‹ Mémoires pour servir à lhistoire du Jacobinisme (volume 2)Chapitre 2 sur 24 · XV · texte numérisé non relu

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d'hui leur profond secret leur échappe jusques dans les chaires publiques. En général, Monsieur, ils font assez les aveux que vous faites : Ils sont bien aises que l'on sache que Voltaire et ces hommes qu'on nous donne pour de grands philosophes, ont conspiré contre le Christianisme j que d'autres soi-disant philosophes des Loges conspirent contre les Rois. Cela peut faire croire au peuple qu'il n'aura pas grand tort en se livrant à ces conspirations. Mais il est moins aisé de rendre plausibles des conspirations contre toute propriété et toute société civile j c'est pour cela qu'en général ils cachent avec bien plus de soin le dernier objet de leurs complots , se réservant toujours de discréditer les auteurs qui ne les dévoilent que pour en inspirer l'horreur. Est-ce illusion , Monsieur , est-ce quelque prédilection qui nous montre à peu près la même marche , quand vous avez à rendre compte cle l'ouvrage de M. Robison ou du mien ? Ne vous attendez pas à me voir prononcer. Il me suffit qu'on sache que je suis loin d'avoir exagéré les mystères des Illuminés. Je laisse au public le droit de juger si tel ou tel Journaliste est leur dupe ou leur complice.

A''. B. A l'appui des comptes rendus pour le Monthlj- Heview , on m'annonce une réponse de Weishaupfe même. Pour celui-ci la mienne est toute prête. Je n'en ai point d'autre à lui donner qu'un rendez-vous à Munich, aux archives où se trouvent ses lettres. Mais comme il ne sauroit y paroître sans s'exposer à être pendu, il pourra nommer un procureur. Qu'il prouve que ces lettres sont fausses ; que la Cour et les Magistrats de Bavière en ont imposé à l'Univers , en les rendant publiques, en invitant chacun à les vérifier sur les originaux j toute autre apologie de sa part seroit inutile j et de la mienne toute réplique seroit superflue. La réponse à toutes ses nouvelles , comme à toutes ses premières apologies , est déjà dans le code et l'histoire de sou Illuminisme. Tout ce que j'ai à dire sur lui se réduit à ces mots : lisez et vérifiez.

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Note sur MONTESQUIEU.

Dans le second chapitre du seconcr volume de ces Mémoires, sur le témoip;nage de M. l'Abbé le Pointe , j'ai cite' une lettre attribue'e à Montesquieu dans un Journal Anglais, sans pouvoir alors dc'signer la feuille où elle se trOuvoit. Je l'ai enfin de'couverte dans X'Evening gazette , feuille du 4 Août ^ armée 1795. Le Journaliste assure que Montesquieu l'avoit écrite peu d'années avant sa mort. J'avoue que j'aurois désiré voir mentionner au moins la personne qui l'avoit reçue ou celle qui en a l'original. Car une pareille lettre seroit de nature à changer nos idées sur la modération de Montesquieu. Elle nous raontreroit en lui un des vrais Sophistes conjurés j et nous ne porterons jamais de cet Auteur un pareil jugement sans les preuves les mieux constatées. Mais il faut convenir que si cette lettre n'est pas de Montesquieu , elle est au moins d'un adepte bien avancé dans les complots; car on le voit tracer fidèlement la conduite des Jacohins à l'égard des troupes nationales et étrangères , ainsi qu'à l'égard du projet d'arracher l'Ixlande à l'Angleterre.

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