‹ Mémoires pour servir a lh́istoire de DombesChapitre 14 sur 19 · P. MR · texte numérisé non relu

P. MR

a l'histoire me dombks.

dans la Palestine, à la guerre contre les infidèles, ayant apparemment appris, en f 1 17, la déroute des armées chrétiennes, indiqua uni1 assemblée îles états de France, à Chartres, pour prendre les résolutions convenables pour assister les chrétiens et réparer les grandes perles que l'empereur et le roi de France y avoient faites. Il lit inviter à s'y trouver Ilumbert, archevêque de Lyon, qui venoit de succéder à Amédée, qui fut le médiateur de l'accommodement dont nous venons de parler, pour y donner >on avis, mais notre archevêque répondit à Suger que tandis que 1 archevêque de Sens ne touloit pas reconnaître sa primatie, il y nuroit une espère de honte à lui d'aller dans son diocèse ou dans celui d'uu de ses suffraganls, y étant privé de l'honneur qui luiéloil du (a). Il lui dit d'ailleurs qu'Illion, ablié de Sainl-Just, l'un des premiers de l'Eglise de Lyon, étoit très-mal et en danger de moi I, et que cet abbé avoit en son pouvoir tous les châteaux et toutes les munitions de son église, dont les chanoines l'avoient prié de ne point sortir de son diocèse pendant cette maladie, de peur que les enfants de ce monde, qui sont toujours ennemis de l'Eglise, ne pro- Jitassent de son absence et ne lui portassent un coup qu'il serait impossible de guérir : après quoi cet archevêque mande à Suger qu'il lui envoie son fils Ktienne, qui avoit été archevêque de Vienne, homme d'une grande piété et exercé dans les grandes alTaires, pour donner ses avis à sa place dans celte assemblée.

Mr de Maujiertuis, dans son Histoire de la sainte Eglise de Vienne, prétend que les termes de quundnm vieiinetutem arrhitpitcopum , ne sont point dans Mr de Thon, qui a le premier publié celte lettre, et il ne croit pas qu'il ait convenu à un ancien évêquede Vienne d'avoir été l'envoyé de l'archevêque de Lyon; quoiqu'il en soit de celte convenance, Duchesne à fait imprimer les termes stephanum quondam tiennensrm archiepiscopum, et Mr de Colbert les a insérés dans l'imprimé de celle lettre; mais que cet Etienne eût été archevêque ou non, nous le laissons à examiner à ceux qui peuvent avoir les anciens manuscrits de cette lettre, qui nous fait voir que l'on conlesloit toujours, en France, la primatie de notre archevêque, parce qu'il n "étoit pas du royaume, et que l'abbé de Saint-Just avoil une espèce de direction sur les châteaux et sur les forteresse* de l'archevêché, ce qui a pu être la cause de l'union que l'on a faite de celle ahbaie au siège archiépiscopal de Lyon.

Achard, seigneur en partie de Monlmerle, allant à la croisade, donna àOeofroy (l'i, doyen de Montberlhoud, ou si l'on veut, il lui vendit ce qu'il avoit de biens el de fonds el rentes dans la paroisse de Lurcy , le mas el le moulin de Loël, avec le mas et le moulin de Versé, du consentement de Fulcheiis, sa mère ,<), et de Gerberge, sa su>ur, et il reçut de ce doyen 2000 s. d'or, trois nulles el un mulet», pour le prix de celle aliénation, argent qu'il employa appai-amment à son voyage île la Terre-Sainte, où nous avons dit qu'il mourut après s'y être bien distingué par sa force et sa valeur.

. Duchewie, tom. 1, p. Sîî. — rw|t.él« de la l'rimiiir, M. d- r.olbïrl. p, T.

fjj V. P.frf» JlISllflc.liM», p. SU. — Ouirll., Ml IMOI M.IMBIMII'.I a

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Je ne sais si l'engagement dont nous avons parlé, en 4116, ne seroit point la même chose que le don ou fente dont il est parle dans cet acte.

Quelque temps après, Hugues dcChalamonl donna au même doyen de Monlberthotid (*■, sous le nom de l'abbaïe de Cluny, tout ce qu'il possèdent justement ou injustement à Lurcy, soit pour droit de garde on à quelqu'autre titre que ce fût. Il donna de plus ou permit à cette abbaïe de posséder tout ce qu'Àicard ou Acliard de Monlnierlc, Gerberge, sa sieur, et Fulcardie. leur mère, avoient donné à celte abbaie. savoir tout ce qu'ils avoient ù Lierons, le mas de Coèt et de Vcrzil avec leurs appartenances et dépendances.

riuillaume, sreur d'Hugues de Chalamont, el Hugues de Riortiers, son fils, approuvèrent le don d'Hugues de Chalamont (b) ; et celle dame donna de plus a cette église tout ce qu'elle avoit au village de Sapes je crois que c'est à Sapins), avec ses appartenances, et La Colonge Viblens, le mas de la Vielle-Court et le mas de Moron. qu'elle leur avoit engagés pendant sa vie pour huit francs, à la charge qu'ils paieraient 500 s. à Hugues Palatin, pour ses dettes et celles d'Hugues de Riortiers, son llls, ce qu'ils exécutèrent. Hugues de Riortiers eut peine à confirmer les dons de M mère; cependant il le lit, en présence d'IInmbert, archevêque de Lyon, et de son chapitre, mais ce ne fut qu'après avoir reçu 6 livres pour cette confirmation, quoiqu'il eut promis de la faire gratuitement. Cette charte fut scellée du sceau de l'archevêque et de celui du chapitre d** Lyon. Eracle, archidiacre, Jean, archiprétre de Meximieux, Odon, archiprétre de Sandnms, Hugues de Valins, Guillaume de Chaliouvres, Hugues Palatin, Hugues du Saix, Remond de Molon, Pierre de Vassal ieu, prieur de Montbertrand (je crois qu'il faut lire de Montberthoudi. Guy de la Marche, moine, et plusieurs autres furent présents à celle charte. Malien, doyen, Giriu, préeenteur, Aymon de Rivoire, Pierre de Rourbon et plusieurs autres furent présents à la ratification qu'Hugues de Riortiers en fi!, il.ms le chapitre, le i novembre 1149.

La famille d'Hugues Chalamont, que je crois être éteinte aujourd'hui, étoil un* des plus anciennes de celte souveraineté. La paroisse de Lurcy y est située. Les «lovcns de Montberthoud dépendant de Cluny, avoient les dixmes et une rente noble cousidérable dans cette paroisse; elles ont été données aux seigneurs de Lurcy eu centre-échange de quelques biens qu'ils avoient auprès de Cluny. Lierans est auprès de ViUan, en Bresse, suivant Guichenon.

Humbert III, divinement inspiré, comme le dit la charte (c), donna aux religieux du prieuré de Saint-Julien de-la-Roche, pour le salut de son ame et pour celui des»>s prédécesseurs, l'usage de ses forêts pour le bélail de leur prieuré, en présence d'Etienne de Marchampt, de Pierre de Varennc, de Girard de Verneis. d'Hiimberl

'») Bibl. >■•: m- . crnl. 2, chip. IJ.

(»j Pclil Cariai, o> Cluny, t *U. V. mut CuirUruou, Bibliolhcc» Srlii»-i«ni, |> îiO-, ftj Ulwr !ne*l.. fol. il t, an., fol. Iii. — >>. *erl, p. t». — M. Kignl, p. »i>2, donne I MU llwrU I. .Hlr.lt 1I«7-HS1

A 1.H1ST01RK DE DOMBES

■l'Andilly, tl'Arnotil «1e Fougèrvs, de Bernard île Court, prévôt. doGuichard, prêtre, et de Ponce de les Feuillées.

riiiichenon, dans son Histoire manuscrite de Dombrs, et Sexerl mettent cet acte en 1 151, mais il est sans date dans l'original. Severt convient que ce don |iourroit être plus ancien el d'environ l'an 1050, 1120 ou I U0. Il dit que cette église Saint-Julien estSaint-Julien-de-la-Rochc ou le prieuré de la Grange-du-Rois, près Cenve. qui est à présent en commande et presque ruiné, et il renvoie à ce qu'en a dit Saint- Julien-de-Raleure. Ce dernier auteur dit (a que l'église Saint Julien fut bâtie du temps et aux dépens de Ponce, évéque de Màcon, qui le Tut depuis l'an M 44 jusqu'à l'an 1166. Si Ponce fit bâtir cette église avant qu'il fût évéque et qu'Humlieri de Beanjeu eût donné ce droit île pâturage d'abord après que l'église et les religieux furent dam ce prieuré, ce don pourroil être de Mil, peu après la vision qu'eut Humbert, ou elle doit être de l'année d'après son retour de la Terre-Sainte, qu'il lit •le grands bien» aux églises.

Les témoins qui se trouvent en cette charte étant presque les mêmes que ceux qui se trouvent dans les chartes de Guichard, père d'Humbert, je crois cette charte de 1 140 ou H4i.

Nous parlerons si souvent, dans lu suite, de l'abbaïe de Chassagne, à cause des biens qu'elle a dans cette souveraineté, que, quoique Guichenon en ait assez parlé dans son Histoire de Bresse, nous croyons devoir rapporter les premiers titres de sa fondation, que cet auteur n'a pas donnés d;ins ses preuves.

Etienne de Villars, s'étant croisé et étant prêt à faire le voyage de Jérusalem, dit qu'il vouloit déclarer sons une seule charte tous les biens qu'il ;i\ oit donnés en divers temps aux frères de Saint-Sulpice, afin qu'on ne pût les oublier par la vicissitude des temps ou qu'on ne voulût faire anéantir ses dons par quelques chicanes.

Il déclara donc qu'étant malade lorsque Louis, mi de France, s'étant croisé, étoit allé en Turquie, temps qui «toit très-fameux par celte insigne croisade ou pèlerinage, il avoit donné à Dieu et à la maison de Saint-Sulpice les mas de la Chassagne, du seigneur d'Amicle, et d'Etienne Joauna, avec leurs dépendances, et la forêt que l'on appelloit ordinairement le clos ou défense; ce qu'il fit entre les mains d'Ainard, abbé de Saint-Sulpice, en présence de Berard de Rignieu, moine, d'Etienne, alors célérier, d'Alard de Rignieu, d'Hugues Brun et d'Etienne de (Judicieux, chevaliers, Bernard Vieux, prêteur ou juge de Loves, étant à Villars.

Il avoua qu'étant quelque temps après à Lyon, dans la chambre d'Amédée, qui en étoit archevêque, il donna au même abbé Ainard et à Estienne, célérier, les mas de Corsendum et de Pomiers, et tout ce qu'il avoit dans ce territoire, en présence d'Otmard de Bonnevaux et de Berard deRroanna, chevaliers.

Il dit de plus qu'étant venu, peu de jours après, à Lyon, il y a\oit fait appeler Etienne, célérier, et Guillaume de Rignien, qui le [n ièrent de confirmer ces dons et

{*) Le Bulcurr, p. 1RS

lir.MOIHKS POUR SF.KVIR

•l'en déterminer les confins, ce qu'il lit en déclarant qu'il leur avoit donné tout ce qu'il possédoit ou que quelqu'autre possédoit pour lui, depuis le ruisseau appelé Haliion, qui coule sous l'église de Cran, jusqu'à l'église de Saint-Martin. Guy et Alard de Uignieu, Hugues du Saix, Berard de Broanna. Durand de Chantemerle, Berard et Arbert de Loves, Bernard Vieux, préteur de Loyes, Guillaume de Bignieu, moine, furent présents à cette continuation qu'Etienne, célérier, accepta.

Ce seigneur déclara encore qu'il se souvenoit encore d'avoir donné à Saint-Sulpice les mas d'André et Hugues de Cliazelles, frères. Il fit plus, il alla à Saint-Sulpice et il y confirma tons ces dons, en plein chapitre, ainsi qu'il le déclare, après quoi il ilonne tous les confins de ces biens avec plus d'exactitude que la première fois. Il dit donc que ces biens sont confinés ctenclavés par le ruisseau tle Balaon, qui passe sous l'église de Cran et qui entre dans le ruisseau de Toison, et suivant ce ruisseau jusqu'à la terre de l'église de Saint-Martin, c'est-à-dire'jusqu'anx terres qui sont de la paroisse de Saint-Martin de Clialamonl, delà tout le long de laVavre, c'est-à-dire des bois ou broussailles des seigneurs de SaiuMïermain, et ensuite le long de la Vavre d'Azon de Fredey, enfin le long de la terre de Gauzeran de Net ou Delrue, qui va jusqu'à la rivière ou ruisseau de Balaon. Ce prince avoue cependant que le mas de <:orsendon a une terre au delà du ruisseau de Toison, qui est comprise dans sa donation; il prie ensuite tous ceux qui voudront trouver grâce et miséricorde auprès du Seigneur, de ne point troubler dans ces biens la maison de Saint-Sulpice, et il invite Humhert, archevêque de Lyon, qui devoit avoir soin de conserver les biens destinés à la nourriture des pauvres, de mettre son sceau à celte charte, qni marque que cette donation, c'est-à-dire la première, fut faite l'an 1115, et que la charte ne fut donnée qu'en 1152.

Le don de tous ces mas fut fait purement <•( simplement à l'abbaïe Saint-Sulpice, suivant celle charte; cependant M' de Villars prétendit, en 1157 ou 1 1">8, que l'abbé de Saint-Sulpice lui avoit promis de faire une abbaïe à Chassagne. Cet abbé nia celle promesse, ce qui lit que Mr de Villars fit faire quelques dégàfct sur les terres de cet abbé, qui ayant apparamment fait faire ses représentations à ce seigneur, il cessa ses hostilités et en dédommagea l'abbaïe en lui faisant quelques nouveaux dons, avec serment qu'il fit sur l'autel de cette abbaïe de ne plus fuire aucun dommage aux biens de cette abbaie et de vivre en paix avec l'abbé et les religieux, qui exigèrent |K>ur cautions de sa parole Pierre de la Palu, Dalmace de Saint-Trivier, Pierre de Vassallieu, Bolwrtet Beraud deRignieu, et Berard de Loyes, chevaliers. Les témoins de celte paix furent Hugues de Saint-Trivier, Etienne de guinsieu et Guy de Corsan, religieux à Saint-Sulpice.

Je ne sais si, nonobstant cette paix, il ne prit point quelque remords à l'abbé et aux religieux de Saint-Sulpice, sur té qu'ils avoient manqué en quelque manière à leur parole, ou si ayant vu qu'il leur éloît dillicile de régir les biens considérable* qu'Etienne de Villars leur avoit donnés, qui éloienl assez éloignés de Saint-Sulpice, ils se résolurent d'y faire une abbaïe, Etienne de Villars ayant peut-être encore aug:i.en!é ses do.is pour les y porter; quoiqu'il en soit de ce* raisons, l'abbaïe de

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