‹ Mémoires pour servir à la connaissance des crinoïdes vivantsChapitre 6 sur 10 · Génération · texte numérisé non relu

Génération

La génération des lis de mer de l’époque actuelle, notamment celle du Pentacrinus, est encore inconnue; on ne sait pas si la matière génitale s’y forme dans les pinnules, comme chez l’Antédon. Il était donc de la plus haute importance de connaître ce qu’il en est, sous ce rapport, du Rhizocrinus. L’examen des non|breux spécimens rapportés pendant les 2 premières années par mon fils des îles Lofoten, ne m’a pas fourni la solution de cette question. En vain j’ai minutieusement étudié toutes leurs pinnules, dans l’espoir d’y trouver, comme chez l’Antédon, les traces d’organes génitaux. Partout les pinnules présentaient le même aspect, sans vestige de renflements des parties molles, semblables à ceux qui, chez l’Antédon, indiquent le siège de la matière génitale.

La troisième année seulement, mon fils, à qui j’avais particulièrement recommandé d’y prêter toute son attention, trouva, à la fin du mois de Septembre, un seul de

nos lis de mer, chez lequel les organes génitaux avaient évidemment commencé à se développer. Cet individu, soigneusement conservé dans l’esprit de vin, fut ensuite soumis par moi à un examen minutieux. C’est le plus grand de tous ceux trouvés jusqu’à présent; sa

tige a près de 70 mm. et ses bras ont 10 mm. de longueur. A chacun de ses cinq bras

munis de 6 paires de pinnules, la pinnule inférieure de l’un et les deux pinnules inférieures de l’autre côté (fig. 60, p, 60^) du bras présentent des renflements frappants, qui les rendent, quoique moins longues, un peu plus épaisses que les suivantes. Ces renflements proviennent de ce qu’il s’est formé, dans l'intérieur des pinnules, une masse allongée fusiforme et finement granuleuse (fig. 60, 60^, ÿw), s’étendant presque depuis la base de la pinnule jusqu’à un peu plus de la moitié de sa longueur. Cette masse, qui par sa couleur d’un blanc opaque se voit parfaitement à travers les téguments extérieurs, se composait, d’après l’examen que

mon fils en fit sur l’animal vivant, de très petites cellules de forme elliptique allongée ou

assez semblables à celles que M. Wyville Thomson (1. c., pl. 23, fig. 4, 5) a trouvées dans le testicule de l’Antédon. Il est donc presque indubitable que cette masse blanche opaque était un testicule encore au commencement de son développement, puisqu’il était impossible d’j découvrir des spermatozoïdes, et que les organes génitaux du Rhizocrinus s’accordent avec ceux de l’Antédon et y occupent la même place.

Un autre individu pris simultanément, dont la tige est incomplète, mais dont les bras sont encore un peu plus développés que ceux du premier, étant longs de 11 mm. et pourvus, chacun, de 7 paires de piunules (l’un des 5 bras même de 7 pinnules de l’un, et de 8 de l’autre côté), ne présente cependant encore aucune trace d’organes génitaux, les pinnules inférieures n’étant pas renflées, mais tout-à-fait semblables aux autres. Il est d’ailleurs assez connu que, chez certains individus, la génération commence plus tôt que chez d’autres. Puis- , que nous connaissons à présent la saison où commence la génération du Rhizocrinus, nous réussirons sans doute aussi plus tard à mieux la connaître et à avoir des renseignements sur le développement de cet animal.

Page 1