MFRED OU DM PU ROY DE BEAU EU
Voici les actes que ltm trouve d'I'mfred ou ûmphroy, que plusieurs auteurs (a) ont fait premier seigneur de Beaujollois, à cause de l'épitapbe de Saint-lrénée de Lyon ; car je ne lui comtois pas d'autres titres anciens qui puissent justifier qu'il le fût. C'est lui aussi que plusieurs auteurs prétendent être llls île Guillaume, comte «le Lyon, et père de Beraud I".
L'on trouve trois donations que cet L'mfred Ht à l'abhaïe de Cluui la), du teins de Saint-Mayeul, de biens situés en Beaujollois : la première est de l'église de Saint- Ennemond, au pays de Lyon, au village qui porte le nom de Saint-Ennemond ; cette église, autrefois paroissiale, est aujourd'hui annexe do Cercié ; la terre de Piseïs est dans celle annexe; Umfroy donna cette église à l'abhaïe de Cluni, avec toutes ses appartenances, champs, vignes, prés, eaux, moulins, se retenant néanmoins les dixmes de la paroisse pendant sa vie, et leur laissant la jouissance du reste, pour marque de sa donation ; cet acte fut passé au château de Montmelas, l'an 40 du règne de Conrad, qui tombe à l'an 977 ; Umfred signa cette charte avec Guichard et Humbert, que je crois être ses deux frères; Vinon ou Vlgon et Hugues, Tcdon, Ancherius, Hugues et Milon, arebiprêtre, la signèrent aussi; Aldebaud l'écrivit.
La seconde de ces donations [c] est le don de chapelle Sainte-Mario, au village de Dueri, sise au pays de Maçon (à présent Durette), et de tout ce qu'Umfrcd avoit dans cette paroisse, soit en terres, vignes, prés, avec un moulin ; il donna les confins de ces biens, qui sont un ruisseau d'orient, l'Ardlère de midi, la terre de Saint-Paul ■l'occident, un grand chemin et l'aie» d'un nommé Evrard du nord ; Guichard, Humbert, Etienne, abbé, Hugues, Lambert, Guillaume et Berard signèrent celte charte, qu'Aldcbaud écrivit; il la data de la 6* année du roi Hugues Capot, qui tombe à l'an 99*.
La troisième [d) fut faite par Umfreil ; étant à Saint-Victor, il y donna à l'abbé Mayeul l'église de Combres, située au pays de Lyon, dédiée à saint Etienne, et il la donna pour le remède de son aine et de celle de son père, qu'il ne nomme point, en présence de Fuldrad, Aschier, Agun, Aehier, etc.
fi) Cl. P«n.l.n, A1li*nr*i, p. liMil.
(») CtrtaUirt C.luiiy A. Mb Mmol», fol. <(■>, enrt» St.
( C«ri A, lab Mi-ol j. nrla 30.
(«} ibid , w. us, «m m.
A l'histoire de tombes.
Une charte du Cartulaire de Savigny (a) nous apprend le nom de la femme d'Umfred, car l'an 36 du règne de Conrad est un vendredi 2i« mars.ee qui tombe à l'an 976, Ce seigneur avec sa femme Emme donnèrent à l'abbaïe de Cluni un petit domaine de franc-alleu qu'ils avoient au pays de Lyon, au territoire de Valense, au village de Limans, a présent Limas, près Villefrancbe, avec les près, terres et autres choses en dépendant, pour avoir leur sépulture & Savigny. Umfred signa avec les nommé* Eldevert, Allaman, Aefred, Alaric, et Ratburne. Gerberin, moine, écrivit cette charte.
Je crois que c'est le même Umfred qui, d«i tems du régne de Conrad, donna [■] à l'abbé Hugues de Savigny un autre curtrl situé au pays de Lyon, au territoire deTarnan, dans les confins du village de Thesé, au lieu de Tanina. Umfred signa avec son fils Etienne, Allaman, Ponce Roland, Arice. Un moine appelé Jean écrivit ce don.
Nous trouvons, dans le même Cartulaire, deux autres chartes d'un Umfred, que je ne crois pas qui soit le nôtre ; je tes rapporterai cependant ici.
Par la première [c] , cet Umfred et sa femme Officie donnent à l'abbaïe de Savigny la franchise dans la paroisse de Sarsay ; j'ai déjà dit que je croyois que c'êtoit l'exemption des cens et servis dus par cette abbaïe à ce seigneur sur les fonds qu'Us avoient à Sarsay.
Par la seconde (d), Umfred et sa femme Officie donnèrent un mas dans le village de Flacé, territoire de Ternan, à l'abbaïe de Savigny, afin que le Seigneur augmentât le sens et l'honneur de Guichard, leur fils. Le Cartulaire dit : tu augeat tetmm ei honorem, ce qui se doit expliquer du sens et de l'honneur ; mais je crois que ces père et mère demandoieot les richesses et les honneurs, et qu'il y doit avoir : cenrum et honorem, ce qui n'étoit pas trop conforme à la loi de Notre-Seigneur J.-C; mais tes religieux recevoient toujours ce qu'on leur donnoit, quelque intention qu'eussent les donateurs, parce qu'ils pouvoient la rectifier dans leurs prières.
L'on m'opposera peut-être que je donne ici une généalogie des princes ou seigneurs que l'on voit bien avoir été seigneurs du Beaujollois, mais que je n'établis pas qu'ils aient été souverains de Dombes ni qu'ils y possédasse»! aucunes terres ; mais, outre que nous avons vu qu'Ailmodc, femme de Guichard de Beaujeu, avoit la seigneurie de la paroisse d'Ouroux, dans cette souveraineté, et des biens à Juifs, nous verrons dans la suite que H" de Beaujeu, dont nous donnons la généalogie, y avoient beaucoup d'autres seigneuries, comme Montmerle, Ghàtillon, Saint-Trivier et Thoisscv, où ils avoient la haute justice qui a été, comme nous l'avons dit, la source de U» souveraineté ; et outre la haute justice, ils avoient le droit de fief sur plusieurs des seigneurs
{») M. I». atU ÏIH. (A. ft.i-.iird, p IM, rh. SSî.l (•) M M, »ru 141. (W., p. III, eb. III.) (e) IU4.. «ru Ml. (Id-, p. VI, ch. il»., (») Cru M7. (Id-, p. JO», ch. Ml.)
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qui y avoùml quelque justice ou censive, cl ils l'acquirent dans la suit» Je presque tous les au 1res.
Outre les trois fils de Beraud, dont nous Tenons de parler, Guichenon lui donne deux autres fils, l'un du nom d'Etienne et l'autre du nom de Guy ; il se sert, pour prouver la filiation de ces deux enfans, de la charte de l'an 33* du règne de Lotliairi', que Guichenon a attribuée mal â propos à Conrad, le Cartulairo ayant le noui de Lolhaire et non celui de Conrad. Celte charte, rapportée ci -dessus, pour Saint-Georges-de-Renins, ne prouve point qu'Etienne et Guy fussent fils de Beraud, à moins qu'on ne voulut dire que. Hilon, Agnon et Roland le fussent aussi, ce qui n'est pas trop vraisemblable. Ainsi, à moins que l'on ne trouve d'autres preuves de la filiation d'Etienne et de Guy, nous ne croyons pas leur pouvoir donner place dans la famille de nos princes.
Humbert et Elmede eurent sans contredit trou enfans : Berard second, Guichard et Léotard ; ils sont nommés pour leurs en/ans dans la charte du dou du village de Morgon et dans la vente d'un curtil situé aux environs de l'église de Vaux, que nous avons rapportées ci-devant Je no sais s'ils en curent d'autres, y ayant un et dans la charte de Vaux qui pourroit le faire soupçonner; mais n'en ayant pasde pfeuve, nous ne parlerons que de ces trois- là.
Guichenon donne à Humbert et Flmède, outre les trois enfans dont nous venons de parler, un Hugues qu'il fait son aîné, et un Etienne qu'il fait son cadet; il lui donne deux filles, l'une du nom d'Elisabeth, la seconde du nom de Vandelmode ; mais comme il ne rapporte aucune preuve de tous ces enfans, nous n'eu dirons rien, à inoins que nous ne voyons quelques titres qui prouvent ces filiations. Etienne de Beaujeu aurait plutôt été fils d'L'mfred, comme nous l'avons vu, que d'Humbert.
L'obituaire de l'église de Beaujeu dit qu'on fait commémoration, le 9* décembre de eliaque année, de Mr Beraud et Vandolmode, et d'Humbert, qui ont été de très-bonne réputation pendant leur vie, qui ont donné, par la grâce de Dieu, commencement à leur église, et qui y avoient fait de grands biens.
Je ne trouve rien de certain de ce Berard H ; je crois pourtant, sur la foi de deux rhartes de Cluni que nous allons rapporter, qu'il fut marié à une dame appelé*1 Blismodc cl qu'il eut un fils appelé Guigues ou Hugues, qui fut marié à une dame appelée Euphémie. Je crois que Berard eut quelques terres en Bresse et en Beaujollois,
BERAUD II.
A l'histoire de dootis. 221
soit du chef d'Humbert eld^lmèdc, ses père et mère, soit de celai de Blismode, sa femme; et il faut que ces terres fussent considérables, puisque Hugues ou Guigues en eut le titre de vicomte.