‹ Mémoires pour servir a lh́istoire de DombesChapitre 12 sur 19 · RS · texte numérisé non relu

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querelis fait le dernier que j'ai exprimé. Celle charle dit qu elle parle du chantre de l'église de Màcon, parce que la terre de Montgoin est attachée à son office. Elle y a été attachée si longtemps, que les chantres en ont joui jusqu'à nos jours, qu'ils en alignèrent la censive à feu M' Cachet, premier comte de Gaincrans, qni.au lieu de leur rente noble, leur paye une pension foncière de 180 livres par an.

Outre ce denier par arbre ou par plainte, on donna à Rainfroy cl à ses enfants le pouvoir de mettre vingt-cinq pourceaux dan> ces forets, lorsque le chantre y en racltroit autant, après que ces bois seroient assez forts pour porter des glands, sans que ce Rainfroy donnât rien pour la paisson de ces vingt-cinq pourceaux; que si le diantre en metloit davantage, il fut convenu que Rainfroy en pourrait mettre autant que lai.

On déchargea Rainfroy et ses enfants de payer le service du quint de ce qu'ils planteraient dans leurs jardins et leurs verchères, desquels ils ne payoient pas ce quint jusqu'alors, parce que cela n'avoit pas été stipulé lors du bail de ces jardins et

verchères.

A l'égard de tout ce qui avoit été bati ou planté dans les terres qui dévoient le cinqui me des fruits à l'église, Rainfroy et ses enfants furent condamnés à le rendre entièrement à l'église de Màcon, à l'exception d'une grange et des vignes que l'on disoil être en fief, appammment du seigneur deThoissay on do celui de Garneran s. On laissa aussi à Rainfroy des vignes qui a votent été plantées dans ses propres fonds et qu'il avoit ajoutées à ses possessions, et l'on ordonna qu'elles resteraient à Rainfroy et à ses enfants, en en payant le quart des fruits à l'église.

L'on convint de plus que Rainfroy payerait tous les ans au chantre, pour deux prés qu'il avoil à Montgoin, deux moutons avec leur toison, sans que ceux qui auraient la prévolé y pussent rien prétendre.

Le prévôt devoit faire l'hommage et serment de fidélité au chantre, sans pouvoir ôter aucun des habitants des maisons de Montgoin, n'y en mettra d'autres, si ce n'étoit de l'ordre et consentement du Chantre, quoique le chantre put les faire sortir de leurs maisons et y en remettre d'autres à sa volonté: en sort»-, néanmoins, que s'il recevoit quelqu'argent pour en mettre d'antres, le prévôt n'y perdit pas son droit. Rainfroy promit d'exécuter ces conventions, à la charge qu'on ne jioiirroit lui faire payer les services que ses prédécesseurs avoient payés sur les fonds qu'il venoil d'abandonner à l'église.

Berard, évéque de Màcon, Artaud, doyen, Gauceran, précenteur, Bernard et Ilumbert, archidiacres, Rainfroy, Roberl, prêtre, Adalard, clerc, Etienne, nrévôl. Etienne, moine, Hugues de l.oise, Gausmard, prieur, Guichard, Ditger et Ogier de Miseria signèrent ou scellèrent cette transaction.

Cet acte nous apprend que les cens et services ronsistoient souvent dans une partie des fruits des fonds, qui fut ensuite fixée à une certaine quantité de vin, de blé «m d'argent par année. L'on voit aussi que les ecclésiastiques ponvoieut déposséder à leur volonté, les possesseurs de leurs fonds, parce qu'ils éloient, en ce temps-ci,

SIKÎlUtnES POt H SERVIR

plutôt simples fermiers cl locataires que vrais emphytéoles et propriétaires Jes fond* qu'on leur donnoit à cens el services, surtout pour leurs maisons; ce que je crois, néanmoins, qui «levoit être res'reint lorsqu'ils ne payoient les redevances qu'on leur avoit imposées, qu'ils ne cultivoient pas bien les fonds ou qu'ils y malversoient en quelqu'anlre manière.

Ce peut être environ dans le même temps qu'ltmfred de Veisle et Opierdc Sainl- Vinrent, sou rrèiv, restituèrent à l'église de Màcon (a) le tiers des forêts qu'il y avoit depuis la rivière de Veisle jusqu'au bois de défense d'Ulric de Baugé, tel que l'église avoit eu ce tiers suivant les anciennes chartes de nos rois ; et moyennant cette restitution, l'évêque de Maçon leur donna l'absolution du péché qu'ils avoient commis pour avoir usurpé rette forêt depuis longtemps, et leur lit part de tous les biens spirituels de cette église.

Fustuillier explique le mot de defensum de cette charte \at une chaussée ou levée où passoit une voie militaire ou grand chemin, mais je crois que ce 'lefrnsum éloit un bois clos où personne n'avoit aucun droit d'usage de paisson et autres droits.

L'évêque -Béi-ard lit aussi environ le même temps, une convention avec Renaud, comte de Màcon in), qui fut approuvée par Guillaume, frère de ce comte, el par le chapitre de Màcon. Leurs différents éloient sur les murs de la ville de Maçon, sut des terres que les uns prétendoient avoir été usurpées par les autres à leur préjudice, sur les hommes de l'un, que l'autre recevoit |tanni les siens, sur une henné ou droit de pêche, en Saône et sur quelques autres chefs. Josserand de Besenins, chantre, Guichard de Pisey et Garulphe de Baugé allèrent à lu I)ome (11, où, par l'entremise d'Humbert, abbé, de Hérémie de RufTé, de Robert l'Enchaîné et de Renaud de Cusy, ils terminèrent ces difficultés, en condamnant l'épliso de Màcon a payer 700 s. au comte, moyennant lesquels il se départit de la propriété des fonds' qu'il répétoitel il fut convenu qu'ils régleroient leurs autres difficultés lorsqu'ils seroient à Màcon.

Le comte Renaud étant venu à Màcon, il confirma avec Guillaume, son frère, ce qui avoit été arrêté à la Dome, et se départit de ce qu'il demandoit à l'église pour les murs de la ville, pour les terres, la clôture et la benne; mais l'on convint d'arbitres pour régler les usages et les coutumes qui dévoient être gardés entre les comtes, l'évêque et les chanoines. Les arbitres, pour le règlement de ces usages, furent M' Gausmard, prieur de Saint- Pierre, Josserand, préeenteur, Robert de Brèches, Bonet de Coi moranche, Lagier Dupont, Hugues Belin, Durand Galon, et Pierre, moine, qui déclarèrent que l'évêque de Màcon avoit la justice de tout ce qui regardoit la ebrétienneté c'est-à-dire, à ce que je crois, de tout ce qui regardoit la foi, les liens du mariage, les serments, et de tout ce que les ecclésias-

(» Lit., lnealfn., M. 171-I7J, m«. f. 13. M. It.itiit, p. '91, rh l>\

,., ta,, bal., lui. 107. m. f. îo. U., p. US, A. DLXXXIX

[t) Ut» Lagiùal '.lui,.

A L'HISTOIKE DE POJIBLS.

tique., prétendoient être de la connaissance do leurs ofliciauv, iv qui reslraignoft la juslicede l'évêque à une juridiction simplement ecclésiastique]. L'on convint encore qu'il devoit connotlre de ce qui regardoit la paix et les trêves, car l'on regardoit la guerre comme un mul ; ainsi les évêques connoissoient de la paix, qui fuisoil cesser ce mal ; ils connoissoient aussi des trêves que l'on Uldiquoit; l'évêque de Roucrgue établit même dans son diocèse une trêve générale de certains jours de la semaine, et un droit qu'il fit lever pour faire la guerre â ceux qui troubleraient ces trêves et feraient des violences dans son diocèse (a).

On attribue encore à l'évêque la justice fies cimetières ce que l'on étendoit aux fonds qui en étoient voisins, suivant Chorier), la justice sur les clercs et ecclésiastiques et sur toutes les autres choses de l'église (b).

A l'égard du comte, ils décidèrent qu'il avoit la justice des adultères et des larrons publics et toutes les clameurs ou plaintes ; en sorte que tous ceux qui auraient souffert quelque injure dévoient s'adresser à lui pour avoir justice, même les seigneurs, lorsque leurs hommes ou serfs avoient été maltraités.

(Jue si l'on poi toit des plaintes au romte contre des hommes de l'évoque on roulis des chanoines, ou qu'on les portât à ses officiers, le comte devoit avoir l'amende à laquelle les malfaiteurs dévoient être condamnés, suivant la loi ; mais le comte ne devoit point avoir d'amende des gens d'église, s'il n'avoit iwint reçu de plainte des injures qu'ils avoient faites, ce qui nous fait croire que ce comte exigeoit ces amendes de ses hommes, sans qu'il en eût reçu aucune plainte, sans quoi la prononciation des arbitres sur cet article aurait été inutile.

L'on prononça encore que la garde des chemins appartenoit au comte, et à l'égard du ban du vin, l'on prononça que l'évêque, le comte, le vicomte et les chanoines l'auraient pendant quinze jours chacun.

Ils décidèrent que l'évêque et les chanoines avoient leurs hommes, leurs maisons, leurs terres, leurs possessions et leurs clos, sans devoir aucune coutume ou cens au comte, excepté le droit de plainte dont il est parlé ci-dessus, ce qui nous fait croire que les coutumes, c'est-à-dire les cens et services n'éloient pas réels, et que dès que l'église a\oit acheté des fonds, elle en acquérait la franchise en indemnisant le seigneur des coutumes ou cens qui lui étoient dûs et que les cens se levoienl alors connue la taille se lève à présent, ou il faut que le comte, ayant consenti que l'église possédât ses fonds, l'eut affranchie des cens qui pon voient lui être dus dès qu'il leur avoit permis de les posséder.

L'on déclara que les étrangers, que l'on appelle communément des pieds poudreux, qui viendraient s'établir sur les terres du comte, lui appartiendraient et seraient ses hommes; que s'ils s'établissoient sur les I erres de l'évêque ou des chanoines, il leur serait permis d'y demeurer et qu'ils appartiendraient a

'»,, Laarièrt, Cm»., nu mut « Commun Jr |>aii. > Tarn. ï, liT î, irt. ï. p. 17.

2'Ji mémoires poi n servir

l'église. Je crois que le comte prétendoit avoir lui seul ces sortes d'étrangers et de passants.

Ils déclarèrent qu'il éloit permis aux hommes du comte d'aller dans la terre do l'église pour s'y marier, et aux gens de l'église de s'aller établir par mariage dun.les terres du comte; que les chanoines ont droit de pêche depuis le port de Ris, jusqu'au port d'Osan, et le tiers dans les forêts et dans les terres défrichées.

Ils convinrent enlin que s'il arrivent quelque diffèrent entre les hommes de l'église et ceux du comte, et que le prévôt ne voulût pas aller dans la maison de l'évèque on dans celles des chanoines, qu'en ce cas ils s'assembleraient dans le carrefour où étoit la maison du nommé, Arnaud et qu'ils rendraient justice à ces hommes dans ce carrefour, ou qu'ils v accommoderaient leurs différents.

Fustaillier dit que les chanoines avoient le droit de pèche depuis le port île Bey ; mais il n'y a point de port dans la paraisse de Bey, ainsi il faut lire depuis le port de Bis, qui est un port qui subsiste encore à présent près de Màcon. Cet auteur dit ensuite que ces deux comtes tirent cette paix par la crainte qu'ils eurent des jugements de Dieu, leur père ayant été enlevé |«r le diable, à cause du pillage qu'il avoit fait des biens de l'église; mais les 700 s. que ces frères exigèrent pour faire cet accommodement, et les arbitres dont ils convinrent font bien voir qu'ils ne se regardoicut pas comme des usurpateurs, et nous avons réfnté ci-devant le prétendu enlèvement du père de ces comtes que l'on dit avoir été fait par le diable ; et il est constant, d'ailleurs, par les chartes de Beaujen que nous avons rapportées, que ces deux frères n'étoient point enfants des comtes de MAcon, mais il est à croire qu'ils l'éloient d'Etienne Teste-Hardie, comte de Franche-Comté, ou qu'ils étoienl enfants d'un des enfants de ce comte et qu'ils héritèrent du comté de Maçon, comme étant les maies les plus proches du dernier comte de Màcon.

Il y eut de gi-an» les contestations, environ ce temps-ci, entra Ktienne de Varennes et les abbés de Savigny, sur lesquelles l'on trouve trois chartes dans le ( artulaire de celte abbaïe >'. L'une de ces chartes dit que celte abbaïe avoit eu autrefois-, un paroissien nommé Hier de Bully, qui, en mourant, leur donna un cimetière qu'il avoit possédé injustement, outre quoi il leur donna une partie de ses biens, et que ses lils en tirent de même, et leur en donnèrent leurs portions; mais qu'Etienne de Varennes, qui avoit fait hommage à l'abbaie et lui avoit juré fidélité, ayant épousé la fille d'Hier, prétendit avoir tous les biens de son beau-père, et qu'il commença à inquiéter l'abbaiesur ces biens; sur quoi l'abbé l'once lui en céda les trois quarts pour avoir la paix et ne s'en réserva que le quart, quoique ses religieux ne fussent pas de l'avis de cet abandon. Etienne de Varennes oublia bientôt ce bienfait, et contraignit In fermier, qui faisoit valoir le quart de l'abbaie, de lui prêter serinent de fidélité et s'empara de ce quart. Celle charte ajoute que cet Ktienne de Varennes ne se contenta |Kis de faire ce tort à celle abbaïe, mais qu'il lit fortifier, par des fossés et de* tours de bois, une maison que son père if avoit fait bâtir que pour v tenir ses bos-

i Cariai. Sa» Ijity, caria «n i. ' V DmiM. |>. IT«. rk. MM.]

A l'bHHQUUI M" DOJIBES.

liaux ii rouvcrl : que celle maison n'étoil qu'à une lieue de l'abbaie et dans ses terres, et qu'il se servait de cette maison-forte pour obliger les cultivateurs des fonds de cette ahbaïc de l'aller servir, les menaçant de les y arrêter et de les maltraiter, s'ils n'obéissoient à ses ordres; que l'abbé Ponce, étant louché do ces injures, avoit averti ce seigneur, qui étoit son homme, de lui rendre justice, ce qu'il n'avoit point fait ; qu'il avoit cependant donné des otages d'ester à droit, de l'avis de ses amis; qu'on lui donna jour pour comparaître à l'abbaie où l'on avoit nommé des juges de part et d'autre, qui, après avoir ouï les parties el pris connoissance de leurs droits, ordonnèrent qu'Etienne de Varennes rendrait sa forteresse a l'abbé, pour en démolir tout ce qu'il voudroil, et qu'il permettroit que l'on fit un chemin dans le cimetière, entre sa maison et l'église, afin que les curés pussent y aller; mais qu'Etienne différa longtemps à exécuter cette sentence; qu'il ne remit qu'à grande peine >a maison-furie à l'abbé, el qu'il insulta à main innée les religieux qui se mirent en état d'ouvrir le chemin pour aller à l'église, leur jetant des flèches et leur disant des injures ; qu'il vint ensuite avec ses gens; qu'il reprit sa maison, en chassa les garde* de l'ahlie, et commença à piller les terres de l'abbaie. Il prit même une maison un cornent, où six religieux vivaient, pilla leurs effets et les en chassa. Après quoi, pour comble de maux, l'on dit que l'archevêque, dont la charte supprime le nom, se rendit médiateur de leur différent, qu'il prit des otages des uns et des autres, qu'il donna un jour d'audience, et que les nouveaux juges qu'on leur donna ordonnèrent de nouveau qu'Etienne de Varennes rendroit son fort et que l'abbé le posséderait aidant de temps qu'Etienne en avoit privé l'ahlié, lors de sa première prise de possession, et qu'ils reviendraient plaider sur leurs autres différents. Etienne rendit ce forl celte seconde fois ; mais il ne le rendit que frauduleusement, car il y resta lui-même avec ses soldats, sesarbalestriers el toute sa maison, cherchanl querelle aux gens de l'abbé el les voulant exciter à se soulever contre l'abbaie, ou à se battre avec eux, |iar les injures qu'ils leur disoient et les menaces qu'ils leur faisoient. L'abbé se plaignit à l'archevêque de la manière frauduleuse et périlleuse dont ce seigneur lui avoit cédé la possession de celle maison, mais l'archevêque ne lui en rendit aucune justice, et cet abbé voyant que la garnison qu'il avoit mise dans ce fort lui roùloit plus qu'il n'en pouvoit tirer de profit, il résolut, par le conseil de ses amis, de détruire ce fort, ce qu'il fit; mais l'archevêque de Lyon le désapprouva cl excommunia l'abbé el les moines, el retint leurs otages, voulant par là obliger l'abbé à rétablir cette retraite de voleurs.

Ce parti ne plut pas à l'abbé l'once ; ainsi il se |»urvut an pape Pascal II, qui fut pape depuis I09'J à 1 1 18, pour faire annuler l'excommunication de Parehevêque,sur quoi ce pape donna une bulle, au mois de décembre, étant au palais de Latran, adressée à ses chers lils les chanoines de l'église de Lyon ;ce qui me fail croire que l'archevêché étoit alors vacant]; il y dit qu'il avoit reçu la plainte de l'abbé el des religieux de Savigny sur le château de Varennes el sur les otages que l'on avoit pris de cette ahhaïe pour raison de ce château i». Il décide qu'on avoit extorqué ce»

IV c:«m Ni. v RmuiiL f. IÎS, tk. t»o<> i

MÉMOIRES POl n SERVIR

Mages, contre la règle des jugements ecclésiastiques, et tlérlarn que ce château avoir été détruit avec raison, pan e qu'on l'avoit élevé au préjudice de l'abbaie, ce qui u"avoil paa dû m faire, n'étant pas permis d'en bâtir qui puissent lui nuire ; ainsi ce pape ordonna au chapitre de Lyon de rendre ces otages, il leva l'interdit que l'archevêque avoit prononce contre l'abbaie et ses églises, comme ayant été injustement interdites et il commanda qu'on laissai le cimetière de Rully à l'abbaie de Savigny, aussi libre et aussi entier que l'église de Lyon le lui avoit donné.

A l'égard d'un accommodement qui avoit été fait entre l'abbé de Sav igny et Etienne de Varennes, par l'entremise de l'évéque de Maçon, île Guiehard de IJcuujeu, d'Hugues ou (Juy d'Oin et de Hérard, archidiacre de Màcon, le pape onlonna que si Etienne de Varennes ne s'y vouloit pas tenir, il se désistât du moins de faire aucun mal aux biens de l'abbaie, à peine d'être soumis au\ censures portées par les canons. Je crois cette bulle du mois de décembre I HT, peu après la mort de notre archevêque Josserand.

Je crois aussi que la sentence rendue par l'évéque de Maçon et par notre prince est dans la charte «J07 ,1] du Cartulaire de Savigny. Elle dit que le différent qu'il y avoit entre l'abbé de Savigny et Etienne de Varennes avoit été terminé par une juste sentence telle qu'elle s'ensuit: premièrement, qu'il a\oil été 01 donné que les trêves qui avoient été rompues seraient rétablies ; que le chef de toutes les rapines qui était apparemment le château nouvellement bâti; serait rendu et qu'ensuite Mrde Varennes viendrait demander justice à l'abbé; 2" que si l'on pouwiil prouver juridiquement que la mère de la femme de Mr de Varennes, après avoir épousé Hugues, son premier mari, avoit fait eu sorte avec un de ses parents d'en être séparée et qu'elle se fût mariée à Hier de Bully, Hugues, étant vivant, qu'en ce cas la femme de Mr de Varennes serait privée de l'hoirie de son père. L'on onlonna, en troisième lieu, que si l'on pouvoil prouver légitimement, par-devant l'archevêque de Lyon, qu'Etienne et sa femme étoient parents, que M' de Varennes serait obligé de quitter sa femme et ses honneurs, c'est-à-dire ses liefset châteaux. L'on décida, en quatrième lien, que si l'abbé pouvoit établir dans sa cour, par de bons témoins, qu'Hier de Bully avoit donné à l'abbaie tout l'honneur qu'il avoit entre la Loire et l'Azergtie, au cas que ses enfants maies vinssent à mourir sans enfants légitimes, qu'en ce cas l'abbaie en jouirait en paix ; que s'ils n'avoieut pas des témoins de ce fait cl qu'ils pussent prouver que Guillaume, qui avoit été le dernier des enfanta mâles d'Hier, leur avoit donné son bien par testament ou do qnelqu'aulre manière, que l'abbaie en jouirait aussi; que s'ils ne le pouvoient pas prouver et qu'ils prouvassent que Guillaume avoit donné ses biens à sa femme, et que sa femme les leur a donnés, (pieu ce cas ils jouiraient de ce qui avoit été donné à cette femme, comme elle avoit droit d'en jouir. Les juges ou arbitres déclarèrent nuls les dons que l'abbé avoit faits au sieur de Varennes. faute d'avoir eu le consentement des religieux, et permirent aux religieux d'en reprendre ce qu'ils en pourraient trouver.

Il A.Brn»H,r.l»l,Hl 9<»î.

a l'histoire de dombes. 893

Ils déclarèrent aussi nul le don que Mr de Varennes prétendoit qu'on lui avoit fait du cimetière de Bully, paire que ce don étoit contraire aux décrets des papes qui défendent de les donner à des laïcs, et que ce cimetière n'appartenant pas à l'abbé, il n'avoit pu le donner; que si Mr de. Varennes s'étoil fait céder ce cimetière par l'archevêque de Lyon, ils déclarent aussi cette cession nulle, parce que ce cimetière appartenoit précédemment à l'abbaïe. Ils ordonnèrent qu'Etienne ne pourrait plus lever le péage qu'il levoit, et qu'il restituerait tout ce qu'il en avoit exigé. Et à l'égard de la forteresse qui avoit été faite à Varennes, l'on ordonna que tout ce qui y avoit été bâti depuis que Gausuiard, père d'Etienne, en avoit fait hommage à l'abbé Dalmais, serait détruit et ne pourrait plus être rétabli. Mr de Varennes fut condamné aux dépens et à s'en tenir à la cour de l'ablié pour toutes les restitutions de fruits, des articles que cet abbé uagneroit et qui étoienl interloqués parce jugement.

.Nous ne pouvons savoir en quel temps cette sentence fut rendue par l'évêque de Màcon et par notre prince. Si le nom de l'évêque de MAcon eût été dans la bulle du pape Pascal, il serait plus facile d'en déterminer le temps, quoique je crois qu'elle, puisse avoir été rendue au commencement du règne de notre prince, en H 02 on 4103, ou quelques années plus tard.

Le mot de cimetière est pris, dans ces chartes, tantôt pour l'église mêmedeBullv, , tantôt |Mjur les maisons et fonds joignant lecimetière et l'église, comme nous l'avons dit ci-devant. L'archevêque de Lyon, dont l'abbé de Savigny se plaignoit, étoit Josserand ou Gaucerand, qui étant mort du temps du pape Pascal II. qui donna la bulle que nous avons rapportée, il fut obligé de l'adresser aux chanoines de Lyon, pendant la vacance de cet archevêché.

Guy du Saix donna, environ ce tems-ci, de l'aveu et consentement de ses frère* et de sa mère, son approbation au don de Longchamp, que Guy Ferrais et son lil> avoient donné à l'église Saint-Pierre de Màcon a', pour le salut de leur âme, el à l'égard du don qu'un seigneur appelé Léotard, avoit fait à la même église et que ce seigneur du Saix avoit longtemps contesté, il en accorda les deux tiers a l'église et il retint l'autre tiers avec le lier de Berlion de Cbalamont et la franchise d'Alaric, pendant sa vie, et consentit que le tout retournât à cette église après sa mort.

Ce don eut son effet pour Longchamp, dont l'église de Sainl-Pierre possède encore à présent les dixmes. Cette paroisse est en parlie dans celte souveraineté, et n'est l>as éloignée du château du Saix, qui a retenu le nom de ces anciens seigneurs ; elle est aussi voisine de la paroisse de Lent. Je ue sais si Berlion de Chalamonl éloitseignear de Cbalamont, en ce temps-ci; en tout cas, ses terres n'en étoient pas éloignées. La franchise d'Alaric étoit, à ce que je crois, la terre de la Franchise, près Chalamont, dans cette souveraineté, qui a retenu cet ancien nom de la Franchise depuis cet ancien tems.

Il y eut du tems de Berard, évêque de Mâcon. dont nous avons déjà parlé plusieurs

U; *e«rl, in Milite , p. ISO.

M K MOI n ES POIR SERVIR

fois, un accord fait eDln Landry de Monceau et les chanoines de leglise Sainl-Vincent (ai, sur le bois ou forél appelé Camenve, et sur de* défrichages faits dans celte forêt, qui éloit un aleu de l'église de Maçon. Cet accord n'est pas bien différent de celui que nous avons vu, que l'église de Màcon avoit fait avec Rainfroy de Montgoin; mais celte deuxième charte nous apprenant l'usage qui s'observoit pour la jouissance des forêts qui étoient le long de notre rivière de Saône, et pouvant éclaircir la précédente, nous crojons devoir la rapporter. Les chanoines de Mâcon accordèrent donc à Landry, par ce traité, la garde du bois Camenve, à condition qu'il n'en défricherait plus, ni pour y faire des prés, ni pour y semer des grains, cl qu'il garderail ce Itois jusqu'à ce qu'il portât des glands, sans que Landry ni aucun autre pùt s'en servir, jusqu'à ce que les chanoines ordonnassent d'y mener leurs pourceaux, après quoi Landry y pourroil envoyer les siens. Les chanoines se retinrent le pouvoir de prendre dans celle forêt les bois nécessaires à leur cuisine, à leur réfectoire et aux ouvrages de leur clollre. Ils permirent aussi à l'obéancicr de Saint-Clément d'en prendre pour tout ce qui serait nécessaire dans la paroisse de son obéance, et l'on permit pareillement à Landry d'en prendre de son cûlé pour l'usage de sa maison et pour bâtir ses domaines, avec défense, néanmoins, de laisser aller personne dans celte forêt, si ce n'étoit les paroissiens de Saint-Clément qui lui payeraient chacun un denier pour son droit de garde.

On laissa à Landry le pré qu'il avoit fait dans la forêt, à la charge de donner la neuvième partie du foin aux chanoines, sans qu'il pût mettre ce pré eu défense, si ce n'étoit contre le fouissementdes pourceaux, à moins qu'on ne mit en défenses les prés du voisinage. A l'égard des autres fonds que Landry avoit défrichés, l'on convint qu'il en payerait la dixme et la moilié de la neuvième. Landry fit hommage et jura fidélité, pour ces bienfaits, entre les mains d'Artaud, doyen de Mûcon, et il fut convenu que les successeurs de Landry le feraient à l'avenir entre les mains des successeurs de ce doyen.

Cetlo charte nous fait voir que les chanoines de Mâcon vivoienl encore en commun en ce temps-ci, qu'ils avoienl soin de conserver leurs forêts, quoique les bois ne dussent pas être fort rares. L'on voit aussi qu'on laissoit les prés sans défenses le long de la litière de Saône, où je crois qu'étoil celle foret, qui parait être dans la paroisse Saint-Clémeiil. Celte forêt a apparamment été défrichée comme tant d'autres, et elle a été mise en pré et terres labourables à cause du profit que l'église eu devoit retirer en la défrichant.

Kn H16(b), Achard, chevalier du château appelé Montmerle, fils de Guichard. qui s'appeloit aussi de Montmerle, désirant d'aller, suffisamment armé comme il le falloil, à Jérusalem, pour faire la guerre aux payens et Sarrasins, dans le temps

{.») Liber Ineat., fol. 197, ross. f. ». (M. R»gut, p. 5Î7, ch. DLXV1I.)

Cartul. Clony, B, fol. ÎSS, cirt» d«a.

Celle Hmrte est de 1 000 el non de 1116. On peut eu voir le texte reproduit «l'»prè» I original, «on» le n« NXVIII dn Pièce* Justifle«liv«.

A L'HISTOIRE DE DOMBE-S. S97

qu'il y avoil une très-grande armée des chrétiens qui y alloit, alla à Cluny pour trouver de l'argent pour faire ce voyage. Il y parla à l'abbé saint Hugues, et parla médiation de Bernard, chamarier.de Geofroy, prieur de Montbcrthoud.el deM'Girand do Chaveyria, il engagea à l'abbaïe de Cluny des biens qu'il avoit dans la souveraineté, savoir tout ce qu'il avoit à Lurcy, en mas, en vignes, droit de pôehe et autres droits, son raas de Surgier et le moulin en dépendant ; le mas de Coohoc et son moulin que Robert possédoit. Il les engagea de manière qu'aucune personne de sa parenté, soit du côté paternel, soit du maternel, ne pût les racheter, à moins que ce ne fût lui-même; que s'il venoità mourir dans son voyage ou qu'il voulût demeurer dans la Palestine, il ne vouloit plus que ces biens fussent en engagement, mais il vouloit qu'ils en restassent propriétaires à perpétuité ; que s'il revenoit de ce pays-lù et qu'il vint à mourir sans enfants, il vouloit que tous ces biens restassent à celte ahhaie. Il donna, pour cautions de cet engagement, fi uy et Zacharie.qui seroient obligés de demeurer en otage au château de Hiortiers jusqu'à ce que l'on eût réparé le trouble. La somme qu'Achard reçut pour cet engagement fut de 2<i00 s. monnoyo de Lyon, et quatre mules. L'acte fut passé le 2« des ides d'avril, indirtion 4', éparte 23e, Philippe étant roi de Franco, et l'rbain II pape. Achard, Guignes et Zacharie, ses cautions, Bernard, chevalier de Loiché, et Gerberge, sa femme, sœur d'Achard, promirent la même chose qu'Achard.

Guichard de Beaujeu et Hugues, abbé de Saint-Just, son frère, engagèrent, en 1 1 17, à l'église de Maçon >!, tout ce qu'ils avoient et tout ce qui leur étoit dû justement ou injustement au village d'Avenas, qu'on appeloit anciennement le monastère de Peloge, parce qu'il y avoit eu autrefois un monastère de ce nom dans l'endroit où est l'église paroissiale, ou auprès de celte église, dans laquelle il y a encore aujourd'hui une grande dévotion. Nos princes engagèrent principalement toutes les coûtumes de blé, de vin et des autres vivres qu'ils y pouvaient exiger, soit pour les saisies et les arrêts des effets des débiteurs (pie l'on pnyoit en blé, soit pour les plaintes et pour quelqn'autre cause que ce fût. Ils engagèrent déplus tout ce qu'ils avoientau mas de Chàtillon et au Monl-Supcrbe, et tous les droits qui leur appartenoient sur la forêt du Président, avec toutes leurs appartenances et dépendances, les pâturages, les fontaines et les terres arables de ces mas , les bois et les cours d'eaux. Cet engagement fut fait pour 30 marcs d'argent très-pur, excepté 5 marcs qu'Humbert, archidiacre, avoit fournis, qui n'étoient que de sterlin. La valeur de l'argent sterlin êtoit, suivant Mr Le Blanc (h), de 13 s. i d. sterlin au marc, ce qui fait voir combien il y avoit peu de sols au marc de l'argent qui étoit très-pur, comme il y avoit de l'aloy au sterlin et que cet argent éloil moindre que celui où il n'y en avoit point et qui éloit très-pur. L'on marquoit la différence de cet argent pour ne le rendre que du même poids et aloy, ce qui fait croire qu'on ne se servoit pas toujours d'argent monnoyé dans les payements qu'on faisoit, et qu'on ne romptoit pas néces-

», Lib. Inc.!., fol. SOfl. M. RiCul, p. S5Î, ch. DLXXXVI.) in Sou» Louii VIII, |>. 1 10, éd. de Hollande.

MtllOIllES POUR SERVIR

sairement à iivres d'argent numéraires et idéales, dans ce tems-Ià, comme on le fait aujourd'hui, mais que l'on donnoit véritablement poids pour poids d'argent, comme il était juste et naturel.

Guichard et Hugues de Beanjeu reconnurent que cet engagement devoit durer pendant deux récoltes, et que s'ils voûtaient rendre l'argent, ils pourraient le Taire jusqu'à la tin du mois de mars de chaque récolle.

L'archidiacre Bernard retint la jouissance de la part qu'Hugues avoit droit de prendre sur l'avoine qui était due à Avenas, parce qu'il la lui avoit cédée avant cet engagement. On la lui accorda, mais il lut convenu que si le réachat des 30 marcs d'argent ne se faisoit point pendant la vie de Bernard, que celte avoine seroit comprise après sa mort dans cet engagement.

Guichard promit à l'église de Mâcon que ni lui ni aucune autre personne ne l'inquiéterait dans la jouissance des choses engagées dont il l'en ferait jouir tranquillement. Il donna pour cautions et pour Otages de sa promesse, Durand de Margion, Berard de Vernay, Etienne de Marchampt, Durand des Estoux ou de l'Es tout et Durand le Président, et il fut convenu que si l'un d'eux venoit à mourir, à se faire religieux [ce qui était assez ordinaire en ce siècle), ou à aller en voyage de long cours, les autres seraient obligés de se rendre au château de Beanjeu dans quatorze jours, qui est le terme que l'on donne ordinairement aux otages, et qu'ils n'en sortiraient point jusqu'à ce qu'on en eût nommé un autre et qu'on ne l'eût notifié ou au doyen, ou au chantre de Maçon, ou aux archidiacres Bernard ou Humbert, ou à quelqu'autre chanoine qui seroit à Màcon. L'on Stipula que celui qui serait président de Beanjeu resterait caution de cet engagement, c: que si l'on fonuoit quelque em[)échement à l'église de Màcon dans la jouissance des choses engagées, que ces cautions se rendraient aussi au château de Beaujeu, d'où ils ne pourraient sortir que l'on n'eût restitué ce qui aurait été pris et enlevé. Cet acte fut passé à Beaujeu, le 25 d'août, lune 22, épacle <5% du règne de Louis, roi de France. Les témoins furent Gauceran, doyen, Humbert, archidiacre, l'once, dojen de Beaujeu, Etienne de Saint-Cire, mattrc-d'hotel ou célérier de l'église de Mâcon, Bernard, marguillier et prêtre, Geofroy, monnoyeur, etGeofroy de la Douze. Ceux-ci furent témoins pour l'église de Mâcon.

Hugues de Beaujeu, Pierre de Brama, Hugues de Renitivol, peut-être Ronchivol, Pierre de Varennes, Durand de Marchampt, Bernard de Venais, Bernard, prévôt (ces trais derniers, dit l'acte, sont cautions et ôtagesl, et Etienne Pontin, archiprétre de Drun, furent témoins pour nos princes. Je ne sais si cet acte confond le président avec le prévôt de Beaujeu, car il dit que le prévôt est l'un des ôtages, et cependant c'était le président. L'acte appelle le président Durand et le prévôt Bernard, ce qui laisse un doute dans cet acte qu'il n'est pas facile de lever, faute d'autres titres. Il semble extraordinaire que les ôtages fussent obligés d'aller à Beaujeu, en cas de contravention, car ils auraient dû aller à Mâcon; mais je crois qu'on les obligeoit d'aller à Beaujeu afin île parler à M" de. Beaujeu et que leur présence et la dépense qu'ils y feraient obligeât ce seigneur à rendre une plus prompte justice à l'église de Maçon.

A l/llISTOIBE DE DOMDES.

En H 18, noire prince Ouichard de Beaujeu fonda l'abbaïe de Jong-Dieu. Ce ne fut d'abord qu'un prieuré fourni* à l'abbaïe de Tiron, au Perche. L'on prétend que ce fui un songe ou vision qui porla ce prince à faire cette fondation ; car, dormant dans une chambre de sa maison de Tainais, près Villefranchc, où est à présent celle abbaie, il vit six vieillards conduite par Bernard, fondateur des moines de Tiron, qui labouroieut la terre anx environs de sa maison, ayant chacun un joug au cou. Cet abbé tenant le bout de la charrue, ils firent une enceinte autour de celle maison, qui fut assez grande, et il sembla à notre prince qu'il y voyoit croître de beaux fruits.

Guichard on ses directeurs ayant interprété ce songe, crurent que Dieu vouloit * que ce seigneur donnât l'enceinte qu'il avoit vu labourer, à Bernard de Tiron, pour y faire l'établissement de ses religieux. Dans cette persuasion, il alla au Perche, où il lit don de cette enceinte à l'abbé Bernard el lui demanda six de ses religieux pour les y établir; cet abbé les lui ayant accordés, Mr de Beaujeu leur donna sa maison de Tamais, la fit accommoder à leur usage; il leur donna de plus des fonds voisins suffisants pour leur subsistance, et leur céda toute la justice et la supériorité qu'il y avoit. Il voulut qu'ils en jouissent aussi librement et avec autant de franchise qu'il enjouissoit lui-même. Il leur amortit déplus tons les fonds qu'on leur donnerait ou qu'ils achèteraient dans la suite, quand même ils seraient féodaux. Guichard se déclara, ainsi que ses successeurs soigneurs de Beaujeu, défenseur de ce monastère, et voulut que si ses successeurs manquoient à celle défense, ils payassent 500 livres d'or aux religieux. Cette fondation fut faite à Tiron, le 28 juin. Les témoins de cette fondation furent Humbert, Guichard, Gontier, Alix et Marie de Beaujeu, enfants de notre prince, qui allèrent à Tiron avec leur père, soit pourvoir l'abbé Bernard, soit pour confirmer les dons que leur père lui devoil faire; que s'ils n'y allèrent pas, on leur fit signer cette charte au retour de leur père, comme on le faisoil souvent. Outre ces enfants qui furent témoins ou qui signèrent ou scellèrent celte charte, les autres témoins furent Hendan et Gontier de Marzé, Pierre de Villefranchc, Guy de Courliamble, Girard de Presles, Yves de Courville, Geofroy de Beauvoir, Ancelin de Mazilles, Humbert de Mule-Epine, Rofroy de la Vieuville, Guillaume de Chantemerlc, Payer» de Massieti, Sulpice de Varennes, Etienne de Maivhampl, Durand des Estons, Berard de Poisse, Hugues de Charnues, Amblard de Bcauregard et Humbert delà Vaugnion. La plusparl de ces gentilshommes éloient de la suite de notre prince, ce qui fait connoltre sa grandeur el sa puissance. Il investit le monastère de Tiron de ce don en en mettant la charte sur l'autel.

Il semble, par les termes de celte fondation, que notre prince se désistoit de tont droit de justice sur cette abbaie, et que tant lui que ses successeurs en devraient avoir toujours été privés : mais le titre de défenseurs de cette abbaie qu'il lui réserva, lui redonna celte juridiction d'une autre manière, les défenseurs étant obligés de rendre justice avant que de défendre par les armes ceu\ dont ils prenoient la défense; c'est ce qui éloit juste et naturel, et ce que nous indique une charte de l'an

mémoires rniR servir

1119 [a), par laquelle Guy, évêque de Genève, donnant à l'abbé de Cluny l'église de Condomaine, réserva la défense de Condomaine à Rodolphe, son neveu, et à ceux qui lui succéderaient au château de Faueigny, et il voulut que s'il arrivoil quelque contestation pour des injures faites aux habitants de Condomaine par ceux du seigneur de Faueigny, ou à ceux de Faueigny par les habitants de Condomaine, qu'on ne poun oit se pourvoir que par-devant le seigneur de Faueigny et le prieur de Condomaine. Ce don fut fait lorsque l'évéque de Chalons et l'abbé de Cluny allèrent vers l'empereur Henri, pour faire la paix entre lo royaume et le sacerdoce, et lorsqu'ils passoirnt à Genève.

k Louis-le-Gros déclara, dans une charte de la inéuie année 4H9 ni, que l'abbaie de Cluny, l'un des plus nobles membres de son Etat, étoit sous sa sauvegarde et protection spéciale, et promit de défendre tous les prieurés de cette abbaie qu'il spécifie chacun par son nom, et tous leurs biens situés dans son royaume, comme les siens propres ; mais il stipula que l'abbé et les religieux lui remetlroient tous les châteaux et toutes les forteresses appartenant à cette ahhaïe, pour la défense de son royaume et de sa couronne, dès qu'il les leur auroit demandés, sans que le roi put jamais les transmettre à personne pour les mettre hors de sa main, couronne et royaume de France. Dajis rémunération des prieurés dépendant de l'abbaïe de Cluny que le roi promet de protéger, l'on n'y trouve point le prieuré OU doyenné de Montberthoud, situé en cette souveraineté, ni celui «le Chaveyria en Bresse, ni ceux de Dauphiiié, paire qu'ils n'étoient pas dépendants de son royaume, non plus que ceux de Provence.

Le roi Philippc-lc-Bel confirma cette charte en 131 s.

En 1 1 20 ou M 21, l'église de Maçon (c) eut encore des diflirullés pour le village de Moutgoin, qui méritèrent l'attention du pape Calixte II, car ce pape donna deux bulles pour conserver les droits de cette église. L'une fut donnée à Vienne, le 10 février. Le pape niandoit, par cette bulle, k llumbald, archevêque de Lyon, que Bérard, évèque, et l'église de Maçon s'éloieut plaints à lui que des seigneurs, ses diocésains, qui étoient Guichard d'Anthon et Guy l'Enchaîné, troubloient l'Eglise de Mâcon en affligeant ses hommes qui demeuroient àMontgoin, par diverses exactions, et il lui manda de les avertir de cesser ces exactions et de laisser les biens rie l'église libres, sinon de faire appeler ces deux seigneurs à sa cour ou à celle de l'église de Màcon, pour y être jugés; que s'ils ne le veulent pas, il lui enjoint de leur faire justice comme à des personnes qui méprisent la loi de Dieu ; ce qui semble indiquer que l'archevêque usa de contraintes et de censures contre eux.

Par la seconde, du 1 i janvier, le pape ordonna d'interdire l'entrée des église> à ces deux seigneurs, d'empêcher de célébrer l'oftice divin dans leurs terres, excepté le baptême des enfants et la confession des mourants, jusqu'à ce qu'ils eussent donné

M Bihliolh.Srbu- .cap. 1-.pl".

■ , Bill CIm.uk., p. MB, '.7B. — Spiril.. (on. i'. p 4TB, »77. c, L.b. Inc.!., fol. ÏIID.-Sfvcl, p. IÏ7.

a l'histoire dombks.

une juste satisfaction à l'église et que l'archevêque de Lyon ou celui de Mâcon eussent été contents de la réparation des torts qu'on prétendoit que ces teignent! avoicnt faits. L'on voit par ces Imites jusqu'où s'étendoit alors le soin que les papes prenoient des biens de l'église; car ceux que l'église de Mâcon avoit alors à Monlgoin n'étaient pas fort considérables. Cependant l'on usa d'excommunication et d'interdit pour obliger ces seigneurs à cesser les troubles qu'ils faisoienl aux droits de l'église; ainsi le pape et les ecclésiastiques connaissoient de toutes sortes de matières et même de celles qui étoient les plus réelles et profanes, dès qu'il s'agissoit de biens appartenant à l'église et souvent même des biens qui appartenoient à des laïcs, lorqu'ils avoient assez d'amis et de protection pour porter leurs causes au v papes. Ces bulles n'eurent pas un effet aussi prompt que l'église de Mâcon l'auroit souhaité ; elles l'eurent cependant dans la suite, ces deux seigneurs s 'étant désistés de leurs prétendus droits.

Le papeCalixte, ayant été pendant quelque temps à Vienne et à Lyon, avoit promis à l'archevêque de Lyon de lui continuer sa primatie. Daimhert, archevêque de Sens, ayant été se faire sacrer a Rome, ce pape exigea de lui par serment qu'il reconnoitroit cette primatie dont je crois que le pape fit expédier peu de temps après la bulle, ce qui lâcha le roi Louis-le-Gros qui obtint d'abord que la primatie de Lyon seroit suspendue pour quelque temps sur les églises de France ; mais n'étant pas content de celle simple suspension, il écrivit au pape et lui envoya Algrin, secrétaire d'Etat, qui fut depuis chancelier do France sous Lnuis-le-Jeuiie, pour demander a ce pape une entière supression de cette primatie sur les églises de son royaume. Il écrivoil à ce pape qu'il voyoil avec peine qu'il donnait encore quelque espérance à l'archevêque de Lyon pour cette primatie sur les églises de son royaume, mais qu'il aimeroit mieux y voir le feu aux quatre coin* et qu'il s'exposeroit plutôt a périr que de souffrir la honte d'une pareille soumission pour les églises de son royaume (*}. Ce roi fait ensuite valoir auprès du pape les service-, qu'il lui avoit rendus et ceux que les rois ses prédécesseurs avoieut rendus aux anciens papes. Il lui dit que si quelques anciens décrets avoient donné la primatie à l'église de Lyon, ils n'avoient jamais eu leur exécution contre l'église de Sens qui n'y avoit jamais été assujettie. Il soutient que l'église de Sens étant en possession de tout temps de sa liberté, qu'on ne peut pas l'assujettir, parce qu'on ne peut jamais nous Oter ce que nous avons acquis par une ancienne possession, non pas même quand on fetnit voir que ce que nous avons acquis appartenoit à l'église romaine. Ainsi ce roi reconnolt que l'on | rescrivoil contre l'église romaine même. Louis-le-firos finit en disant qu'il prie ce pape de ne pas consentir que la cilé de Lyon, qui est d'un royaume étranger, ait un honneur et une gloire à son préjudice, et qu'en se roulant soumettre à un prince, son ami, il ne les rende ennemis etc.

Si Louis-le-f'.ros eût été reconnu haut souverain de Lyon, soit par l'empereur en ». Mciuiiitr. hu p. t«n. — Spi.ilrg., L »-. p. 174. — j<» («quêta dr M r.,.||, ri »ur M prlwMlr iCr

L)4M, Cf., p. 11. — Klcury, L M, IK. RT, U. M.

MÉMOIRES POIR SERVIR

qualité de roi de Bourgogne, suit par l'archevêque, soit par le diocèse de Lyon, ce roi n'auroil pas dit que la cité de Lyon étoit d'un royaume étranger, car nous ne pourrions regarder comme étrang r ce qui dépendrait de notre haute souveraineté, ("e roi, qui aurait eu la haute supériorité sur Lyon et sur tout le royaume de Bourgogne, auroit-il voulu plutôt souffrir qu'on mt le feu aux quatre coins de son royaume que de souffrir la soumission d'une de .ses églises à celle de Lyon. Quand on n'aurait que celte lettre, elle détruirait tout le système de Mr de Camps, abbé de Signy, que nous avons si souvent réfuté. Un ou deux ans après cette lettre, Uumbaud, archevêque de Lyon, tint un chapitre à L>on, pour y régler les aumônes qu'on devoit faire en 1 1 23, à causo d'une grande famine qui régnoil cette année (a). Cet archevêque data la charte qu'il donna sur cette aumône du règne du glorieux roi des Romains Henri, et l'on n'y trouve aucune mention du roi de France, parce que Lyon et tout son diocèse étoient soumis à l'empereur roi de Bourgogne, et qu'il étoit une terre de l'empire où les rois de France n'avoient ni haute ni basse souveraineté.

Outre ces deux actes il y a deux bulles que le pape Calixtc donna la même année 11 i.'i, en faveur de l'abbaïe de Savigny, qui prouvent cette vérité.

Par la première (l), ce pape prend le monastère de Savigny sous sa protection et sous la défense de l'église romaine, sauf la révérence due à l'archevêque de Lyon, et il dit qu'il munit, parce privilège, celte abbaïe contre la malice des méchants, et défend à toutes personnes de la troubler, de lui ôter ses biens, de retenir ceux qu'on lui aurait ôtés et de la vexer ou fatiguer en aucune mani re. Par la seconde, ce pape donne un sauf-conduit à tous ceux qui iraient ou reviendraient de Savigny trois jours avant la féte de Saint-Martin et trois jours après, et défend à toutes personnes de les offenser dans leurs |>ersonnes ou dans leurs biens. Il défend de plus de bâtir ou construire aucun fort ni château dans les terres de cette abbaie situées au diocèse on paroisse de Lyon, d'y lever aucun péage, d'y introduire de nouvelles coutumes et exactions sur les marchands, et il veut que si quelqu'un contrevient à ses défenses et ne répare pas sa faute, après qu'il en aura été averti, qu'il soit interdit d'assister aux ollices et que sa terre soit mise en interdit. La première de ces chartes, données au palais de La Iran, est du 15 *l la seconde du 19 février 1 1 23. Je ne crois pas que si le diocèse de Lyon eûtélé du royaume de France, le pape eut défendu à des seigneurs d'y faire îles forts, d'y lever des péages et d'y faire de nouvelles exactions. Je crois que le roi Louis-le-tlros étoit assez puissant |iour s'y faire obéir, sans qu'on recourût au pa|K«; mais il n'en étoit pas de même dans les terres de l'empire et du royaume de Bourgogne où tous nos seigneurs jouissoient des droits de souverains et secroyoienttoiit permis; les empereurs les laissant jouir de tous les droits royaux et les papes croyant qu'ils étoieut leurs supérieurs môme au temporel, croyoient qu'ils y pouvoient ordonner tout ce que bon leur sembloit.

Guichard de Beaujeu fut médiateur, environ ce temps-ci (c), d'un d fièrent qu'il y

f») Menclrirr, Pc. p. nu,

(%) CartaJ. tarif»;, «-art* !»OS, 001. A Bernard, pp. 173. 177, fh. Ml, OOi.) i'cj Lib. Incul., loi. ïi>i. (M. Ragut, p. 557, ch. l>\« -] — g* Mît, p. 119, m», f. I».

A L'UISTÛIKE DE BOMBES. 303

avoit entre Guillaume, comte de Màcon, frère de Renaud, et Josserand, évoque de cette ville, et son chapitre. L'on convint, par l'accommodement qui fut fait du consentement du comte Renaud, que Guillaume cederoit à l'église de Maçon (lorsqu'elle en aurait besoin pour se défendre, ainsi que je le crois, quoique cela ne soit pas exprimé dans la charte], toutes ses forteresses, bâtiments et maisons tant au dedans qu'au dehors de la ville, mais qu'à l'égard des biens qu'il prétendoit avoir été usurpés ou occupés par l'église, après la mort du comte Guillaume l'Alleman, père d'un autre Guillaume, l'on ordonna qu'il en demanderait justice à la cour de l'évéque et que si la contestation ne pouvoit pas s'y régler, l'on en viendrait à la médiation de notre prince, et que si l'on n'éloit pas content de son avis, notre prince s'assemblerait à Saint-Marcel avec le comte Renaud, et qu'on s'en tiendrait â leur décision ; et jusqu'à ce jugement, le comte Guillaume, qui prétendoit avoir été dépossédé, promit de tenir bonne paix et de vivre en bonne union avec l'église de Màcon. Cette affaire fut réglée en présence de Mr lllio de Ravcne, d'Etienne Gras, de dirbert, archiprétre, de Liébaut de Digoine, de Robert l'Enchaîné, de Durand d'Estolde ou des Estoux, d'Etienne de Marchand, de Renaud de Cusi, d'Ogier de Veisle, d'Hugues de Marnet, de Rogier d'Abans, d'Illio de Besenins ou Basinens.

H faut que l'église de Màcon fût bien assurée de la probité de notre prince et de celle du comte Renaud, pour leur remettre la décision de tous ses différents avec le comte de Màcon, frère de Renaud, quoique notre prince fut homme et vassal du comte de Maçon, pour Cenve, comme nous l'avons dit; mais ces hommages n'empechoieot ni la liberté de ces princes, ni leur droiture.

Je ne sais si c'est de cet accord ou île quclqu 'autre que parlent l'ustaillier et Bugnon, qui disent que le comte Guillaume de Maçon, étant devenu possesseur du comté, devint fort dévot et qu'il laissa à l'évéque «le Màcon la juridiction que sou père Renaud avoit cédée à Berard et qu'il ratifia les traités de paix que son père avoit faits avec cet évéque, par la médiation de Uuirhard et d'Hugues de Beaujeu et d'Etienne de Savigny; mais parlant de Renaud, père de Guillaume, ils parlent de Guillaume l'Alleman et non de Guillaume, dont nous venons de parler, frère et non lils de Renaud.

Il y a une charte dans le Carmlaire de Mâcon [a], qui pourrait être de ce temps-ci, et que je rapporte, parce qu'elle explique quelques droits des dixmes. Par celle charte Ogier de Saint-Cire céda à l'église de Màcon la marguillerie de la paroisse de Saint-Cire et tout ce qui en dépendoit; cependant l'église de Màcon consentit qu'Ogier jouit pendant sa vie de la divine du mas du Pont qui dépendoit de cette marguillerie. Ogier promit avec serment qu'il ne ferait rien qui pût empêcher que cette dixme ne revint librement à l'église après sa mort; apparemment que l'on eraignoil qu'il ne vendit ou qu'il n'engageât cette dixme à quelques dettes dont les acheteurs ou les créanciers auraient contesté les droits de l'église. En récompense de cette eesMon, l'église de Màcon donna à ce seigneur la dixme de Brodey que ce seigneur

(a, Lib laML, fol. 1 10, m«». (¥, Ragiri, p. ÎOI . rfa OXCV1I.,

MÉMOIRES P01 n SFHV1H

tenoit déjà, pour la tenir en fief et à la charge d'en faire foi <•[ hommage au doyen de Saint-Vincent. L'un accorda de plus àceseigneir le droit de faire raiuas>er le* autres dixmes de la parois, a la charge de les faire amasser fidèlement et diligemment, et l'on convint que pour la faire amasser, il n'auroit d'autre droit que la dixme de la diurne; que s'il faisoit quelque malversation ou qu'il souffrit qu'on en fit en la faisant ramasser, il scrui! assigné à la cour du doyen |»ur y répondre de ses malversations. Eulin on laissa a ce seigneur une verch.' re prés le cimetière, qui étoil en contestation entrVux, à la charge d'en payer 6 deniers de cens.

Je ne sais si l'usage de plusieurs paroisses de cettn souverainelé, où l'on retient la divine de la dixme, que l'on appelle gerbe de rharroy, ne vient point d'une ancienne convention par laquelle les décimateurs scroient convenus avec les paroissiens de leur lai --ser cette dixme de la dixme, à la charge par les paroissiens d'amasser la dixme due aux décimateurs et de la leur Charrier dans leur aire, ce qu'ils faisoient a la décharge dis seigneurs qui avoient un droit pareil à celui que l'église de Maron céda à Ogier de Saint-Cire. .Nos paysans ramassent encore très-souvent les serbes de la dixme et les mettent en petits monceaux, afin qu'elles ne m> gâtent pas ; et il se peut faire que les décimateurs n'ayent plus voulu que les paroissiens chariassenl leurs dixmes, ne les trouvant peut-être pas assez exact* on as-cz fidèles. Cependant, l'usage de prendre la dixme de la dixme leur est voté dans les grands fonds où il y a plus de dix gerbes de dixmes, car on ne peut retenir la dixme de la dixme dans des fonds où il n'y a pas dix on onze gerbes de dixmes, sinon que quelques fois on compte ces gerbes et on les porte pour les compter dans un autre fonds, le tout suivant l'usage immémorial de la paroisse; il y en a plusieurs qui en sont en possession.

Nous aurons lieu de parler ailleurs de cette dixme de la dixme que les seigneurs exigeoient pour faire la levée et le charroy des dixmes, ce qui étoit assez commun daus la Bourgogne.

L'empereur Henry V, reconnu pour roi légitime en ces pays, mourut en 1125, sans laisser postérité [a). On croyoit que Conrad, duc de Franconie, ou Frideric, duc de Suabe, ses neveux, lui suecéderoient ; mais l'archevêque de Mayence fit élire Lolaire, duc de Saxc-Supplenbourg, pour empereur. Il fut couronné à Aix-la-Chapelle, en 1 1 2G, et il fut reconnu en ce pays, quoiqu'il ne fut pas descendant des rois de Bourgogne, comme Henry V et ses prédécesseurs l'avoient été. Ce ne fut cependant qu'après une guerre de trois ans, qu'il eut avec les ueveux de l'empereur Henry, qu'il fut eu paisible possession de tout l'empire.

L'on Ht une enquête, environ ce temps-ci et du temps de Ponce, abbé de Savigny [■), sur les droits que les seigneurs de la maison des Chauves dévoient avoir sur le prieuré et dans la paroisse de Rendans, qui explique les droits que les seigneurs demandoient pour le droit de garde des villes ou villages où ils la faisoient faire.

(») Lai». Hl*l. ilt rEmpirt, lome I", p. 270-271. ai Carlul. Savigny, orla 30<. A. Utniurl, p. ISJ, th. 90(i.,

A L'iIISTOlr.L DE DOMBES.

Les témoins déposèrent que ces seigneurs avoient une maison qu'ils tenoienl en fief du prieur, dans le bourg de Rendans, et qu'au dehors ils avoient une antre maison pour ramasser les fruits qu'ils recueilloient du labour de leurs terres, avec un jardin dans la partie du bourg qu'on appelloit le Château-Neuf. Ils disent encore que si les soldats qu'il y avoit dans ce bourg faisoient quelque mal, ces seigneurs en dévoient répondre, sans qu'on en pût inquiéter l'abbé. Cet article explique l'usage ancien, car c'étoit au seigneur laïc et défenseur de l'église à contenir ses soldats et à payer le dommage qu'ils pouvoient faire, puisque ce seigneur étoit payé pour les bien commander et pour les contenir dans leur devoir. Si l'on faisoit un duel en champ clos, l'on devoit partager l'amande entre l'abbé et le seigneur. Si les hommes de la paroisse se faisoient des injures l'un à l'auire , les témoins déposent que c'étoit le prieur de Rendans qui leur devoit rendre justice; que si quelqu'un des habitants ne vouloit pas s'y soumettre, par orgueil, les Chauves dévoient contraindre le rebelle et orgueilleux à subir la justice du prieur, sans que ces seigneurs pussent rien prétendre à l'amande qu'on adjugeroit, à moins que le prieur ne le leur voulût donner. Si les murs ou la clôture du bourg venoient à se démolir, les Chauves pouvoient prier le prieur de les faire rétablir; que s'il ne le vouloit pas faire, les témoins disent que les Chauves pouvoient faire faire les réparations nécessaires aux murs, tant avec les hommes du bourg et paroisse qu'avec les hommes de la propre terre de ces seigneurs ; que si le prieur vouloit changer quelque porte du bourg, il le pouvoil faire de l'avis de ces seigneurs. Us déposèrent encore que l'instrument ou machine appelé chadafals, où devoit être mise la sentinelle du bourg, devoit être fait aux dépens des Chauves, quoique ce fût au prieur à y mettre la sentinelle qu'il trouveroit à propos. I.e prieur Agnon avoit donné à Guill. Le Chauve la maison que ce seigneur avoit dans le bourg de Rendans, sous le cens d'une émine de miel. Le droit que ces seigneurs dévoient avoir sur chaque mas qui étoit sous leur défense et qui appartenoit aux hommes de l'abbaïe, étoit d'une émine de vin et d'une d'orge; le demi-mas ne devoit que demi-émine de vin et demi-émine d'orge ; la chenevière devoit demiquartal d'orge. Lorsque les témoins eurent déposé que tout étoit comme on vient de le dire, celui qui paroissoit le plus vieux de ces témoins éleva sa main contre l'autel et affirma avec serment que lui et les autres témoins avoient déposé la vérité.

Cette charte explique plusieurs de celles que nous avons reportées, et fait voir que les seigneurs qui prenoient des paroisses sous leur protection y avoient des soldats pour les défendre et que les droite qu'ils levoienl étoient pour' l'entretien de ces garnisons autant que pour leur propre subsistance.

Un baron de Semur, noble chevalier, appelé Gauzeran, avoit donné à l'abbaie de Savigny (Altoule laseigneurie et le village de Snint-Laurent, près du château d'Oin. sans aucune charge ni mauvaise coutume. Dalmais succéda à Gauzeran dans cette baronie de Semur et dans la seigneurie de Saint-Laurent. Il confirma le don que Gauzeran en avoit fait ; mais comme il vit que celte paroisse étoit sur les confins du

(é Cartel, ifa Sififo». fol. 11», cart* 817. [A. B. rn*rJ, p. «00, eli. 91».)

VIF.MOIKLS POl'R SF.nvitl

Beaujollois et du Lyonnois, qu'il y avoit quantité de malfacteurs et qu'il demeurai t dans un pays fort éloigné, il pria Guicliard le Vieux, seigneur d'Oin, de défendre cette seigneurie qu'il avoit donnée à l'abbaïe de Savigny, afin qu'on n'y commit aucune injustice. Guichard le Vieux accepta celle commission et il s'y comporta de manière que ni lui ni qui que ce soit n'y firent aucun mal. Ses fils Falco et les autres observèrent la même droiture jusqu'à Robert, qui leur succéda. Or, celui-ci, qui devoit eu être un juste garde et un vrai défenseur, commença à en être un injuste ravisseur et à faire d'injustes exactions sur les biens des religieux, qui l'ayant averti de cesser les injustices qu'il leur faisoit, il y renonça et défendit à ses héritiers de rétablir ces mauvaises coutumes, sous peine d'être privés de son hoirie. La charte dit que les témoins du don fait par Gauzeran furent Agnon d'Oin, Benoit, comte, et André Chappels ; et elle n'en nomme point de la renonciation de Robert. Je crois que ce comte Benoit avoit quelque comté en Bourgogne, auprès de Semur, car je n'en aj point vu de ce nom dans notre voisinage.

Le 12 août H 27 (a), Ponoe,abbéde Savigny, termina une grande contestation qu'il y avoit eu entre Dalmais, prieur de Château, et Etienne, vicaire de Saint-Jean. Il y en avoit eu sur les maisons ou manses que ce vicaire avoit faites et s'étoit attribuées dans l'étendue de son vicariat, car, outre qu'il prenoit une partir îles biens de l'église de Saint-Jean, il prenoit entièrement et se regardoit comme maître de l'église d'Azole. Il prétendoit aussi toutes les dixmes de Villette. Ce vicaire prenoit encore, outre le servis qui lui éloït dû, le tiers des amendes des captures que le prieur faisoit faire dans son vicariat et le tiers des divines de Chazal. Ce vicaire reconnut qu'il avoit usurpé tous ces biens, qu'il rendit avec promesses de ne les plus redemander. Outre tous ces chefs, le prieur se plaignit que ce vicaire prenoit plus de pourceaux, plus de blé et de grains et plus de foin qu'il n'en prenoit autrefois dans les mas de sa vicairie, et que dés qu'il y avoit quelque mas qui étoit inhabité, qu'il s'en rendoit maître, en le faisant cultiver à son seul profit, et qu'an lieu de se contenter du tiers des investitures (c'est-à-dire des laods), il se faisoit encore donner du pain et du vin, quoiqu'il ne lui en fût pas dû ; qu'il faisoit des défenses de vendre du vin dans la paroisse de Saint-Jean, quoiqu'il n'eût pas le droit d'en faire. Sur quoi il fut ordonné que ce vicaire ne pourrait prendre dans chaque mas qu'un pourceau de la valeur de S s. et qu'une émine de grains telle qu'elle étoit alors à Saint-Jean et à Ville Cheneve, et cela pourrai que les mas fussent habités. Dans les demi-mas ou dans les mas dont il n'y en aura qu'une moitié d'habitée, l'autre étant déserte, le vicaire n'aura qu'un pourceau de 12 d. ou i 2 d. s'il veut en argent, ce qui aura lieu a proportion s'il n'y a que le tiers ou le quart du mas cultivé, car il n'y prendra que le tiers ou le quart des pourceaux et des grains. L'on ordonna qu'il n'aurait qu'une trousse do foin dans chaque mas. A l'égard des vivres et des gerbes, l'on ordonna qu'il n'en prendrait plus et qu'il n'en exigerait plus dans ces mas. L'on ordonna encore qu'il ne prendrait que le tiers des laods ou investitures. On lut défendit de prendre pos-

{«, Caru 91 S. 'A. BcrnirJ, p. 131, eh. 914.,

A l'iiistoiuf. de dômes.

session ni de faire labourer les lerres do sa vicairie sans la permission du prieur, et de faire aucun banc ni proclamât sur le vin dans la paroisse Saint-Jean. Mr l'abbé, pour dédommager ce vicaire de ce qu'il lui ôtoit, lui donna en fief la moitié du mas du Mont-Cerisier, à l'exception de ladixme, et les deux tiers de la terre deMonlillet. Dalmais, prieur, Bernard Uoniface, Etienne, chamarier, Arnoul Govins, Ponon Talaru, Girin Arbrcl, tous religieux, furent témoins de cette sentence, et entre les laïcs et les clercs il y eut Etienne Charmel, Jarenton le Chauve, Pierre Toron, Hugues Boci, Guy Imeli, Aiinon de Saint-Syphorien, Durand de Saint-Julien et Etienne Gauzeran. Cette charte n'est datée que du temps du roi, régnant en France, Louis-le-Très-Pieux, non que ce roi fût reconnu pour roi à Savigny, mais parce qu'on ne reconnoissoil pas encore en ces pays l'autorité de l'empereur Lotaire, à cause des guerre* qu'il avoil alors avec les neveux de l'empereur Henry, guerres qui ne finirent qu'en H 29.

Voici une autre charte du môme Cartulaire [a), qui nous a paru assez singulière pour mériter une place dans ces mémoires. Cette charte nous apprend que Guillaume le Barbu, du château de Saint-Galmier, avoit acquis de M' Girin le Chauve un droit de fief sur l'église de Donzy, au prix de 5 sols ; qu'il avoit donné, au temps de sa mort, ce droit à l'église de Saint-Julien de la Sale; que les fils de ce Girin, après sa mort, étant dans la pauvreté et dans l'indigène*, contestaient ce don et pilloient les biens de l'église Saint-Julien ; mais que ces jeunes gens ayant voulu se marier quelque temps après, l'archevêque de Lyon défendit de leur donner la bénédiction nuptiale jusqu'à ce qu'ils eussent dédommagé l'église Saint-Julien des maux qu'ils lui avoient faits ; cependant, de peur qu'ils ne perdissent tout, l'archevêque ordonna do leur donner 7 sols, à la charge de rendre ce qu'ils avoient pris ; mais ils ne voulurent pas se contenter de ces 7 sols et on fut obligé de leur en donner 22, ce qui étoit 15 sols de plus que l'archovéquo Gauzeranet Girin, doyen, n'avoient ordonné de leur donner. Les témoins du payement de ces 22 sols et du désistement de ces frères furent Girin, chapelain (ou curé), Aimin Carbonais, Aslier, frère religieux, Upert, prieur, Bertrand Mareu et Pierre, clerc. L'on voit qu'un fief de 5 sols étoit considérable, puisqu'il excita des enfants à s'élever contre l'aliénation que leur père en avoit faite apparemment à vil prix, puisqu'on eu donna encore 22 sols au-delà du premier prix. L'on voit en deuxième lieu que l'on arrétoit les jeunes gens qui se voûtaient marier et qu'on leur faisoit rendre ce qu'on prétendoit qu'ils avoient usurpé à l'église, les archevêques se servant de leur autorité spirituelle pour faire faire ces restitutions.

Nous avons vu ci-dessus que Roland le Chauve avoit fait hommage à notre prince du château de Chamousset ; je crois qu'il n'en étoit pas le seul propriétaire , car Bernard Gaudemard donna, environ ce temps-ci, à l'abbaïe de Savigny (•), l'abbé Ponce et ses religieux acceptant, la part qu'il avoit dans ce

(t) Cirti Ml. (A. Bn-nnr.1. p. WS, ch. 919.)

, . Cartut. Sivigny, < »rt» »W. (ld., p Soi, ch. Vit.)

308 uéhomls roui SERVIR

château, pour la posséder aussi Librement que Gaudemard l'avoitrecue do ses ancêtres, et en même temps cet abbé lui rendit relie partie du château el de ses dépendances, à la charge de la foi et hommage que Gaudemard lui fit sur-lo-champ pour cet ubbé el pour tous ses successeurs, hommage qu'il lui fit avant ions autres seigneurs. Il fut convenu que s'il arrivoit quelque guerre où l'abbé eût besoin de ce château, que ce seigneur lui en livreroil sa pari, afin que Ml abbé en lirftt son profit; que si, ce qu'il ne croyoit pas, quelqu'un vouloit se servir do cette portion du château contre cet abbé, Gaudemard et ses héritiers seroient obligés de sortir du château et de >e venir joindre à l'abbé (et à son armée:, pour attaquer le château. L'abbé retint, pour marque de sa possession et de son droit de fief, la maison de Guichard de Torony en aleu. Bile était située dans la portion du château appartenant à Gaudemard. L'abbé Ponce dopna 250 s. à Gaudemard pour le dédommager de celle constitution de lie/. Etienue de Sivcrieu, Gonselin d'Escotay, Guichard de Torony et Durand Gaudemard signèrent ou scellèrent cette charte.

L'an 1 134 (a), le même abbé Ponce acquit encore une autre parliedu mémo château de Chamousset ; car Briant, seigneur en partie de Chainousset, faisant Girin, son fils, religieux & Savigny, donna, du consentement d'Aye, sa femme, l'aleu qu'il possédoit dans ce château par droit héréditaire, en le prenant de l'abbaie à foi el hommage, hommage qu'il fit sur-le-champ ; et ni abbé ayant représenté que leur abbaïe étoit souvent inquiétée par ses ennemis, Briant convint de leur livrer son château toutes les fois que l'abbaie en auroit besoin pour se défendre; que si quelqu'un vouloit ôter à cette abbaïe la part que Briant leur en cédoit, il promit de l'aider à la recouvrer, comme l'abbé promit aussi à Briant de l'aider à reprendre cette portion, si quelqu'un vouloit la lui ôtcr. Briant, pour ratifier son don et son hommage, céda dès-lors & l'abbaie Artaud, chevalier, seigneur de Tcisi, avec le fief qu'il tenoit de lui dans In paroisse de Chamousset. Il fut convenu que le fils et le fils du fils et tous les autres descendants de Briant qui posséderaient cette portion du château de Chamousset feraient tous foi et hommage à perpétuité à l'abbaie. L'on convint encore que l'abbé donnerait ce jour-là 100 soliJéesà Briant, après quoi il est dit qu'on donna 1200 s. à ce seigneur, en sorte qu'il semble que la soUdée (solidaia) valût t2 s. Briant signa ou scella cette charte avec Aye, sa femme, Guillaume de Lavieu, son frère, Durand Arold, Girin de Rosset, Girin de Pinet, Hugues Ursier, Bertrand de Quarels, Dalmais et Aymon de Saint Syphorien, Ismidon de les Granges et Girard, son frère; Galère, Pierre Petit de Sainte-Foi furent témoins, de la part de Briant de Chamousset ; et d« la part des religieux, il y eut Etienne de Saint-Jean, Aymon, Durand, Hugues et Etienne de Saint-Julien, Guillaume de Varennes, chanoine, Aymon de Rivoire. Etienne Charnul, Jean Tricum, prêtre, Amaldric Pugneu, Etienne Gauceran, Uuguet Bernard et plusieurs autres. Cet acte fut passé, dans le chapitre public de Savigny, le second dimanche de Carême, 1 1 de mars, 4 2» jour de la lune, indiction 1 2* et 13» d epacte concourront avec la 7«. Rogier écrivit cette charte qui fait voir avoo la

{») Cri» «MO. A. ImwM, p SQJ, cb. 9M .)

A I.'ulSTOIRE DE BOMBES. 301»

précédente que les abbés de Savigny pensoient à défendre leurs biens à main armée, et que dés ce temps-là les vassaux avoienl plusieurs seigneurs, puisque l'abbé stipule queGaudemard de Cuamousset le servirait avant tous autres seigneurs. On voit par la seconde que si le vassal devoit servir son seigneur, que le seigneur devoit aussi protéger et aider son vassal, du moins pour le flcf qu'il tenoil de lui. Il reste encore aujourd'hui à Savigny des peintures qui représentent leurs abbés armés de toutes pièces, pour faire voir qu'après avoir gouverné leurs religieux au spirituel, ils les dévoient défendre pour leur temporel et même avec les armes, parce que souvent les défenseurs qu'ils prenoient les vexoient et les ruinoient, comme nous l'avons vu dans différentes chattes que nous avons rapportées ci-devant.

Pierre Palatin engagea, environ le même temps (a), à André, prieur de Sal, tout ce qu'il possédoit en flcf dans la terre de la Mure Val loi, pour 10 s., et Ponce, son frère, l'engagea pour 15 s., à condition qu'ils ne pourraient racheter ce fief que trois ans après. Ponce Palatin, allant à Jérusalem avec Guillauiue-le-Chauve, céda la part qu'il avoil dans cette terre de Saint-Julien, c'est-à-dire la 4* partie, pour 45 s. que le prieur lui donna. L'on voit par cette charte qu'il y avoit en Forez une famille des Palatins. Je ne sais si celle de Riortiers, que nous avons eue en cette souveraineté, en serait venue. L'on voit aussi que 10 et 15 s. dévoient être des sommes considérables, puisque des seigneurs engageaient des fiefs pour cette somme que nous regardons aujourd'hui pour si modique ; mais le sou de ce siècle étoit d'argent, et il n'y en avoit que trente au marc, comme nous l'apprend une charte faite sous l'abbé Ponce, qui est dans le premier feuillet de ce cartulaire. Il paraît, par cette charte, qu'Hugues Dalmais, peut-être Hugues Damas, engagea à cet abbé le droit qu'il avoit ' d'être reçu une fois tous les ans dans la paroisse de Pinet. On lui donna 820 s. pour cet engagement, en sorte que, taudis que ce seigneur garderait cet argent, il ne pourrait point venir dans la paroisse pour y être reçu et régalé lui et les siens, et l'on convint qu'Hugues ne pourrait rendre cet argent qu'en rendant un marc d'argent pour trente sols. L'on pria ce seigneur de quitter cette réception à l'abbaïe, s'il venoit à mourir sans enfants, ce que le seigneur accorda volontiers. Les témoins da cet engagement furent Aimon de Sainl-Syphorien, Aymon de Saint-Julien, Hugues et Umfred de Tasnay, frères, Hugues Bozy, Etienne de Saint-Jean, Pierre et Payen de Saint-Pierre, Bompar, etc.

Ce scigneu» donna pour garants de la paix qu'il promit d'entretenir avec l'abbaï* tnr cette réception qu'il engageoit, Jean Gros, Hugues de Varennes, Ponce de Columbers, Etienne de Besent, Hugues Morel, Durand de Salamard, Arbert d« Cosan et Guillaume de Lergo.

Par une charte (n) scellée du sceau de Renaud I", archevêque de Lyon, qui ne fut archevêque, comme nous l'avons dit, que neuf ou dix mois de l'année 1 1 i9, il pareil qu'Amédéc, comte de Savoie, notre Guichard de Beaujeu, Girard de la

i>; TUrU M*. (A. BerntrJ, p. *»8, th. Ht.)

(•) Prwe. H Ut d< Colij»y, p. 19. - Pr. Hit Etmm, p. lîo H ÎÎS il I».

MÉMOIRES POlIt SERVIR

Tour, Amblard du Grandmoni, Ilurabertde Coligny, Boson et Guillaume de Briold, Hugues'de Plombes avoient été les principaux bienfactenrs de la chartreuse de Portes en Bugey. Du Bouche!, et après lui Mr de Valbonois, ont attribué cette charte à Renaud second du nom, archevêque de Lyon (a); mais il n'y a qu'à lire la fondation de la chartreuse de Portes pour voir que ce fut Renaud I», successeur d'Ilumbaud, archevêque, qui donna cette charte, parce qu'Humbaud, pressé d'aller à Rome, où il mourut, ne la put donner lui-même, comme on la lui avoit demandée.

(I faut que Guichard eût des terres en Bugey, pour en donner à celte chartreuse, ou il faut que sa charité s'étendit hors de ses terres, pour avoir porté ses libéralités jusqu'à cette chartreuse. C'est Amé III, suivant Guichenon, qui est ici nommé avec notre prince, et Girold ou Girard de la Tour est celui dont Mr de Valbonnois a donné la généalogie dans son Histoire de Dauphfne, et qu'il convient avoir donné de grands biens à cette chartreuse, avec la comtesse Marie, sa femme. Je ne sais si le comte de Savoie avoit donné des terres en Bugey, au pére de notre prince, pour la dot d'Auxilie, sa femme.

Guichard fonda, en 1129, l'église paroissiale de Saint-Nicolas do Bcaujeu. Quelques-uns prétendent qu'elle fut sacrée, au mois de février de la même année, par le pape Innocent II, qui se réfugia en France à cause du schisme de l'antipape Anaclet ; mais ces auteurs se sont trompés au temps de cette consécration , car Innocent II ne fut élu qu'en 1 130 ; il tint bon pendant quelque temps à Rome, ainsi il ne put passer a Beaujeu et y faire cette consécration qu'en 1131, qu'il passa dans cette ville, allant à l'abbaïede Cluny, d'où les abbés et religieux lui avoient envoyé soixante chevaux on mulets pour l'y conduire avec son équipage. Claude Paradin et Severt assurent qu'Hurabert, fils de notre prince, reçut ce |Kipe à Beaujeu. Ce fut lui, dit Claude Paradin, que l'on tient (parlant d'Hnmbert, qu'il fait seigneur du Bcaujollois, quoique son père Guichard fût encore vivant) qui étant surpris de la venue du pape Innocent II, lui courut au-devant sa barbe à demi-faite, ce que voyant le pape, il lui dit par raillerie que c'étoit à faire à homme n'ayant la barbe que d'un coté, dont depuis est venue telle risée en proverbe (b).

Quoique celte aventure de barbe pût arriver à Hnmbert encore jeune, je crois que c'est Guichard, son pére, qui reçut le pape Innocent, lorsqu'il passa à Beaujau; son fils Humbcrt put lui aider à en faire les honneurs, car il n'y a pas d'apparence que Guichard eût laissé l'honneur de cette réception à son fils sans y vouloir avoir quelque part ; et comme c'étoit Guichard qui avoit fondé l'église Saint-Nicolas, c« ne put être que lui qui pria le pape Innocent de la sacrer.

En 1132, Innocent II prit connoissance, en qualité d'arbitre, d'un différent que notre prince avoit avec l'église de Lyon, et ce pape, par une bulle datée de Saint- Michel de la Cluse, le 3 avril, adressée aux évêqnes d'Autnn. do Vivier et de Gre-

(*) Hirt. Dauphin. V.IUob., (.. 180.

U) Lotirai, rat... f. IIS. — rkury, ni>t. Eni.t. — Aautlts de D«ark-.. p. I»>. — Sarart, i„ Lifi\, p. 27J. - Alt. Mtut,\.

A l'histoire de dombes.

noble, et à l'abbé de Savigny, ordonna que les châteaux de Lissicux et dcl'IUié, que uotre prince avoit en Lyonnois, seroient démolis (a).

La même année 1 132 (b), seconde du pontificat d'Innocent II, Illion, abbé de Saint- Just, termina à Lyon, en présence de 06 pape, un différent qu'il y avoit entre Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, et Ismion, abbé d'Ambournay, pour lu paroisse de Frins en Bresse, et il fut convenu que la propriété du lieu de Prins appartiendrait à l'abbaïe de Cluny et que l'abbaïe d'Ambournay aurait le droit de sépulture, les dixmes et les oblations du fonds autant qu'il dépendoit de leur paroisse, et par droit de curés, l'on excepta la sépulture des religieux de Cluny résidant à Prins et les dixmes des fonds dépendant de leur maison, pour lesquelles il fut convenu qu'ils donneraient sept ânées de seigle à l'église d'Ambournay, toutes les années. L'on convint encore qu'ils auraient la liberté de faire enterrer où ils voudraient leur propre famille, c'est-àdire leurs religieux et leurs fermiers, grangersel domestiques, à moins que ce fussent de simples mercenaires paroissiens d'Ambournay, qui voudraient être enterrés dans leur paroisse, auquel cas les religieux ne dévoient pas s'opposer à leur volonté. L'on déclara que les religieux de Cluuy ne pouvoient ensevelir chez eux aucun des paroissiens de la paroisse de Prins, si ce n'éloit du consentement de celui qui desservirait cette paroisse, sauf néanmoins la liberté dos gentilshommes et de lours femmes et enfants qui peuvent être enterrés partout où ils veulent; que si des paroissiens d'autres paroisses que de celle de Prins, veulent être enterrés dans l'église des religieux de Cluny a Prins, ils le pourront, et si quelqu'un des paroissiens d'Ambournay veut donner quelque chose do ses biens aux religieux de Cluny, il le pourra faire, pourvu qu'il ne leur donne point des terres qu'il tenoit en censive ou « n ferme de l'abbaïe d'Ambournay. L'abbé Ilion fut témoin de cet accommodement avec Mathieu, évêque d'Albano, Etienne de Cliaudieu et Guillaume de Marié ou Marlieu, le copiste ayant si mal écrit ce dernier nom, que l'on ne peut savoir lequel des deux il y a.

Quoique cet accommodement dût ôter toutes les difficultés que ces religieux avoient les uns avec les autres sur les biens de Prins, cependant, pour éviter celles qui restaient et celles qui pourraient survenir, ces abbés trouvèrent à propos de faire un échange entr'enx ; ils le firent, à ce que je crois, deux ans plus ou moins après ce jugement [c). Parcel échange, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, céda à l'abbé d'Ambournay le tiers des dixmes et autres droits qu'ils avoient dans la paroisse de Chalamont, dépendante de celte souveraineté, qu'il n'appelle que chapelle, suivant l'usage de ce temps-ci, où l'on appeloit les paroisses chapelles. Outre ce tiers de dixmes, Pierre le Vénérable leur donna une vigne qu'il avoit à Ambérieu, une vigne à Céseria et quelques portions de terres qu'ils avoient au môme endroit. L'abbé d'Ambournay, leur donna en contr'échange, tous les droits qu'il avoit à Prins,

fa) Guich., Biit. de Djroix*. m»»- — l'or b-.il'c du tatae pop* Innocent U apprend que crl't .U inoJiiroa i «> - ii pu encore eolieu en IUJ. (V. Areb. du llhôur, arm. F.li»«, «pl. 1 1, n° t.) (a) Cartul. C.lony, rml en espèce de IttU t» {OEbitjaMa, M. Us. fc, CnrWl. Cluny, «oluiqnc, p. US.

MÉMOIRES POm SERVIR

savoir la chapelle ou paroisse, tous les droits curiaux, les sépultures, les oblationt, les dixmes cl sept septiers de blé qu'ils avoient coutume de prendre dans la cure des. religieux de Cluny. Ces abbés promirent de se maintenir de part et d'autre les choses qu'ils se donnoient en échange et mirent leurs sceaux à cette charte qui, jointe à la précédente, nous fait voir que l'ànéc de blé et le seplicr sont la mémo chose, et que le seigle et l'armone sont aussi des termes synonimes dont on se servoit pour marquer le blé et que l'on applique ici au seigle seulement.

L'échange que l'abbé de Cluny fit avec celui d'Ambouruay a donné, à ce que je crois, la naissance au prieuré de Saint-Martin Chalamont, qui jouit aujourd'hui des dixmes de celle paroisse.

En H33, Bernard et Humbert de Marzé, allant à Jérusalem, donnèrent et vendirent à l'abbaïe de Savigny (a) tout ce qu'ils possédoient au village ou paroisse d'Apinna, soit en terres ou en esclaves. Humbert en possédoil les trois quarts ; Bernard n'en avoit qu'un quart. Bernard excepta cependant de sa vente le quart des esclaves qu'il ne vendit point, et il fut convenu qu'à son retour de Jérusalem l'on partageroit ces esclaves, afin qu'il en prit son quart qui étoit alors indivis. L'abbé Ponce donna 1 4 marcs et demi d'argent à ces frères pour cette acquisition qui fut faite le I" décembre, 30* jour de la lune. Les témoins de ce don ou de cette vente furent, outre les vendeurs, dit la charte, Etienne Charmil, Lombard, cuisinier, Jean, son H!*, Truean, Durand et Etienne Peilrals, Ccrontc le Chauve, qui n'étoit pas encore religieux, Etienne, rhamarier, moine, Durand, maître, aussi moine, Etienne Trevenay et tout le reste de l'abbaïe. Bolgier l'écrivit. La remarque que Geronte le Chauve n'étoit pas encore religieux fait voir que les copistes de ce Cartulaire ainsi que les copistes des autres y ont ajouté du leur et qu'ils n'ont souvent donné que des abrégés des actes qu'ils dévoient avoir mis en leur entier, sans aucune observation de leur part, ou ils les dévoient faire hors l'acte; mais la bonne foi ou l'ignorance de ce siècle souffroit bien des choses à ces copistes qu'on ne leur souffriroit pas aujourd'hui.

Noire prince Guichard de Bcanjeu surpassa, par sa puissance et par sa renommée, tous les princes ses prédécesseurs, quoiqu'ils eussent été fort vaillants, au dire de Pierre le Vénérable (n); mais il s'employa plus au faste mondain qu'au service de Dieu, en sorte qu'ayant été surpris d'une longue maladie, craignant d'en mourir, il se vint faire religieux à Cluny du temps de cet abbé; il y fit pénitence et satisfit pour ses fautes autant qu'il le put ; il s'y confessa, récit le saint viatique et mourut peu de temps après qu'il eût été reçu dans wtle abbaïe. Presque tons nos auteurs mettent son décès en 1137 ;<:). II y mourut le 33 septembre, suivant PObiluaire deBeaujea qui dit que ce jour l 'i mourut Guichard de Beanjeu, fils d llumbert, prince trèi-

(») CaHat. S»»iSny, caria 9S9. A. B<ti.»M p. 5Î1S. rh. »»0

fa} MM Vendrai.. Ilb. f Dr Mirac., cap. Ï7. - UiblioUi. Cluninr, col. 1Î90.

(c) S*«rr1, in l.ug.1., p. î»t>.

A L'KISIOIRI de dombes. 313

fameux, ce qui convient à notre Guichard et qui est conforme à ce que Pierre le Vénérable en a dit.

Tous les fiefs que nous avons vu que Guichard acquit et plusieurs autres qui pouvaient être dans les feuillets de la bible de Beaujeu qui nous ont paru avoir été coupés, comme nous l'avons remarqué, toutes ces acquisitions de fiefs étendirent au loin la réputation de ce prince.

yuelques-uns ont dit (a) qu'il fut le premier qui commença à avoir des terres dans la souveraineté de Dombes ; qu'il y eut premièrement le bourg de Saint-Trivier avec la châlellenie de Riortier et Montmerle; cependant nous avons vu que ses ancêtres avoient déjà disposé de la seigneurie de Saint-Trivier au profit de Dalmais de Beaujeu; et quoique notre prince eût acquis le fief de Montmerle et de Châtillon des Enchaînés, il ne laissoit pas d'être seigneur supérieur de ces châtellenies, quoique elles ne relevassent pas de lui en fief. En effet, la supériorité des seigneurs châtelains dans ces pays ne consisloit qu'en ce que le seigneur supérieur commandoit tous les seigneurs inférieurs, lorsque les empereurs avoient ordonné de lever le ban ou l'arrière-ban et qu'ils vouloient que les seigneurs avec leurs hommes allassent au secours de quelques provinces voisines. Les seigneurs châtelains donnoient aussi les ordre» dans leurs châtellenies pour les défendre, lorsqu'elles étoient attaquées par les ennemis de l'empire, et quoique nos princes eussent cette supériorité sur les seigneurs de ces pays, ils n'éloient pas néanmoins seigneurs féodaux de la pluspart des seigneuries qui étoient situées dans leurs châtellenies ; ces seigneurs ne leur dévoient l'obéissance que pour ce qui regardoit la défense commune, mais ils étoient libres d'ailleurs pour servir qui ils vouloient. Je crois que les seigneurs de ces pays ne relevoient pas du fief des seigneurs châtelains, parce que la politique ne vouloit pas que l'on dégarnit de soldats les châteaux qui étoient sur les frontières; ainsi les seigneurs qui les possédoient ne pouvoient pas s'engager au service des autres seigneurs pour dégarnir leurs places et être surpris par l'ennemi commun.

Je crois que les seigneurs de ces pays étoient plus libres que ceux qui étoient dans le cœur de l'empire et du royaume de Bourgogne, parce qu'on a toujours eu plus de soin de donner des privilèges et des immunités aux seigneurs et aux peuples qui sont sur les frontières, qu'à ceux qui étant au cœur de l'Etat, y vi\eul en paix et sans crainte, tandis que ceux qui sont dans les pays limitrophes y sont presque toujours en danger. Je crois donc que les seigneurs de ces pays ne faisoient d'autre serment aux empereurs, en la personne des seigneurs châtelains et qui avoient des juridirtions et mandements formés et limités, sinon celui de garder fidélité à l'empereur, comme roi de Bourgogne, et de conserver leurs châteaux pour la défense de l'empire ou du royaume de Bourgogne. Ainsi presque toutes nos moindres seigneuries étoient possédées en franc-aleu par nos seigneurs; car, outre les acquisitions de fiefs que fit notre prince, lesquelles nous avons rapportées, nous en verrons une grande

f»; Abrégé A* lïli.l. de Dornbr,, Negvéjliw, p. lï.

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quantité d'autres de prciqne lous |e.> liofs de la souveraineté et du Beaiyollois même, quoique nous n'ayons pas pris le soin de remarquer tous ceux du Beaujollois, comme nous avons remarqué ceux de cette souveraineté.

Notre prince Guichard fut marié, du vivant, à ce que je crois, d'Humbert, son père, avec Luciane de Rocheforl de Montlery, qui étoil fille de Guy de Montlery, comte et seigneur de Rocheforl en Yveline, seigneur de Cournay-sur-Marne et de Crecy, surnommé Le Rouge, sénéchal de France, et d'Elisaheth de Crecy, comtesse douairière de Corbeil, suivant Guichcnon, ou d'Adèle, dame de la Ferlé-Baudoin, suivant Duchéne (a), car l'on donne ces deux femmes a Guy de Montlery. Luciane avoit élé accordée en mariage à Louis le Gros, fils de Philippe l", roi de France; mais les promesses de ce mariage furent annulées en H 07, au concile de Troyes, parce que Louis le (ïros et Luciane se trouvèrent parents au degré prohibé par les canons. Meseray prétend qu'il y eut d'autres misons politiques pour la dissolution de ce mariage. L'alliance de notre prince avec la maison de Montlery est une preuve du t haut rang que ce prince tenoit dans le royaume.

Il est à croire que Luciane de Montlery mourut avant son mari qui, quoique malade, n'auroit pu être reru et mourir religieux à Cluny, ù sa femme avoit vécu, à moins qu'elle ne se fût faite aussi religieuse, ce dont nous n'avons aucune preuve. L'on n'étoit cependant pas, à ce qu'il me semble, toujours fort scrupuleux sur cet usage, car, outre ce que nous dirons d'HunnVrt de Beanjeu, nous trouvons qu'Hilderic.qui avoit élé un des premiers seigneurs de la cour d'Italie, attiré par la réputation de saint Mayeul, abbé de Cluny, quitta sa femme, ses enfants, ses grands biens et offices pour se faire religieux sous ce saint abbé, sans que l'on ail observé que sa femme se fut faite religieuse (b).

Luciane de Rocheforl mourut le 6 de mai, suivant l'Obitunire de Peanjeu, qui e t exact pour les jours où l'on devoit faire l'office, mais qui ne parle point des années de la mort de ces seigneurs, ce qui est un grand défaut et qui marque le peu dti curiosité de ceux qui faisoient ces livres, à qui les années auraient très-peu routé ;'i mettre, f.uichard et Luciane curent plusieurs enfants :

Flumbert, qui succéda aux seigneuries de son père.

Guichard, qui alla, à ce que je crois, en 1 1 47, a la Terre-Sainte, avec le comte de Savoie, et qui y mourut sans laisser de postérité. Il fut présent, avec son père, à la fondation de Jougdieu.

Martin fut encore un de leurs enfants, suivant Severt i'C Il fut marié à une femme nommée G uibors, qui mourut le 25 février, suivant l'Obiluaire de Beaujeu. Comme Martin n'est point nommé dans la fondation de l'abbaïe de Jougdieu, il pourroil n'élre pas fils de ce prince, quoique Severt et Guiclienon le lui donnent.

'», li h :r Itotirgognt, p. Ufi.— ïrony. in Toi., loin. î. p. Ci). », Hfiiry, Ui.l. Ecrit*., I. lî, lit i"., u. Si , r:i î> t». . Si » r . la l.ug.l.. p. Î8Q.

A I-'HISTOIHF. DE DOMBES. 345

Baudoin, qui mourut le 26 juillet, suivant le même Obituaire, étant encore enfant.

Gontier fut chanoine de Beaujeu. Il fit du bien à celle église et se fit religieux à la fin de sa vie. Il mourut le 20 août. Il avoit été présent à la fondation de l'abbaïe de Jougdieu.

Paradin, dans ses Alliances, ne donne d'autre enfant que Humbert à Guichard et Luciane.

Guichard et Luciane eurent aussi trois filles, suivant Guichenon. Alix et Mari» étant nommées dans la fondation de l'abbaïe de Jougdieu, on ne peut douter de leur existence ; mais on ne sait ni le temps de leur vie, ni leur alliance, ni aucune autre chose dont on puisse parler.

La troisième, suivant Guichenon, fut Sibille de Beaujeu, mariée à Guy d'Albon, comte de Lyon et de Forez (a). Elle fut l'une des bienfactrices du prieuré de Beaulieu, à qui elle donna la dixme de Boschan et de Trambouse.

Il y eut, en 1144, un Pierre de Beaujeu qui fut présent à une transaction passée entre l'église de Maçon et Geofroy de l'Aubépin, sur les dixmes de Saint-Amour et de la chapelle ou cure dcMant en Comté, que ce seigneur quitta à l'église de Màcon. Humbert de Hiortiers et plusieurs autres seigneurs y furent présents. Je ne sais si ce prince de Beaujeu étoit de la famille de nos princes et s'il n'aurait point été fils de Martin et de cette Guibors dont nous venons de parler d'après l'Obituaire de Beaujeu. Ce Geofroy de l'Aubépin garda les autres dixmes qu'il avoit dans les paroisses voisines de Saint-Amour, mais il les prit en fief de la même église de Màcon, quoiqu'elles fussent situées dans le diocèse de L>on. Ce seigneur fit plus, car il obligea les seigneurs, ses voisins, de vendre à la même église de Maçon les portions de dixmes qu'ils avoient daus ces paroisses, comme nous l'apprend Saint-Juliende-Baleur [h). La reprise en fief que le seigneur de l'Aubépin fit de ses dixmes en faveur de l'église de Màcon prouve qu'il les possèdent allodialement, comme la pluspart de. nos seigneurs les possédoienl dans ces pays.

>j Li Marc, Uirt. Ecclc*., p. MO,

Ui»t. de ISourgogn., UÈkf&k de Micoa, P 184.

MEMOIRES POl'R SERVI H

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