‹ Mémoires pour servir a lh́istoire de DombesChapitre 10 sur 19 · HUMBERT II · texte numérisé non relu

HUMBERT II

Je crois que Humberl II fut marié du vivant de ses père et mère, qui lui cédèrent partie de leur seigneurie, car il donna à l'abbé Odilon (a), du vivant de son père que nous avons tu avoir fait des dons à l'abbé Hugues, successeur d'Odilon, l'église Sainte-Mario de Qninsié et un mas dans la môme paroisse, et une fragée, dit la charte, au Monchanin, que devoit le jeune Vandelbert à Fulgerius, avec ses enfants, et il leur quitta aussi, dès-lors, le repas que ce Foulgier lui devoit pouf investiture. Hunbert signa avec Hugues, son frère, Arbert, deux autres Hugues et Guicbard. Je ne sais si au lieu de fragée il ne faudrait point lire une corvée, frageiam pour eorteiam, car je ne sais ce que cette fragée pourrait signifier, au lieu qu'Humbert aurait pu céder une corvée que ce jeune Vandelbert devoit faire au Montchanin, et je ne sais ce qu'il lui aurait donné en lui donnant cette fragée.

Cet acte doit être de l'an 40*5 à ( 048. Je crois que la première femme dTInmbert fut nne fille d'Hugues, comte de Chalon, frère de Guillaume, comte de la même Tille, car dans les titres de la bible du chapitre de Beaujeu l'on trouve un acte par lequel Guillaume, comte de Chalon , déclare qu'il donne à Uumbert de Beaujeu sa nièce, fille de son frère Hngues, avec toute la terre et seigneurie qui lui étoit échu* de l'hoirie de son père, qu'il donne aussi cette terre à l'héritier de celui qui l'épousera, c'est-à-dire à l'enfant que cette dame aurait, tt déclara de plus qu'il faisoit l'enfant de sa nièce son héritier, s'il n'avoit point d'enfant de la sœur d'Humbert qu'il amt épousée. Le comte de Chalon jura ces articles et surtout qu'il n'empêcherait pas

[«] ftrtul. r.lo:iT n, «ob OJilonc, fol. IS, «M» st.

MÉMOIRES rot H SERVIR

quHuinbert ne jouit des terres qui apportenoient à sa nièce, dont cet acte ne dit point le nom de baptême que l'on prétend avoir été celui de Vandelmodc.

Ce comte Hugues de Chalon confirma au prieuré de Saint-Marcel [a] tous tes biens que le prieur et ses religieux avoient acquis jusqu'alors, soit par dons ou d'autre manière, du tems de ses prédécesseurs ou du sien, c'est-à-dire du tems d'Hugues, abbé de Cluny, d'Alvisc, prieur, du tems d'Henry, empereur des Allemands, qui avoit été à Desançon les dernières fêtes de Noël, et du tems de Philippe, roi de France. Cette charta fut confirmée par Mr Roclenus, évéque de Chalons, Vautier de Noble», Liebaud et son fils, Varulphe, Guy de Palnet et autres. Cette charte est de l'an 1 077, que l'empereur Henry passa les .'êtes de Noël & Besançon, suivant Lambert de Scbafnabourg.

Environ l'an 1061 et du tems de Dreux, évêque de Màcon, Hugues, Guichard et Etienne de Bcaujcu, avec leurs fils et filles, tous descendants de Bcraud de Beaujcu, donnèrent ou plutôt rendirent à l'église de Beaujeu (b) les églises et les terres que ce Beraud et ses successeurs lui avoient données, et dont ses descendants s'étoient peutêtre emparés, et ils prièrent cet évêque d'ériger en chapitre leur chapelle du château de Beaujeu et d'y établir des chanoines, à la charge que les biens qu'ils rendoicnl seraient communs entre eux, sans qu'aucun d'eux ni aucun do leurs successeurs ou parents pût leur demander aucun service, aucun devoir, aucune coutume, ni leur ôler les biens qu'ils leur rendoient. Ils prièrent l'évêque Dreux d'excommunitr celui de leurs parents ou d'eux qui contreviendrait à leur demande et qui voudrait ôter les biens qu'ils rendoient, ou qui imposerait quelques droits, comme leurs pères et ayeuls avoient eu dessein de le faire, ainsy qu'on le voyoit dans la cédule qu'ils en avoient faite pour servir de mémoire à la postérité, lorsqu'ils firent leur donation. Avant ce tems-ci, la chapelle du château, qui servoit d'oratoire à ces seigneurs, n'étoit servie que par des simples clercs et n'étoit point érigée en chapitre, comme la notice de cette église le fait voir. Dreux érigea donc cette église en chapitre, après quoi et en 1 070, le pape Alexandre II prit ce chapitre sous sa protection spéciale, à la prière de cet évêque [«).

Hugues de Beaujeu, frère de notre Humbert, Guichard et Étienne, qui étoient de la maison, firent ensuite agrandir l'église de Beaujeu, que l'on voit visiblement avoir été bâtie a deux fois. Cette vérité est d'ailleurs établie pour l'obituaire de cette église, qui, parlant d'Hugues, qui mourut le 24 novembre, dit qu'il étoit l'auteur et le restituteur de leur église.

Il est à croire que c'est cet Hugues qui fit mettre sur la porte, du coté droit et sous le clottre de cette église, un marbre blanc où l'on a représenté un ancien sacrifice des Romains appelé soli taurilia. L'on dit qu'il y a à Rome une ancienne pierre qui représente un pareil sacrifice, mais qu'elle n'est point si parfaite ni si entière que

(») Chiffl«l,L«Ure de Bc.lrix de Cbalon», p. 181. — Cru t«t.

(■) Notice de l'egli.e de Beeujeu, nu. f. It. (T. „-,(„.., Pièce. ja»tiflc*llie., p. li

(c) Strert, in Uilùc, p. IM. — V. iutti CirtaUin de Beaujeu, p. 0.

Di

a l'histoire de dombes.

celle de Beaujeu, où l'on voit les païens qui mènent leurs bœufs et leurs taureaux pour être sacrifiés; le sacrificateur qui les immole et les païens qui ayant pris des pièces de bœuf immolé, les emportent chez eux. Il y a cependant une petite partie de cette pierre qui est cachée. L'on croit qu'elle a été tirée de quelque temple d'idoles qui pouvoit avoir .été sur la montagne de Beaujeu où le château a été bâti, ou dans quclqu'autrcs montagnes voisines. C'est ce que M. Bessié do Montausan, doyen de cette église, dont nous avons déjà parlé, nous en a appris. Guillaume Paradin a décrit ce sacrifice dans son Histoire de Lyon (a).

Guichard, frère de Mi Ion de Limans (c'est Litnas, près Villefranchel, donna sa terre de Limans à notre Humbert, frère de Guichard de Beaujau [•), après quoi Guichard de Limans lit hommage à notre Humbert, qui rendit sur-le-champ à Guichard la terre qu'il lui avoit donnée, a la charge de la tenir de lui en fief, à condition que si Guichard mouroit sans héritier de sa femme, la terre de Umans appartiendrait à Humbert de Reanjeu. Humbert eut néanmoins, pour marque de sa possession de cette seigneurie, ou pour son investiture, un moulin que Guichard de Limans lui laissa. Les témoins qui assistèrent a ces dons furent, de la part de notre prince, Éticnne de Marchamp, Élienne, doyen, Hugues Duvcrnay, Pierre de Varennes, Arnoul do Fougères, Girard de Marzé, Hugues de Camvics ; et de la part de Guichard de Limans, Pierre de Limans et Ponce Gat. Cette inféodation fut faite au cloître du chapitre de Beaujeu.

Ccâ^ortes de dons simulés, pour faire un fief d'une terre qui éloit libre et franche, ont été fort en usagè^dans re tems-ci et dans les siècles suivants, comme nous le ferons voir. Il semble que ce Guichard de Limans faisoit une injustice à son frère de le priver de sa seigneurie pour la donner à notre prince ; mais il se peut faire que son frère fût mort et qu'ainsy il voulût préférer Humbert de Beaujeu à ses autres parents qui pouvoient être en degré plus éloigné. Je crois que Humbert ou ses enfans héritèrent de Limas, car c'est dans cette terre qu'a été bâtie Villefranche, capitale du Beaujollois. Cette charte doit être de 1064 ou 1065, et postérieure à l'érection de l'église de Beaujeu en chapitre, puisqu'elle nomme Éticnne, doyen, qui ne pouvoit l'être que de cette église et que je crois avoir été le premier qui a possède cette dignité.

Il y a une charte dans le Cartulairo de Cluny (c), qui est de ce tems-ci, qui nous donne les noms de plusieurs des seigneurs de la maison de Beaujeu dont nous n'avons pas encore trouvé les ancêtres ni pu faire quadrer la généalogie; en effet, un Étienae, qui est apparemment le mème.dont nous venons de parler, qui confirma à l'église de lieaujeu ses anciennes possessions, donna à Odilon, abbé de Cluny, ou à son abbale, un clos qu'il avoit à Moncu, sans y comprendre les acquisitions qu'il y pourrait faire; il ne se retint sur le clos aucun droit, ni cens ou coutume. Guy, fils, à ce que je-

(a) Ut. î, tbap. 21, pigr 151.

(.! SI» , fol. 17.

(c) Orloluire V\mty B, M. »lfl, oru !7Î

?<~>3 MEMOIRES POUR SEftVlR

crois, d'Hugues, dont nous venons de parler, cousin d'Etienne, Humbert, Guicbard et Dalmais frères, fils de Guichard, aussi ses cousins, Guy et Robert, qui éloient encore ses cousins, et Letald, son neveu, confirmèrent tous ce don, Pierre de Varennes, Ennui n de Piseis et plusieurs autres y furent présents et consentants.

Je crois que c'est en l'an 1084, où le premier jour d'août se trouvoit un dimanche, que Humbert de Beaujeu, sa mère Ricoaire et ses frères Guichard, Dalmais et Hugues, donnèrent la moitié de l'église Saint-Pierre de Montmelas, située au pays de Lyon, au territoire de Denecè, à l'abbé Dalmais de Savigny (a), comme les prêtres, c'est-à-dire les curés, en avoient joui jusqu'alors et en avoient dû jouir. Ces seigneurs reçurent néanmoins pour ce don (qu'ils n'osoient appeler une vente), 200 s. monnoic de Poitou et { 200 solidèes. Voulant que l'abbaïe de Savigny entrât dès ce jour-la en possession de cette église, et que qui que ce fût ne la lui pût oter, ni eux-mêmes, ni leurs héritiers, ni leurs parents. Us firent cent imprécations contre ceux qui y voudraient contrevenir. Humbert de Beaujeu, Hilon, Vicard de Marcy, Bernard, son (ils, Berard et Humbert d'Oin, frères, Itier de Bullcn, Robert Rhu, Guillaume Decha, Pierre Démon, Guillaume Decubel, Falcon, Hugues et Teotgrin de Tanay, Jarenlon Mau, Pierre Decuel, Durant de Chairsalé, Hugues de Mode, furent présents à cette charte, et Bertrand l'écrivit. Le Cartulaire dit que le roi Conon régnoit dans les Gaules, mais c'ast une erreur du copiste; c'étoit le roi Henry, empereur et roi de Bourgogne, qui y régnoit, et au lieu de Conon il y avoit apparamment Henry, mot effacé ou mal écrit, que le copiste ne sut pas lire.

Je ne sais si le copiste, ayant entendu parler du cardinal Conon, qui fit tenir divers conciles contre l'empereur Henry, (Ils de celui-ci, auroit voulu dire que ce cardinal régnoit dans ces pays-d pour le pape ; si le copiste l'avoit voulu faire, il auroit erré de plus de 50 ou 60 ans ; mais je croîs que son erreur a été une simple erreur, sans qu'il eut aucune iulentiqn de parler de ce cardinal.

Un chevalier nommé Achard [peut-être de la maison de Montmerle) donna a l'abbaïe de Cluni (n, un mas qu'il avoit à Romans, mais il retint que son fils Guichard pourroit le racheter en donnant Î0 s. à cette abbaïe. Amédec, Hugues, Girin et leur mère Blismode approuvèrent ce don qui fut fait à Cluni, l'an 18* du règne du roi Henry, empereur, qu'il n'appelle que roi, parce que les biens donnés éloient nn royaume de Bourgogne. Cette charte est sous l'abbé Hugues, qui ne fut élu abbé que l'an 1 049, c'est-à-dire après la 4 8a* année d'Henry, roi de France ; ainsi cette charte est de l'an 4074 et du règne de l'empereur Henry, et non d'Henry, roi de France.

Je ne sais quels différents notre prince eut avec les archevêques de Lyon, et quels maux il put faire dans leurs terres avant l'an 1 076, car le pape Grégoire VII l'excommunia aussi bien que le comte do Forez et une infinité d'autres seigneurs (cl: il

(») CartaUin Singnr, art* 7SS. (T. A. Bernird, p. 100, ch. 751.)

(*) Ctrtaltirt Clanf B, fol. iso, carli SOS. (V. Pii«c* jailifletlivei, p. M,)

fc) Se«cri, In Lugd., iuGctoiio, p. IIS, in mirgint .— FUnry, Bill. Etcl«., l. I», lir. 71, ivW). pfMJ <1» l'iA-tt.

A LillSTOIHK DE DOXBES.

excommunia môme l'empereur, mais comme ce pape levoit facilement ces excommunications et que notre prince se régla peut-être avec Gebuin, nouvel archevêque de Lyon, son excommunication fnt bientôt levée, et je crois que dès qu'elle le fut, ce seigneur voulut faire sacrer l'église de Beaujeu par cet archevêque Gebuin, par l'évéque de Mâcon et par Hugues, évéque de Die et légat du pape, qui avoit apparemment donné lui-même l'absolution à notre prince. La notice de cette consécration est de l'an 1 07C, mais c'est une erreur ; elle ne put être que de 1 078, soit par La raison de l'excommunication d'Uumbcrt, en 4076, soit parce que cette notice dit que le jour de Pâques de l'année de ce sacre fut le 9* d'avril, et que celui du sacre fut un samedi 8» décembre, ce qui ne se trouve qu'en 1078. L'erreur est venue du copiste, qui, au lieu démettre M.LXXVI1I, n'a mis que M.LXXVI ; peut-être môme les deux derniers II se sont-ils effacés ou que l'on n'y a pas assez pris garde; mais ce sacre ast certainement de 1078. Plusieurs auteurs croyant que Landry ne fut évéque de Mâcon qu'en 1077, ainsi il n'auroit pu assister au sacre en qualité d'évêque, en 1078, puisqu'il ne l'étoit pas encore.

Geoffroy de Saint-Nizier, ûls de Dreux, céda et abandonna en ce tems-ci, à Hugues, abbé de Cluni (a), tous les esclaves et toutes les familles qu'il leur contestoit; il leur quitta aussi tous les servis et les exactions ordinaires ou accoutumées qu'il avoit sur leurs obéances; il leur donna encore toutes les dixmes de ses terres qui appartenoient à l'église de Saint-Nizier, et l'abbé rendit & ce seigneur le tief que tes prédécesseurs avoient tenu des abbés Hayeul et Odilon, à la charge que si l'on avoit ajouté quelque chose injustement à ce flef, il le quitteroit. Nous rapportons cette charte parce qu'elle fait voir que les scignenrs prétendoient l'exemption de la dixmo de leurs fonds et que l'on augmentoit souvent ou que l'on diminuoit les fiefs, selon que l'on croyoit avoir intérêt de le faire.

Humbert de Beaujeu se trouva présent, environ ce tems-ci, à la cession que Gaumard d'Arpayé, Geofroy de Mailly, et Éticnnette, sa femme, firent entre les mains de Landry, évéque de Maçon, et pour son église ib), de la moitié des dixmes do Lentigny, outre ce que I.etard en tenoil, à condition que cet évéque les absoudrait du péché qu'ils avoient fait en en jouissant injustement, et qu'il les rendrait participants des prières de son église, ce qui leur fut accordé. L'évéque Landry, Eudes, doyen, Jean, précenteur, Humbert de Beaujeu et Geofroy de Mailly signèrent la charte, le roi Philippes régnant; Humbert y fut préseut, à ce que je crois, comme seigneur supérieur des donateurs et îles dixmes cédées, et pour approuver celte donation.

Cest à peu près en même teins que ce prince, du consentement de sa femme qu'il ne nomme point, céda à 1'égfi.se de Màcon (c), l'évéque Landry acceptant, tous les droits qu'il avoit sur l'église de Mardore, sur la chapelle Saint- Vincent, sur l'église de Sainte-Marte de la Gresle, et sur toutes leurs appartenances en prés, terres et

(, C.arlul.iir»d*f lunjr B. loi. !S»,«rU«l5

Lib. Imcél , fol. IM. 1. lUgui. |> SIH. th. ttXLI. . — s„«rl, in M.ti.f.. p. , is. («) LU». InnUMi., (tl. 10. U ,p. Il, ch. XXI.) — Smtt, p. 117.

MEXOIHES POl'R SERVIR

bois, eaux et cours d'eaux, en sorte que cette église les possédât dès ce jour-là, et tout le domaine qu'il y pouvoil avoir; il |iermil même à cette égliso d'acquérir de ceux qui tenoient des fiefs de lui et de les posséder sans que lui ni ses héritiers pussent l'empêcher. Il souhaite que ceux qui voudront contredire à ce don soient privés par le jugement de Dieu de toute son hoirie. Artaud de Marchanson [peutêtre de Marchampl\ Girard de Mardoro, Ardrad de Vasti, Durand de Montmain, Étienne de Frepcr, Bernard de Joyeux, furent présents à cet acte.

L'on trouve trois autres chartes qui regardent Mardore, dans le même Cartulaire de Maron, d'où les ci-dessus sont tirées; par la première (a), il parolt qu'une dame noblo appelée Adalasie donna une partie de l'aleu qu'elle possédoit pour y bâtir une chapelle à l'honneur de sainte Marie-Magdeleine, que l'évêquo de Mâcon Bcrard, successeur de Landry, alla sacrer, à la prière des enfans d' Adalasie, lorsque celle chapelle eût été bâtie.

Par la seconde (b), Bernard, archiprêlrc de Mardore, déclare qu'il a recouvré les dixmes, les prémices et les oblations des villages de Salgie et Viuornelis, qu'un moine appelé Dalmais leur prenait. Il y déclare aussi qu'il y avoit acheté deux emplacements dans le cimetière de l'église, où il avoit bâli deux maisons ; ce» emplacements avoient coûté 20 s. monnoie de Lyon, qui avoit cours dans ce tems-là.

Par la troisième (cl, Guichard, fils de Girard de Court, frère de Ponce, qui possédoit comme héréditairement le quart des dixmes de la même paroisse de Mardore, les donna, du consentement d'Aldegarde, sa femme, à la même église de Mâcon, le même évêqne Landry acceptant. Ce Guichard ordonna qu'aucun de ses parente ne pût inquiéter l'église de Mâcon sur cette portion de dixme, parce qu'avant de la donner il avoit invité et fait inviter [«r ses amis son frère Ponce, qui jouissoit de l'autre quart, d'acheter le sien, ce qu'il n'avoit pas voulu faire; c'est pourquoi il en avoit cédé ses droits à l'église, reconnoissant même que ses ancêtres avoient enlevé ce quart à cette église. Cette cession fut faite du consentement d'Humbert de Beaujeu, du presque fief duquel cette dixme relovolt; ce consentement étoit déjà dans la charte que nous avons rapportée ci-dessus, Les témoins de cette restitufion furent Guichard l'Essalas, parent des de Court, Hugues Fuldiade (ou Fondras), Berard Vérin, Étienne d'L'rbot, Ponce de Mermissc et Ét enne Butcrie.

Cette charte et les précédentes appellent le don des dixmes des restitutions, parce que les ecclésiastiques prétendoient que les dixmes leur étoient ducs de droit divin, et qu'ainsi les laïcs ne pouvoient pas les posséder; ainsi ils croyoient que lorsque les laïcs les leur donnoient, ils ne faisoient qu'une restitution d'un bien qu'ils possé-. doient injustement; cependant Alcuin n'étoit pas d'avis que les dixmes fussent dues de droit divin (d), car ce savant homme, écrivant à un évêqne qui étoit allé près-.

(,) Uk Uni., fol. IKJ. (M. Hv.il. p. SU, ch. DXXXII.) (■) lbid.,fol. IHt Id ,p J1J, rb DXXXI1I.) (4 Lib. 1b«I., fol. I»7. (1,1., p. Î36, ch.DXLV.) U) Vettr. A.«l,cU Sfobifo.., fo-fol.. p.g. loi), col. J,

a l'histoire uk dombhs. 233

cher la foi à des paycns dans le nord, lui défendit de leur prêcher l'obligalion de payer les dixmes, qu'il dit être une charge que les François ni les autres chrétiens n'avoicnt pu supporter, et il ajoute qu'il ne falloit leur prêcher le salut que par la foi en Jésus-Christ. La pluspart des églises paroissiales ne jouissoient pas des dixmes, en ce tems-ci ; presque toutes les chartes que nous a\ons rapportées en justifient, puisque les seigneurs les donnoient à l'église. Les Capitulaires de nos rois (a] ordonnoient de donner des fonds aux curés, à concurrence de douze pomiers de terre, arec deux esclaves ; mais ils n'ordonnèrent |K>int de leur donner les dixmes. La paroisse Saint-Laurent d'Azole n'avoit point de dixmes environ l'an 'J60. Gausmard, abbé de Savïgny, la dota et lui donna les fonds de la montagne on elle étoit située, avec un mas et trois esclaves (b). Ceux qui voudront en voir davantage sur cette question n'ont qu'à consulter La Guessière, au second tome du Journal des Audiences, liv. 1, chap. 38 ; ils y trouveront tout ce qu'on peut dire de meilleur sur la question de savoir si les dixmes sont dues de droit divin ou simplement parce qu'elles ont été données en plus grande partie à l'église par les seigneurs qui en étaient propriétaires.

L'évéque dit que Guichard de Court possédoit les dixmes presque héréditairement et qu'elles étoient du presque fief d'Humbert, parce que, comme nous l'avons dit, les ecclésiastiques ne vouloient pas reconnottre que les seigneurs laïcs eussent la propriété des dixmes, et qu'on les pût tenir en véritable fief ni en alleu, comme les chartes que nous avons rapportées et que nous rapporterons dans la suite prouvent qne les seigneurs les possédoient presque toutes.

Les sommations que Guichard de Court dit qu'il avoit fait faire à son frère d'acheter cette dixme, s'il le vouloit, et les défenses que nous voyons dans presque toutes nos chartes aux enfants et aux parents d'inquiéter l'Église sur les dons et même sur les ventes qu'on lui faisoit, me font croire que le retrait lignagier avoit lieu en ces pays, surtout pour les fiefs, ou que les parents prélendoient être naturellement substitués à leurs parenLs dans tous leurs biens, et c'est ce qui fait que l'on voit presque continuellement des confirmations que les enfants et souvent les petitsenfants font des biens donnés ou vendus par leurs pères et par leurs ayeuls.

Je ne sais si cet usage n'a pas été suivi de la plus|>art des nations et si nous n'en avons pas un exemple dans la Genèse (c), où l'on voit qu'Abraham voulant acheter un champ pour ensevelir Sarah, il en demanda d'abord la permission à tous les HétéeHS, et après avoir payé ce champ à Ephron, en leur présence, il se fit encore confirmer cette vent* par tous les enfants d'Heth.

Les lois romaines et celles de tous les pays ayant regardé les biens des pères comme api>artenant à leurs enfants, et les terres saliques ainsi que les alleus devant passer aux enfants chargés du service militaire de leurs pères, il sembloit que les

(*) TiL *>,artlcnlo I», ««p. udJila cl Icgein Longobardoniin; Pal.. Capital!!-., lom. i, col. U7. (») Cari. S»» j.,tarta 110. (\, Bernard, |>. IOS, ce. IIS.) (..) (ko , clu^. II, par. 17 et 10.

S56 HÉMOIueS POUR SERVIR

(►ères oe pouvoient disposer de leurs biens sans l'avis et le consentement de leurs enfants; ces enfants avoient d'ailleurs très-souvent des droits maternels et de* douaires à prélever sur ces biens, ce qui obligeoit les acquéreurs de leurs biens et surtout les ecclésiastiques a prendre leur consentement. Enfin les enfanta qui avoient du crédit, qui étoient tous élevés aux armes, croyoient toujours que leurs pères leur avoient fait injustice en donnant ou vendant leurs biens ; ainsi ils s'en remettaient souvent en possession par violence, en sorte que pour éviter toutes les recherches des enfans, petits-enfans et des antres parents, on faisoit presque toujours confirmer les dons des pères par les enfans, afin qu'ayant acquis, pendant la vie des uns et des autres, une possession de 30 et 40 ans, las petits-fils ou arrièrepetits-fils des donateurs et des vendeurs dissent oublié que ces biens avoient appartenu à leurs ancêtres et qu'on pût, au cas qu'ils s'en souvinssent, leur opposer la prescription de 30 et 40 ans qui, suivant les lois, mettoit fin à toutes prétentions et à toutes les demandes qu'on pouvoit faire.

La coutume d'Artois (a) a encore conservé l'ancien usage d'appeler son plus proche héritier pour consentir l'aliénation que l'on fait de ses b ens anciens et propres à la famille, c'est la disposition de l'article 76 de cette coutume sur laquelle M. Adrien Maillard a fait un très-habile commentaire où il cite plusieurs exemples de cet usage, tirés du Spicilége.

Aurelius Victor nous apprend, dans la vie de Tito, que ceux qui avoient obtenu quelques dons des empereurs étoient obligés de les faire confirmer par leurs successeurs, ce qu'on ne faisoit apparemment qu'alln que les empereurs successeurs de ceux qui avoient fait les dons ou accordé les privilèges, qui se croyoient au-dessus des lois, ne révoquassent pas ce qu'ils auroient confirmé eux-mêmes, et c'est par la même raison qu'on demande de pareilles confirmations à l'avènement des rois en France et des empereurs en Italie, en Allemagne, et qu'on les demandoit dans notre royaume de Bourgogne et de Provence, comme nous l'avons vu par la pluspart des chartes que nous avons rapportées.

Nous croyons devoir observer ici qu'il y a deux chartes an Carlulaire de Savigny (b), qui prouvent la nécessité du consentement des parents et des seigneurs aux dons qu'on faisoit à l'Eglise. Ces chartes «nt été naturellement passée» en France, dans l'une desquelles, de l'année 1083, il est dit qu'elle est donnée, Henry étant empereur, et Philippe roi régnant dans les Gaules, ce qui ne fut mis ainsi que parce que l'abbaïe de Savigny étoit dans l'empire et que les biens donnés étoient en France, comme nous croyons (l'avoir déjà observé plusieurs fois. La première charte contient le don qui fut fait a l'abbaïe de Savigny de l'église de Saint- Thomas de Cosnac, en Saintonge, du consentement de Boson, évéque de Xainujs, et d'Elèazard, archidiacre; la seconde regarde le don fait a la même abbaïe de l'église Saint-Sébastien, prés le château de Miribel, dans la même province de Saintonge.

(*) Article :«. — Commrnltirr. p. »70, nombre 9t.

(•) C*rtuliir« S.«!g«y, «rU 7SS-7M. (A. Btroir.l. np. IM-SOO, ch. •»-»»».)

A l'histoire de dohhes.

Par une autre charte (a), deux frères, l'un appelé Olivier et l'autre Gunzelin, donnèrent à la même nbhaïe l'église île Saint-Martin de lionne, située dans le* confins de la paroisse Sainte-Mnrie d'Amplepuis ; elle est du mois de mai 1085, Henry régnant en Bourgogne, ce (|tii fait voir que l'on regardait encore ce pays comme étant du royaume «le Bourgogne, et que le Beaujollois du diocèse de Lyon en dépcndoit.

En 1071 [»}, Huiuliert, qui prit la qualité de fils de Kicoaire, ponr se distinguer de quelques autres seigneurs de sa maison qui pouvoient porter le nom d'Ilumbert, comme lui, donna à Hier, second du nom, abbé de Sa\igny, l'église Sainte-Marie de Denicé, avec ses dépendances, l'église Saint-Germain de. Coigny et la chapelle de Montmelas, avec ce qu'ils y pourroienl acquérir, pour le salut de son àme et de ses parents. Il dit qu'il avoil fait ces dons du conseil d'Usile, sa femme, de ses amis et de Milon, chevalier, qui la tcnoil fiscalement de lui. Gibuin, archevêque de Lyon, approuva ce don dans le chœur de l'église de Lyon, en présence de Landry, évé^jue de Mâron.de B!adin, doyen, de Fauchier Antedin, de Durant, prêtre. Ilumbert, qui fit ce don, le signa avec Geofroy et Agnon, Milon et Hugues. Cela fut fait au chapitre de Savigiiy, du règne d'Henry, en Bourgogne, un vendredi, 2 mai, 15e jour de la lune, épacle 3, sicle solaire 19", indiction 9'. Toutes ces cirronslances de la date contiennent à l'an 1074, excepté l'indiclion, qui ètoit 1 1 ; mais il a été facile à un copiste de mettre IX au lieu de mettre XI [I). La Mure met cette charte du 6 des nones de février, et elle est constamment du 6 des nones de mai. Il est remarqué qu'elle fut écrite par Etienne, vice-chancelier, en 1086. Pour concilier la date de 1074, il faut dire qu'Humbert et Bicoaire firent ce don à Savigny, en 1074, qu'il fut confirmé par l'archevêque Gebuin quelques années après qu'il eût été élu, et que cette charte ne fut expédiée qu'en 1086. Si la dale de l'expédition est de 1086, il faut dire, comme nous l'avons dit, que quelquefois l'on mettoit la date de l'expédition des chat tes et non du teins qu'elles avoient été faites. Gebuin vivoit en 1086 et même en 1087, quoique La Mure le dise décédé en 1083 ou 1084; car, outre la charte ci-dessus, il y en a deux autres de celte année-là ici, par lesquelles cet archevêque approuve d'autres dons faits a cet abbaie, et il est difficile de croire que ces trois Charles soient toutes trois erronées dans leurs dates de 1086 et 1087.

Le même stij;neur de Beanjeu donna en 1086 (n), an même abbé Hier second, l'église Sainte-Marie d'Oiiiily, située an pays de Lyon, entre IVglise Sainl-Gile de Limas et l'église Saint-Saturnin d'Arnas, ce qu'il fit aussi par le conseil d'Usille, sa femme, et de ses amis Geofroy, fils de Gauzeran, et Agaoon, son frère, nn autre Aganon, H igon, Musseu, Milon, et Hugues de Lainay. H fit ce don au chapitre de

») C.rt. 829. (A. lfcri.»M,.p MT.ch.8!».)

<«J «-..rtnlair. S*„,r,y, fui. 12». «ru «I. (Id., P, «î», ch. «Î7. -U Murr, II..I. F.«l«. Ljt,ii, p S»», [s) Cirt* «î«, NI. (M., pp 4M-»!?.) '•) Cirt» S5». flJ., p. IS*. th. BÏH.j

flj V. U noie de SI B*rn»fd, tur ectlc d«t«, p. MO du CfloUirr à» Sitigny.

KKMOMKS POUR SERVIR

Savigny, Henry régnant en Bourgogne. Le nom d'Usille nous parolt le même qu# relui d'Auxilie, qu'on irouve au Carlulaire de Beaujeu, où le nom de cette dame devoit 6tre mieux connu. J'attribue cette charte a l'an 1086, parce qu'elle est datée d'un jeudi du mois d'avril, 43* jour de la lune, indiclion 9*, épacte 3, le 4° du ciel* de 19 ans, donné le deruier avril; or, le dernier avril de 4086 étoit un jeudi, et le 13» jour de la lune, l'indiction étoit 9 et répacte 3. Le nombre d'or ou cicle de la lune étant ♦•, le cicle d'or n'éloit véritablement que 3 ; mais un copiste a biontoi ajouté un 1 plus qu'il ne faut.

Girin, surnommé Blanc, donna à l'abbaie de Savigny (a) la moitié de la paroisse du Daraisé et tout ce qu'ils pourraient acheter de ceux qui tenoient de lui les dixme* do Sarsay en fief, pourvu qu'ils reçussent un de ses enfans religieux.

Gui de Charleu, par le conseil d'Hugues, son frère, et Élienne de Salamar donnèrent (b) la moitié de l'église deSaint-Genis de Saviniso, avec sa diurne, ses droits de sépulture et ses offrandes ; Gaubertde Balbinie et Girbert de Fontaneis donnèrent l'autre moitié, ce qui fait croire que tous ces seigneurs pouvoient être d'un» même famille.

Un Addon, très-noble chevalier, donna à l'abbaie de Savigny (c), pour le prieuré de Mornan, l'église de Saint-Maurice avec ses dépendances et l'aleu qu'il y avoit àvec le cimetière. Gaudemard Charpinel, qui la tenoit en fief d'Addon, la donna aussi avec le presbitère. Ils retinrent que si les religieux demandoienl et avoienl besoin de leur secours ou de leur justice et cour, dans quelques plaids ou audiences, ils auraient la troisième partie des loix ou amandes dans ces plaids ou dans les duels qu'ils appellent guerres en champ (clos), et ils veulent que les moines aient les deux autres tiers, ou que le prêtre qui dira la messe en ait un tiers et les moines l'autre. L'on composoil ainsi des amandes et des profits de la justice, et on les divisoit comme les biens ordinaires.

Un Guillaume donna à l'abbaie de Savigny (o) le quart de l'église (ou paraisse de Longesagne, excepté la maison du vicaire ; il donna encore la moitié de l'église d'Affons, avec ses dépendances et la maison du vicaire de celte paroisse, et il permit aux religieux d'acquérir tout ce qui étoit de son fief dans ces paroisses et non de «ou propre bien, et il leur accorda l'usage de ses forêts.

L'on trouve une autre charte (e) par laquelle l'abbé de Savigny convint de n« rien prendre du moine obéancierde Tarare, pourveu qu'il donnât à son abbaie une réfection ou repas, le jour de Saint-Nicolas, de valeur, savoir, de .10 sols d'argent, d'un septier de froment bien nettoyé, de 6 onces d'excellent pain d'épices, d« i onces de poivre et d'une quarte de miel cuit. Nous croyons qu'on sera bien ai**

(») Cfl. Snvignr. rarta «5Î. (A. Bernard, p. MO, cb. 8Ï8.)

(») CarU BU, fol. I », 8M, SJ7, *M. [U.. p. III cl acq., cb. SS1 cl *ecj.)

(e) CarU BU. (U., p. III, cb. KM.)

(a) Caria BIO. <U., p. III, cb. IM.)

M Caria 811. [M., p. M5, «h. I».)

A l'histoire DE DOMBES. 259

de voir ce que l'on donnoit pour un repas de l'abbaîe de Savigny, en ces tems-d; il parott qu'on y aimoit le poivre et les épices; le miel tenoit alors lieu du sucre qui n'avoit pas encore été découvert.

Il y eut, du tenus d'Itier deuxième, abbé de Savigny (ai, une grande contestation entre les religieux obéanciers de Savigny et leurs vicaires dans les paroisses qu'on avoit données à cet abbaie, car ces vicaires prétendoient avoir une part dans les terres que les obéanciers acquéraient nouvellement et vouloient en être mis en possession ; ils vouloient aussi profiter de certaines mauvaises coutumes qu'on avoit introduites. Les obéanciers se plaignirent de cette prétention à leur abbé, qui, voulant juger de leur différend , indiqua un jour de plaidoirie dans la cour de Savigny, et pria Hnmbert de Beaujeu et plusieurs autres gentilshommes de leurs amis d'y vouloir assister, afin qu'ayant entendu les raisons de part et d'autre, ot la cause bien discutée, on pût décider qui avoit raison des uns et des autres. Les parties plaidèrent, mais la cause des vicaires fut trouvée superflue, remplie de détours et éloignée de la vérité; c'est pourquoi, de l'avis de tous ceux qui étoient assemblés pour ce jugement, il fut prononcé par Humbert de Beaujeu que les vicaires étoient mal fondés dans leurs prétentions et que les obéanciers pourroient garder en paix, à l'avenir, tout ce qu'ils acquerroient, sans que les vicaires y pussent rien prétendre.

Cette charte fait voir la haute estime que l'on avoit de la capacité de notre prince et la considération où il étoit parmi tous les gentilshommes du voisinage, qui lui cédèrent l'honneur do prononcer cette sentence. Je ne sais si dès-lors M™ de Beaujeu avoient la garde de celte abbaie, et si c'est pour cela qu'il fut appelé et qu'il prononça ce jugement.

Foucher et Goichard de Mont-d'Or, frères, renoncèrent à tous les biens qu'ils avoient possédés, appartenant à l'abbaîe de Savigny (b), en présence de Berard, évéque de Maçon, d'Hier, deuxième abbé, de Girin, doyen, Théodard, chamarier, Artaud-le-Chauve, Guy de Miribel, et de plusieurs autres, tant chevaliers que rustiques.

Une dame nommée Alexandre et son (Ils Etienne donnèrent tons les biens qu'ils avoient à Denecé, à Leiguy et à village de Vaux, en Lyonnois, à cette abbaie (cl. Etienne, vice-chancelier, signa la charte, du tems du roi Philippe, ce qui ferait croire que ce roi étoit reconnu en ce pays; mais je crois que c'est le vice-chancelier qui étoit François, qui la data du roi de France plutôt que de l'empereur.

Les voyages de Jérusalem étoient fréquents en ce tems-ci. Un nommé Chatard, y allant, reçut 250 s. d'Itier deuxième, abbé de Savigny (o), avec un mulet, et il lui donna tous ses biens, au cas qu'il mourut dans ce voyage ; que s'il revenoit et qu'il voulût se faire religieux, il vouloit que ses biens restassent à l'abbaîe pour son

<«> Ctrti US. (A. Deraird, p. MV, ch. 811., (•) Caru M. (><>., p. «», <*■ •>*•) (c) C.ru SSO.' (M., p. IM, ch. M«.) l>; c.n. an. (td., p. «7, th. «7.!

àme et par aumône; que s'il so marioit et qu'il eût des enfans, il voulut qu'on lui rendit .«es biens qui iraient à ses héritiers, et que s'il u'atoit point d'enfans, il vouloit que sa donation valût eu faveur de cette ai baie.

Un nommé Vilenque Long alla à Sainte-Marie-Madelaine (en Provence apparam nient), et étant tombé malade à son retour, il donna un moaliu sir la Turdine, à Itier, abbé de Savigny (a). Nous remarquons ce voyage, car il est bien plus ancien qu'on ne croit les voyages de la Sainte-Baume ; mais il est vrai que cette charte ne dit point si ce seigneur le Long alla à Vesselay, où l'on avoil des reliques de celte sainte, ou s'il alla en Provence.

En ce tems-ci, c'est-à-dire environ l'an 1070 ou 1O8O, il y ent une contestation sur la succession d'un Guy (de Bcaujcu), surnommé Capcl, du nom de son père ; ai seigneur, retournant de Home, tomba malade à l.yon et résolut de donner quelques biens à l'abbaie de Cluny {») ; ayant pris conseil là-dessus do ses fidèles (ou vassaux), il donna à celte abbaie quelques condamincs qu'il possédait par droit héréditaire à Renins; ces condamincs étoient séparées les unes des autres, entourées du ruisseau de Vosanne, qui se je te là en Saône. Guy ayan1 fait ce don en présence de plusieurs personnes et surtout de l'once de Vicorson, ce Ponce ordonna, en mourant, à son fils Berard, d'en porter lidèlc témoignage, et même de l'assurer avec serment. Guy mourut à Lyon, et comme il étoit seigneur d'une très grande terre, il y eut un procès entre ses héritiers sur ses tiefs que la charte appelle ses honneurs.

Le comte de Mâcon épousa ou avoit déjà épousé la lœar de Gui ; il prétendait toute son hoirie, et pour se faire un bon allié pour s'y maintenir, il donna ces condamincs à Robcrt-l'Enchalné, qui passoit alors pour très-puissant dans ces pays. Robcrt-l'Enchainé en jouit quelque temps, mais le prieur de Cluni s'en étant plaint ii Robert et ayant prouvé le don que Guy en avoit fait à leur abbaie, par le témoignage de Berard, ils convinrent de s'assembler au port d'Arcia pour régler cette diflicullé; et après plusieurs contestations, le prieur de Cluny donna 40 s. monnoit publique de Lyon, à Robert, et ayant ainsi rassasié, dit la charte, sa cupidité, Robert quit'a ces condamincs à l'abbaie, et même l'une d'elles qu'il avoit donnée en fief à un de ses chevaliers, fds de Guy de Chaillouvres, à qui il donna d'autres fonds en échange de cette condamine.

Le religieux qui dressa cette charte dit qu'il ne veut pas omettre que le comte d» Hàcon ayant quitté, pour certaines raisoi.s, la comtesse, sœur de Guy, elle s'étoit remariée à un chevalier appelé Vitfred, qui étant venu avec sa femme- à une fête de Cluny, ils approuvèrent ce don, en ayant été priés par les religieux. L'on marqn» ensuite que ces condamincs sont au pays de Lyon, adjacentes à l'église et parois>c appelée de Renins, et peu éloignées de la Saône ; que l'une étoit appelée du Mauvais Pommier, qui en avoit deux autres joignantes d'une journée du h.r-ufo chacune; l'autre étoit appelée en Campagne, dont il y a aussi une autre terre qui en dépend :

(») Cari* «71. (A. IKrnird, p. 15'. ch. R6» )

(a, CnUlltraO—l 0, MtoM7.«iila»:t. IV. Pif«. ju»lilintl«M, |i IV, a* XXI.)

A l'histoire DE DOMUKS.

•I la troisième éloit devant le port du château appelé Montmerlc, ce qui prouve l'ancienneté de ce château. Ce religieux remarque enfin qu'avant que d'avoir parlé à Robert-l'Enchalné, pour la restitution du ces terres, l'on en avoit parlé à Humhert de Beaujeu, parce qu'il éloil le chef et le seigneur de tous les biens dont il s'agissoil; il semble même dire qu'il étoit le seigneur de tous les biens de Cuiguos. Humbert de Beaujeu demeura longtemps sans rien promettre aux religieux de Cluny, différant toujours de leur donner son consentement pour ce don ; mais ces religieux lui ayant offert 50 s. qu'il reçut, il l'approuva avec sa femme et plusieurs grands. Roberl, dit le moine qui a fait la charte, qui tenoit injuslement ces lerres cl qui les rendit, la signa avec Humbert de Beaujeu et sa femme qu'il ne nomme pas. Mr Dalmais, frère d'Humltert, Pierre de Varenne. Cmfrcd de Marcliamp et Bernard de Marey la signèrent ou scellèrent aussi.

Ce Gny est, à ce que je crois, le Guy (ils d'Hugues de Beaujeu, qui mourut » Lyon, selon Severt, on 1066, comme nous le dirons ci-après.

Je crois que c'est Hugues, son père, qui déguerpit a Hier II, ab!<è de Saxigny (a), une terre située près le château de Moritmelas, en un lieu appelé Frelerins, et qui lui quitta, de plus, toutes les mauvaises coutumes qu'il préteitdoit sur Amas, Torigny et Marceny, tant pour le salut de son âme que celui d'Engellmrgie, sa femme; il y est appelé noble homme, mais il n'y parle point de ses enfans.

Environ l'an 1080 ou 1090 [»;, Humbert de Beaujeu, qui n'étoit point entré danles dons que ses parents avoienl faits à l'église et au chapitre de Beaujeu, dans le* confirmations de leurs biens, reconnut que ses prédécesseurs avoient déclaré que les biens de cette église dévoient être libres de toute servitude, qu'ils n'y pou* oient imposer aucune mauvaise coutume, qu'ils dévoient les protéger, qu'ils ne s'étoienl retenus aucun servis ni devoir sur leurs bénéfices spirituels, que lui, Humbert de Beaujeu, qui avoit épousé la fille d'Amé, comte de Savoye, avoit offert sur l'autel de l'église lous les droits de fiefs et de laods qui pouvoient lui être, dus parcelle église, à cause des donations ou des ventes qu'on lui feroit. Outre cette reconnoissance, il donna à ce chapitre les dixmes des bois Courroux, que le chapitre avait déjà en quelque manière par la paisson qu'il y avoit pour ses pourceaux. Il fit ce don avor. sa femme, en présence de tous les clercs de Beaujeu et de plusieurs chevaliers. Il lit plus, car il leur accorda ladixmc d'un autre bois appelé Capolier, ce qu'il fit pur la main de Pierre Ouichnrd et d'Etienne, doyen.

Mr de Beaujeu approuva aussi, a peu près dans le même lems, l'acquisition que le chapitre de Beaujeu fil, du chapitre de l'isle- Barbe, des dixmes de Piseis, qui furent vendues douze marcs d'argent [I ; . Etienne, doyen, Etienne Marchanip, moine, Hugues de Caviniac et Bernard, prévôt de Beaujeu, furent présents à cette approbation. Cette charte fait voir que les dixmes inféodées passées des laïcs entre les mains dc>.

r*J Cari» «St 'A. Bii-nui-J, p ««, ch. »M;

»; Carlaltlrc Braujrs, oaMaf tt, f. It. (?. KttM Ja-iiOc. Im, p. itt, a- XX.; I V. jatftlraUv**, p. Il, «• XXII

MKMOIRF.S mu, SERVIR

ecclésiastiques, étaient encore regardées comme laïques et inféodées, ce que le roi Saint-Louis changea, en voulant que dès que les dixmcs seraient passées des laïcs aux ecclésiastiques, l'inféodalion cessât et qu'elles fussent regardées comme si elles avoient toujours été ecclésiastiques, et qu'ainsi elles fussent déchargées de tout service militaire, de foi et hommage et des autres services des llefs auxquels elles étaient sujettes avant cette ordonnance.

Je crois que c'est en même tems qu'une dame appelée Cerherge, veuve de Roland de Monlagny, donna au chapitre de Beaujeu les dixmcs des Estoux

Au mois d'octobre 1088, on donna au même chapitre un mas sis à Anditly ; le don en fut fait au même lieu, du régne du roi Philippe, roi de France. Durand, Rotold, Guillaume et Lelald signèrent ce don (2].

Il y a plusieurs autres dons faits au même chapitre dans ce Cartulaire de Beaujeu, du tems de Landry, é\êque de Màcon, qui vécut jusqu'en 1096; il y en a surtout plusieurs do divers ornements d'église, faits par Auxilie, femme de notre prince liumbcrt de Beaujeu (3).

Knviron ce tems-ci moururent un nommé Lelard, seigneur de la maison de Beaujeu, et Élienne, son frère. Il est à croire qu'ils s'étaient battus en duel, suivant le mauvais usage de ce tems-là, ou qu'ils avoient été tués dans quelque combat. Landry, éveque de Maçon, \ int visiter Etienne, qui, n'étant pas mort sur-le-champ, étoit blessé dangereusement. Cet Etienne donna, en présence de cet évêque, au chapitre de Beaujeu, pour le repos de son âme et de celle de son frère décédé, quelques terres qu'il possédoit en aleu dans la paroisse de Dracé; c'était des condamines et plusieurs pièces de terre au hameau de Bossède (a).

Ces terres étaient engagées pour iOO s. à Humbert de Monlbonod et pour deux muids de vin pur; c'est ce qui fit que le chapitre de Beaujeu ne put pas entrer en possession de ces fonds sans paver l'argent et le vin, ce qu'ils firent. Us eurent encore besoin du consentement d'Humbert de Beaujeu, à qui ils furent obligés de donner 10 livres, moyennant quoi Humbert et sa femme approuvèrent gracieusement le don qu'Etienne leur avoil fait.

Je ne sais point de qui ce Lelard et cet Kliennc de Beaujeu descendoient, si c'était de Ciuirhard ou d Tmfred, frères d'Humbert I" de Beaujeu, ou de quelque* enfans d'Humbert et d'KImède, dont nous n'avons pu trouver la vraie descendance; mais ce titre et la charte de Cluny que nous avons rapportée, ainsi que la fondation de l'église de Beaujeu ne laissent pas à douter de la multiplicité des seigneurs de cette maison.

L'an 1093, qui était Ie32r du règne de Philippe Iw, les chanoines de Beaujeu

(a) S«»erl, in LugU., p. 17». (V. Kic«* IwMcMhfM, p. Jl, XXV j (I; V. Pittet J«»li(lr«li»f«, p. S}, n» XXIII.

(»; v. iuiJ . p. is, n-xxiv.

(S) U.U , p. », n- XXVI.

A L'HISTOIRE Dt UOMItt».

prièrent Humberl de leur ratifier le don que leur avoit fait une daine, première femme d'Herbert, seigneur de Dandilly (i).

Mr de Beanjeu paroissoil d'autant moins devoir faire difficulté de ratifier ce don, que tant lui que ses prédécesseurs avoient tous déclare qu'ils approuvaient dès-lors tous les dons qu'on ferait à c«tte église qui étoit de leur fondation ; mais comme il étoit du une grosse redevance sur ce mas à M™ de Beanjeu, Humbert leur dit que tant lui que ses prédécesseurs avoient eu justement on injustement une coutume sur le mas qu'ils prétendoient, qu'il leur laissât posséder librement et déchargé de cette servitude, mais qu'il ne pouvoit le leur laisser, à moins qu'ils ne lui lissent un grand présent, ce que les chanoines ayant entendu, ils donnèrent à M' de Beaujeu, du consentement de Landry, évéque de Maçon, et de plusieurs docteurs, la satisfaction qu'ils lui dévoient sur ses droits, après quoi Humbert et Auxilie, sa femme, et leur» enfants Guichard, Humbert et Hugues signèrent cette charte qu'ils avoient ordonné que l'on fît, et ils la scellèrent de leurs sceaux, ainsi que Landry , évéque de Mâcon.

Severt dit (a) qu'outre les trois enfants que nous venons de nommer, un Guignes la signa. Nous n'avons pu voir le Cartulairc de Beaujeu en original, étant égaré (2), ainsi nous ne pouvons savoir si Severt a ajouté bien ou mal à propos ce Guigucs, qui pourrait être un quatrième de leurs enfants, tilleul de Guy Capel dont nous avons parlé.

La copie imparfaite que j'ai vue de ce Carlulaire dit qn'Hnmbert donna la permission aux chanoines qui auraient des maisons au château de Beanjeu, de les donner à l'église pendant leur vie ou à leur mort, ou de les laisser sans aucune contradiction à un autre chanoine leur confrère, c'est-à-dire qu'il les exemptoit par là du droit d'indemnité, s'ils les donnoient à l'église. H leur accorda de plus de vendre le vin qu'ils auraient des vignes du chapitre, sans aucun droit et même dans le temx du ban, sans rien payer. Humbert et Auxilie signèrent ou scellèrent ce privilège; Girbert, archiprétre, le signa ou scella aussi.

Hugues, archevêque de Lyon, donna (■) à Dieu, à saint Pierre, à Hugues, abbé de C.luny, à ses successeurs et à ses frères qui servoient Dieu sous lui, l'église de Saint-Didier, sise en Bresse, sous le cens de 3 s., outre les dépenses de ses visite* et les droits sinodaux qu'il se réserva, pour les percevoir suivant l'ancienne coutume de son évéché. Il lui donna aussi la chapelle de Hiortier, avec l'église de Saint- Paul, située dans l'enceinte des forlilications du château, avec ses appartenances, mus le cens de 5 s., dont moitié se payerait à la Saint-Martin et la moitié à la Purili-

(») S*w1, in Logdotvmibti» Atvb., ff. 17*- » Bibl. Cil»»., p. SU.

(I) Picen Jn»liSrali««, p. 18, »• XXVII.

[i U CartaMf* vriffaial .If Beioji'» art .M lell n ÏISoS routent .Uit Im Archives dcp-.rlf meiiulr»

«tu lllione. Il pir»calr RuIbCurvaMatent .lr grjvM nulilalioui ride nombrcuMi Uuuaen. J'ai rni devoir. 4.n*U lxit dtte uirllre è i'.bri de m>»<e»ii «tirage., peu tWlnUll, .1 «M a.» |»<»b!«, palier hi nie»»» le lent dt « <|yi ooat rt-l» Tre.oui, IMl, io-l-,

cation. Il se réserva les autres droits épiscopaux sur ces deux églises qu'il donna à l'abbaie de Cluny, Seguin, chainbrier de l'abbé, acceptant. L'archevêque Hugues fit ce don pour le secours de son àme, et afin que les frères de l'abbaie do Clonj priassent Dieu, soit pour lui faire obtenir le pardon de ses excès, soit pour l'église de Lyon, le salut de tous ses amis et parents. Celte donation fut faite à Lyon, en présence de Cirin, chapelain de l'archevêque, d'Hugues, son neveu, de Godon, archiprêtre des chanoines, et de Ciraud, arcliiprétre. Cet archevêque signa et scella la charte, qui fut donnéo à Lyon, l'an t09i,-indiclion 2* concourant avec la 6*. Hugues, moine de l'église de Dijon, écrivit et souscrivit cette charte à la place du chancelier de l'archevêque, qui étoit probablement absent.

Cette charte nous fait voir que la Dombet r'loit appelée Bresse d\i ce tems-ci, puisque l'on ne peut douter que la paroisse de Saint-Didier dont elle parle ne soit SOMt-Didier-de-Frametit, dont les dixmes appartenoient encore à l'abliaie de Cluny jusqu'à l'aliénation qui en a été faile aux seigneurs de Saint-Didier, et l'abbé de Cluny, comme doyen de Monlberthoud, jouit encore de la présentation do celte paroisse. La jonction que l'on fait de la chapelle ou paroisse de Rioliers avec Saint-Didier, fait voir* que dans ces anciens teins les égides des petites paroisses étoient api-elées chapelles, comme nous l'avons déjà vu dons l'échange de l'église de Lyon avec le comte de Forez, que les paroisses éloient appelées chupclleuies.

Si Saint-Didier n'eut pas été joint a^er la paroisse de Riortiers, nous aurions cru que le Saint-Didier dont cette charte parle aurait été Saint-Didier du Plantay, autrement de Reuon, qui semble être plus en Bresse que Saint-Didier-de-Froment, Saint-Didier-de-Renoii ou le Plantay étant de la présentation du doyenné de Monlberthoud, qui y perçoit les dixmes: mais la jonction de Saint-Didier avec Riortiers ne nous laisse pas douter que le don de ces paroisses ne soit le don des deux paroisses qui sont au nord de la paroisse de Trévoux, capitale de la souveraineté de Dombcs. La churle dit que ces paroiises sont en Bresse, parce que la Bresse comprenoit la Dombes, comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois; mais nous verrons dans la suite qu'on distinguera tous ces pays par leurs noms par'iculiers, sans plus parler dans les chartes du pays ou diocèse de Lyon, qui étant trop général, ne distinguoil pas assez bien les endroits dont on parloil.

Eu IO'Jj (a), Bmnbert de Beatijeu, ou peut-être Humbert, son (ils, souscrivit, par ordre du roi Philippcs 1er, au don que ce roi fil de la terre de Manzac, en Auvergne, h l'abbaie de Cluny; il y souscrivit des derniers, ce qui me fait croire que c'est Humbert son fils, d'autant plus que l'âge avancé de son père, qui devoit être assez vieux en 1 093, ne lui permeltoit pas de se transporter en Auvergne.

Par une charte de l'an 1097 (a), il paroll qu'il y eut une diflicullé considérable entre l'abbaie de Cluny et celle deTournus; les religieux de Cluny se plaignoienl de

U) fir-inJ Cnrt.il. Cluny, (.. I tH— Bill. Clan . W>. jiUl.-C.II christ , I. ï. inUiun. p. 1 10, u. «»<- (.1 O.rlgljire de Clony B, lui. ÎS», caria tSi

A I.'HtSrOIUl. DE BOMBES.

ce que l'abbé de Toumus, ayant été mal conseillé, leur usurpoil les droits de pêche qu'Us avoient dans la rivière de Saône, au village d'Arbonique, et la moitié du droit de pêche qu'ils avoient dans la Seille; qu'il leur avoit aussi pris tout ce qu'ils avoient sur les bords des deux rivières; qu'il s'emparoit aussi de leurs forêts, qu'il en faisoit couper les bois; qu'il avoit même fait faire une écluse en Saône, pour prendre leurs poissons; qu'Hugues de bonne mémoire, célerier de l'abbaïe de Cluny, s'étoil plaint au comte de Màcon de ces injustices, parce que ce comte avoit la garde de tous ces biens. Sur celte plainte, le comte ordonna aux parties de donner des otages et des cautions, d'ester en jugement et de payer, ainsi que je le crois, le jugé; après quoi le comte leur préflgea un jour i>our plaider leur cause. Le comte de Maçon ayant assemblé un grand nombre de gentilshommes, Humbert, chw de Beaujeu, comme le plus illustre et peut-être le plus ancien de la noblesse du Màconnois, prononça le jugement, de l'avis de tous les gentilshommes qui éloient présents, et condamna l'abbé de Tournus à détruire l'écluse qu'il avoit fait faire en Saône, et à rendre les droits de pêche que l'abbaïe de Cluny avoit dans les rivières de Saône et de Seille, et à payer une somme pour les dommages et intérêts de son indue détention. L'abbé de Tournus ne voulut pas consentir à ce jugement, dont l'abbé de Cluny ayant porté ses plaintes au pape, le pape Urbain Ht enjoindre à l'abbé de Tournus, par Hugues, archevêque de Lyon, d'obéir à cette sentence, à peine de suspensiou des fonctions de son office, ce que cet abbé ayant appris, il consentit à l'exécution de celle sentence, pourvu qu'on le déchargeât de la rest lulion des fruits el des dommages et intérêts, ce qu'on lui accorda, et celle affaire fut ainsi terminée.

Xons avons vu, par les chartes précédentes, divers dons faits par les seigneurs de celte souveraineté à l'abbaïe de Cluny; ceux des dixmes et des rentes de Savignieu et Ambéricn, d'Où roux, de Farins et autres, sont des plus anciens. Ces dons engagèrent les religieux de Cluny à faire divers établissements d'obéanees et de doyennés en ces pays, tels que ceux de Monlbertboud. de Komans, de Cbaveiria et quelques autres qui ne subsistent plus aujourd'hui.

L'on trouve, en 1097, une notice des acquisitions quedom Geofroy, qui avoit élé procureur et proviseur de l'insigne ohêanre de Siint-Pierre de Cluny, appelée Montberthoud, avoit faites de son lems, soit par des dons qui avoient élé faits à celte maison, soil par des achats faits de ses épargnes. Il dit qu'ils avoient le village de Rives, que Berard de Rioliers leur avoit donné et qu'Artaud de Chalamont lenoit en bénéfice, avec divers mas qu'ils nomment. Je crois que le village de Rives étoit près de Châtillon de Doiubes. Arlaud de Chalamont le Vieux, chevalier, et Artaud, son fils, qui se fil ensuite religieux, donnèrent le village de la Chapelle avec tout l'honneur, c'est-à-dire le lief ou renies en dépendant, en prés, terres, pâturages. Élienne de Chalamont, chevalier, et Éliennc l'Enrbalné, son cousin, approuvèrent ce don et l'augnientrenl de plusieurs mas et de la franchise de Constantin de Sonoens. Eugend de Jaija, à ce que je crois, chevalier, avec Eudes <f Alùutinia, son purent, donnèrent un domaine au village appelé Brueille, avec tout ce qui en dépen-

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doit en prés, terres, vignes, du consentement d'Étienne de Cacelin et de son frère, ez-mainsde dom Geofroy, doyen. Ce Geofroy, doyen, rat le même que le proviseur et procureur dont il est parlé ci-dessus. Avec ce domaine ou village ils ajoutèrent plusieurs mas qui en dépendoient, dans la paroisse du village appelé Monceau . Ils donnèrent encore le mas de Guichard de Brunelles. Un Élienne Racle, chevalier, y donna une condamine à Beybleu. Adalard d'Aillé, chevalier, y donna un mas dans la môme paroisse de Monceau ; Ponce de la Forest, aussi chevalier, le mas d'Ermengarde, sous le chemin, à Beybleu ; Étienne et Berard l'Enchaîné, frères, la condamine de Montraerle avec la pescherie de Bernard Gerfau, et le péage du marché. Guillaume l'Enchaîné, chevalier, donna des plantiers de vigne près l'église Saint- Nicolas, an même château, ce qui fait croire que l'ancien château de Montmerle n'éloit pas sur la hauteur de la colline, comme il est aujourd'hui, mais qu'il étoit auprès de la paroisse. Une dame appelée Lagier donna un mas au village appelé Vernedium, du consentement de ses enfants. Achard de Montmerle, chevalier, donna un pré à Lurcy, pour l'âme de son frère Aimon, du consentement de sa mère Fulchrède, outre quoi il donna trois séitérées de terre a Amareins. Etienne de Montmerle, aussi chevalier, donna une portion de son aleu, du consentement de Guichard, son frère, et un mas à Sapins.

Un nommé Falapius, qui partoit pour Jérusalem, donna un petit domaine à Farins. Guichard Jarola donna une condamine et Augend de Frens donna l'aleu qu'il avoit à Montfray.

Artaud de Néronde, chevalier, donna l'aleu qu'il avoit à Frens; Pierre de Frens et Etienne, curé de cette paroisse, en furent témoins. Ce curé donna lui-mêine un mas

Ht 10 teiterëe» de terre.

Ponce, mère d'Humberl, chevalier et depuis religieux, donna un mas * Farins et un entre à Parcien. Berard et Uiufred de Sendrens, frères, donnèrent, pour l'âme .le Raimodc, leur mère, un champ à froment dans la paroisse de Sendrens, près l'autel Saint-Pierre.

Ponce et Durand, son frère, chevaliers, donnèrent un curtil ou petit domaine à Cormoranche, un autre à Valins et un troisième à Peysieu.

Un Guichard, chevalier, qui se fit moine, donna une condamine appelée Olaneya. Hubert de Savignieu donna aussi son bois appelé Otaneium; je crois que c'est un bois d'Avelanier, et un prè a Corcelles, et toute la terre plaine, c'est-a-dire, à ce i|ue je crois, franche de taille, qu'il avoit à Savignieu, avec un mas. Payen, chevalier, et Étienne, son cousin, du village appelé de Juifs, donnèrent aussi un mas an même village, pour le remède de leurs âmes. Étienne et Girin Piard, frères, donnèrent un mas nu même lieu avec tout son fisc et tout ce qu'ils possèdoient au même lieu, et dcu\ au village de Chasseiay. Noël, prêtre, donna \î seitérées de terre à Juifs. Une nommée Lurva et Berard, son mari, donnèrent aussi tout ce qu'ils avoient à Juifs en prés et vignes, etc. Humbert et d'inte donnèrent une vigne et un curtil à Rfjrien, pour le salut de l'âme de leur mère. Arnoul donna la pêcherie de Gerlan et

A l.'lllSIOIHE t)E DOMBKS. îfiT

un mas de Durant qui la joignoit, et un autre nias sur le Puy (ou colline}. Je crois que ce droit de pèche et ces dcu\ mas étoient à Monlmerle. Berna rd de Selge donna tout l'alleu qu'il avoit à Foniblein et dans la paroisse appelée Ourous, pour l'âme de sa mère. Berard de Saint-Trivier, chevalier, donna le mas de la Combe Gislier. dans la paroisse de Montelier. Guichard do Rcyrieu donna 3 séilérées de terre au village A'Alimadaco, qui pourroil être I.i mandas. Pierre de Tanay et Ponce, son frère, donnèrent une vigne â Cibins ; Pierre de Cibrieu et son frère y donnèrent un curlil et une terre à Vandcnisse. Pierre de Fontblein donna un curtil à Saint-Olire. Jean de Portelnruf donna un curtil avec ses dè|>endanres à Chantins. Ponce de Bolesme donna un mas. Guy du Sais, chevalier, donna une vigne au village d'Umbeuge. Hugues de Châleauluiie), chevalier, fils de Payennc de Riotiers, donna un mas à Sendrens. Durand de Sendrens, chevalier, qui se lit ensuite religieux, donna plusieurs mas au même lieu, avec tout le fisc qu'il aroit sur l'église et toute la dixme. Berard et Thibaut, ses frères, approuvèrent la donation. Berard de Riotiers donna un mas au village appelé l'erpanenguin, et 7 seitérées de terre chez les Autels; je crois que c'est les Autaux, à Aiguerins. Achard de Montmerle donna le moulin du Pont, le mas Foliet, la condamine de Montfroid et tonte la terre de Saint- Paul que son frère Roland, moine, avoit donnée avec les deux églises du château de Riortiers; outre quoi, en allant à Jérusalem, il donna le moulin de Saint-Didier. Etienne, neveu de Girard de Chassinole, donna une vigne et un curlil à Villeneuve. Etienne Gros de Porley donna l'église de Chantins, et fil en outre son fils religieux et donna 1 2 seitérées de terre pour le faire. Enfin, Hugues, archevêque de I.yon, donna l'église de Saint-Didier. L'on fait ensuite des imprécations contre ceux qui oteroient ces biens â l'abbaïe. La charte en fut faite à Cluny, en <097, l'an tu de l'élection de l'abbé Hugues, régnant Philippcs, roi de France.

En 1 101, Humbert de Beaujeu fut présent au don qu'Hugues, archevêque de Lyon, se disposant au voyage de Jérusalem, lit avec les chanoines de son église, de l'église de la Sainte-Vierge de Feurs, à l'abbaïe de Savigny [a], à cause du grand amour qu'il y avoit toujours eu entre ces deux églises. Hugues signa cette charte avec Berard, évèque de Màcon, fiirin Chauve, doyen. Théotard, rhamarier, Rostaing, archidiacre, Bertrand, Girin du Pinet , Mr Itipr, abbé, Girbaut et Bernard, moines, et Humbert de Beaujeu ; Philippe* régnant en France, et Henry régnant en Bourgogne. Ce don fut dicté par Albérk, moine, vice-chancelier.

Environ le même tems, ou un peu auparavant, le même archevêque Hugues donna à la même abbaïe (b) l'église Saint-Polycarpe de Bully, Humbert de Beaujeu présent. 11 avoit encore confirmé à cette abbaïe les paroisses de Jons et de Violay, que Gebuin, son prédécesseur, avoit données à celle abbaïe. Quoiqu'on ait mis Philippcs régnant en France et Henry régnant en Bourgogne, dans la charte précédente et dans quelques autres, l'on ne peut pas diie que Philippe* fut roi en Lyonnois, parco

« CMtalaln S.tigiij-, «ru Si". A. ftrnurd, p. US. fh.HI». (.,, IlnJ.,ctrL»ii-Sil. IJ., p. «WeUM,*. SIS fl si».,

que le terme M Francia exclut son régne en ce pays, et la charte marquant qu'Henry régnoit en Bourgogne, Lyon étant du royaume <le Bourgogne, on voit que c'étoit Henry qui régnoit en ces pays et non Philippes.

Je ne sais si ces deux dernières chartes sont île notre Humbert de Beaujeu, on (l"llumbert son lils, car Humbert de Beaujeu devoit être très-âgé en ce tems-ci, comme nous l'avons déjà observé, puisqu'il paroit avoir agi et contracté depuis l'U 1010, comme nous l'avons déjà vu. Je crois que ce seigneur mourut en 410* ou 1 103 pour le plus lard. Il fut un des bienfaiteurs de l'abbaie Sainl-Higaud, ainsi qu'un de ses frères que la charte ne nomme point. Elle nomme notre Ilumbert

I mbertatux au lieu ù'Ilumberlus (a).

Gnichenon donne denx femmes à Humbert, la première nommée Vandelmode. qui éloit de la maison de Chalons, dont nous avons rapporté la charlc de mariage, quoiqne pénètre ce pourroit é!re Humbert, quatrième petit-llls de celui-ci, qui l'auroit épousée. Nous n'avons rien tromé de cette première femme, inconnue cl contredite par Severt et Paradin.

Ll seconde femme est Usille on Auxilie, dont nous avons parlé assez souvent à cause des chartes qui en ont fait mention. Auxilie •'•toi t de la maison de Savoye : l'ancien Carlulaire de Beaujeu le prouve, suivant l'extrait que l'on m'en a com-

Guichenon prétend que notre prince eut sept enfants, mais il ne dit point de laquelle de 8e* femmes ils éloient.

Le premier est Ouichard de Beaujeu, dont nous parlerons bientôt.

Le second fut Hugues, chanoine de l'église de Lyon et de celle de Beaujeu el abbé de Sainl-Ji;sl. L'Obitnaire de Mâcon lui donne les qualités de très-excellent. Ir.'s-prudent et très-dévot. Il mourut au mois dcjuinl1ï7.

Claude Paradin (d) le confond avec Hugues premier ou second du nom, son oncle ou son grand-oncle, qui fut seigneur d'une partie du Beaujollois, mais subordonné aux princes dont nous avons parlé, qui semblent avoir été les premiers seigneurs et supérieurs dans le Beaujollois. Paradin dit qu'avec sa femme et ses enfants, Hugues possédoit l'abbaie de Saint-Just, suivant la coutume de ce teuis-la, jusqu'auquel les empereurs et les rois avoient conféré les évéchés et les abbaîes par la tradition de l'anneau et de la crosse , à des seigneurs séculiers , ce qui fut abrogé du règne d'Henry et de Philippe» I», du tems desquels vivoit cet Hugues, environ l'an 1060,

II ne nomme point la femme d'Hugues; il lui donne pour enfants Guichard et Vandelmode. et un Guigues qui décéda à Lyon, a son troisième voyage de Borne, en 1 066, et qu'il dit être enterré à Aisnay.

C'est, à ce que je crois, Guy, dont nous avons parle ci-dessus. Le comte de Mâcon

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ntott épousé sa sœur, qu'il répudia, et, après avoir été répudiée, elle fut mariér à un gentilhomme appelé Vitfred. La mort de Guy, fils d'Hugues, en 1 066, fait voir que le père de ce Guy ne peut être notre abbé de Saint-Just, le tems y répugnant, et trèscertainement Paradin a confondu Hugues l'oncle avec son neveu.

Pour Hugues, abbé de Saint-Just, l'Obituaire de Mâcon ne l'auroit pas traité de très-dévdt s'il eut eu une femme avec une abbaie; cela étoit trop contraire û la loi de Dieu et à la loi ecclésiastique.

Cet abbé Hugues eut une contestation avec l'abbaïe de Savigny (a], pour l'église de Duerne. Il préleudoil qu'elle dépendoit de Saint-Just, l'abbé de Savigny prétendoit le contraire. Ce dernier prouva, par la déposition de deux gentilshommes, que celte église dépendoit de son abbaïe. Hugues ne put rien opposera cette preuve; ainsi il se désista de sa prétention, l'an 1 121, le roi Louis régnant en France et Henry commandant en Allemagne.

Il semble, par celte date, que l'on ne vouloit plus reconnoltre l'empereur, puisqu'on dit qu'il commandoit en Allemagne et non en Bourgogne. L'on dit que Louis régnoit en France, ce qui excluoit sa royauté sur ces pays et sur Lyon que nous verrons dans la suite que ce roi reconnut être d'un autre royaume que le sien.

Guichenon prétend qu'Humbert eut pour troisième fils Guichard, qui fut archevêque de Lyon et auparavant abbé de Pontigny; mais outre que l'on n'auroit pas donné le nom de Guichard à un cadet, tandis que l'ai ne le portoit, nous n'avons trouvé aucune preuve que cet archevêque fût do la maison de nos princes; s'il en eût été, il n'auroit pu être que le fils que Paradin donne à Hugues de Bcaujcii. qu'il appelle Guichard; mais rien ne nous apprend qu'il fût (Us d'Hugues d« Deaujeu ni d'aucun seigneur de celte maison.

Le quatrième fils ou plutôt le troisième fut un Humbert, seigneur de Perreux. que l'on croit être décédé sans avoir été marié et sans enfants. Nous avons dit que ce pourroit être ce seigneur qui fut présent au don que le roi de France lit d« l'abbaïe de Maussac à l'abbaïe de Cluny, et des paroisses de Fenrs et de Bull) à l'abbaïe de Savigny.

Outre ces fils, Guichenon donne trois filles à Humbert, l'une appelée Josserande de Beaujeu ; la seconde, Elisabeth, desquelles il ne dit rien et desquelles je n'ai rien tronté.

La troisième fille que Guichenon leur donne est une Vandclmodc, qu'il dit avoir été mariée au seigneur de Briord, en Bugey ; il ajoute que ce seigneur fonda en 1112 une aumône au prieuré d'Iniraont, qui s'y distribue encore à présent, et que c'est d'eux que descend la famille de Briord, l'une des plus anciennes et des plus illustres du Bugey.

M. DnbOOrbel prétend que cette Vandelmode fut mariée à Renaud 111% comte de

(., C.rlubirr SiWgnv. fol. I», «M.IMW. A. Brrur.1, p. Ml., h. 907 -La Mbit, p. SM.

Joigny. Je ne sais lequel de ces auteurs dit vrai, n'ayant rien trouvé, comme je l'ai déjà dit, de ces trois filles. Peut-être Vandetinode, veuve de Mr de Rriord, pourroit avoir épousé le comte de Joigny. ou, étant veuve de reromlo, elle put récuser lit seigneur de Briord.

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