‹ Mémoires pour servir a lh́istoire de DombesChapitre 5 sur 19 · GUIOHARD DE BEAU JEU · texte numérisé non relu

GUIOHARD DE BEAU JEU

L'on trouve une chaîne d'un Guichant et de Théotgarde, sa femme, qui donnèrent, en l'an 936 ou 937, à Odon, abbé de Cluni (a), l'église ou chapelle de Saint-Laurent d'Arpayê, avec les biens qu'ils y avoient, consistant en domaines de franc-alleu, vignes, prés, terres et autres dépendances, qui étoient au pays de Maçon, dans la vicairie de Cancia. Ils donnèrent dès-lors purement et simplement à l'abbé Odon, pour preuve de la possession où l'abbale entreroit de ce don, la jouissance de celte chapelle et de ses revenus; ils se réservèrent les autres droits pendant leur vie, en payant 4 muids en pain ou en vin. Guichard signa cette charte avec Théotgarde, sa femme, Gérard, Acher, Brandensius, Théode, Jusé, Arcmbert, Alchier, Segan, Samson, Hubal et Aliéner. Elle fut donnée au mois de mars de l'an que Mr Rodolphe mourut, qui est l'année que nous avons dit, où Raoul, roi de France, et Rodolphe 1", roi de Bourgogne, moururent. Je ne crois pas que ce Guichard soit frère d'Humbert; il auroit pu être frère de Beraud, s'il est de la maison de Beaujeu.

Un autre Guichard que je crois être frère d'Humbert, donna (■), l'an 30* de Conrad, c'est-à-dire en 967 ou 968, & l'abbé de Cluni, l'église dédiée à ta Sainte- Vierge, au pays de Lyon, au village de Cercié-sur-l'Ardière, avec toutes ses appartenances. Guichard, que je présume être le ci-dessus et oncle de ce second Guichard, et Umfred, que je présume son frère, furent témoins à ce don avec Benthon, prêtre, Arulfe, Tancrède, Hadalbert, Landrut, Rolant, Ardrad, Heldin, Viso et Guy. Rotai récrivit.

Ce Guichard ou Wichard, ce qui est selon moi le même nom, fut marié à une femme nommée Ailmode, qui signa une donation (cj qu'il fit à Mayeul, abbé de

(à} CirtnUira Cl m y k, M. S*, nru »

(•) Cirtuliir* 4 CI u us, M. I?t, Mlb Mitolo, eirH II.

(C) Ikid.. fol. 170, t. ru 11.

a l'hktoi&e »e dohbes.

&unir l'an »• du roi Lothaire, qui tombe à l'an 985. Par cet» charte, ce Guichard donna à l'abbaîe de Cluni l'église de Saint-Georges-de-Rtnins avec la paroisse et te presbytère, les dixmes et tout ce qu'il paroissoit avoir dans la paroisse depuis la rivière de Saône d'orient, la terre d'Artbaud de midi, le surplus d« ses fonds du ooté d'occident, et le ruisseau de Valsone du côté du nord. Guichard signa, avec Ailmode, sa femme, Milon, Etienne, Guy, Umfred, Agnon, Roland. L'acte en fut passé * Riortiers. Humbert et Ameldc, sa femme, Berard, Guichard, Léotard {ses enfans!, Bermond, Rairoodis le signèrent aussi, et Aldebaud l'écrivit.

Humbert et sa femme, qui avoient déjà donné celle église, comme nous- l'avons vu ci-uessus, signèrent encore ce don que uuicnaru en m, apparemment pour les uroii> qu'il y avoit en commun avec Humbert, son frère. Humbert ne fit point approuver son don à Guichard. son fcère, parce qu'il étoit son supérieur et qu'il pouvoit donner sans son consentement; mais Humbert «t Elmède signèrent et approuvèrent la don de Guichard, comme ses seigneurs supérieurs ; leurs enfans le signèrent aussi, parce que.cette seigneurie leur étoit peut-être substituée. Les donations de ces seigneurs sont différentes par leurs confins ; celui-ci confine la terre d'Artaud de midi ; je crois que c'était la terre d'Artaud, comte de Lyon, qu'il donna, après l'an 984, à l'abbaîe de Savigny, comme nous l'avous dit ci-devant. Ce cumin nous fait voir combien les chartes de ce tems-ci négligeoient de désigner les personnes les plus distinguées par les qualités qu'elles avoient. C'est le même Arlebaud qui écrivit la charte d'Humbert •l d'Blmède et celte de Guichard et Ailmode ; ainsi je crois qu'elles se firent de concert l'une et l'autre; mais Humbert fit, comme nous l'avons dit, la sienne indépendamment de Guichard, ce qqi prouve qu'il étoit l'alné et que ces seigneurs vivoient encore en 98&.

Une dame nommée Ailmode; peut-être femme dé Guichard de Reaujcu, dont nous venons de parler, avant ou après et peut-être pendant son mariage avec lui, donna ») ài'abbé Mayeul des biens qu'elle avoit au pays de Lyon, savoir une église dédiée à l'honneur de saint Martin, au village d'Ouroux (en cette souveraineté), avec sa paroisse, son presbytère, ses dixmes et ses dépendances ; une autre église dédiée à saint Jean, avec tout ce qui en dépend, au village de Lacenas, et l'église de Saint-Ferréol, au village de Liergues. Elle donna encore trois condamines de franc-alleu au village de Juif (dans cette souveraineté). Les témoins de ce don furent Umfred, Berard, Guichard, Léotard, qui étoient, à ce que je crois, de la maison de Beaujeu, Umfred, oncle, et les trois autres ses neveux, fils d'Humbert; outre ceux-là, Bermund, Raimode, Edouard, Arenen, Milon, Guillaume, prêtre, et Roland la signèrent. L'actefut passé à Riortiers, l'an 35'. de Conrad, c'est-à-dire en 970, à prendre le règne daConrad à 937. Un Gérard, comte [que je crois comte de Lyon), un Hugues, évéque et comte, qui pouvoit être évéque d'Auxerre et comte d« Chalon, Arnulfe et Guy signèrent encore celte charte ; mais leur signature étant après la date du lieu et du règne de Conrad, je crois que les comtes de Lyon, de Chalon, ne la signèrent que pour ap-

(* CruUir. CtMjt ». f.l 17», *.b M«i»U, «ru SI ;» H*.tt jniiSt.Um. f ?, a. X.)

«ÉHOIRM POUR SERVIR

prouver ce don, pouvant y avoir quelqu'une* de ces paroisses qui dépendissent de ce comte et de cet évêquc. Je ne sais si Ouroux et Juif n'auroient point relevé d'Hugues, évêque d'Auxerrc et comte de Chalon, et Lacenas et Lierguee du comte de Lyon.

Guichenon a cru qu'une précaire qu'Adon, évoque de Maçon (a), fil à un homme illustre nommé Cuichard, de deux vignes, l'une située au village de Frontanas, et l'autre à Creiche, sous le cens de 8 deniers payables à la feste Saint- Vincent, fut faite à notre Ouichard de Beaujeu.

Il croit aussi qu'une charte, par laquelle une dame appelée Raimode, qui se dit veuve d'un seigneur appelé Guichard, mariée à un seigneur nommé Ansède, est une charte d'Ailmode, femme de notre Guichard. Par cet acte, Raimode donne, ou plutôt elle rend, dit-elle, à l'abbaïe de Cluni (b), une terre appelée Casota, qui avoit appartenu à cette abbaïe et qui avoit été donnée en précaire à M' Leulbal, qui n'étoit alors que clerc et qui ensuite a été évêquc de Màcon, terre que Leutbald avoit entièrement aliénée, comme s'il en eût été propriétaire, ce qui étoit contraire à la justice, l'ayant donnée à un nommé Gausserand, pour lui payer l'amende qu'il lui devoit pour l'homicide d'un nommé Bergaire, père ou parent de Gausserand. Cette dame rendit donc cette terre afin que l'on priât pour l'âme de Guichard, son seigneur, et du père de Gausserand. Outre cette terre, elle donna à cette abbaïe une esclave nommée Adalgarde, avec ses enfans, et le bien que cette Adalgarde culti voit. Elle fit celte donation tant pour l'ame de Guichard que pour celle de Wiceline, leur fille. Elle ordonne que celui qui voudra contester cette donation paye une livre d'or d'amende Cette Raimode signa la charte avec Ansède, son mari, un autra Ansède, Arhard, Vautier, constante, et Hugues. Cette charte ne nous donnerait pas une trop bonne idée de l'évéque Leutbald, car tuer un homme et en payer l'amende, en vendant un bien qui ne lui appartenoit pas et qui appartenait à l'Eglise, ce ne sont pas da boanei actions pour parvenir à l'épiscopat. Mais il faut croire qu'il s'étoit corrigé et qu'il satisfit à Ansèd» ou à sa femme, quoiqu'elle ne le dise pas, et qu'il semble que cette charte soit postérieure à la mort de cet évéque.

Voilà tout ce que nous avons pu trouver de Guichard de Beaujeu, que Guichenon dit n'avoir laissé que cette fille appelée Wiceline, laquelle il croit être décédée avant sa mère. Il y a néanmoins deux chartes (c), sous Hugues, abbé de Savigny, qui pourraient regarder ce Guichard : par la première, Guichard et sa femme Egilmode (je crois que c'est le même nom qu'Ailmode et Raimode) donna à l'abbaïe de Savigny la franchise h Cressiny, au pays de Lyon, vallée Beuronique ; je crois que cette franchise étoit un affranchissement de cens et servis qui lui étoient dus par cette abbaïe dans ce village; il leur donna de plus un curtil de franc-alleu à Mortaire, avec ses verchères, vignes et autres dépendances et la franchise. Humbert, qui pouvoit être son frère aîné, signa la charte avec Bcrard, qui pouvoit être le fils atné d'Humbert,

(à) UaartaaaL, fol. «I. (M. Ra|«t, p. a» CUV.) (a) CartnlairaClan,- B, fol. «0, «ru 4*1.

(c) CirtuUin Satijar, caria 4M, fol. M. (A. Baraard, p. US, m' Ht.)

A l'histoire de dombes.

fiuillaume, Umfred, Gausmard. Gerberin écrivit la charte du tems du règne du roi Conrad. Par la seconde, G richard avec sa femme Bymode donna à la même abbaïe (a) une église dédiée en l'honneur de saint Maurice, avec son presbytère, sa paroisse et toute sa dixme, située au pays de Lyon, au territoire d'Exarti-Picrrcux, au village de Chambost, afin que le revenu de cette église fût toujours appliqué à la table des religieux. Guichard signa avec son frère Etienne, avec Hugues, Hilon et Salicon.

Nous ne pouvons dire en quels tems ces deux Guichard sont morts, n'en ayant rien trouvé. M. Guichenon met (b) ce Guichard, père de Wïcelinc, pour successeur de Reraud, et le comte pour Guichard I", et il lui fait succéder liumbert I" ; mais nous ne croyons pas que ce Guichard ait été le principal héritier du Beaujollois. La fondation de l'église de Reaujea et les chartes que nous avons rapportées des Cartulaires de Cluni, de Reaujcu et de Savigny, ne laissent pas à douter qu'Humbert n'ait été le principal héritier et le seigneur supérieur et universel du Beaujollois.

<») IMâ.imtlM.fcl. 7». (A. Bcrmrd, p. 117, ■"«•.) {•) Hi.i. «"«. & n«»b«.

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