‹ Mémoires pour servir à l'histoire générale des eaux minérales sulfureuses et des eaux thermalesChapitre 26 sur 36 · MCOND MKMOII'.I · texte numérisé non relu

MCOND MKMOII'.I

(Tune matière étrangère a la glairine elle-même.

La glaifine, ou matière constitutive des glaires, se présente, dans Peau minerait', à sa sortie du sein de la terre, soil en dissolution, suit sous forme floconneuse.

Lorsqu'on est dans un bain d'eau sulfureuse, après avoir pris toutes les précautions nécessaires pour le lavage de la baignoire, on aperçoit, nageant dans le liquide, di petits flocons (Tune matière moqueuse, demi-transparente, qui e^t bien évidemment la glairine dont il s'agit. Pour bien voir ces flocons, il Paul que l'œil soil fai orablemenl disposa par rapport a la direction du rayon lumineux qui peut les rendre sensibles, d'autant plus

que leur deini-tramparenee tend a les faire confondre avec l<i liquide lui-même.

( e n'est aussi qu'à l'aide «le soins particuliers qu'on peut réussir à recueillir sur la main quelques-.uns de ces flocons à cause de leur ténuité, ,;,. |(.m- rareté et du glissant de leur surface. Ou trouve alors une matière ayant l'aspect muqueuxj demi-opaque, d'une saveur fade, douce au tou- ( ner et peu soluble à Peau.

U est très-diflRcile d'obtenir, immédiatement, ml(> quantité un peu notable de ces flocons de lairine,en recevant Te. m de i.» source dans un tamis de crin. J'ai plusieurs lois tenté cette méthode pour l'obtenir directement; j'avoue qœ ma patience n'a jamais pu iVen accommoder. Tonte futilité que j'ai retirée de ces sortes d'essais, c'est

SECOND MÉMOIRE. !2q

qu'ils m'ont convaincu de la possibilité d'y réussir si on avait un tamis convenable et tout le temps disponible. Le tamis peut pécher par la laroeur ou l'étroitesse de ses mailles, et ces défauts sont toujours relatifs au volume de la source sur laquelle on opère. On conçoit que des mailles trop ouvertes laissent passer les flocons de glairine, et que trop serrées, elles rendent la filtration de Peau trop lente pour que le liquide ne déverse pas par-dessus les bords, ce qui nuit également au but qu'on se propose.

A la belle source tVEscaldas, qui vient de bas en haut et qui débouche à travers les fentes que laissententre elles lesdalles mal joint* du pavé de la piscine, je disposai au-dessus de la source un tamis convenablement assujetti, et le laissai, ainsi, en expérience une nuit entière, m'a t tendant à trouver, le lendemain, une'quantité deglairine pure qui me permît de la soumettre à quelques essais. Je fus trompé dans mes espérances , lorsque, levant l'appareil, je n'aperçus d'adhérant au tamis qu'une tellement faible proportion de flocons glaireux , que je dus renoncer à une méthode dont le peu d'efficacité se conciliait mal avec le séjour que je pouvais faire

sur ces montagnes.

J'ai été peu surpris des difficultés que l'on éprouve à retenir ainsi la glairine au point d'émergence des sources, lorsque j'ai pu me convaincre de l'extrême petitesse de ses proportions dans l'eau , et de la lenteur avec laquelle elle s'amasse , tant

l3û SECOND MÉMOIRE.

qu'elle n'a point le contact de Fair, sons l'influence duquel les flocons semblent se former; car la majeure partie de la glairine entraîne'e par les eaux s'y trouve dans un état de dissolution.

Aux bains du Vernet, voulant observer la source principale , le plus près possible de la roche d'où elle s'échappe, je fis découvrir le conduit qui servait à l'amener à l'établissement , et dont la construction en maçonnerie datait d'environ trentetrois ans ; je trouvai ses parois tapissées en partie d'une légère couche de glairine demi-transparente que je recueillis soigneusement. En rapprochant la petitesse de la provision qui s'y était formée, et le laps de temps pendant lequel la réserve s'en était faite , j'augurai facilement que je ne devais guère m'attendre aune plus ample provision. Je ne connaissais pas encore alors les ressources que devaient m'offrir bientôt après, à cet égard , les bains d'Arles.

Aux bains de Molitg , la source la plus importante débouche dans un puits carré autour duquel on a disposé , supérieurement , un réservoir couvert destiné à rassembler les eaux pour les livrer ensuite, avec plus d'abondance, aux besoins du service. Je fis vider ce réservoir qu'on n'avait point ouvert depuis un an , afin d'aller observer la source immédiatement à sa sortie , et je pus me convaincre que depuis cette époque il ne s'était pas amassé sensiblement de glairine dans ce réservoir.

Cependant, ce n'est pas, à beaucoup près, avec

SECOND MÉMOIRE. i3l

cette lenteur que se manifestent les concrétions de glairine, lorsque l'eau sulfureuse est arrivée au contact de l'air. Pour s'en assurer, on n'a qu'à nettoyer exactement les lieux où ces concrétions se déposent, et observer le temps ne'cessaire pour qu'elles se renouvellent. Il paraît qu'il ne faut que peu de jours, pour que des couches très-sensibles de ces matières se reproduisent. C'est du moins ce qu'on m'a uniformément affirme' aux divers établissemens thermaux que j'ai visités dans les Pyrénées-Orientales , n'ayant jamais eu la facilité d'essayer moimême ce genre de vérification qui ne serait pas sans intérêt.

Il ne faut pas croire , du reste, que ces concrétions ou dépôts de glairine , soient généralement aussi productifs qu'on serait tenté de le juger sur les apparences. Une source sulfureuse couvre, immédiatement à sa sortie, le terrain qu'elle parcourt ou les pierres sur lesquelles elle jaillit, d'une couche de glairine qu'à son blanc opaque, à son aspect velouté , on serait tenté de regarder comme trèsépaisse; et cependant, on a, le plus souvent, lieu d'être déçu , lorsqu'on compare le peu qu'on a pu en recueillir aux espérances que l'on avait conçues. Quiconque s'est occupé de cette matière a pu faire une pareille remarque. C'est du moins ce que j'ai éprouvé, partout où j'ai voulu me procurer de la glairine , si ce n'est aux bains d'Arles que j'ai déjà annoncés comme étant, en quelque sorte, privilégiés à cet égard.

l32 SECOND MÉMOIRE.

En général, les dépôts de glairine ne s'étendent

pas très-loin. Ils ne se montrent que dans les parties du cours des sources les plus rapprochées du point d'émergence; dételle sorte nue, si Ton suit le cours d'une eau sulfureuse) on ne tarde pas à voir disparaître toute trace de glairine. On dirait que le contact de Pair modifie la nature de cette

inee diaSOUte par les eaux, de manière à décider, subitement, la précipitation de ses flocons. Si Ton ne peut révoquer en doute que, dans les sources i glairine , une partie de cette matière soi I Peau , sous tonne (le flocons déjà concrets ou gélatineux . on esl < e« lement forcé d'admettre qu'une autre partie de glairine esl tenue en dissolution dans le liquide; *.; si Pon fait évaporer, hiii hmii 1 travers le panier Joseph, une quantité suffisante de ces eaux, le résidu offrira de> quantités manifestes d'une matière s< lisiblement identique avec la glairine concrète, se charboananl elle par la calcination , et, ci mine

v\\c , mportant à l'instar des productions

azot

Lorsque , ; soi à L'anal) se du résidu fixe

n sulfureuse qui tient de la glairine . on le divise , à l'aide de l'eau distillée, en partie solubie, et partie insoluble, (h. tenue de ces fracdu produit primitif retienl une certaine quantité de glairine ou de matière carbonisab e par le feu. J'ignore d'où peut provenir cette différence de propriétés dans la glairine; j'ignore

si cette matière que l'eau entraine en dissolution est rigoureusement la même que celle qui se montre sous forme de flocons et que l'on dirait insoluble à l'eau; je puis dire , du moins , que tout ce que j'ai tenté , pour découvrir s'il existe entre elles des différences de nature, a été sans résultat. Un pareil examen est toujours contrarie par 1Y\- Irême petitesse des proportions de glairine soluble ou insoluble que Ton retire de févaporation de grandes quantités d'eau, ainsi que par le concours des autres produits fixes. Tout ce que j'ai remarqué , dans le parallèle analytique que j'en ai e>sayé , c'est qu'à leur solubilité près, les deux matières semblent se comporter également : de sorte que, tout en distinguant ces deux états delà glairine qui nous l'offrent concrète ou en dissolution , retenue dans le résidu fixe insoluble, ou passant dans l'eau avec le résidu fixe soluble, je crois devoir considérer ces deux matières comme de même nature , comme de simples modilications de la glairine.

Les formes que peut revêtir la glairine concrète des sources sulfureuses sont très-variées, suivant les lieux. Quelles peuvent être les causes déterminantes de ces différences de configuration? Si l'on peut en entrevoir, déjà, quelques-unes, on ne peut se dissimuler que la plupart d'entre elles sont encore ignorées. Ce n'est qu'en multipliant convenablement les observations locales , en comparant surtout un grand nombre de sources , qu'on

lJ4 SECOND MÉMOIRE.

peut espérer de jeter quelque lumière sur ces divers aspects de la glairine. Voici quelles sont les principales variétés de consistance et de texture que j'ai eu occasion d'observer, dans les glaires.

ir* variété'. Glairine floconneuse. Elle se présente sous l'aspect de flocons sans agrégation, ou de fîlamens atténués, disséminés dans l'eau des sources et conservant une sorte de liquidité. Son aspect est celui d'une purée blanche , ou plutôt d'une émulsion légèrement décomposée. C'est la forme sous laquelle je l'ai trouvée , notamment aux bains d'Arles, à la source du jardin du sieur Cômes. J'en conserve, depuis cinq ans, dans un flacon sans qu'elle ait changé de couleur ni d'aspect. Ce qui distingue celte première forme de la glairine, c'est le défaut d'agrégation de ses flocons. Il m'a paru que la lenteur de l'écoulement des eaux , leur réunion dans une sorte de bassin à leur sortie et la surface lisse des parois étaient, dans ce cas , des circonstances influentes.

2e variété. Glairine filandreuse. Les flocons de glairine forment , quelquefois , par leur réunion , de longs fîlamens qu'à leur blancheur, à leur demitransparence, à leur consistance glaireuse on prendrait pour du blanc d'oeuf qui a pris une légère opacité, ou a subi un commencement de coagulation. Ce caractère filandreux était , surtout , très-développé, dans la source du sieur Coupes, à Moiitg. Je l'ai retrouvé ailleurs , notamment au Vernet. Partout, il coïncide avec cette circonstance

SECOND MEMOIRE. l35

que des végétaux rameux , tels que des ronces , en plongeant dans le canal d'écoulement des eaux, prêtent un point d'appui aux flocons de glairine , et leur permettent de former des séries plus ou moins prolongeas à la surface même du liquide dans lequel nagent ces fiïamens. Lorsque la source coule sur un sol cailloute' , c'est à la surface même des cailloux que se forme le dépôt de glairine filandreuse. Seulement les fiïamens sont alors plus courts, et simulent une membrane veloutée glaireuse, ainsi qu'on le voit à Escaldas et ailleurs.

3e variété. Glairine muqueuse. J'appelle de ce nom des concrétions de glairine qui offrent l'homogénéité , la consistance , et la demi-transparence de mucilage. Si la variété précédente se forme toujours dans Feau, celle dont il est, maintenant, question se montre hors du courant. On la retrouve, communément, dans l'intérieur des canaux que les eaux parcourent; elle en tapisse la surface au-dessus du niveau des eaux. Lorsque , aux bains de Vernet, je fis découvrir, près du rocher, la source qui les alimente (ce qu'on n'avait pas fait depuis plus de trente ans ) , je trouvai les parois du conduit que ces eaux parcourent , revêtues, supérieurement, d'une couche de belles glaires muqueuses. Aux bains d'Arles , dans une circonstance absolument analogue, l'ardoise qui couvrait la source à sa sortie de la montagne , m'offrit également une couche de glairine , ayant

l36 SECOND MEMOIRE.

mêmes qualités physiques. Elle abonde encore , dans le même lieu, à la source du bassin du sieur Carbonell ( Basse den Carbonell) , le long de la fente du rocher qui transmet les eaux ; seulement elle s'y trouve rapprochée de plusieurs autres modifications de la glairine.

4e variété. Glairine membraneuse. Elle se présente , dans ce cas, sous l'aspect de membranes minces, analogues aux pellicules caséeuses qui se forment à la surface du lait. C'est la texture que m'offrit la glairine, dans le bassin intérieur de la source de Manjolet, après l'avoir fait mettre à découvert , ce qu'on n'avait pas fait de long-temps. Ces membranes, qui surnageaient l'eau, étaient d'un blanc mat assez brillant par-dessus , et comme revêtues, en dessous, d'une légère couche de glairine muqueuse , analogue à une colle de farine.

5e variété. Glairine compacte zonaire. Les molécules de glairine forment , quelquefois , des concrétions d'une texture homogène , d'une certaine épaisseur et d'une consistance assez grande pour que la pression , exercée avec les doigts , les aplatisse sans les désagréger. Elles sont éminemment spongieuses. En les comprimant, on en dégage une grande quantité d'eau. La dessiccation les réduit en membranes minces comme cornées demi-transparentes. Si on les divise transversalement, avec un couteau , leur tranche laisse , communément , apercevoir des indices de couches ou zones successives. Cette variété de concrétions de glairine se

SECOND MÉMOIRE. l3j

présente , familièrement, aux bains cTArles. Celles que j'ai pu recueillir à la source dite petit Escaldadou, en offraient les caractères avec une couleur rouge très-dècidèe.

6e variété. Glairine fibreuse. Ses molécules sont disposées en fibres parallèles, formant des masses aplaties et imitant un muscle. La couleur rouge et quelques parties blanches , lisses , ayant l'aspect d'une aponévrose, ajoutent beaucoup à la ressemblance. Je ne doute nullement que ce ne soit cette variété qui ait obtenu, de M. de Gimbernat, la dénomination de zoogène. Elle est commune aux bains d'Arles. IJEscaldadou gros et la Basse d'en Carbonelly sont les points où elle abonde le plus.

J'avoue qu'en voyant, pour la première fois, ces concrétions glaireuses qui présentent des ressemblances si frappantes avec les produits de l'organisation, je fus peu porté à les assimiler , pour leur nature et leur origine, à la glairine des eaux sulfureuses ; ma première pensée fut , que ce devait être quelque production organique encore peu connue du genre des Tremella ; mais lorsque , étudiant la^chose de plus près , j'ai vu la glairine passer, de son état floconneux primitif, à celui de glairine fibreuse rouge , à travers des nuances de texture et de couleur qui se développent par des progrès comme insensibles , en se maintenant toujours de même nature , je n'ai pas dû hésiter à regarder celte variété de forme comme appartenant encore à la glairine; quoique j'ignore, com-

i38 SECOND MÉMOIRE.

plètement, ce qui peut imprimer à ses molécules un aussi singulier mode d'agrégation.

7e variété'. Glairine stalactiforme. Cette variété est très-rapproche'e de la précédente, et paraît ne devoir ses différences extérieures qu'à la disposition des lieux où elle se produit. Ainsi , lorsque des eaux sulfureuses suintent, à travers des voûtes, ou de haut en bas, elles peuvent donner lieu à des espèces de stalactites de glairine. Telle e'taitla principale forme des concrétions glairineuses que j'observai à l'ouverture de cette grotte deThuezdont il a été' déjà question \ elles y étaient suspendues en agrégats fusiformes , s'amincissant de haut en bas , très-lisses extérieurement , de couleur rouge, très-difficiles a saisir , à cause du glissant de leur surface : mais de structure comme fibreuse à l'intérieur.

Si la glairine varie, comme on vient de le voir, par le mode d'agrégation des concrétions qu'elle forme , elle peut se présenter, également, sous des nuances très-différentes parmi lesquelles je signalerai les suivantes, comme étant les plus saillantes : i°. Glairine d'un blanc mat plus ou moins éclatant. C'est la nuance la plus commune, surtout lorsque les sources ne sont pas d'une température fort élevée. C'est celle que présente la glairine dans ses états floconneux , filandreux ou membraneux. J'ai retrouvé cette couleur aux glaires de Molitg, d'Escaldas, de Nyer, du Vernet, de Nossa, de la Preste, de Thuez, etc., etc.

2°. Glairine d'un blanc sale demi-transparent. C'est la teinte propre aux glaires muqueuses. On dirait qu'elle appartient, surtout, à la glairine qui s'est concrétée, à l'abri de Pair libre. C'est, du moins, ce que semble suggérer cette circonstance, que telle était la nuance des glaires que j'ai trouvées dans les conduits couverts des sources du Vernet et d'Arles, et de celles qui tapissaient la surface inférieure de la glairine membraneuse de la source Manjolet, etc.

3°. Glairine rouge. Le rouge de la glairine présente de nombreuses nuances, depuis le rouge sanguùi , jusqu'au rose pâle, ou jaune rougedtre. Ce sont des teintes qu'affectent, plus particulièrement, la glairine fibreuse et la glairine stalactiforme. Mais on peut les retrouver dans la glairine compacte ; ainsi que j'ai eu occasion de l'observer aux bains d'Arles , à la Basse d'en Carbonell

Les teintes rouges m'ont paru , généralement , coïncider avec les températures les plus éleve'es des sources sulfureuses. C'est, du moins, aux sources les plus chaudes que j'ai pu les observer; telles que celles de Thuez de 62,5° , R. et celles d'Arles de 49" K.

Bien plus, lorsque, dans une même localité, j'ai retrouvé des glaires blanches et des glaires rouges, j'ai constamment remarqué que ces dernières répondaient aux sources dont la température était la plus élevée. C'est ainsi qu'aux bains d'Arles , la glairine blanche s'est offerte à des sources dont

l4o SECOND MÉMOIRE.

la température était de 34°5, R. ( Manjolet) ou de 36° R. [Source du sieur Noguères)', tandis que c'était de la glairine rouge que l'on retrouvait aux sources qui marquaient au thermomètre R. 5o° 3 ( Escaldadou petit ); 49° (Bains des cochons); 48°,8 R. ( Escaldadou gros) ; 48% 3 (Source des bords du Mondoni ) ; enfin 45° ( Basse d'en Carbonell).

Ce rapport des températures avec la teinte des concrétions de glairine ne s'est montre, nulle part, dans mes observations, d'une manière aussi sailiante qu'un peu au-dessus de ce que j'ai nomme' la Basse d'en Carbonell. Là , sur la rive gauche du Mondoni , s'échappent, du même rocher, à quelques pieds Tune de l'autre, dans le sens du plan incliné de la montagne , trois petites sources décidèrent sulfureuses dont les eaux s'écoulent le long de la même rigole. Le filet supérieur était d'une température de 270, 2 R. ; celle du filet le plus voisin de la rivière était de 4^%5 B. , tandis que le filet intermédiaire en offrait une de 3y° R. ; eh bien ! le premier des trois courans ne présentait que quelques glaires blanchâtres peu abondantes; le second , dans l'ordre de position , offrait une couche très-décidée de glaires blanches; tandis que les glaires de la source la plus basse et la plus chaude étaient d'un rouge très-vif.

Je crois devoir noter que le rocher d'où s'échappaient ces trois filets sulfureux, offrait sa surface entièrement pelée, et que les concrétions de glai-

SECOND MÉMOIRE. l4l

rine, loin d'entourer l'ouverture presque arrondie à travers laquelle chaque courant s'écoule , s'aggloméraient, uniquement, à la partie la plus déclive et aux bords du courant , disposition qui me semble se prêter, plus que toute autre, à l'idée que ce sont des molécules venues avec l'eau qui forment ces agrégats.

Si ces trois sources de la rive du Mondoni sont très-propres à faire ressortir cette coïncidence de la teinte rouge de la glairine avec une température relative plus élevée, nous n'en ignorons pas moins quelles peuvent être les véritables causes qui fournissent de préférence la glairine rouge ; d'autant que j'ai trouvé, sur d'autres points du département (à Thuez) , des glaires blanches dans des sources sulfureuses de 6o° R. de température; et que , de l'autre côté, j'ai vainement tenté de faire prendre aux glaires blanches la teinte rouge , en les exposant à la chaleur de l'eau bouillante, même dans le digesteur. Cela n'empêche pas qu'aux bains d'Arles, ce rapport constant, entre la teinte rouge de la glairine et les sources les plus chaudes, ne m'ait paru un fait notable de l'histoire naturelle de la glairine, bien digne d'appeler de nouvelles observations.

4°. Glairine brune. La teinte brune ne me paraît appartenir à la glairine que lorsqu'elle a subi un commencement d'altération au contact de l'air. C'est la nuance que revêt, familièrement, la glairine la plus ancienne. A Molitg, la source sulfu-

l4'2 M ( OND MBMOUU

reuse produit sur les rochers où elle se répand, dans sa chute, une concrétion comme membraneuse, formée de plusieurs couches successives parmi lesquelles il n'est que la couche extérieure qui soil d'un beau blanc; les suivantes brunissanl de plus en plus. C'est un phénomène commun à toutes les sources où abonde la glairine blanche. On le retrouve également dans les concrétions de glairine rou

J'ai dit que le contact libre de Pair s^mblail contribuer i ce changement de couleur : nonseulement la glairine qui esl déposée dans les courans, de manière a être constamment recouve] d'eau, conserve, très— long-temps , sa couleur propre « blanche ou roi • i tnme on le \ oit aux bains d'1 scaldas et à ceux. d1 Arles; mais encore j'ai retrouvé comme inaltérées et douées de toutei leurs qualités primitives dea couches de glairine très - anciennement formées, lorsque cette formation avait eu lieu , soit dans des (.maux intérieurs, soit dans des réservoirs où Pair avait peu d'à* insi que j'ai eu plusieurs occasions de

lt \cliL

( ette persisl m< < de la glairine a se maintenir, Irès-longuement, a l'abri de la décomposition putride, au milieu de certaines circonstances , me semble un trait d'autant plus remarquable de son histoire naturelle, qu'il contraste davantage avec sa nature axotée, et ses analogies avec les substances animales, ainsi que nous aurons occasion <le

SECOND MÉMOIRE. l/|3

le confirmer, en traitant de ses dispositions pulrefactives, expérimentalement constatées.

Aux quatre teintes que je viens de signaler comme propres à la glairine, suivant la diversité des circonstances au milieu desquelles ses concre'tions se sont formées, j'aurais à ajouter la couleur verte, si je n'avais de fortes raisons de croire que cette dernière est étrangère à la glairine et n'appartient qu'à certaines productions organiques du genre des Tremelles qui viennent accidentellement s'y joindre.

L'on voit quelquefois au milieu des concréti de glairine, blanche, rouge, ou même brune, départies d'un \ cit brillant, demi-transparentes, qu'on ne saurait examiner d'un peu près, sans se convaincre que leur texture est sensiblement différente de celle du reste de la concrétion, et sans \ reconnaître des indices formels d'organisation.

C'est uniquement , ou presque uniquement, aux bains d'Arles, où, comme je Tai dit, les dépôts glaireux sont si abondans , que j'ai pu apercevoir, par-ci , par-là , quelques parties de ce beau vert

u milieu de masses de glairine très-mélang Elles ne forment, jamais, découches un peu suivies, mais seulement des concrétions très-circonscrites, qui tranchent notablement, par la vivacité de leur vert d'herbe, au milieu des agrégats de glairine auxquels elles se sont rattachées '. Tout me porte

1 M. Vauquelin a bien traité d'une matière verte qui pro-

l44 SECOND MÉMOIRE.

à croire que ces corps à teinte verte sont des produits organiques et d'une origine tout-à-fait différente de celle des concre'tions de glairine.

La glairine est, à peu près, inodore; l'impression qu'elle produit sur l'organe de l'odorat , lorsqu'on la dégage de l'odeur propre à l'eau sulfureuse, est du moins fade, très-faible, et difficile à caractériser.

Certaines variétés de glairine m'ont offert, peu de jours après les avoir recueillies aux sources, à

venait des bains de Vichy et qui avait été exportée par ees eaux, comme notre glairine est entraînée par nos eaux sulfureuses. (Voir son Mèm^Ann. de cliim. et deph., tom. XXVIII, pag. 98.) Mais cette substance de Vichy ne saurait être confondue avec celle dont il est ici question comme accidentellement mélangée aux concrétions de glairine des bains d'Arles. Cette matière végéto-animale de Vichy a également fixé l'attention de M. Longchamp qui a été porté à l'envisager comme analogue à sa barégùtt* A ce propos, ce chimiste présente sa baréginc comme passant au vert par V influence de l'atmosphère et jaunissant ensuite en se desséchant. {Analyse des eaux min. et therm. de Vichy, pag. 85. )

Quelques probabilités qu'il \ ait que sa barégine est la même substance que ma glairine, je dois dire que je n'ai jamais eu occasion d'observer dans ce produit de nos eaux la coloration en vert dont il s'agit. J'ai conservé long-temps et je conserve encore dans mon laboratoire , dans des flacons découverts, de la glairine blanche sans qu'elle m'ait jamais présenté cette transformation de teinte qui serait cependant, d'après M. Longchamp , un phénomène constant. Ce n'est pas , à beaucoup près, le seul point de l'histoire de ce singulier produit des eaux qui aura besoin de nouveaux éclaircissement.

SECOND MEMOIRE. l45

la place de leur odeur fade ordinaire, une odeur décidément aromatique, très-analogue à celle des violettes ou de la racine d'iris. Ce n'est du reste que sur la glairine rouge d'Arles que j'ai eu occasion de faire cette observation. J'ai vainement cherché à la répéter sur des glaires blanches.

Cette odeur de violettes, après avoir duré quelque temps, faisait place à une odeur d'un autre genre, de plus en plus repoussante; offrant quelque analogie avec l'odeur vireuse que prennent , dans leur mouvement fermentatif, les feuilles de tabac, et provenant manifestement d'une putréfaction pins avancée.

Les causes de ces différences me sont encore complètement inconnues. Les effets tendent, du moins, à établir que des glaires qui se décomposent avec une opposition si remarquable d'exhalaisons odorantes, sont de nature sensiblement différente, si, d'ailleurs, on n'avait lieu de présumer que ces concrétions de glairine se formant en plein air , des corps étrangers ont pu s'y introduire ou s'y développer et devenir la source de cette odeur de violettes; ou, mieux encore, que cette modification de nature qui distingue la glairine rouge , lui a donne la faculté' de subir sa décomposition spontanée avec des phénomènes particuliers.

C'est bien, manifestement, à l'intervention d'une matière étrangère à la glairine , que Ton doit rapporter l'odeur fortement sulfureuse qu'exhalent

l46 SECOND MÉMOIRE.

certaines glaires, lorsque, conservées depuis longtemps, elles ont pu subir leur putréfaction , tandis que dans des circonstances analogues, d'autres glaires n'offrent rien de semblable.

Des glaires de Molitg conservées, quelque temps, humides, dans des vases bien bouches, exilaient une odeur infecte d'acide h\ dro-sulfurique et ont pris, alors, une teinle noire très— foncée. Ce nVst point là l'odeur sulfureuse des eaui dont elles proviennent, c'est I odeur hépatique dans toute son intensité repoussante.

Je conserve, au contraire, depuis plusieurs années des glaires d1 Vile-, sans qu'à aucune époque, paie pu remarquer en elles autre chose qu'une odeur putride, mais non sulfureuse ; d'oà il me semble qu'on peut justement conclure que cette odeur hépatique dont s'accompagne la putréfaction de certaines glaires , pi-end sa source ailleurs que dans |,i glairine, notamment dans une certaine quantité de soufre ou d'bjrdrosulfate alcalin que ces glain - ei traînent lorsqu'elles appartiennent à des sources riches en principe sulfureux.

Il en est, ;i peu pics, dans ces cas, eomme de l'al-

bumine du blanc d'œuf qui, unie d'abord à certaines proportions de soufre et d'alcali dans des

états de combinaisons nullement odorantes, laisse former ensuite, surtout par la cuisson, nn hydrosulfate alcalin d'une odeur faible, et exhale enfin ,

dans l'acte de sa putréfaction, une odeur infecte d'œufs pourris qui provient e\ nl-mment delà dé-

SECOND MEMOIRE, y fa

composition de cet hydro-sulfate, sans qu'on puisse établir que c'est là un des attributs de l'albumine. Je suis donc très-porte à regarder la glairine que déposent les sources fortement sulfureuses, comme entraînant ou retenant avec elle des proportions plus ou moins notables de soufre ou d'h vdro-sulfate alcalin, et devant, dès-lors, à des réactions que sa propre putreïaction peut faciliter, rémission de gaz acjde hydro-sulfurique qui caractérise, dans ces cas , sa décomposition avancée; au lieu que lorsqu'elle appartient à des sources peu chargées de principe sulfureux, elle en est plus pure, et partant moins exposée à exhaler , dans sa putréfaction, une odeur dont l'origine lui

est étrangère,

Cette observation explique pourquoi quelques observateurs avaient présenté les glaires comme étant des concrétions de soufre sur ce que, desséchées, elles brûlaient, quelquefois, à la manière de ce combustible, avec flamme bleue et odeur vive d'acide sulfureux. Il est évident que ce mode de combustion, étranger à la glairine elle-même, doit être rapporté a la présence de quantités plus ou moins grandes de soufre, entraînées par elle et croissant avec la richesse de la source en ingrédiens sulfureux.

La saveur de la glairine n'est ni plus prononcée, ni plus facile à caractériser que son odeur. Pour réprouver sans illusion, il faut éviter soigneusement de confondre celle qui est propre à la glai-

ri ne, avec celle qui appartient à l'eau sulfureuse dont la glairine est imprégnée, dans son état habituel. Ce n'est donc qu'autant que les glaires ont été exprimées et lavées avec Feau pure, qu'on peut éprouver le genre d'impression qu'elles font sur l'organe du goût. On ne leur trouve, alors, qu'une saveur éminemment fade, comparable à celle des gommes végétales peusolubles; sans que j'aie pu apercevoir, sous ce rapport, entre les nombreuses variétés de glairine , des différences assez sensibles pour être notées.

Il est évident que si Ton dégustait , sans les précautions indiquées, des glaires abondantes en principe sulfureux, on en éprouverait des effets sapides très-prononcés, sans qu'on eût le droit d'envisager cette saveur comme un attribut de la glairine.

Cette circonstance d'être, dans son état de pureté, si faiblement sapide, presque inodore, et, j'ajouterai par anticipation, très-peu soluble à Feau, semble rendre la glairine peu propre à produire des effets médicinaux d'un certain ordre qu'on a cependant cherché à en obtenir. Dans tout ce qui concernera ses applications médicinales, il faudra bien distinguer le genre d'efficacité qui sera l'apanage de la glairine dans sa pureté, de celui qu'il faudra attribuer aux matériaux entraînés par elle. C'est un genre de considérations qui n'a point encore fixé, que je sache, l'attention des médecins observateurs ; et cependant il serait im-

SECOND MÉMOIRE. l49

portant de s'y arrêter , parce qu'il est très-probable qu'on obtiendra des résultats médicinaux trèsdifférens, suivant qu'on emploiera des glaires provenant de sources diversement pourvues d'ingrédiens sulfureux.

Si nous nous contentions, par exemple, d'en juger d'une manière purement théorique ou analogique, nous serions tenté de n'attribuer aux glaires dépourvues de soufre ou de principe sulfureux, qu'une efficacité èmolliente; au lieu qu'elles se montreraient de plus en plus excitantes et résolutives, suivant qu'elles abonderaient davantage en matériaux sulfureux. C'est ainsi qu'une circonstance étrangère à la nature de la glairine la rendrait susceptible d'applications presque opposées. On sent combien une pareille distinction est importante pour jeter quelque jour sur un genre de services auquel on a cherché, depuis fort longtemps, à approprier les glaires des eaux sulfureuses , et séparer ainsi ce qui peut appartenir à la glairine, d'avec ce qu'elle doit à des matières étrangères plus ou moins actives.

Ce qu'on trouve dans les auteurs sur les bons effets de l'application topique des glaires au traitement des ulcères , des dartres et autres maladies externes , est fort éloigné de suffire pour suggérer quel est le véritable caractère de la médication produite; et cela parce qu'on a généralement oublié de noter ce qui devait éclairer sur le caractère des indications auxquelles il s'agissait de satisfaire.

îD0 SECOND xMÉMGIRF:.

Ainsi, dire, avec Bordeu , que les glaires seivent pour des ulcères et pour des tumeurs mieux que quelque baume que ce soit ', c'est signaler, trèsimparfaitement, les vertus de ceîte substance puisqu'on laisse ignorer quel est le vrai caractère des ulcères et des tumeurs contre lesquelles on la met en œuvre , et il s'en faut qu'on ait toujours à remplir, dans ces cas, des indications uniformes.

Je ne saurais, d'ailleurs, trop insister sur la nécessite de distinguer , dans toutes les applications thérapeutiques où il s'agira d'utiliser les glaires des eaux sulfureuses, ce qu'on devra attribuer au principe sulfureux qu'elles peuvent retenir ou aux autres substances accessoires, d'avec ce qui sera du ressort de la glairine elle-même; ce dernier effet' seulement devra servir à établir ses vertus médicinales. J'avoue qu'ayant cherché avec soin, dans les divers auteurs qui ont parlé de l'emploi médicinal de ces glaires, à me faire une idée précise du caractère de leurs vertus, je n'ai pu y parvenir , parce que l'imperfection avec laquelle les observations en ont été faites, jette, à cet égard, dans une indécision insurmontable. On doit convenir cependant, que l'indication du parti qu'on peut tirer de la glairine, dans le traitement de nos infirmités, ne serait pas un des traits les moins importais du signalement de cette substance.

Tout me parait encore à faire à cet égard , et je

1 Lettres sur tes eaux miner, du Béarn, etc., pag\ 98.

SECOND MÉMOIRE. l5l

suis très-porté à croire que ce ne serait pas sans utilité qu'on prendrait en considération la distinction que j'ai suggérée. Ce n'est pas seulement dans les applications topiques qu'on aura à examiner les glaires des eaux sulfureuses; on pourra les étudier aussi dans leur administration intérieure pour laquelle certains médecins ont tenté de l'employer, au rapport de Bordeu.

Un travail suivi , dans ce genre d'investigation , par les médecins qui résident près des sources sulfureuses, serait utile, non-seulement par ses résultats directs, mais encore par les lumières qui rejailliraient sur la synthèse ou imitation des eaux minérales sulfureuses. Il est certain qu'on ne pourra guère se promettre d'imiter, par les procédés de l'art , les eaux sulfureuses entraînant de la glairine, avec assez de fidélité pour être en droit d'en conseiller la substitution pure et simple, qu'autant qu'on sera parvenu à dévoiler le degré et le mode d'influence que peut exercer la glairine.

A l'égard des tentatives d'imitation qui ont été faites, jusqu'à ce jour, pour remplacer la glairine, dans les eaux sulfureuses artificielles, on sent bien qu'elles ont dû être très-imparfaites, puisque, manquant de données suffisantes, sur la nature et le caractère d'action de la gîairine , on a été réduit à la remplacer par une dissolution de gélatine qui ne conserve avec elle que des rapports très- vagues.

Si l'observation prononçait que la glairine n'est

pas sans efficacité médicinale propre, quelle entre pour quelque chose dans les bons effets des eaux minérales dont elle fait partie, il resterait à rechercher comment il faudrait la remplacer ou la suppléer, pour la fabrication artificielle de ces eaux. Peut-être, le moyen le plus assure' serait-il alors , d'aller puiser des approvisionnemens de glairine concrète , aux sources qui la fournissent avec le plus d'abondance, pour l'introduire, sous une forme convenable , dans le liquide destine à représenter une eau sulfureuse?

Il est bon d'observer que lorsqu'on a conseillé défaire intervenir une dissolution de nature gélatineuse, dans la préparation des eaux sulfureuses artificielles, c'clait, le plus souvent, bien moins dans le but de remplacer la glairine ou matière animale qu'entraînent les eaux sulfureuses de la nature , que dans le dessein de produire ainsi , sur la peau, cet effet d'onctuosité savonneuse qui appartient assez généralement aces eaux et qu'on aime tant à leur relrouver.

Je ne saurais dire si , réellement, la glairine que les sources sulfureuses entraînent en dissolution, ou en flocons, contribue à leur donner ce caractère onctueux dont il s'agit, ce qui ne laisserait pas de figurer utilement dans le signalement de cette substance; mais j'ai du moins de fortes raisons pour croire que la plus grande partie de cet effet d'onctuosité comme savonneuse est l'ouvrage du sous-carbonate de soude que j'ai constamment

SECOND MÉMOIRE. l53

retrouve dans les sources minérales sulfureuses qui se distinguent, le plus éminemment, par ce genre d'impression sur la peau.

Bien mieux : lorsque j'ai voulu communiquer à une eau quelconque cette qualité qui la fait agir sur la peau à la manière d'un savon , il m'a toujours été facile de le faire en y introduisant une quantité suffisante de sous-carbonate de soude, à moins que les eaux ne tinssent, préalablement, des sels terreux que Ton sait être décomposables par les sous-carbonates alcalins.

En admettantle sous-carbonate de soude comme le principal ingrédient auquel il faille attribuer le caractère onctueux des eaux sulfureuses que j'ai examinées, je suis loin de prétendre que cette onctuosité des eaux minérales qui fît admettre jadis, par certains hydrologues, une classe iïeaux savonneuses , provienne , constamment , d'une même cause. Tout me porte à croire que cette onctuosité peut dépendre de causes différentes , ainsi que je tâcherai de le prouver dans une autre occasion. Ici, il me suffisait de faire entrevoir que ce n^est point un attribut de la glairine. Au reste, c'est un point de son histoire qu'on ne pourra nettement élucider, qu'autant qu'on aura à éprouver une eau tenant delà glairine, mais privée de souscarbonate alcalin et de toute autre substance partageant le droit de réaliser, sur la peau , une impression de ce genre, ce que je n'ai pas eu, jusqu'ici, occasion d'observer.

i5 j SECOND MÉMOIRE.

Page 1