‹ Mémoires pour servir a lh́istoire de DombesChapitre 17 sur 19 · GUICHARD VI · texte numérisé non relu

GUICHARD VI

Gmchard sixième étoit mineur lorsqu'il succéda à son père, qui étoit mort en Egypte, en 1250 (a), comme nous lavons dit. Son père, avant d'aller en Egypte, avoit quitté à la maison d'Epinet et de Bodoclin, dépendant de l'hôpital de Saint- Jean-de-Jértisalem, le droit de garde qu'il avoit sur cette maison ; mais Henri, chevalier, et maître de cette maison, avant considi ré qu'il lui étoit plus avantageux d'être sous cette garde et sous la domination de Mr de Beaujeu, qui étoit en état de le défendre contre la puissance et l'oppression de ses ennemis et des seigneurs voisins, que de n'y pas être, il s'y remit, sous la redevance de trois paneaux d'avoine, mesure de Cluny, qu'il promit de payer à nos princes, et en donna ses lettres le mardi après la féte de saint Georges, en 1 250.

Lacande, dans son inventaire du Beaujollois, a traduit le root Despineto par l'Espinasse, et les mots tribus panellis par trois ras d'avoine, quoique je ne crois pas que le ras et ces panels ou paneaux soient la même chose, et je ne sais si Despineto est l'Espinasse. Cette maison Despineto ou de l'Espinasse et de Bodoclin n'est point dans notre souveraineté, elle est, à ce que je crois, en Beaujollois.

Cet acte nous fait voir qu'IIumbert avoit apparemment cru que le droit de garde qu'il avoit sur cette maison n'étoit pas juste, et qu'on lui en avoit fait quelque scrupule sur ce que nous avons déjà dit de ces droits, et c'est pour cela qu'il s'en départit par son testament; mais le commandeur en jugea autrement; il sentit le besoin de de cette garde et de cette protection de M' de Beaujeu qui le mettoit, en quelqu-manière, dans sa domination, où ce commandeur déclare qu'il vent être, ainsi qu'en

.) Titr. BtMj.. toI. A. fol. M.

sa garde ; ce qui me fait croire que ces droits emportaient souvent la justice et haute seigneurie, et môme la souveraineté dans les terres de l'empire, lorsque le seigneur haut-justicier des gardiers négligeoit leurs droits de justice que le seigneur gardier les empéchoit souvent d'exercer.

La première chose que nous trouvons de notre jeune seigneur (a), c'est qu'au mois de janvier 1251, il reconnut avec Marguerite de Baugé, sa mère, qu'Humbert de Beaujeu, son père, avoit affranchi 20 sols forts lyonnois de cens que la maison de Poletins lui devoit sur des terres situées à Blacé, que la prieure de Poletins avoit acquises de Guy de la Bessée; Humbert avoit fait ces affranchissements pour le salut de son âme, dans le temps qu'il partoit pour aUer au voyage d'outremer, mais il ne leur en avoit apparemment point donné d'acte par écrit; ainsi Marguerite de Baugé et Guidi.tr, l. son fils, ne voulant pas contester la vérité ni la validité de ce don, souhaitant au contraire qu'il subsistât, le confirmèrent ; Marguerite de Baugé renonça à l'hypothèque qu'elle pou voit avoir, pour sa dot, sur ces 20 sols de rente, et Guichard renonça au bénéfice de sa minorité, et à tous les privilèges que les droits canoniques et ri vils pouvoient lui donner pour revenir du don -que son père avoit fait et de la confirmation qu'il en faisoit lui-môrae.et Marguerite de Baugé apposa son sceau à cette charte, de l'ordre de son fils qui n'y apposa pas le sien, n'en ayant pas encore à cause de sa jeunesse; mais pour y suppléer, sa mère et lui y firent apposer, pour plus grande preuve de leur volonté, les sceaux de Jean, abbé de Bellevillc, et de Martin, abbé de Jougdieu.

Innocent IV, ayant appris la mort de Frédéric II, fit proclamer à Lyon, Guillaume, comte de Hollande, comme empereur {a} ; il l'avoit fait élire à la place de Frédéric, il y avoit 4 ans, par une partie des princes d'Allemagne, mais il n'avoit pas osé le faire proclamer plus tôt à Lyon, à ce que je crois, de peur d'y attirer la guerre qu'il étoit bien aise qui n'approchât pas si fort de l'endroit où il étoit. Cette proclamation de l'empereur à Lyon prouve de plus en plus que les rois de France n'y étoient point reconnus et qu'ils n'avoient aucune prétention sur cette ville. Le pape Innocent en partit, après avoir accordé de grands privilèges, tant au chapitre de Saint-Just, qui l'avoit si bien reçu, qu'à tous les habitants de Lyon. L'un des principaux privilèges que ce pape accorda aux habitants (c), fut de ne pouvoir être tirés hors de la ville de Lyon par des lettres apostoliques, à moins qu'il ne fût dérogé expressément à son privilège. Il délivroit par là les Lyonnois, dit Le Laboureur, d'une vexation assez ordinaire dans ce temps-ci, et qui étoit déjà établie du temps de saint Bernard (n), qui décrit la malice de plusieurs chicaneurs qui attiroient à Rome ceux que bon leur scmhloit, dans des causes laïques, parce que, sous prétexte du serment et des soumissions que l'on faisoit dans les contrats à la juridiction des offleiaux, on attirait toutes

(*) ?mm, Ion. 1", loi. 1S.

(■; Ménétrier, Oui., p. Ht.

(•] M«MrctN«l*-Barb«. p. 171.

(») Ubro l; D. Cowid., ««p. f.

A l'histoire de dombks.

sortes de causes à leurs tribunaux, et lorsqu'elles y avoient été portées, l'on prétendoit qu'elles ne ponvoient plus retourner aux tribunaux laïcs; c'est ce qu'Hincinart de Reims (a) avoit prétendu contre son neveu, évéque de Laon. Ainsi, celui qui avoit été condamné par l'oflicial de l'évéque étoit obligé d'aller au métropolitain, et du métropolitain au primat ou à Rome, ce qui étoit plus ordinaire à Ljon, où l'archevêque avoit lesd^nx juridictions, qu'il ne l'étoit ailleurs. Cet usage est encore observé en quelques endroits de l'empire, et surtout à Liège, sur quoi il y a eu quelques diflicultés de nos jours (b).

Le pape empêcha donc que les Lyonnois ne fussent si souvent attirés à la cour de Home, comme le concile général de Latran l'avoit déjà défendu sous Innocent III, ainsi qu'on le voit dans le chapitre non nulli, 2S', aux décrétâtes de rescriptis (c1, où ce concile réforme l'abus qui se commettoit alors par ceux qui obtenoient des lettres de Rome, afin que leurs procès fussent renvoyés à des juges éloignés, dans l'espérance que leurs parties, étant fatiguées par cet éloignement, seraient obligées d'abandonner leurs droits; c'est pourquoi le concile défendit qu'une cause ne pùt jamais être renvoyée à plus de deux journées du diocèse où elle étoit mue, ce qui étoit encore souvent un trop grand éloignement pour des pauvres parties.

Le concile de Baie a trouvé à propos de remédier plus amplement à cet abus, et c'est ce qu'il a fait par le décret de causïs, reçu en France, et par la pragmatiquesanction, qui veut que l'on donne des juges sur les lieux à ceux qui se trouveraient éloignés de plus de quatre journées de la ville de Rome, pour les causes même ecclésiastiques et spirituelles.

Conrad, fils de Frédéric, se portoit pour empereur et jouissoit même de presque tout l'empire; mais comme il ne survécut à son père que de 4 ou 5 ans, il y a de> historiens qui ne le mettent pas au nombre des empereurs et qui n'y mettent que Guillaume, son concurrent (d).

Ce Guillaume fut reconnu dans ces pays, surtout en Dauphiné, où il confirma les privilèges de l'église d'Embrun, et lui accorda le pouvoir de créer des notaires. Les droits des empereurs, dans le royaume de Bourgogne et Provence, étoient si peu de chose, que Guillaume les engagea tous à Hugues, comte de Bourgogne, pour 10000 marcs d'argent, ce qui fait voir que la donation de ce royaume, faite à Guillaume de Baux, n'avoit point eu d'exécution (e).

Au mois de mars 1232, Guichard de Beaujeu, de la volonté et conseil de Guillaume Chabot, Palatin de Riottiers, d'Hugues Palatin, de Guichard et Hugues de Marzé, chevaliers, ses conseillers et apparemment *ps curateurs, déclara que son

i» Flturjr, Uni. Il», li». 5Ï, q" II, p. 108.

« Mrmoirt» de Trévoux, ferrirr 1715, p. JSî.

i , Lib. t", cap. S».

> Mcnélritr, Hisl., p. 305, SOI.

If Chorirr, loin. 2, p. ISÎ.

MÉMOIRES POCR SEHVin

père avoit affranchi de tous servis, tailles et usages, la partie du mas de la Bessée, que la prieure et les religieuses de Polelins aroient acquise de Guy de la Bessée, et que, comme elles avoient acquis de son temps l'autre moitié de ce mas de Guillaume Achard et d'Etienne, son Ois, dont ce père être filss'éloient dévêtus par-devant lui, il en avoit investi cette prieure, considérant l'amitié que Marguerite, sa mère, avoiteue pour la maison de l'oletins, où elle étoil enterrée ; il leur permit de posséder librement et en franc alleu tout ce mas, ne s'y retenant que la justice sur les homicides, les adultères et les voleurs; et comme il u'avoit pas encore de sceau, il y lit mettre celui des abbés de Belleville et de Jougdieu. Celte charte et la précédente nous apprennent que Marguerite de Baugé étoit décédée de l'an 1250 à 1252.

La mémo année, Guichard donna des franchises et des privilèges aux habitantsde Miribel ; ils sont semblables presqu'en tout à ceux des autres villes de Bresse.

Le 2 mars 1253 (a', il y eut un accord fait entre M' de Beaujeu et Madame de Villars, pour plusieurs teneures féodales. Nous n'avons pas vu cet accord, ainsi nous n'en pouvons pas dire davantage (I ).

Conrad, qui contestoit l'empire avec Guillaume, comte de Hollande, étant décédé, ses partisans voulurent soutenir les droits de Conradin, fils de Conrad, quoiqu'il fut en très bas âge; ainsi, ils le firent déclarer empereur et continuèrent la guerre contre Guillaume, dont ils allèrent attaquer les états de Hollande ; cet empereur y étant venu pour les défendre, fut tné dans une bataille qui fut donnée en 1255 ou 56.

Les partisans de Conradin ne purent le faire élire, à cause de sa jeunesse. Les seigneurs d'Allemagne s« divisèrent dans leur élection, les uns ayant choisi Hichanl d'Angleterre, .hic de Cornouailles, et d'autres, Alphonse, roi de Castille, surnommé l'Astrologue; mais quoique Bichard eût élé couronné empereur à Aix-la-Chapelle, il ne put jouir de l'empire et fut obligé de retourner en Angleterre un ou deux ans après son couronnement. Alphonse de Castille ne put ou ne voulut pas venir en Allemagne, quoiqu'il eût accepté l'empire; ainsi il y eut une espèce d'interrègne depuis 1256 jusqu'à l'élection de Rodolphe de Hasbourg, chef de l'augusto maison d'Autriche, qui fut faite en 1273.

L'excommunication de l'empereur Frédéric, son éloignement de ces pays, les diverses élections des empereurs qui suivirent cette excommunication, l'interrègne dont nous venons de parler, joints aux grands droits de supériorité dont les princes de ces pays jouissoient, firent que les vassaux de ces princes les regardèrent comme leurs uniques souverains, le pouvoir des empereurs n'étant presque plus reconnu, ces souverains ne permettant pas à leurs vassaux de porter à l'empereur les grandes causes qui seules dévoient ressortir au tribunal impérial.

(a) IbvmI. du Bourboao., toit 11B7.

(I) V. le texte de ce donnent J.n» le Bi.liotmca Dnmw.

A L'HISTOIRE DR D034BES

La plupart des auleurs prétendent que les souverain* de ces pays usurpèrent alors la souveraineté ; mais nous avons assez vu qu'ils en jouissoient et qu'ils n'avoient qu'une soumission d'honneur pour les empereurs et l'empire. Dupuy prétend (a) que les droits des empereurs revinrcnl alors a la maison de France, Charles, frère de saint Louis, romte d'Anjou et de Provence, les ayant acquis de Raimond des Bau\, prince d'Orange, et d'Ilermengarde, sa femme, par une transaction de l'an 1257; mais nous avons fait voir, en 1214, que Frédéric I" n'avoit point aliéné ses droits souverains au seigneur des Baux, qui n'en avoit jamais été en possession. M' Dupuy convient même que la possession des empereurs ne fut point discontinuée par cette prétenduealiénation, et il dit après Duchesne (b), que Charles IV, empereur el roi de Bohême, transféra les droits du royaume d'Arles à Louis, duc d'Anjou, frère du roi Charles V, dit le Saue, et qu'il sépara et désunit à perpétuité ce royaume de l'empire, ainsi que l'assure Théodoric de Xiem, auteur du temps. Ces aliénations se contredisent l'une l'autre, car si Charles, frère de saint Louis, eilt acquis de véritahles droits des seigneurs des Baux, Louis, dur d'Anjou, frère de Charles V, n'auroil jias eu besoin de les racheter de l'empereur Charles IV. Ces prétendues ventes du royaume d'Arles sont donc de pures imaginations ; et si les premiers droits dont Mr Dupuy a parlé éloient justes, les rois et les princes du sang de France auroientilseu besoin de faire des acquisitions ijui se détruisent les unes par les autres; d'ailleurs Dupuy convient que les auteurs et les litres que Duchesne a cités sur ces aliénations ne parlent pas aussi clairement que Duchesne l'a prétendu, par où il contient -assez que ces titres n'attribuent aucuns légitimes droits ù nos rois.

Au mois de mars 1254 (ci, Berliou de Chalamont, chevalier, dame Péltonille, sa femme, Guillaume, Pierre et Henri, leurs enfants, vendirent, au prix de .100 livres viennoises, à M'Guy de laPalu, archidiacre de Lyon, sa garde el tout le droit qu'ils autient et pouvoient avoir au village des Feuillées et au prieuré de Montfavrey, avec leurs appartenances et dépendances. Cette vente fut faite purement et simplement: cependant cet archidiacre accorda une grâce de rachat a ce seigneur, à sa femme et .i ses enfants, par des lettres qu'il scella de son sceau.

Ce litre, joint à celui dont nous parlerons en li'JO, où le rachat de partie de cette vente fut fait, nous apprend que les seigneurs de Verfay étoienl de la maison de Chalamont, et qu'ainsi cette seigneurie devoit dépendit' du comté de Chalamont: mais les seigneurs de Verfay ayant reconnu les seigneurs de Villars, celte seigneurie resta, dans la suite, aux comtes de Savoie, pour l'hommage et la souveraineté. Henri de Verfay, par lequel Guichenon commence la généalogie des seigneurs de Verfay, étoil le troisième tils de Berlion de Chalamont, comme ce litre nous l'apprend.

», Dupuy. DroiU du Roi.

■ Mil. de Bourgogne.

[c] TU. Tr*r., Un* eati ni*t fol.TJ.

Au mois de septembre 1 235 (a), Guichard se désista en faveur de Guillaume Chabeu, seigneur de Saint-Trivier, de l'hommage que Dalmais de Saint-Trivier lui devoit pour tout ce qu'il avoit au chtiteau et bourg de Saint-Trivier, cl ses dépendances , desquels Dalmais de Saint-Trivier et ses successeurs avoient fait foi et hommage lige a Humbert, père de Guichard de Beanjeu. M'de Beaujeu quitta cet hommage à Guillaume Chabeu, pour lui et ses successeurs, en considération des grands services qu'il lui avoilrendus, et des dépenses qu'il avoit faitos en le servant, pour le bien et l'utilité de sa terre et seigneurie; il lui céda de plus tous les droits de justice haute, moyenne et basse, et les cens, servis, coutumes et usages que le prince pouvoit avoir sur la personne de Dalmais et sur ses biens. L'acte fut scellé par M' de Beaujou et par l'abbé de Belleville.

Dalmais de Saint-Trivier éloit alors décédé; il avoit laissé deux enfants, nommés Guillaume et Etienne, qui éloient mineurs. Guillaume étoit aussi décédé. Il avoit fait hommage à Andis, veuve de Guillaume Chabeu ; Etienne, son frère, l'avoit fait avec lui ; mais ils avoient contesté cet hommage fait en minorité, et prétendoient s'en faire relever. Ds croyoient peut être que Mr de Beaujeu ne pouvoit aliéner leur hommage, comme la plupart des seigneurs le prétendoient, croyant être plutôt sujets de la personne du prince que de sa terre, et que le prince leur faisoil préjudice en les obligeant à servir un seigneur qu'ils croyoient être plutôt leur inférieur que leur supérieur; mais je crois qu'il fallut qu'Etienne se soumît à cet hommage.

Notre prince emprunta, en 1236, 1000 livres d'Etienne de Varey, citoyen de Maçon; il donna pour caution du paiement de cette somme, Humbert de Beaujeu, seigneur de Montpcnsier, son cousin.

Hugues de Saix reconnut, le 8 février 1257, qu'il lenoit en fief de Guy, seigneur du château de Saint-Trivier-en-Dombes, toutes les terres, tous les biens et toutes les possessions qu'il lenoit par lui-même ou par quelque autre, dans la paroisse d'Illiat et dans celle de Saint-André-dTluria ; il convint d'avoir reçu d'Audis, mère de Guy de Saint-Trivier, dame de ce château, 50 livres viennoises, de l'argent de son fils, qu'il sjobligea de payer ez main d'Amédée Juif, de Villars, qui stipula ce paiement pour M'de Saint-Trivier, par acte passé sous le sceau de l'ollicial de F.yon.

Agnès, dame de Villars, mère d'Etienne, seigneur de Thoire et de Villars, d'heureuse mémoire et de grande renommée, père d'Humbert de Thoire et de Villars, donna, au mois de juillet 1 258 [a], à l'abbaïe de Chassagne en Bresse, pour le salut de son âme et de celles de ses prédécesseurs, et dans l'espérance d'une récompense éternelle, les deux tiers des dîmes des terres portant des fruits, situées dans la paroisse de Marlieu et de Sainl-Germain-de-Benon, et les deux tiers des dîmes des animaux que l'on nourrissoit dans ces paroisses , dîmes qu'elle reconnolt avoir achetées d'Hugues de Saint-Germain, chevalier ; elle chargea, sur ce don, l'abbé et

(») Titre Siini-TriTier, a U Chtrilé de Lyon. (•) Turr de 1U8.

A L'HISTOIRE DR DOMBF.ri.

les religieux de faire trois anniversaires pour elle, l'un le jour do Sainte-Catherine, le deuxième, le jeudi saint, et le troisième, le jour de l'Assomption, pendant sa vie, et au jour de son décès, après sa mort. Ce titre fait voir que celte dame de Yillars survécut non-seulement à Etienne Iw, son mari, mais encore à Etienne II, son fils, et qu'elle vivoit du temps d'Humbert, son jietil-flls, ce que Guichenon n'a pas observé dans son Histoire de Bresse, et qui est prouvé par le titre que nous rapporterons dans nos preuves.

Josserand de Miséria possédait en franc aleu des cens et servis à Miséria, paroisse de Saint-Didier; mais, suivant l'usage de ce temps-ci, et le mercredi après la Pentecôte 1260, il les prit en fief libre de Ponce Denln, citoyen de Lyon, auquel il transmit le domaine direct de ces cens et s'en retint le domaine utile; en conséquence, Josserand de Miséria reconnut que Dentu et ses successeurs seroient ses seigneurs, et qu'il seroit leur vassal et feudataire, avec promesse de lui faire l'hommage et toutes les reconnoissances que les vassaux ont coutume de faire à leurs seigneurs.

Je ne sais en quoi pouvoit consister la liberté do ce fief; Josserand de Miséria promit l'hommage et les services des vassaux ; ainsi cette liberté ne consistait pas à l'affranchissement de ces services ; peut-être cotte liberté consistai t-elle à l'exemption des droits de laods et ventes, qu'il sembloit que la vente du domaine direct que Josserand avoit faite au sieur Dentu dût emporter, si l'on n'avoit pas reconnu ce fief libre; cependant tous les fiefs de cette souveraineté et du Lyonnois ont toujours eu cette exemption des laods et ventes, ainsi je ne vois pas quelle liberté pouvoit avoir ce fief plus que les autres.

Au mois de novembre, notre Guichard de Beaujeu confirma aux habitants de Villefranche les privilèges et franchises qui leur avoient été accordés par ses prédécesseurs, et surtout par Ilumbertde Beaujeu, connétable de France, son père; i| en fit jurer l'observation par vingt de ses chevaliers, comme ses prédécesseurs l'avoienl fait. Voici les noms des vingt chevaliers qui sont nommés comme ayant juré avec notre prince qu'il ne contreviendroit point a ces privilèges. Ces gentilshommes sont: Hugues Palatin, Hugues de Marzé, Etienne de Pisey, Guillaume de Marié, Guichard de La Dotise, Josserand de Franchelins, Barthélémy de Laye, Guy de Monldor, Etienne Sauvage, Thomas de Saint-Latranine, Hugues de Thélis, Uutrues de Taney, Pierre de Renins, Girin de Vaux, Guillaume du Vernay, Ponce Geuinos, Dalmais Rabutin, et Etienne de Fougères.

Au mois de décembre (a], Guichard fit un accommodement avec l'abbé de Cluny, à peu près semblable à celui qu'IIumbert, son père, avoit fait, en L248, pour la garde des mas de la directe de celte abbaïe et du prieuré de Monlberthoud. L'ancienne garde avoit apparemment été regardée comme finie par la mort d'numbcrt de Beaujeu. Par le nouveau traité fait avec notre prince, il fut convenu que les possesseurs des mas de Monlberthoud ayant un ou plusieurs jougs de bœufs, lui feroient un

'»} Chambre ti" Anjou, A-n>. SJ, litue Chalanonl, rMe 55».

i10 MÉMOIRES POUR SERVIR

charroi ou 'corvée à bœufs, chaque année, un jour du mois de mai, dans l'endroit que ce seigneur voudroit, pourvu qu'ils pussent revenir en leur maison le même jour, et qu'ils payeroient 7 ras d'avoine, dont 4 seraient pour Mr de Beaujeu, 2 pour le châtelain, et un pour le chassipol, ce qui éloit la môme redevance en avoine que celle de 1248, car le meytier dont il est parlé dans le traité de 1248 vaut 2 bichets ou ras d'avoine.

Mr de Beaujeu ne parla point de justice dans ce nouveau traité, parce que cette justice lui appartenoit incontestablement.

Ce pourrait être en ce temps-ci que ce prince accorda des privilèges à la ville de Chalamont, assez semblables à ceux de Villefranche et de Lent. Nous rapporterons dans la suite les articles qui s'y trouveront différents de ceux de Lent et de Trévoux.

En 1261 (a), Humbert, seigneur d'Asniêres, damoiseau, titre qui équivaut à celui décuyer que les nobles prennent à présent, ayant reçu, suivant la coutume et l'usage de ce temps-ci, le tiers des biens d'un nommé Guillaume, fils de Pierre Chevalet, lui donna sa pleine liberté et consentit qu'il se donnât aux chartreux de Montmerle, pour le posséder à perpétuité, avec ses biens, en toute franchise. Ce seigneur renonça à tout droit civil et canonique contraire à l'affranchissement qu'il accordoit, et renonça encore à l'usage et coutume par lesquels il pourrait revenir contre la liberté qu'il donnoit et spécialement à la loi qui disoit que l'on peut annuler la mantimission des serfs et que les serfs de la glèbe peuvent être réduits à leur ancienne servitude. Je ne sais où celui qui stipula cet acte avoir trouvé une loi qui dit qu'on pouvoit annuler les affranchissements de la servitude qui sont toujours favorables.

En 1262 (•}, notre prince acheta dcJacquette,damed"Ànthot>, le mas deCimandres, situé dans la châtellcnie de Chalamont. Cette dame avoit acheté la moitié de ce mas au mois d'octobre 1 261 , au prix de 1 20 livres viennoises, de Pierre et Guillaume, fils d'Etienne Roussillon, damoiseaux, avec les cens et servis qui en dépendoient ; ils avoient tenu le tout du lief des seigneurs d'Anthon. Humbert, frère de Pierre et tle (iuillaume Roussillon, approuva ensuite cette vente.

Au mois de juin 1 263, ce prince fit des règlements touchant la justice, la police et la milice des habitants de la terre et seigneurie de Miribel, dont il éloit souverain. Son grand sceau y éloit attaché : c'étoit un homme a cheval, armé de toutes pièces, tenant l'épéc nue à la main, d'un côlé, et de l'autre, le lion de Beaujeu.

(ïuichard donna, en 1264, aux chartreux de Montmerle, en Bresse, l'exemption de son péage de Belloville pour toutes les denrées qu'ils feraient venir par la rivière de Saône.

Il avoit eu, partie par échange, partie par cession, depuis quelques années, de (iuillaume, Palatin de Riorlier, la terre de Saint-Bernard, qui relevoil de son fief (c);

») Bibl. Sebui.,eeot, l,e»p. 16, p. 41. (•1 htm II LU»»e C.b»limoot, rote M6.

C U Uboureur, Prwe» Noble»» de IÏU-B«rbe, p- «79

A L'HISTOIRE DE DO M DES

ainsi il en avoit réuni en sa personne le domaine direct et l'utile. Je crois que noire prince ayant été nommé, par le roi saint Louis, ù l'ambassade d'Angleterre, eut besoin d'argent comptant pour faire ce voyage, ce qui l'obligea à aliéner une terre et seigneurie qui étoit tout à fait à sa bienséance; mais le service des rois fut toujours le principal objet de nos souverains, qui étoient leurs sujets et vassaux pour toutes leurs autres terres, excepté celle de Dombes. Ainsi Guichard vendit purement et simplement la terre et seigneurie de Saint-Bernard d'Anse, à Milon de Vaux, doyen, et au chapitre de l'église de Lyon, au prix de 6500 livres viennoise». Tous les droits de fiefs, de cens, servis, droits de taille et autres de cette seigneurie, sont spécifiés dans cet acte ; les plus remarquables sont les fiefs d'Ogier de Sarhins. qui s'étendoient sur des fonds de forcelles, auprès de la ville deTrévoux ; une Ile dan> la rivière de Saône, qui étoit vis-a-vis Saint-Bernard; 7 livres 10 sols de taille, dues sur la paroisse de Saint-Bernard ; la moitié du port qui fut estimée 1 2 livres v iennoises ( 1 1 , outre 20 sols viennois de rente, que les héritiers Durand de Cbarlieu lui dévoient sur l'autre moitié du port. Il vendit encore un moulin, qui avoit été au Palatin de Riortier; 14 sols viennois pour la taille de Corcelles; 16 sols forts pour lo droit qu'il levoit sur les bateaux, le cygne et les lamproies qu'il avoit coutume de recevoir à cause de ce château, et qu'il recevoit apparemment a cause de son droit de chasse et de pèche dans la rivière de Saône ; les épaves ou trouves sur cette rivière, depuis le pertuis de Béez jusqu'à la rivière de Formans; un droit de procuration qu'il avoit coutume de recevoir sur le prieuré de Saint-Bernard de Romans; enfin il leur vendit cette terre avec tous droits, domaine, juridictions, bans, clameurs et amendes, et tous les usages qui avoient appartenu aux Palatins dans le château et Lourg (ta Saint-Bernard et lieux voisins, sans s'y rien réserver.

Outre cette vente du château, Mr de Beaujeu quitta à l'archevêque et à l'église de Lyon tous les dommages et intérêts qu'il prétendoit contre eux, pour les guerre* qu'ils lui avoient faites, pendant lesquelles ils avoient presque détruit ce château de Saint-Bernard.

Cette vente fut faite au mois de mai 1264.

Je n'ai trouvé aucun éclaircissement sur les guerres que notre prince se plaignoit que l'église de Lyon lui avoit faites et dont il lui quitta, par cette vente, les dommages qu'il en pouvoit prétendre.

Cette vente fit perdre à notre prince le fief et la souveraineté qu'ils avoient sur cette terre, parce qu'il n'eut pas soin de se les réserver, ce qui a fait un très-grand préjudice à ses successeurs et qui leur a causé de grandes difficultés.

Cette vente, où l'on comprend une lie dans la rivière de Saône, le droit de port et un droit sur les bateaux, avec les droits d'épaves et de pèche dans la même rivière, nous fait voir que cette rivière dépendoit, au moins pour la moitié, de l'empire;

(l i V. U B*»LIOT«ICà DcflBKINS.

MÉMOIRES rOl K SERVIR

c'est en effet une maxime que ceux qui ont la juridiction sur les rives, l'ont jusqu'au milieu de la rivière (a).

Cest à cause de celte souveraineté sur la moitié de cette rivière que les empereurs avoient permis aux seigneurs de Yillars d'augmenter les péages de Trévoux, péages que ces seigneurs ont toujours tenus du fief de l'empire ou de celui des rois de Bourgogne, comme nous l'avons dit sous l'an MR8.

C'est aussi des empereurs que relevoient la plupart des ports et des droits de bacs qui sont sur la rhière de Saône, dont la souveraineté a toujours été regardée comme . très-iiuporlante, ayant été contestée entre les Autunois et les Séquanois, avant la conquête des Gaules, comme Strabon nous l'apprend (•), les Autunois et les Séquanois voulant, à l'envie les uns des autres, jouir des péages et des autres droits utiles sur cette rivière, et y exercer leur juridiction et souveraineté.

La Saône étoit même toute de l'empire dans le Lyonnois, parce que tout le diocèse de Ljon dépendoit de l'empire, comme nous l'avons établi jusqu'ici, bors de l'étendue du Lyonnois. La Saône se partageoit suivant le droit, car Guillaume de Pontarlier, vicomte de Dijon, reprenant le village de Vouges, du fief d'Hugues, duc de Bourgogne, avec sa justice grande et petite, déclara qu'elle ne s'étendoit que jusqu'au milieu de Saône, sur l'eau rouge, près la grange de Pontarlier (c). Cette reprise «le fief est de 1260, en sorte que l'on voit que tout le loug de la rivière de Saône les seigneurs comptoient qu'il n'y en avoil que la moitié du royaume et l'autre de l'empire.

A l'égard du Rhône, il étoit de la souveraineté de notre prince le long de la terre de Mi ri bel, et quoique la souveraineté de nos princes ne le joigne plus, nous pouvons assurer qu'il étoit tout de la souveraineté de l'empire dans les diocèses de Lyon, de Vienne et de Viviers, car ces trois diocèses relevoient de l'empire et reconnoissoient sa souveraineté pour les terres même qui sont au-delà du Rhône, c'est-àdire du côlé du royaume, comme presque tous les titres de ce temps-ci l'établissent. A l'égard des diocèses qui ne s'étendoient pas dans les terres qui sont du côté du royaume, le Rhône étoit censé moitié du royaume et moitié de l'empire; ainsi Raymond, comte de Toulouse, qui avoit de grandes terres en Provence, faisant, en tOH8 [0;, une donation a Sainl-André-lès-Avignon, dit que les biens et la juridiction qu'il donne s'étendent jusqu'au milieu du Rhône, en descendant du septentrion au midi, ce qui fait voir que ce comte ne croyoit pas que tout le Rhône dépendit du Languedoc, et qu'il convenoit que la moitié de ce fleuve dépendoit du comté de Provence, comme l'autre moitié dépendoit du comté de Toulouse.

Le seigneur de Sabrans promit, en 1 1 56, au comte de Provence, que si Mr et Madame de Baux ne lui remettoient pas fidèlement le château de Trinquetaille, il

(»; Nitotr, th. de jodteibua. — Morntc, «d lib. î. (il. 1», De j.irisdiclHMie,!. ulliœa, p. 85.

(■) SlrabOB, p. -t 18. — Collet, dani m Lettre an R. P. Méiulrier.

'c) Mémoire» M. Perard, p. 317.

o) Calel, Hlit.de»Comle«d«TottlouK. p. 131, 18»

A l'histoire de doxbes. 513

se reodroil en otage dans l'Ile de Valabrègue, près Tarascon, dans le Rhône (a) ; ainsi il faut que cette Ile et le Rhône dépendissent en partie de Provence, car le comte de Provence n'auroit pas obligé son sujet de se mettre en otage hors de ses terres et de sa souveraineté.

Le poète Ligurinus fait plus, car, parlant à Othon, fils de l'empereur Frédéric I", il attribue à l'empire l'entière souveraineté du Rhône, depuis sa source jusqu'à son embouchure (b).

At tibi, lui dit ce poète, cui Rhodamis totus famulalur ah ortu l'squè suo, lotus que fluit, dum gurgit fesso, Oceani tumidis tandem se miseeat undis.

L'archevêque de Vienne donna, en H 86 (c), a l'abbaïe de Saint-André-le-Bas, l'eau du Rhône, depuis la tour ancienne appelée Tour-de-Pilate, jusqu'au monastère ; ce que cet archevêque n'auroit pu faire si le Rhône ne lui eût pas appartenu comme comte de Vienne, et comme ayant en cette qualité les droite royaux.

En 1306, les comtes de Provence donnoient à leurs sénéchaux la qualité de sénéchaux de Forcalquier et de la rivière du Rhône (d).

Gui-Pape, dans sa question 577, décide que les fleuves doivent être partagés et qu'ils appartiennent aux seigneurs qui ont les droits régaliens ; il ajoute que les officiers royaux de Lyon prétendoient que tout le Rhône étoit du royaume, et qu'ils inquiétoient les officiers du duc de Savoie, qui avoit alors beaucoup de terres auprès de Vienne et de Lyon, lorsqu'ils y vouloient entreprendre quelque juridiction.

Les officiers du roi avoient raison dans la banlieue de Lyon, parce que la Guillotière et le mandement de Béchevelin étant à l'archevêque et à l'église de Lyon, qui avoit vendu sa souveraineté au roi, comme nous le dirons en i 307, le roi étoit devenu souverain des deux bords du Rhône dans tout ce mandement ; ainsi il en avoit toute la souveraineté, et si le duc de Savoie avoit des terres qui joignissent le Rhône, la souveraineté lui en devoit appartenir pour la moitié. C'étoit l'avis de Gui-Pape. Je crois que l'on me permettra de mettre ici une réflexion sur la question qui a été agitée et décidée de nos jours, savoir si le faubourg de la Guillotière devoit être du Dauphiné et relever au parlement de Paris ou à celui de Grenoble. Celte question n'étoit pas dTlficile à décider, à mon sens, car les dauphins de Viennois, ni les ducs de Savoie, n'ayant jamais été seigneurs hauts-justiciers ni supérieurs des archevêques de Lyon à la Guillotière et à Béchevelin, il est certain que ce faubourg et le mandement de Béchevelin n'avoient pas pu dépendre des dauphins de Viennois, et que n'ayant jamais été de leur justice, ils n'avoient pas pu être de leur souveraineté qui suivoit leur haute justice. La juridiction de ce faubourg ne pouvoit donc pas dépendre du

(à) Bibliot. Sebm., «ni. I, «p. îl, p 50, M. M. (•) Ménétrier, HUt. Lyon, p. 110.

(c) Cborier, dan* se* Anllqailc* de Vienne, p»ge»ï9, 10, loi, 107, | js. 'oj Muaret de ril«-Barbc, p.

parlement du Dauphiné, parce qu'elle n'avoit jamais dépendu de la justice et souveraineté des dauphins de Viennois, ni des comtes de Savoie, et qu'elle avoit toujours dépendu de celle des archevêques de Lyon.

L'hommage que le seigneur de Chandieu fit, en \ÎH, au comte de Savoie, par lequel il reconnut tenir de ce comle son château et généralement tout ce qu'il possédoit, depuis les Fourches-Falavier jusqu'au Pont de Lyon, et même jusque dans Ur Rhône, aussi avant qu'un homme à cheval y pourrait entrer sans nager, ne pouvoit nuire aux droits des archevêques de Lyon qui jouissaient constamment de la haute justice et souveraineté de la Guillolière et de son mandement.

La déclaration que ce seigneur fit, de n'avoir juridiction sur le Rhône que jusques où un homme étant a cheval pourrait aller, sans que son cheval nageât, ne donnoit pas la moitié du Rhône au seigneur de Chandieu, ni au comte de Savoie, son supérieur; mais si, dans la concession de fief que les comtes de Savoie avoient faite à ce seigneur, on no leur avoit cédé la juridiction sur le Rhône que jusqu'où un homme pourrait aller à cheval, c'est peut-être parce que les comtes de Savoie ou leurs auteurs s'étoieut réservé le surplus de celte rivière jusqu'au milieu, vis-à-vis leurs terres qui n'approchoient point le pont du Rhône, quoiqu'on ait mis ce contln dans Facto de fief de M' de Chandieu. M. Chorier remarque aussi qu'on ne croyoit pas alors que le Rhône (ce qu'il faut entendre du Rhône au-dessous de Lyon) fût absolument aurai, comme on l'a cru depuis, parce que, dit-il , souvent la jurisprudence suit les révolutions de la politique et que ce qui platt au plus puissant (il falloit plutôt dire que ce qui plaît à leurs ministres, pour leurs intérêts) est toujours une loi qui borne les droits des plus faibles.

Je crois que nos rois ne prétendoient la souveraineté sur le Rbône, dans le Lyonnois, comme souverains des archevêques, qu'à cause de la cession que les comtes de Fore* avoient faite à ces archevêques de tous les droits qu'ils avoient en Dauphiné depuis Anthon jusqu'à Vienne, comme nous l'avons dit ci-devant.

Bonelon, sur Gui-Pape, dit qu'il est vrai que les rois prétendoient à la totalité du Rhône, contre les comtes de Savoie; mais il assure que les dauphins et leurs officiers avoient toujours prétendu cl exercé leur juridiction jusqu'à la moitié du Rhône, et il dit qu'il y en avoit plusieurs préjugés.

Il est vrai qu'il ajoute que Boërius [a] rapporte des arrêts rendus contre le pape, qui adjugent tout le Rhône au roi, le long de la ville d'Avignon et du Comtat-Venaissin ; mais outre la force et les raisons politiques dont parle Chorier, qui auraient pu faire pencher la balance pour le roi, l'on pourrait s'être fondé sur ce que, lors de la vente d'Avignon et de la cession du Comtat, l'on ne céda pas expressément la souveraineté de celte grande rivière, et qu'on la regarda comme spécialement attachée au comté de Provence, puisque les comtes de Forcalquier avoient leur sénéchal pour les contestations qui arrivoientsur le Rhôn<\

(») Bofrioi. toe« , U, a Itrtlâ.

a l'histoire de combes.

A l'égard d'une charte où l'on prétend que Charlemagne attribua le Rhône au royaume de France, la charte de division de son empire n'en parle en aucune manière, non plus qun les autres actes de partages qui furent faits entre ses descendants. Ainsi il faut s'en tenir au droit écrit qui étoit suivi dans tous ces pays, par lequel le partage des rivières est établi entre les seigneurs qui ont leurs juridictions sur les bords du fleuve; ilfautencore s'arrêter à la possession des souverains, qui explique ces anciens partages. Les rivières apparlenoient si peu au royaume, que lors de l'échange fait du marquisat de Saluées avec la Bresse, le roi se retint expressément toute la rivière du Rhône et le tirage pour les bateaux sur les états de Savoie, sans quoi le roi et les commissaires qu'il cinployoit reconnurent assez que cette rivière avoit dû être divisée par égale part et portion entre les deux souverainetés.

Au mois de mai 1 264 (a), Aymon Palatin, chevalier, avec Agnès, sa femme, Guillaume Palatin, aussi chevalier, Simon Palatin, chanoine de Lyon, Dalmais et Hugues Palatin de Riottier confirmèrent et ratifièrent la vente que leur père avoit faite de la seigneurie de Saint-Bernard à Mr de Beaujeu, et la vente que M r de Beaujeu en avoit faite à l'église de Lyon ; ils cédèrent môme à l'église de Lyon tous les droits et toutes les actions qu'ils y pouvoient prétendre comme héritiers de leur père, ou pour quelqn'autre raison que ce fût, reconnoissant qu'eux et leur père en avoient été suffisamment récompensés par Mr de Beaujeu ; ils promirent môme par serment de ne point revenir contre cette cession, et renoncèrent à tous les droits qui pourraient favoriser leurs prétentions.

L'autorisation des maris à l'égard de leurs femmes qui conlractoient n'étoit pas nécessaire, car il n'en est point fait mention dans cet acte. Les Palatins de Riottiers n'enéloient point seigneurs, et quoiqu'ils fussent de la maison de Chabeu, ils n'en portoient pas le nom; ils se contenaient d'être appelés Palatins de Riottier, c'est-àdire châtelains et gouverneurs du château de Riottiers.

Les citoyens de Besançon se mirent, cette année, sous la garde d'Hugues, duc de Bourgogne, pour 15 ans, sauf, dirent-ils, la droiture et la raison de l'empire et du siège de Besançon (d) ; ainsi ces citoyens reconnoissoienl être sujets de l'empereur et de leur archevêque ; mais comme ils jouissoient d'une grande liberté, ils pouvoient recevoir pour leur gardiateur et protecteur le prince qu'ils vouloient, et même ceux des états de France, comme ils firent en confiant la garde de leur ville à un duc de Bourgogne.

Il y eut des difficultés, cette année, sur l'hommage des terres de Bugey que Guichard de Beaujeu possédoit, parce que Pierre de Savoie, parvenu au comté de Savoie, voulant obliger ses vassaux à lui prêter foi et hommage, les demanda à Guichard de

» Mêtam l'Ile, pr. nobl., p. MO. ~ V. la B.huothh a lit «ivi,.. (•) Mén Pér»rd,p. 511,515.

Beaujeu. Mr Capré prétend (a) que ce prince avoit fait cet hommage, en 4254, à Pierre de Savoie, pourTboissey, Lent et Montmerle ; mais il se trompe certainement, car Pierre de Savoie ne vint au comté qu'en 4Î63; que si Guichard fit un hommage au comte de Savoie, il ne fut fait qu'en 4 252, à Amé, comte de Savoie, m en 4 254, à Boniface, et ce ne fut que pour Châleauncuf, Virieu et Cordon ; mais ayant fait cet hommage en minorité, à Amédée ou à Boniface de Savoie et non à Pierre, et croyant ne le pas devoir, il ne voulut pas, en 4263 ou 4 264, le faire à l'avènement de Pierre au comté, mais il demandoil à voir les titres constitutifs de ce fief pour le faire, s'il le devoit, et pour en être déchargé, s'il ne le devoit pas.

Pierre de Savoie, au lieu de produire des titres, fît faire une enquête composée de 8 témoins, pour établir son droit ; quelques témoins déposèrent que les seigneurs de Beaujeu étoient obligés à la fidélité lige aux comtes de Savoie, depuis la Saône, endeçà, et qu'ils avoient vu Humbert de Beaujeu sous le château de Clermont et au bord du lac de Paladru, qui fit cet hommage à Amé de Savoie, après la mort du comte Thomas, et dans le temps qu'Amé alloit dans ses terres pour recevoir les hommages et fidélités qui lui étoient dus, qu'il le fit pour le fief qu'il tenoit de lui, et que cet hommage étoit lige et manuel. Si ces témoins disent vrai, cet hommage doit être de 4233 ou 4234.

Ils ajoutent qu'après la mort d'Humbert, Guichard, son fils, avoit fait le même hommage, étant dans l'église de Saint-Pierre de Pierre- Châtel. Les deux premiers témoins sont Humbert et Gauceran de Seyssel, chevaliers; le troisième témoin et quelques autres disent qu'Humbert de Beaujeu vouloit faire son hommage à genoux, ce que le comte de Savoie refusa, et ne voulut le recevoir que debout ; et ce témoin ajoute que Mr de Beaujeu étoit si empressé de rendre cet hommage qu'il lui avoit dit que si le comte de Savoie ne s'étoit pas trouvé au-deça des monts, il auroit été au-delà pour le lui rendre.

Le quatrième dit qu'il avoit vu faire le même hommage , au bourg de Saint-Dalmace, en Piémont, par Guichard V, père d'Humbert, au comte Thomas ; cet hommage peut avoir été fait en 4 498 ou en 4200, que Thomas de Savoie fut majeur.

Le cinquième témoin dit que Guichard V avoit fait lui-même cet hommage au comte Amédée, à Pierrc-Cliatcl, après en avoir fait quelques difficultés, mais qu'il reconnut enfin qu'il devoit cet hommage, qu'il se mil à genoux pour le faire, mais qu'on le fit lever, et qu'il fit cet hommage manuel et lige.

Le septième dit que Mr de Beaujeu ayant consulté Hugues Palatin, son conseiller, qui lui dit qu'il devoit cet hommage, il le fil.

Le huitième dit qu'il ouit qu'Humbert de Beaujeu reconnut devoir cet hommage, lorsqu'il engagea sa terre au comte de Savoie. Ce dernier témoin nous fait voir que cet hommage n'étoit que pour les terres du Bugey que le comte de Savoie déclara véritablement être tenues de lui en fief, lorsqu'il prêta de l'argent à M' de Beaujeu,

(») HUt. Chimb. Jts Comlet de Stroie, p. IIS.

A l'histoire de dombes.

en 4248, comme nous l'avons dit ; mais cet hommage n'étoit pas lige, puisque Mf de Savoie ne traite M' de Beaujeu que de «on ami, et non de son féal, comme nous l'avons dit.

Après cette information, qui nous fait croire que l'on ne faisoit souvent aucun acte de ces fois et hommages, ou que les gens du comte de Savoie n'osoient les montrer, Guichenon prétend (a) que Guichard de Beaujeu fit cette foi et hommage la même année 1264, apparemment après avoir vu cette enquête qui prou voit assez que ses auteurs l'avoient fait, quoiqu'il paroisse beaucoup d'affectation à ces témoins de dire qu'Hambert, qui étoit un des grands seigneurs du royaume de France et qui savoit les usages des pays de l'empire, où les gentilshommes ne faisoient leurs hommages que debout, eût voulu se mettre à genoux pour le faire.

Des notes anciennes que l'on trouve sur cette enquête disent que ce qui fait voir qu'elle ne regardoit que les terres du Bugey, c'est qu'elle est faite à Belley et de l'autorité de l'évéque de celte ville, qui n'auroit pu faire une enquête pour les terres de la souveraineté de Dombes, telle qu'elle est aujourd'hui, qui n'éloient pas du diocèse de cet évêque, mais de celui de Lyon.

Le prince Guichard I", devant aller en ambassade en Angleterre, ûl son testament le samedi après la fête de tous les Saints 1 263; il institua sa sœur Isabelle, comtesse de Forez, pour son héritière, et il lui substitua Guiot, son fils aîné ; et au cas que Guiot vint à mourir, il lui substitua Louis, et à Louis, Guichard, son frère (»).

Il légua à Eumbert de Beaujeu, son cousin, seigneur de Montpensier, toutes ses terres et châteaux du Bugey, avec leurs revenus et tous les fiefs et hommages qu'il avoit entre l'Allier et la Loire, à condition qu'il donneroit & Louis et Henri, ses frères, à chacun 50 livres viennoises de rente, qu'il leur léguoit ; il donna encore à ces deux frères, ses cousins, 100 livres de rente payables par son héritière. Il donna à Foulques, seigneur de Montgascon, son neveu, 400 livres de rente, et autant à Adémard, fils d'Adémard, seigneur de Poitiers, aussi son neveu. Il donna encore 1 00 livres de rente à Blanche, sa femme, outre le douaire qu'il lui avoit fait par leur contrat de mariage. Il donna à Mr de Villars la paroisse de Saint-Germainen-Bresse, avec ses droits, appartenances et dépendances.

Il légua à l'église Sainle-Maric, de Beaujeu, 100 sols viennois de rente, pour son anniversaire et celui de ses parents, outre quoi il voulut qu'on leur assignât 50 sols de rente, qu'Humbert, son père, et la dame de Siccieu avoient donnés à cette église.

Il donna et légua à l'église de Belleville et à celle de Grandmont, 40 sols de rente chacune ; à l'égUse de Jougdieu, à l'hôpital d'Aigueperse, aux religieuses de Marcigny et de Beaulieu, à l'hôpital de Renins, à chacun 20 sols de rente annuelle.

[â] Hitl. de Savoir, p. !8S.

fui Uwnt. Bourl>.,totr <JÎ6.

MÉMOIRES POIR SERVIR

11 légua aux religieuses de Poletins tous les revenus qu'il avoit dans la paroisse de Mionnay, ne s'y retenant que le domaine et justice qu'il réserva à son héritier ; il voulut encore qu'on leur assignat 4 20 livres de rente, en-deçà la Saône, c'est-à-dire dans le Beaujollois, où il faisoit son testament. Il assigna à sa sœur, prieure de Poletins, 40 ànécs froment ou seigle, à prendre sur ses revenus de Miribel, pendant sa vie seulement.

Il légua encore à toutes les églises paroissiales de ses terres, à chacune 20 sols.

Il donna à l'église de Pouilly-le-Châtel la maison qui avoit été de Roger, et que Mathieu, son clerc, avoit bâtie, et à celle de la Boësse tous les droits, usages et prétentions qu'il y avoit et qu'il avoit coutume d'y lever, comme ses prédécesseurs, et il lui donna de plus 100 sols viennois, en aumône. Il donna aussi 400 sols aux frères mineurs de Villefranche.

Il légua 100 sols de rente à Jean de Verneis; 60 sols aussi de rente, à Guy de Villion ; 50 livres viennoises, une fois payées, à Jean Terlet; 40 livres à Guichard de Jo. 11 donna à Girardin de Martinac le bailliage ou châtellenie de Torvéon, pour en jouir pendant sa vie; à Renaud Depagne, 40 livres de rente viagère ; à Etienne Mareschal, 30 livres viennoises ; à Ponce de la Beluise, 40 livres pour amende, c'est-à-dire pour quelques dommages et intérêts qu'il lui devoit.

A M' Aymon Palatin, chevalier, 4 00 sols viennois de rente, ou 4 00 livres de principal; à Mr Guillaume de Juens ou Juifs, chevalier, 400 sols viennois, aussi de rente, ou 400 livres viennoises.

Il donna et légua à M' Etienne de Piseis, chevalier, et à ses héritiers, les leides du blé de la ville de Beaujeu, pour en jouir après le décès du doyen de Beaujeu, son frère, à qui il les avoit donnés pendant sa vie.

Il donna à Hugonin de Piseis, doyen .de Beaujeu, son clerc ou aumônier, 20 liv. viennoises, outre les revenus qu'il lui avoit déjà assignés pendant sa vie.

11 donna à Girion, son barbier, aussi 20 livres viennoises, et 40 livres au couvent de Gigny. Il accorda comme un» grâce à tous les habitants de ses terres que les juifs en sortiroient, et qu'aucun juif n'y habiterait à l'avenir et n'y pourrait prêter aucun argent. Il dit qu'il veut que son héritier promette pour lui et pour ses successeurs d'exécuter tout ce qu'il ordonne, et que son héritier et ses exécuteurs testamentaires satisfassent à toutes les plaintes qu'on fera contre lui, contre son père ou sa mère, et que tous ses legs et les leurs soient payés et exécutés.

Il nomma pour exécuteurs de son testament M" l'évôque de Mâcon, Hugues, doyen de Beaujeu, son clerc, et Etienne de Pisey, son fidèle.

Il faut que Guichard n'ait point eu d'enfants, depuis son mariage, et qu'il n'espérât point d'en avoir, car il ne parle point d'eux, ni des enfants qu'il pourrait avoir dans la suite.

Il partit pour aller à son ambassade, en 4264; son voyage ne fut pas heureux, car il y mourut le 29 mai 4265.

A l'histoire de domhes.

Son corps fat rapporté en France, et il fut inhumé dans l'abbaïe de Belleville, dans ia moyenne sépulture, dit Paradin, entre le grand autel et celui de Saint- Pierre. Son testament, que nous avons rapporté tout au long, fut ouvert au mois de décembre 1265, et l'on pourra voir les formalités observées dans cette ouverture, dans les preuves de ces Mémoires, où nous le rapporterons.

Paradin prétend (a) que ce prince fut connétable de France, qu'il servit Charles de France, qui étoit comte de Provence pour en avoir épousé l'héritière, contre les Marseillois; mais je n'ai trouvé aucune preuve de ces faits, et je ne sais pas où Paradin les a trouvées.

L'on ne sait point depuis quel temps ce seigneur étoit marié. Blanche, sa femme, étoit de la maison de Chalon ; elle étoit dame de Broyé et de Fontaine-Mâcon, fille de Jean, comte de Chalon et de Bourgogne, sire de Salins, et de Mahaut de Bourgogne. Ce fut elle qui fit faire le sépulcre de son mari, à Belleville, dont les revenus lui avoient été assignés pour son douaire, et c'est en qualité de douairière qu'elle confirma aux habitants de Belleville les franchises et privilèges que Humbert, sire de Beanjeu, cinquième du nom, leur avoit accordés. Les patentes de cette confirmation sont du 5 mai 4265; c'est une erreur ; il faut qu'elle ne les confirma qu'en 1266, parce qu'elle ne jouissoit pas des revenus de Belleville au mois de mai 1265, que son mari étoit encore vivant.

6...., abté de Belleville, Pierre d'Arlay, trésorier de Besançon, Jean de Chalon, frère de Blanche, Aimery, seigneur de Montfaucon, Simon, seigneur de Joinville, Jean, seigneur de Cuseaux, et Barthélémy de Laye, chevalier, scellèrent celte confirmation.

Blanche de Chalon se remaria à Béraud de Mercœur, quatrième du nom, seigneur d'Ussel, en Auvergne, fils de Béraud, troisième du nom, sire de Mercœur, et de Béatrix de Bourbon. Elle fit son testament en 4306.

Elle fonda, au mois de juillet 1304, le monastère de la Déserte de Lyon, et non en 4260, comme l'a écrit Paradin, car à peine étoit-elle mariée et mattresse de ses biens.

La branche aînée, directe et masculine de Beaujeu, étant finie au prince Guichard, dont nous venons de parler, nous croyons que l'on ne sera pas fâché de savoir ce qu'est deVenue la branche cadette, quoiqu'elle n'ait aucune part dans cette souveraineté ni au Beaujollois.

Guichard de Beaujeu, second des enfanta de Guichard V et de Sibille de Hainaut, eut la seigneurie de Monlpensier pour son partage.

Voici ce que Guichenon nous apprend de lui et de ses descendants dans son Histoire manuscrite de Dombes, que nous rectifierons autant que nous le pourrons, sur quelques titres et quelques actes que nous avons vus, et dont cet auteur n'a pas parlé.

(aj AlllMce*, p. Kl».

Ce Gulchard de Beaujeu-Montpensier, se maria n'étant pas encore chevalier, car il h avait point de sceau au mois d'avril 4225 (a), qu'il fit les conventions de son mariage avec Catherine de Clermont et de Montferrand et d'Herment, surnommée Dauphine, fille de Guillaume, comte de Clermont et de Montferrand, dauphin d'Auvergne, et d'Isabeau de Montluçon ; ainsi il pria Robert, évéque de Clermont, de sceller pour lui les lettres par lesquelles il déclaroit, en sa présence, qu'il donnoit à cette Catherine, sa future épouse, par donation, à cause de noces, la moitié de tous les biens qu'il avoit ou pouvoit avoir, excepté la seigneurie de Montpensier.

Il n'y avoit que les chevaliers et les grands seigneurs qui étoient mariés qui eussent droit d'avoir des sceaux, comme on le voit dans la transaction passée en 1235, entre Guillaume, seigneur de Virson, et l'abbé de Saint-Denis, en France, où ce seigneur, neveu d'Archimbault de Bourbon, le prie de sceller sa transaction, parce que n'étant ni chevalier, ni marié, il n'avoit point de sceau. 11 promit de sceller cet acte d'abord après son mariage, ce qu'il fit en 1238 (b).

Nous remarquerons de plus que l'on écrivoit les actes d'acquêts, de vente ou d'échange et autres, et qu'on les faisoit signer par des notaires ou autres personnes publiques, lorsque les donataires, les vendeurs, ou ceux qui faisoient ces sortes d'actes n'étoient pas de qualité, car ceux qui n'en étoient pas ne pouvoient pas avoir des sceaux ; la chronique du monastère d'Andren (c), dit même qu'il n'y avoit que les princes qui en pussent avoir; cependant cette rigueur ne s'observoit pas, et il suffisoit d'être noble et d'avoir été fait chevalier, pour avoir droit de sceau «t de sceller les actes que l'on faisoit.

En juin 1226, Sibille de Hainaut, sa mère qui étoit apparemment sa tutrice, donna sa déclaration par laquelle elle reconnoissoit qu'Archambaut, sire de Bourbon, avoit donné en fief à Guichard, seigneur de Montpensier, son fils, en présence de l'évéque de Clermont, ce que Oudin Blanc tenoit de lui, savoir Montceaux.

Le sire de Bourbon lui donna encore en fief les seigneuries du Croset, de Josserand, de Beaufort et de Pessat.

Juste ! prétend que Guichard ne se maria qu'en 1 231 , mais l'acte de 1 225 que nous rapportons dans nos Preuves établit le contraire.

En 4233, il donna sa déclaration signée de son sceau, par laquelle il reconnut que son cher seigneur Archimbaut, seigneur du Bourbonnois, lui avoit donné en augmentation de fief le fief de Bernard, seigneur de Vecenat, avec ses dépendances, lequel fief son ami et fidèle Odin de Vernet tenoit de lui, et Bernard de Vecenat tenoit ce fief ou maison, avec ses appartenances, de cet Odin, comme Mr de Montpensier le tenoit lui-même de M' de Bourbon.

(M J ii Mr l, H M t. <1« Il mat*oa I Auvergne, liv. 4, ch»|> S.

(»j Melao|et Curiemx ou Eloge* liiïtoriqœ» du P. t»blw, p. 655.

(cj la Snieileg., ton. î, p, 7SS.

a l'histoire de dombes.

L'on voit par cet acte que la même terre étoit tenue en fief et en arrière-fief de divers seigneurs supérieurs les uns aux autres.

M' Guichenon prétend que par le contrat de mariage de Guichard de Montpensier il aroit été convenu que le comte de Clermont donnerait à sa fille la ville et seigneurie de Montferrand, en Auvergne, sous la réserre de 7 livres de rente dues à la maison de Chartreuse, de 25 livres de rente pour la dot de Marguerite de Clermont, sa nièce, et de quelques héritages dont le comte vonloit jouir pendant sa vie, ce qui donna lieu à deux traités, l'un du mois de juillet 1230 et l'autre du mois d'avril 1231 , par le premier desquels Sibille de llainaut, dame de Beaujeu, Humbert et Guichard de Beaujeu, ses enfant*, pour avoir l'entière possession de la seigneurie de Montferrand, offrirent au comte de Clermont de lui assigner 1 00 livres de rente dans le territoire de Montpensier et de lui donner encore 700 livres pour tontes ses réserves, et promirent que les bourgeois de Monlferrand qui étoient sortis de la ville vivraient en paix avec lui; et où il arriverait quelque contravention, Sibille de llainaut s'obligea de ne point sortir de Montferrant et d'Herment que leurs amis n'eussent terminé le différent ; ils convinrent de plus que ces amis et arbitres seraient Etienne de Chateldon, chevalier, Robert du Puy, chanoine de Clermont, et le vicomte de Comborn.

Par le deuxième traité, Guichard de Beaujeu-Montpensier et Catherine, sa femme, promirent d'acquitter ce qui étoit dû à la Chartreuse et à Marguerite de Clermont, de donner au comte 1000 livres, raonnoic de Clermont, de lui assigner 100 livres de rente sa vie durant, snr les fonds et sur la leyde de Montferrant, et que si Catherine de Montferrant mourait sans enfants, la seigneurie de Montferrant retournerait au comte de Clermont et aux siens ; et ils convinrent encore que l'un ne pourrait rien acquérir dans la terre de l'autre.

M' Guichenon dit que Catherine, femme de Guichard, mourut le 2 mai après l'an 1 244, et que son mari mourut avant l'an 1256; qu'Albéric, moine des Trais-Fontaines, dit qu'il mourut l'an 1 31 7 ; ce qui ne peut pas être, parce qu'il faudrait qu'il eût vécu plus de 1 10 ans; quoiqu'il en soit, de sa longue vie, il laissa les trois fils dont il est parlé dans le testament de Guichard de Beaujeu, leur cousin, et MMiuichenonlui en donne un quatrième, par la convenance du temps.

Le premier fut Llumbert de Beaujeu, qui continua la branche cl dont nous parlerons ci-après.

Le deuxième fut Henri, qni fut seigneur d'IIerment et maréchal de France, au mois de février 1255. Il promit à Guichard de Beaujeu, son cousin, de l'indemniser et garantir du cautionnement qu'il avoit fait pour lui envers Henri, seigneur de Cousan, bailli do Maçon, pour la rançon d'Amblard de Cbabeu, son prisonnier de guerre. Erric ou Henri ne prend dans cet acte d'autre qualité que celle de fils de (krichard, seigneur de Montpensier et de Montferrand.

Au mois de mars de la même année, il se qualifie Henri de Beaiijen, damoiseau, seigneur d'Herment, et donne à Raoul, vicomte de de la Reche-i' Agoni, la seigneu-

rie et les revenus de Sal le-Haut, Sal-le-Bas, tout ce qu'il avoit an village de Neuf- Fontaine, à Agelle, Le Saunade, Nordonne, La Payole et autres lieux, et au même temps. Ce vicomte prit le tout en fief d'Henri et lui en fit hommage.

Le sceau d'Henri de Beaujeu .H-ut semé de billettes au lion de Beaujeu, avec son lambel contre-brisé d'une bordure au revers ; il y avoit ub lion passant.

Il mourut au siège de Tunis, en 1270.

Le Feron ne parle point de cet Henri de Beaujeu, comme maréchal de France, mais cette qualité lui fut donnée par saint Louis, comme l'ont observé M™ de Sainte- Marthe et Godefroy, dans leurs notes sur Le Feron.

Il ne laissa aucun enfant d'Aldengarde d'Âubusson, sa femme, fille de Guy, deuxième du nom, comte d'Aubusson, etd'Assaillidede Comborn, qui avoit eu en dot la seigneurie de Massignat, comme Henri de Beaujeu lereconnoitpar un titre du mois d'octobre 1262 (a). Après le décès d'Henri, sa veuve se remaria à Raoul, vicomte d'Agoul, dont on vient de parler.

Le troisième fils de Guichard de Beaujeu-Montpensier fut Louis, qui fit branche et dont nous parlerons ci-après.

Le quatrième, que Mr de Guichenon présume avoir été son fils, est Guillaume de Beaujeu, grand-maître de l'ordre des Templiers, l'an 1288. Il fut tué a la prise d'Anlioche, le 18 mai 1291. Guichenon convient qu'il n'y a que la convenance des temps qui lui fait présumer qu'il étoit fils de Guichard; mais comme notre prince Guichard, qui fait des legs aux trois autres frères, ne parle point de celui-ci, je crois que ce Guillaume auroit pu être d'une autre famille de Beaujeu et qu'il n'est pas de celle de nos princes, à moins qu'on en trouve quelques autres preuves (1).

Humbert ou Imbert de Beaujeu, fils de Guichard, fut seigneur de Montpensier, d'Aigueperse, de la Roche-d'Agoul, d'Herment et de Roanne ; il succéda à son père, ou posséda ses biens avant l'an 1 256, car il se qualifie de seigneur de Montpensier cette année-là, en se- rendant caution de 1000 livres pour Guichard, seigneur de Beaujeu, envers Etienne de Varey, citoyen de Màcon (b).

Ce seigneur servit honorablement les rois saint Louis et Philippc-lc-Hardi, son fils (c); il fut à la guerre d'Afrique et à Tunis, en 1270. Guichenon et Duchesne prétendent qu'il fut à la guerre d'Egypte en 1250; mais je crois qu'ils confondent cet Humbert avec Humbert V, son oncle, attribuant au neveu ce que nous avons dit de

(») M*m. mu. de <Ia Bouche!.

(■} Méoi. uns. de du Couche t (c) Hist. Beurf ., p. 450.

(I) l'ne eh» ru originale conservée «lait: le fonds de Malle, aux Archives départementale» du RhAne, établit d'une manirre ineonlcitable non-seulement la filiation de ce Goillaume de Beaujeu. mais encore qu'il avait an frero nommé Guichard, reaté inconnu a Mus les historiens. V. le teste de cet important document dans le « Cartalaire de rÉjlUe N.-B. de Beaujeu, » p. 59, note. Treïoua, IH«, in-J».

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l'oncle, et qui n'est vrai que de lui, et il semble que cet Humbert-ci auroit été trop jeune en 4250, pour être a cette guerre.

Au mois de décembre 1271, Philippe-le-Hardi, nommant le comte d'Alençon, son frère, pour régent du royaume, ordonna qu'au cas qu'il vint à mourir avant que son fils eût 4 4 ans, le comte de Blois fût tuteur de son fils et qu'il prit le conseil do divers seigneurs, entre lesquels il mit Humbcrt de Beaujcu, qu'il appelle son ami, cousin, connétable de France (a).

Le pape Grégoire X ayant convoqué un concile général à Lyon, où il vint l'an 1273, le roi Philippe III y visita Sa Sainteté et lui laissa nombre de gens de guerre pour la garde du pape et du concile, dont il donna le commandement à cet Ilumberl de Beaujeu-Montpcnsier (a).

11 fut nommé éxécutcur du testament de Guy, sixième du nom, comte de Forez, par acte de l'an 4 275.

Le roi de Franco ayant guerre avec Alphonse II, roi de Castille, il envoya une grande armée en Navarre, qui prit Pampelune, l'an 4276, dont les principaux chefs furent Robert II, comte d'Artois, notre Humbert de Beaujeu, le comte de Foix et Gaston de Moncade, vicomte de Béarn (c).

En 4 277, le roi, pour le récompenser de ses services, lui donna la seigneurie de la floche-d'Agoult, avec les châteaux de Poinsac et de Montdegil (o).

Le comte et l'évêque de Valence ayant de grands différents, s'en remirent, le 30 mai 4 278, à l'arbitrage de l'évéquo de Langres et de notre seigneur de Montpensier, qualifié par le titre de connétable de France (e).

Par lettres datées à Moussy, le lendemain de Noël 4280 (f), il reconnut que lui et Isabelle de Mello, sa femme, avoient rendu à l'église d'Auxerre leur seigneurie de Corsein, et ils promirent de faire en sorte que cette église reconnottroit que cette terre étoit sous la garde du duc de Bourgogne.

Il assista, en4283, au jugement donné le jour de Toussaint, au parlement de Paris, contre Charles, roi de Sicile, pour le comté de Poitiers.

M' du Bouchet prétend {g) que Martin IV ou II, ordonna à l'évêque de Hàcon de prendre soin des biens d'ilumbert, tandis qu'il seroit outremer où il devoit accompagner Philippe de Courtenay, son parent, à la conquête de Constantinople ; il me semble que l'évêque de Maçon étoit bien éloigné des principales terres d'Humberf, pour que le pape en confiât le soin à l'évêque de Màeon, dans le diocèse duquel il ne pou voit en avoir que très-peu.

(a) Dupoy, Trtile des nuBorile» cl repica, p. «S cl H». (•) Coiil. NtngU, ia Gestls Pétri, (c) M.roH, Hisl. de Béaio.

(.) Dudmne, p. 4S8.

(•) Til. Archive* de Turio, Cborier, I. J, p. US (») Hem. Pérard, p. SSO.

(c) Mta. mM. de du BoachH.

La même année, Robert, comte d'Artois, et Agnès de Bourbon, ratifièrent la venie que Guillaume de Montluçon, seigneur de Saint-Géran-le-Puy, avoit faite à M' de Montpensier, de la seigneurie de Cliatel-Oudon, pour la somme de 3400 livres.

En 4284, le roi le fit exécuteur de son testament, avec les évêques de Langres et de Dol.

Il mourut en 1285.

Il se maria, environ l'an 1260, avec Isabelle de Mcllo. dame de Saint-Maurice-en- Puysaye, Tiroveille, Chandenis, Basois, Villeneuve, La Guiard, de Saint-Bris et de la Celle de Béon, veuve de Guillaume, comte de Joigny, et fille de Guillaume de Mello, deuxième du nom, chevalier, seigneur des mêmes lieux, qui mourut à Nicosie, en Chypre, l'an 1247.

De leur mariage ils eurent une seule fille, Jeanne de Beaujeu-Montpensier, qui. étant très-riche et d'une naissance très-illustre, fut mariée à Jean , deuxième du nom , comte de Dreux et de Brienne, prince du sang, grand chambrier de France, fils aîné de Robert, quatrième du nom, comte de Dreux et de Brienne, et de BéalrU de Monlfort.

Le comte de Dreux et elle vendirent à Jean, comte de Forez, la part qu'ils avoient de la ville de Roanne.

De ce mariage sortirent Robert III, Jean et Pierre, successivement comtes de Dreux, seigneurs de Montpensier et d'Aigueperse. De Pierre, comte de Dreux, vint Jeanne de Dreux, dame de Montpensier et d'Aigueperse, sa fille, qui mourut sans postérité. Après son décès toutes les terres d'Auvergne provenues de la maison de Beaujeu furent prétendues par Blanche de Beaujeu, dame de Letiroux ; par Bernard, vicomte de Vcntadour, représentant Marguerite de Beaujeu, sa mère, et par Guichard, seigneur do Comborn, mari de Blanche de Ventadour, et elles leur furent contestées par Jeanne, comtesse de Dreux, et Louis, vicomte de Thouars, son mari ; mais toutes ces terres, ou par arrêt ou j>ar transaction, restèrent au vicomte de Vcntadour, en faveur duquel Montpensier fut érigé en comté.

Louis de Beaujeu, troisième fils de Guichard de Beaujeu-Montpensier, fut seigneur de Montferrand et du Broc; il oui ces terres pour son partage. Il accompagna saint Louis au voyage d'Afrique avec six chevaliers. Le P. Daniel le met au nombre de ceux qui se croisèrent en 1 267.

Claude Paradin le fait mal à propos fils de Renaud de Forez et d'Isabelle de Beaujeu, comme Duchesne l'a très-bien remarqué, car Louis de Beaujeu-Forez étoil trop jeune en 1 267, pour pouvoir se croiser avec saint Louis.

Ce Louis de Beaujeu décéda le vendredi 26 septembre 1280 ; il fut inhumé dans l'église de Notre-Dame du bourg de Déols, en Berry.

Il avoit épousé, à son retour du voyage d'Afrique, Marguerite de Bornez, dame de

A l'histoire de bombes.

Chàteau-Meillant, du Broc, de Belle-Faye et de Préverennes, fille de Robert, «ire de Bornez et de Blazon, et d'Isabeau de Millo.

Elle se remaria, en 4 282, à Henri, troisième du nom, seigneur de Suilly-sur- Loire, avec lequel elle vivoit encore en 1292, qu'elle vendit au roi Philippe-le-Bel le douaire qu'elle avoit sur la seigneurie de Montferrand, pour 500 livres de rente pendant sa vie. Elle mourut en 1 323.

Du mariage de Louis de Beaujeu-Montferrand et Marguerite de Bornez vinrent :

4° Louis de Beaujeu, deuxième du nom, qui continua, comme nous le dirons.

2* Guicbard de Beaujeu, chevalier, accordé en mariage ù Catherine du Broc, fille de Pierre, seigneur du Broc, et de Marguerite de Thiern. Il mourut avant l'accomplissement du mariage, et sa fiancée se maria, en 4 289, avec Jean Chauderon, seigneur de Trénay, en Nivernois.

3° Blanche de Beaujeu, mariée à Guy de Chauvigny, seigneur de Leuroux, d'où vinrent Jean et André de Leuroux, vivants en 4348.

4° Marguerite de Beaujeu, femme d'Hélie ou Hébles VIII, vicomte de Vcntadour, d'où vinrent : 4» Hébles, vicomte de Yentadour, mort sans enfants de Mathée de Comborn, veuve de lui en 4 367 ; 2° Bernard, vicomte et puis comte de Ventadour et de Montpensier, qui se maria à Marguerite de Beaumont, le 47 mai 4338 ; 3° Blanche de Ventadour, femme do Bernard, vicomte de Comborn ; 4° Elie de Ventadour, doyen du Puy, qui fut élu évéque de Tournay, le 27 juillet 4324; 5° Guillaume de Ventadour, aussi évôque de Tournay, en 4327; 6°Guyvévêquede Vahres, en 4347 et 4354 ; 7" Ebles, abbé de Figeac.

Le cinquième enfant de Louis de Beaujeu et Marguerite de Bornez fut Marie de Beaujeu, religieuse de l'abbaïe de Longchamps près Saint-Cloud, où elle décéda en

Louis de Beaujeu, deuxième du nom, seigneur de Montferrant et du Broc, mourut en 4296. L'on ne sait de lui autre chose, sinon qu'il se maria avec Dauphine, dame du Broc, fille de Pierre, seigneur du Broc, du Chambon et de Plansac, et de marquise de Thiern, dame de Busset, de laquelle il eut Louis de Beaujeu, troisième du nom, et Humbert, chevalier.

Cette dame de Beaujeu se remaria, en 4298, avec Briand, vicomte de la Roche- Briand, qui, le vendredi après la féte de Toussaint, 1308, traita avec Jean, comte de Dreux, du douaire promis à sa femme par Humbert de Beaujeu, connétable de France, lorsqu'elle épousa Louis de Beaujeu, sou neveu.

Louis de Beaujeu-Montferrant, troisième du nom, remit en échange, en 4292, au roi Philippe-le-Bel, la seigneurie de Montferrant, en Auvergne, dont le roi promit de lui donner six cents livres de rente et de les assigner sur de bonnes terres, comme il est dit dans cet acte (a).

(») Alliances ChroMiogiqael, Ltbbc, p. Ô8«.

MÉMOIRES POUR SMIVIR

Le samedi après la fêle de Saint-Girard de l'an <3I2, lui et Humbert de Beaujeu, son frère, arec Dauphine du Broc, leur mère, femme de Briand, vicomte de la Roche-Briand, firent une convention avec Àimard de Voire, prieur de Nonette, pour les dots de Dauphine et Guillemette de la Roche-Briand, leurs sœurs, qui dévoient prendre le voile de religieuses au monastère de Sainte-Bazeille.

Il décéda sans alliance et sans postérité, laissant Humbert, son frère, pour son héritier, qui mourut aussi sans enfants et sans être marié, et en oui finit l'illustre et ancienne maison de Beaujeu de la première lignée, qui avoit subsisté glorieusement et avec éclat pendant près de 500 ans.

A l'histoire de dombes.

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