une autre des Œuvres de Mme Guyon.

10 août. — Charles-Hildebrand de Canstein, luthérien, né à Lindenberg en 1667, fut ami et disciple de Spener, dont il a donné la vie. Il est aussi auteur d'une Harmonie des quatre Evangiles. \\ laissa à la maison des Orphelins de Halle sa bibliothèque et une partie de sa fortune. Il prenait beaucoup d'intérêt à cet établissement, et publia, au bénéfice des pauvres, la Bible, le Nouveau Testament et le Psautier, qu'il vendait à bas prix (1).

— Jean-Henri MaÏus, théologien luthérien, né en Franconie en 1653, fut professeur et pasteur à Giessen. Il était habile dans la théologie, l'érudition et la littérature biblique, et il donna sur ces matières un grand nombre d'ouvrages, qui supposent beaucoup desavoir et de recherches.

G février.— Jean-Christophe Ppafp, théologien luthérien, né dans le Wurtemberg en 1651, fut professeur de théologie et pasteur à Tubingue. Il donna en latin : Dissertation sur les passages de l'Ancien Testament allégués dans le nouveau ; Recueil de controverses.

Il ne faut pas le confondre avec son fils, Christophe-Matthieu Pfaff, abbé de Lauréac, aussi professeur en théologie à Tubingue, né en 1686, auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur la théologie, la controverse et l'histoire ecclésiastique. Nous ne citerons de celui-ci que, Institutions théologiques; — Fragmenta anecdota sancti Irenei; -■

(1) Voyc* ce qui a été dit des Piétistes dans le Tableau historique t, i, p. 142,

Histoire de la formule du Consensus. Nous ignorons Tannée de sa mort. Il jouissait d'une grande réputation de science et d'habileté.

8 octobre. — Tiiéopiiane, cvéque grec en Russie, naquit à Kiow en 1681. Il fut évéque de Plescow en 4715, et peu après vice-président du nouveau synode. Moréri dit que Catherine le fit archevêque de Novogorod. Cependant il mourut avant le règne de cette princesse. Il composa divers écrits, prêcha avec succès, établit une école, forma une bibliothèque. C'était le plus savant homme du clergé russe.

— Jcan-Wolfgang Jaeger, théologien luthérien, né à Stuttgard en 1647, fut professeur de théologie et pasteur àTubingue. Ses écrits sont : Histoire ecclésiastique comparée avec l'Histoire profane; — Système et abrégé de Théologie ; — Examen de la vie et de la doctrine de Spinosa ; — Théologie morale ; — Observations sur Puffendorf et sur Grotius.

— Jean Dubourdieu, ministre protestant, né à Montpellier vers 1648, se relira en Angleterre lors de la révocation de l'édit ce Nantes. Il mourut à Londres après avoir publié des Sermons, — un Traité sur le retranchement de la coupe, — la Comparaison des lois de France contre les protestants avec celles d Angleterre contre les Catholiques, — et une Dissertation sur la légion thébéenne, dont il prétend que le martyre est une fable. D'autres protestants, tels que Hottinger, Moyle, Burn et Mosheim ont partagé cette opinion : mais d'autres l'ont fortement réfutée, entre autres George Hickes, ce savant anglais, dont nous avons parlé sous 1713, et Félix Balthasar, Suisse. Dom Delisle, Bénédictin, a porté la vérité de cette histoire jusqu'à l'évidence. Voyez son article sous 1766, ainsi que les Eclaircissements du P. de Rivaz sur ce fait, 1779.

6 janvier. — Melchior Leydecker, théologien calviniste, né à Middelbourgen!652, professeur de théologie à Utrecht, publia entre autres ouvrages, un Traité de la république des Hébreux, où il réfute Y Archéologie de Thomas Burnet. un Commentaire sur le Catéchisme (THeidelbcrg, une Analyse de V Ecriture , une Histoire du Jansénisme, la continuation de YHistoire ecclésiastique de Hornius, une Histoire de l'Eglise d'Afrique, etc. Tous ces ouvrages sont en latin.

16 janvier. — Maximilien Misson, protestant, conseiller au parlement de Paris, se retira en Angleterre lors de la révocation de l'édit de Nantes, et s'y rendit ridicule par l'ardeur avec laquelle il embrassa les folies des prétendus prophètes des Cévennes. Il présenta

comme des fruits de l'esprit divin les Impostures et le fanatisme des Camisards. Son Théâtre sacré des Cévennes est un monument étonnant de crédulité et d'extravagance. Son Voyage d'Italie e6t un tissu de fables et de calomnies maladroites. Misson mourut à Londres, toujours convaincu de la vérité de prodiges dont tout le monde se moquait.

9 septembre. —David Martin, ministre protestant, né en Languedoc en 4639, se retira en Hollande, et fut pasteur à Utrecht, où il mourut. Il était estimé dans sa communion pour son esprit, son caractère et ses connaissances. On lui doit : Histoire du vieux et du nouveau Testament, appelée communément Bible de Mortier ;— huit sermons ; — Traité de la religion naturelle; — Traité de la religion révélée; — deux Dissertations, en 4717, l'une sur le texte célèbre de saint Jean des trois témoins, dont il prouva l'authenticité contre l'anglais Emlyn ; l'autre sur le fameux passage de Joseph, louchant Jésus-Christ, dont il établit aussi l'authenticité. Emlyn lui répondit sur le premier point; mais Martin fortifia sa dissertation par deux nouveaux écrits.

— Jean Gale, ministre baptiste à Londres, lé dans cette ville en 4680, fut en relation d'amitié et de lettres avec Jean Le Clerc. En 4744, il publia des Lettres contre l'histoire du baptême des enfants, de Wall. 11 était ami de Whiston, et partisan de la plus grande liberté religieuse. Il a laissé quelques sermons.

3 janvier. — Herman Delsing, théologien coccéien, c'est-à-dire partisan d'un figurisme exagéré, né à Groningue en 4654, fut inquiété pour ses sentiments parmi ceux de sa communion. Ses ouvrages sont : une Histoire allégorique de l'ancien et du nouveau Testament; Commentaire mystique sur le Décalogue; Allégorie prophétique de l'histoire èvangélique ; Mystère de la sainte Trinité, où il ne trouve qu'une allégorie ; Moïse évangélisant, etc. : tous en latin. 11 a poussé fort loin le système de l'allégorie.

3 mars. — Campège Vitringa, théologien protestant, né on Frise en 4659, lut professeur de théologie à Lewarden, où il mourut. Ce savant est principalement connu par son Commentaire sur Isaïe, en 2 volumes in-folio. Il a donné aussi des ouvrages de théologie et des dissertations sur l'histoire juive. Ses écrits sont nombreux.

Son fils, nommé aussi Campège Vitringa, né en 4693, et mort le 44 janvier 1723, fut professeur de théologie, et donna un Abrégé dt la théologie naturelle, et des dissertations sur l'Ecriture sainte.

45 avrti.— Charles Leslet, prêtre anglican, jacobitc zélé, fit

plusieurs fois le voyage de Saint-Germain-en~Laye et de Bar- le- Duc pour s'aboucher avec Jacques II et avec le prince son fils. Il n'omit rien pour porter celui-ci à se faire protestant. On le regardait comme le chef des non-jureurs. Il prit part aux controverses de son église, et écrivit, tantôt contre la révolution de 1688, tantôt contre les quakers et autres dissidents, tantôt contre les sociniens et des déistes, mais surtout contre les catholiques. C'était un homme actif et remuant. V i*

7 septembre.— Gérard Waller Molancs, théologien luthérien, abbé de Lockum, naquit à Hameln, dans le Hanovre. Il fut quelque temps en correspondance avec Bossuet pour la réunion des deux églises, et composa quelques écrits que Ton trouve insérés dans les Œuvres posthumes de l'évéque de Meaux. C'était un homme instruit, conciliant et modéré. ( Voyez le Tableau historique, t. I, p. 136).

4 août. — Guillaume Flbetwood, évêque anglican de Saint-Asaph, puis d'EIy, né en 1636, se fit une réputation par ses sermons, qui ont été imprimés. En 1701, il publia V Essai sur les miracless en deux discours destinés pour la fondation de Boyle. 11 traduisit la Méthode aisée de dévotion chrétienne, de Jurieu, et donna, en 1712, le Jugement de l'église d'Angleterre sur le baptême des laïques.

il août.— Joseph Bingham, ministre anglican, né à Wakefield en 1668, était un érudit. Il est auteur de différents écrits sur des matières de liturgie et de controverse. Mais son grand ouvrage est les Origines ecclésiastiques, dont le premier volume in-octavo, parut en 1708, et les neuf autres successivement. Cet ouvrage, réimprimé plus lard en 2 vol. in-folio, est savant et plein de recherches sur la discipline des six premiers siècles.

22 septembre. — Jacques Basnage de Beautal, ministre protestant, né à Rouen en 1655, fut d'abord pasteur dans celte ville, puis après la révocation de Pédit de Nantes, à Rotterdam et à La Haye. 11 eut de la réputation dans sa communion. Ses principaux ouvrages honl : l'Histoire de l'Eglise depuis Jésus-Christ jusqu'à présent, Amsterdam 1699, 2 vol. in-folio; — Y Histoire des Églises réformées, in-12, que l'auteur avait d'abord fondue dans le précédent ouvrage, et qui a été souvent imprimée à part. — (Ces ouvrages sont estimés chez les protestants) ; — Histoire des Juifs depuis Jésus-Christ jusqu'à présent, pour servir de supplément à l'Histoire de Joseph, 15 vol. in-12. Ce livre plein d'une vaste érudition, et 1res utile sur tout ce qui concerne l'histoire des Juifs, a été réimprimé à Paris, en 7 vol. in-12, par les soins de Dupin. Celui-ci y avait fait divers changements

LTSTE CHRONOLOGIQUE

qui donneront lieu aux réclamations de l'auteur. Basnage donna aussi un autre ouvrage eslimé, sur les Antiquités judaïque*, sur l'Histoire de l'ancien et du nouveau Testament, représentées par des figures en titille douce, par Clomain de la Hogues, est recherché à cause des gravures. [[Ce livre passe pour être écritavec assez d'impartialité; mais on doit se souvenir des sages précautions, par lesquelles l'Eglise écarte des mains des fidèles les livres des hérétiques sur la religion, etc.

Jacques Basnage essaya de réfuter VHistoirc des Variations de Bossuet, et l'Instruction sur les promesses faites à l'Eglise. On peut voir les solides réponses de l'évéque de Meaux, Œuvres de liossuet, édit. de Versailles, t. xxiel t. xxn. ]]

9 juin. — Benoît ou Bênédict Pictet, minisire protestant, né à Genève en 1655, professa la théologie dans sa patrie. Il s'occupa beaucoup de controverse contre les catholiques, et écrivit en faveur des protestanls français. Ses ouvrages sont en grand nombre et estimés dans son parti: Théologie chrétienne, 11 volumes; — Morale chrétienne, 12 volumes; — Traité contre l'indifférence des religions; — des écrits de controverse contre M. de Catelan, évéque de Valence» contre André, Papin, Nogaret, IcVasseuret autres; des lettres, des écrits de morale et des serinons. Plusieurs de ces écrits sont en latin ; d'autres sont en français. Pictet était fécond, et travaillait vite. Sennebier cite de lui cinquante-un articles.

29 octobre. — Guillaume Wollastox, ministre anglican, né en 1659, était, dit Moréri, assez libre dans sa manière de penser. Il avait composé un grand nombre d'ouvrages, dont il paraît qu'il brûla la majeure partie dans ses dernières années. Il n'est resté que son Ebauche de la religion naturelle, qui fut beaucoup louée par les journaux du temps, mais critiquée dans un écrit publié en 1725. Plusieurs écrivains ont travaillé à justifier Wollaston du reproche de déisme. [[On peut voir l'article qui lui est consacré dans l'ouvrage de M. Genoude, intitulé: La raison du Christianisme, t. IV, édition de 1841, p. 522. J]

1er novembre. — Humphrey Prideaux, ministre anglican, né en 1648, est auteur de la Vie de Mahomet; de la Lettre aux déistes, sur celte vie, et de Y Histoire des Juifs et des' peuples voisins, depuis la décadence des royaumes d'Israël et de Juda, jusqu'à la mort de Jésus- Christ. [[Cette histoire qui commence à l'an 747 avant l'ère vulgaire, est très savante et très estimée. On ajouta a l'édition française, en 6 vol., des Eclaircissements très utiles, dus au P. Tournemine, Jésuite, qui corrigent les principales erreurs, dans lesquelles le protestantisme avait entretenu Prideaux.]] Il prit part aux controverses qui divisèrent son église.

— Jérémie Jones, ministre presbytérien anglais, né en 4695, a laissé des Sermons et une Défense de V authenticité de la première partie de l'Evangile de saint Matthieu, contre Whiston, qui prétendait qu'elle avait été altérée. Jones y prouve que nous avons cet Evangile tel qu'il a été écrit. Il préparait, lorsqu'il mourut, une nouvelle méthode d'établir l'autorité canonique du nouveau Testament.

5 avril. — Benjamin Ibbot, ministre anglican, né en 1680, prêcha les Sermons de Boyle, où il réfuta Collins, et composa trente autres Discours, qui ont été publiés par Clarkc.

11 mat. — Gaspard Càlvoer, théologien protestant, né à Hildesheim en 1650, fut principal inspecteur des écoles du Claustbal, et surintendant de Grubenbagen. 11 publia, en latin et en allemand, un assez grand nombre d'ouvrages théologiques. Us ne paraissent pas d'un intérêt bien général.

12 septembre. — Martin Chladny, théologien luthérien, né à Krcmnits, en Hongrie, en 1669, fut pasteur et professeur de théologie à Wittemberg. Il est auteur d'Institutions de théologie morale, en latin, et d'une Dissertation sur les églises colchiques et sur leur état, leur doctrine et leurs rits.

14 novembre. — François Gastrel, évêque anglican de Chester, né en 1662, prêcha les sermons de Boyle; publia en 1702, Quelques considérations sur la Trinité; puis des Remarques sur l'écrit de Clarke, touchant cette matière. Ses Instituts chrétiens ou la Parole sincère de Dieu, ont eu de la réputation. On a de plus de lui des sermons, et la Preuve morale d'un état futur.

—Richard Fiddes, ministre anglican, né en 1671, est auteur de la Théologie spéculative, en latin ; — de cinquante-deux Discours pratiques; — de la Vie du cardinal Wolsey, — d'un Traité général de morale, où il réfute la Fable des abeilles, de Mandcville, — et des Recherches sur lavtrtu, de Shaftesbury. Il était plus fécond que solide.

24 mari. — Daniel YVhitby, ministre anglican, naquit en 1638. Il commença par écrire contre les catholiques. Son Conciliateur protestant fut condamné en 1683 par l'université d'Oxford, et réfute par plusieurs écrivains. L'auteur fut obligé de souscrire une rétractation

publique. Ses autres productions sont : Discours sur la vérité et la certitude de la foi chrétienne ; — Sur la nécessité de la révélation chrétienne; — un Traité de la divinité de Jésus-Christ contre les ariens et les sociniens; — le livre deV Interprétation de l'Ecriture suivant les Commentaires des Pères, où il semble n'avoir cherché qu'à tourner les Pères en ridicule; — Sur la défense de la foi de Nicée, de Bull, mauvaise critique d'un bon ouvrage ; — Paraphrase et Commentaire sur le nouveau Testament, en 2 volumes in-folio (c'est celui de ses ouvrages qui a eu le plus de réputation ), — et enfin ses Dernières pensées, contenant diverses corrections de ce commentaire, avec cinq discours. C'est une rétractation de tout ce qu'il avait dit de plus eiaet el de plus judicieux dans ses derniers ouvrages en faveur de la Trinité. H ordonna, avant de mourir, l'impression de ce monument de sa défection.

26 avril. — Jérémie Collibr, ministre anglican, né en 1650, se déclara coulre la révolution de 1688, et refusa les serments. Il écrivit dans ce sens, et fut un des principaux soutiens du parti des wonjureurs. Il composa aussi des traités de morale. Le plus célèbre est celui qu'il publia contre la licence du théâtre, contre laquelle il s'éleva avec autant d'esprit que de vigueur. Congrève lui répondit. Mais Collier eut tout l'avantage dans cette controverse, qui fait honneur à son caractère et à son talent, et les gens de bien applaudirent d'autant plus à ses efforts, qu'ils étaient plus révoltés de l'immoralité qui régnait alors dans le théâtre anglais. Son livre fit révolution, et diminua l'abus dont il se plaignait. En 1713, il fut sacré évéque, suivant les formas de l'église anglicane, par le docteur Uick.es, évëque titulaire de Thelhford. Tous les deux étaient Jacobites zélés. En 1702, Collier avait publié une Histoire ecclésiastique de l'Angleterre. C'était un homme estimable, savant et laborieux.

31 janvier. — J. F. Petersen, ministre luthérien, né à Osnabruck en 4649, fut pasteur à Luncbourg, puis congédié pour ses rêveries. C'était un enthousiaste, qui avait embrassé le millénarisme, qui prétendait avoir des révélations ainsi que sa femme, et qui débitait des opinions tout à fait extraordinaires. On l'accuse d'avoir regardé toutes les religions comme indifférentes.

23 septembre.^— Jacques Abbadib, ministre protestant, né en Béarn en 1654, pa&a en Hollande, puis en Angleterre, où il se fixa. Il mourut à Mary-Ie-Bonn, près Londres. Il avait du talent pour la chaire. Son meilleur ouvrage est son Traité de la vérité de la religion chrétienne. Ce livre fut très-bien reçu; catholiques et protestants s'accordèrent à le louer. Bussy-Rabutin, qui ne passait pas pour être

très-croyant, le trouvait admirable. Son Traité de la divinité de Jésus-Chriu, — et T4rt de se connaître toi-même, font suite à cet ouvrage. Un écrivain français, D. Lami, a cru trouver des principes dangereux dans YÂrt de se connaître soi-même. Il communiqua ses remarques à Abbadie, qui répondit par une lettre du 20 janvier 1694, et satisfit aux reproches. Il publia aussi la Vérité de la religion réformée, — et le Triomphe de la Providence et de la religion dans l'ouverture des sept sceaux par le Fils de Dieu ; ouvrages qui, suivant la Biographie britannique, ne sont pas exempts d'enthousiasme. On dit que le dernier surtout est dans le goût de Jurieu. Il y a de plus de lui, des Sermons, Discours et Panégyriques, et les Caractèree du chrétien et du christianisme.

20 décembre. — Jean- André Dantz, théologien luthérien, professeur de théologie à léna, est auteur de beaucoup de dissertations latines sur l'Ecriture et les antiquités hébraïques. Il était très-versé daus la littérature biblique.

7 août. — Jacques Lbnfant, ministre protestant, né en 1661, à Bazoches en Beauce, fut pasteur à Heidelbèrg, puis à Berlin. Ses ouvrages sont : Histoire du concile de Pise ; Histoire du coimU de Constance; Histoire du concile de Bâte; — le Nouveau Testament, traduit en français, conjointement avec Beausobre ; — des Sermons;— des Traités de controverse en faveur de son église ; — une traduction des Lettres choisies de saint Cyprien. Ce ministre était instruit et estimé parmi les siens. Il était beaucoup plus modéré envers les catholiques que plusieurs de ses confrères, comme on le voit par ses Histoires des conciles.

9 octobre, — Thomas Bennbt, ministre anglican, né à Salisbury en 1673, écrivit contre les dissidents et les quakers, prit la défense des xxxix articles de la confession de foi de l'église anglicane contre Collins, publia un ouvrage sur la Trinité contre Ciarke, et s'eiposa aux critiques en voulant, à son tour, expliquer ce mystère d'une manière nouvelle.

i9 décembre. — White Kennett, évôque anglican de Pélcrborough, né en 1660, est auteur d'écrits contre les catholiques; de sermons et de brochures sur les disputes qui agitèrent son église de son temps. Il se rangea du côté d'Hoadly daus la controverse de Bangor. Voyez Hoadly,176l.

— Elie BbkoIi, ministre protestent, né à Paris en 4640, se relira en Hollande, et fut pasteur à Delft. Il est connu par une Histoire et

apologie de la retraite des pasteurs, 4688; -Histoire de Vcdit de Nantes, 5 vol. in-40;- Mélanges de remarques critiques sur deux dissertations de Toland.

25 mars. - George-Henri Goetzb, théologien luthérien, né à Leipsick en 1668, fut pasteur à Lubeck. Le Moréri cite de lui cent cinquante-deux ouvrages différents sur des matières de religion, de théologie, de philosophie, de littérature et de critique. La liste en offrirait peu d'intérêt pour la plupart de nos lecteurs.

Mars. - Philippe Naudé, protestant, né à Mets en 1654, réfugié à Berlin publia entre autres ouvrages, la Morale évangélique; une critique de Bayle ; un recueil des objections contre la perfection de Dieu ; un examen de deux imités de la Placelte; une réfutation du Commentaire philosophique, et un Traité de la justification.

I« ma,/— Jean Rogbr, ministre anglican, né en 1679, prit part à la controverse de Bangor ( Voyez Tari. Hoadly, 1761), et composa en- Ire autres ouvrages huit sermons en faveur de la religion. Us furent attaqués par Collins. Roger est encore auteur de la Défense de l'établissement civil de la religion contre l'examen des prophéties littérales, de Collins.

8 mat. — Guillaume King, archevêque anglican de Dublin, naquit à Antrim en 1650. 11 eut une controverse avec Manby, doyen de Derry, qui s'était fait catholique sous le règne de Jacques II. Il se déclara pour la révolution de 1688; ce qui fut la source de sa fortune. En 1702, il publia le livre de YOrigine du mal, contre lequel Bayle écrivit; et en 1709 un discours intitulé: la Prédestination et la prescience divine d'accord arec la liberté de l'homme. La notion qu'il y donnait des attributs de Dieu, fut attaquée. L'archevêque ne répondit point. 11 mourut à Dublin, laissant beaucoup de manuscrits relatifs a son livre de YOrigine du mal. King prétendait que l'intelligence, la justice et la vertu ne signifient pas la même chose dans Dieu et dans l'homme ; doctrine qui semblerait subversive de toute religion et de toute morale. Mais ce n'est sûrement pas ce que l'archevêque entendait. Il est aussi auteur de sermons et d'écrits de controverse.

17 mat. — Jean Kahlbr, théologien luthérien, né à Wolmar en Hcsse, fut professeur à Rintern. Il a laissé un grand nombre de dissertations théologiques, dont on trouve la liste dans le Morirx.

17 mat.— Samuel Clarke, ministre anglican, curé de Saint-James, à Westminster, el l'un des plus célèbres docteurs de son église, naquit à Norwich en 1675. Il débuta en 1699 par tiois Essais pratiques sur

le Baptême, la Confirmation et la Pénitence, et par des Réflexions sur une partie de YAmyntor, de Toland. En 1701, il commença à publier ses Paraphrases sur les quatre Evangiles, qui sont estimées chez les protestants. Nommé en 1704, pour prêcher les sermons fondés par Boyle, il choisit pour sujet V existence et les attributs de Dieu ; et chargé de la même fonction pour Tannée suivante, il traila de { évidence de la religion naturelle et révélée. En 1706, il fit paraître sa Lettre à Dodwell, qui prétendait que Pâme était mortelle de sa nature. Collins se joignit à Dodwell, et alla même plus loin que ce théologien, puisqu'il combattit l'immatérialité de l'âme et la liberté des actions humaines. Glarke leur fit face à l'un et à l'autre, et se distingua dans cette dispute par sa logique et par sa clarté. Ses talents l'auraient sans doute fait parvenir à l'épiscopat; mais il se ferma la porte des honneurs par la publication de son livre intitulé : Doctrine de l'Ecriture sur la Trinité, dans lequel il laissait voir son penchant pour l'aria nisme. Il s'était lié avec Whiston, et avait corrigé la traduction que celui-ci avait faite des Constitutions apostoliques. Son livre fit un grand éclat. L'importance du sujet et la réputation de Fauteur attirèrent l'attention. Plusieurs théologiens anglicans se hâtèrent de prendre la défense de la divinité, de Jésus-Christ. Walerland se distingua dans celte controverse. La chambre basse de la Convocation du clergé déféra le livre de Clarke en'4714, et celui-ci fut obligé d'envoyer, le 2 juillet, une sorte de rétractation, sur laquelle il parut ensuite revenir. Il ne renonça point à son sentiment. Lorsque celle controverse fut apaisée, Clarke en eut une autre avec Leibnitz, sur les principes de la philosophie naturelle et de la religion. 11 défendit en cette occasion les principes de Newton, dont il était l'ami, contre les objections du philosophe allemand. Nous ne parlerons point des productions de littérature de Clarke. 11 réunissait des connaissances très-diverses, comme le prouve sa savante édition d'Homère. Il laissa, à sa mort, une Exposition du Catéchisme anglican, et dix volumes de sermons ; car il n'avait pus eu moins de succès dans la chaire que dans d'autres parties. Lié avec tous les savants de son pays, et particulièrement estimé de la princesse de Galles, depuis reine, femme de Georges II, il était surtout ami d'Hoadly, avec lequel il parait avoir eu une grande conformité d'opinions. Whiston lui reproche d'avoir souscrit les>ixix articles, lorsqu'il fut reçu docteur en théologie à Cambridge, quoique déjà il ne crût plus à plusieurs de ces articles. Il lui reproche également de n'avoir point agi franchement lors de l'examen de son livre par la Convocation, et d'avoir cherché des tempéraments qui ne s'accordaient ni avec la sincérité chrétienne, ni avec la droiture et la loyauté d'un honnête homme. Il est en effet peu honorable pour Clarke d'avoir continué d'occuper des bénéfices, et d'exercer le ministère ecclésiastique dans une église dont il avait abandonné la croyance sur des points aussi essentiels que le mystère de la Trinité et l'a divinité de Jésus-Cbi Ut. Il a eu dans son église t. u. 31

des imitateurs de celle conduite à la fois peu religieuse et peu

délicate.

49 novembre. — Jean-François Budo£CS, théologien luthérien, né en Poméranie en 1667, fui professeur de philosophie à Halle, puis de théologie à léna. 11 écrivilsur la théologie, la philosophie et l'histoire. Nous citerons : Introduction à VJIistoire de la philosophie des Hébreux ; — Institution de théologie morale ; — Histoire ecclésiastique de l'ancien Testament ; — Thèses sur Vathéisme et la superstition ; Institutions de théologie dogmatique ; — Histoire critique de la thé'tlogie dogmatique et morale; — Mélanges sacrés ; tous en latin. Ce théologien était savant et critique.

5 décembre. — Frédéric-Adolphe Lampe, théologien prolestant, né en Westphalie en 1683, fut ministre dans plusieurs églises, puis professeur de théologie et d'histoire ecclésiastique à Ulrecht. 11 mourut à Brème, ayant composé un Commentaire sur l'Evangile de saint Jean, et un Abrégé de la théologie naturelle. Il travailla, avec Théodore de Hase, au journal intitulé : Bibliothèque historique, philologique et théologique ; et il donna une édition de YHistoire de l'église réformée en Hongrie et en Transylvanie, de Paul Ember.

30 décembre. — Jacques Saijrik, ministre protestant, né à Nimes en 1677, se fixa à La Haye, et s'y rendit célèbre par son talent pour la prédication. Les Sermons sont en 12 vol. On a de plus de lui des Discours historiques et moraux sur l'ancien et le nouveau Testament; un Abrégé de la théologie et de la morale chrétienne, en forme de catéchisme, et Y Etat du christanisme en France, 1725. Il y combat le miracle opéré en 1725 sur la dame la Fosse, ce qui lui attira une lettre d'un curé de Paris, et deux du médecin Hecquel. Une dissertation, où il paraissait favoriser le mensonge officieux, lui occasionna une dispute longue et vive avec Armand de la Chapelle. Il fut déféré aux synodes, et obligé de donner des explications. (Brueys entra dans cette dispute. Voyez son article, en 1758.)

Vers ce temps. — Thomas Jeffery, ministre presbytérien, auteur des Vrais fondements de la religion, contre Collins ; — d'une Revue de la controverse entre cet écrivain et ses adversaires; — de l'ouvrage inlitulé : Le Christianisme, perfection de toute religion, et d'un discours pour prouver la divinité de Jésus-Christ par l'Ecriture.

5 septembre. — Daniel de Larkoque, protestant, né à Vitré en 1661, quitta la France à la révocation de l'édit de Nantes, passa à Londres, puis à Copenhague et à Amsterdam, et revint à Paris en 1690, el se

fit catholique. Il traduisit, de Prideaux, la Vie de Mahomet. On lui a attribué Y Avis aux réfugiés, qui paraît être de Bayle. — On lui a attribué aussi les Véritables motifs de la conversion de l'abbé de Rancé, espèce de roman satirique.

4 mars. — François Atterbury, évêque anglican de Rochester, né en 1662, fut un des principaux adversaires d'Hoadly, et eut plusieurs disputes avec ce théologien latiludinaire. Atterbury affectait un grand zèle pour les droits du clergé, et publia des sermons et écrits sur lu convocation. On crut qu'il avait eu part au sermon de Sacheverell, en 1709. Il en eut beaucoup aussi aux affaires de la Convocation en 1710, et rédigea, en 1711, YExposé de l'état de la religion en Angleterre, où l'athéisme et le déisme étaient représentés comme faisant les plus grands progrès. Devenu évéque de Rochester, ce docteur se montra peu favorable à la maison d'Hanovre, et fut accusé de complot pour le prétendant. Il fut banni en 1725, et privé de son évêcbé. Il se retira en France, où il resta jusqu'à sa mort. C'était un homme habile et lettré, mais qui paraît avoir été ardent, ambitieux, remuant et hautain. J'ai de lui une lettre autographe, écrite de Paris, le 15 février 1732, à M. de la Roquette, médecin au Vigan, où il paraît que ce prélat avait passé quelque temps. Elle est en latin et d'une rare élégance de style : il dit, en parlant des convulsions des jansénistes : Celte facétie religieuse m'a beaucoup déplu ; et dis qu'elle commença, je prévis qu'elle serait pernicieuse pour ceux chez lesquels elle a eu lieu. Cest ce qui est arrivé; car ces convulsions ont plus nui aux jansénistes, que les miracles qu'ils disaient s'opérer chez eux ne leur ont été tuiles.

il mai. — Guillaume Lowth, ministre anglican, né à Londres en 1661 , publia, en 1692, la Défense de l'autorité divine et de l'inspiration de l'ancien et du nouveau Testament, en réponse à cinq lettres de Jean le Clerc. Il était instruit dans les matières de critique, et seconda Polter dans son édition de Clément d'Alexandrie. Il est le père du célèbre Lowth, évéque anglican de Londres. (F. 3 novembre 1787.)

24 août.— Jean-Georges Pritz, théologien protestant, né à Leipsick en 4662, fut ministre à Gripswald, puis à Francfort, On a de lui des sermons ; une Introduction à la lecture du nouveau Testament ; un Traité de l'immortalité de l'âme, contre l'Anglais Asgill ; une Dissertation sur l'athéisme, comme système honteux et nuisible; une édition des Œuvres de saint Macaire; une du nouveau Testament grec, et quelques autres traités.

27 janvier. — Thomas Woolston, bachelier à l'université de Cambridge, naquit à Northampton, en Angleterre, *en 16G9, et se rendit fameux par des écrits où il transformait en allégories les récits des évangélistes. Son système lui attira des traverses méritées, et l'arien Wbiston arrêta une première fois des poursuites du ministère public contre lui. Mais six Discours, qu'il publia, et dontnousavons parlé dans le corps des Mémoires, sous 1729, déterminèrent à procéder contre lui. Il fut condamné à la cour du banc du Roi, comme on Ta raconté au même endroit. Il mourut en prison, n'ayant pu payer l'amende à laquelle il avait été condamné, et ayant publié de nouveaux pamphlets pour la défense de ses Discours. Léland ne parle de lui que comme d'un bouffon grossier et ridicule, dénaturant les écrits qu'il citait, et destitué de jugemeot et de sens. Il y a un Examen du paralogieum de Woolston, par Sicber, théologien luthérien, mort à Leipsick en 1758.

27 février. — David Constant, ministre protestant, professeur de théologie à Lausanne, y naquit en 4638. Il est auteur de quelques dissertations sur l'Ecriture, d'un Système de théologie morale, queBayle loue ; ainsi que d'un Traité sur la providence. C'était un littérateur.

4 avril. — Jean-Chrétien Van Erkel, pasteur à Delft, né vers 1654 à Utrecht, eut, après Van Heussen, le titre de doyen du chapitre d'Utrecht. Il était ami de Van Espen. Tous ses écrits sont en faveur du schisme de Hollande, contre les Jésuites et contre Papendrecbi. Il fut favorable au prêt dans la dispute qui s'éleva sur ce sujet en Hollande.

5 avril. — Guillaume Derbam, ministre anglican, né en 1657, se distingua comme physicien et comme astronome. Il prêcha, en 1711 et en 1712, les sermons de Boyle, qu'il fit imprimer, et publia en 1714 VAstro-théologie, ou Démonstration de l 'existence de Dieu par la vue des deux.

19 avril.— Jean-Jacques Rambach, théologien luthérien, né à Hall, ministre et professeur de théologie à Grissen, est connu par des Commentaires sur l'Ecriture, et par des Institutions herméneutiques.

25 août. — Pierre Brown, évêque anglican de Cork, fut un des

plus recommandables théologiens de sa communion. Ses Principaux ouvrages sont, une réfutation du Christianisme sans mystères, de Toland ; — les Progrès, l'étendue et les limites de C entendement humain, et des sermons. On fait un grand éloge de son zèle et de sa conduite comme évêque.

18 décembre. — Jean-Jacques Hottinger, théologien protestant, ne à Zurich en 1652, fut professeur de théologie dans cette ville. Le Moréri cite de lui plus de cinquante ouvrages de théologie.

— Jean Trellund, évêque luthérien de Wiborg, né à Copenhague en 1609, est auteur de dissertations sur des points de théologie et sur des passages de l'Ecriture.

7 mars. — Jean-Chrislophe Coler, bibliographe et théologien protestant, né en Thuringe en 1691, devint ministre en 1724 et prédicateur de la cour à Weyroar en 1734. Il s'appliqua à l'histoire littéraire dans ses rapports avec la théologie. Nous citerons de lui, Bibliothèque théologique choisie, Leipsick, 1724-1736, in-octavo. Ce journal, formant 7 vol. ou 84 numéros, dont Coler a fait seul les 36 premiers, donne l'analyse des ouvrages théologiques des protestants. Il a été continué par Guillaume-Ernest Bartholomai. — Remarques importantes sur divers sujets de théologie, de critique et de littérature, 1734, in-octavo ; — Acta historico-ecclesiastica, c'est une gazelle ecclésiastique en allemand, Weymar, 1734 et suivantes. Coler étant mort après la publication du numéro 5, G. A. Bartholomai le continua jusqu'au numéro 96, et ensuite son frère Jean-Christian s'en chargea depuis 1755. La collection terminée en 1758, forme 120 numéros, ou 20 vol., sans compter 3 vol. de supplément. Jean-Christian commença les Nova acta historico-ecclesiaslica, et fut depuis remplacé par Schneider, surintendant d'Usenach. En 1788, l'ouvrage prit le titre de Aklea urkunden; il a été continué par un nouveau rédacteur jusque dans les premières années du 19* siècle. On dit celte collection curieuse pour l'histoire ecclésiastique du dernier siècle.

8 janvier.— Jean lu Clerc, professeur de philosophie à Amsterdam, naquit à Genève en 1657. Peu d'auteurs ont été plus laborieux et plus féconds. Il a composé une foule d'ouvrages de théologie, de philosophie, de critique et de littérature. On distingue dans ce nombre son Art critique, latin; — son Traité de l'incrédulité ; — ses Commentaires, latins, sur la plupart des livres de l'Ecriture sainte ; — son Harmonie évangélique, qui est, dit-on, un pillage fait à Thoynard. et qui fut critiquée par les journalistes de Trévoux ; — une traduction du nouveau

Testament, en français ; — une édition des Dogmes théologiques, du P. Petau, avec des remarques; — \es Sentiments de quelques théologiens de Hollande, touchant l'Histoire critique de l'ancien Testament, de Simon, etc. On a accusé Le Clerc de s'être montré socinien dans ces divers ouvrages, et d'avoir témoigné peu de respect pour l'autorité de l'Ecriture et des Pères. 11 était à la fois théologien, philosophe, critique, historien et journaliste. Après différents voyages à Grenoble, à Saumur, à Londres, il se fixa en Hollande, où les remontrants lui donnèrent une chaire. Leti et Limbporch étaient ses amis. Bayle l'accusa d'athéisme dans ses Questions au provincial ; lui-même en avait été accusé par LejCIerc. Les prolestants Witz, Budd, Fabricius, Wasch, etc., ont réfuté le sentiment de Le Clerc sur l'inspiration, et ont relevé son peu de respect pour les écrivains sacrés. Une lettre insérée dans le nouveau Mercure de Trévoux, en 1708, trace un portrait peu favorable de Le Clerc et de ses sentiments religieux. On lui reproche d'expliquer les mystères et les miracles en socinien. Le Moréri paraît en penser de même. Sa science et sa réputation lui procurèrent de» disciples en Hollande et ailleurs; et le socinianisme, qu'il insinuait avec art, prit de fortes racines par ses soins, et s'étendit encore après lui dans les Provinces-Unies. Pour la liste de ses ouvrages, voyez Sennebier.

50 avril. — Jean-Albert Fabricius, né à Leipsick en 1668, professeur d'éloquence à Hambourg, était versé dans la littérature, la critique et l'érudition, et jouissait d'une grande réputation en Allemagne et dans sa communion. Ses écrits sont savants et nombreux. Les principaux sont: Codex apocryphus novi Test amenti; — Codex pseudepigraphusveteris Testamenti ;— Bibliotheca ecclesiastica;—de9 éditions d'auteurs ecclésiastiques, des dissertations, des opuscules.

Il ne faut pas le confondre avec François Fabricius, théologien hollandais, pasteur à Leyde, mort le 27 juillet 1737, dont on a des dissertation» latines et des sermons en hollandais.

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