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CHAPITRE X

Le tout est d'arriver à point. — Inauguration du théâtre de Monte-Carlo. — La volupté d'animer l'argile. — La Bodinière avant Bodinier. — La diseuse de bonne aventure. — En route pour le Nouveau-Monde.

Marie discutait avec Paul de Saint-Victor. « Quand je te disais que c'était une rosse ! J'avais bien raison de ne pas vouloir mo trouver avec elle ! » Ainsi s'exprimait le critique, qui, depuis longtemps, avait conçu pourlamez/ieure amie delà jeune femme une antipathie féroce, laquelle se manifestait à chaque occasion ; et les occasions abondaient-, pour un critique éminent, d'apprécier une art i sic déjà « presque » célèbre.

Tout le monde avait renoncé à les rapprocher ; Saint- Victor avait touj ours refusé , même

à Victor Hugo. Mais ce que femme veut... et elles étaient deux à vouloir, Marie et sa meilleure amie. Comment amener cette entente? Arsène Iloussaye avait déclaré à la comédienne qu'elle y perdrait le peu de latin que lui avaient appris les cérémonies de Molière. Enfin, un jour qu'elle était en verve, Marie avait si bien discouru qu'elle avait gagné son procès. Saint-Victor consentait à dîner chez elle avec sa meilleure amie, et celle-ci se faisait attendre, Son inexactitude menaçait de tout compromettre. Saint-Victor protestait :

— Ah! non, par exemple, on a assez attendu! Mettons-nous à table. Qu'uni' seule personne en fasse attendre dix. ah! non!... Dites de servir...

— Madame est servie. . . prononça le domestique.

Un coup de sonnette ! c'était l'amie.

— Je suis en retard, j'ai voulu me faire belle!... Il s'agissait de conquérir des ennemis, j'ai tenu à me parer de tous mes avantages !

Marie aida sa meilleure amie à enlever sa pelisse; elle apparut rayonnante : elle avait

une robe blanche en velours frappé, garnie de dentelles et de gaze de soie, également blanche. Se penchant vers Marie, elle lui dit : « Mets-moi à côté de lui. » Saint-Victor, la prenant à part : « Surtout, ue me placez pas à côté d'elle » Voulant d'abord contenter Saint-Victor, la comédienne le plaça à sa droite, etmit sa meilleure amie en face d'elle, avec Arsène Houssaye à sa droite, et Albéric Second à sa gauche.

La conversation s'engagea. — Houssaye fil à l'amie de Marie des compliments sur son décolletage : « Vous êtes toute gorge dehors. » — En effet, elle avait résolu le problème d'avoir l'air très en chair, et elle faisait presque concurrence à Marie. Elle était décolletée très bas, en carré ; les manches offraient de grands crevés qui laissaient libre l'épaule avec de charmantes fossettes, qu'Arsène Houssaye qualifiait de nids d'amour. Même au temps de sa plus extrême minceur, elle a toujours eu le haut des bras, les mains ft les pieds menus, mais potelés.

Comme au commencement du repas on était un peu silencieux, chacun se demandant

ce qui allait se passer, elle se plaignit d'un courant d'air : la porte, en s'ouvrant pour le service, lui donnait froid.

On plaça un paravent pour la garantir; ce n'était pas suffisant. Tout à coup, elle avisa Henry Houssaye placé de l'autre côté de Saint-Victor et le pria de lui donner sa place. Il s'exécuta. Enfin, elle avait donc atteint son but! elle était pics de Saint-Victor. On reprit le service. Tout à coup, on entendit un craquement : c'était sa chaise qui s'effondrait sous elle, les pieds manquant*, Elle glissa; sa tète émergeait au-dessus de la table, le menton et les mains appuyés sur le bord, et elle riait!... — En la voyant rire, l'émotion causée par sa chute se dissipa. On fit écho à sa gaieté. Cette frêle personne effondrait les chaises; qu'aurait donc fait Marie, alors? Saint-Victor aida sa voisine à se relever; la chaise, en se brisant, avait rompu la glace.

On buvait habituellement chez Marie un Champagne produit de la maison Vénoge, qui tenait le milieu entre le Champagne sec et la tisane. Saint-Victor interpelle l'hôtesse : « Pourquoi n'as-tu plus de ton vin habituel,

ce petit Champagne si exquis? — Comment mais c'est du Rœderer carte blanche ! Et moi qui croyais faire mon petit effet avec du vin quatre fois supérieur à l'autre! J'ai raté le coche. » Saint-Victor et Houssaye ne buvaient que du Champagne, ou du lait de temps à autre, trouvant que c'est le grand reconstituant et le réparateur de toutes forces.

— Alors, c'est entendu, nous prendrons le train demain soir : nous dînerons en chemin de fer. Ne t'occupe de rien, j'ai fait préparer ce qu'il faut.

La meilleure amie de Marie l'emmenait à Monte-Carlo pour inaugurer la salle de théâtre que venait de construire l'architecte Garnier, une réduction Collas de l'Opéra. Elles devaient jouer le Passant, et la meilleure amie disait de plus un prologue en vers. Quand l'aimable chef de gare, M. Regnoul, les eut installées dans leur compartiment, en leur souhaitant bon voyage, la meilleure amie prit son sac : « Oh! nous allons dîner! » Et elle sortit un gros saucisson à l'ail, une bouteille de Champagne et du pain : c'était tout

le dîner. « Et tu sais, il infecte! J'adore l'ail, et tu penses bien que je n'en puis manger. J'ai voulu me rattraper : nous nous em- ' poisonnerons en chœur. » Elles mangèrent du saucisson, puisqu'il n'y avait que cela. Le lendemain, au buffet de Marseille, la meilleure amie voyant Marie prendre un perdreau et une tranche de filet : « Oh! fi! de la viande ! » Et elle se mit à grignoter une tartelette. Ce qui n'empêcha pas qu'une fois remontée dans Le compartiment elle dévora une bonne part des victuailles que sa compagne avait rapportée du buffet.

— Que veux-tu? Tous ces palmés étaient là, qui me regardaient. J'ai voulu les épater. Une femme aussi diaphane que moi ne peut vivre que de pétales de roses et de mousse de chanipagne.

Et de rire.

— Vois-tu la tête de mes admirateurs si, cette nuit, ils avaient reniflé notre compartiment?

On arriva à Monte-Carlo. 11 y avait tous les invités, le ban et l 'arrière-ban des peintres, Clairiri en tète, Alfred Stevens,

Yung, Feyen-Penïn, Charles Garnier, etc.

La meilleure amie de Mario n'était pas encore la grande, l'unique, mais elle était en train de le devenir, et elle avait à fêter un double succès : elle avait envoyé un groupe pour décorer une des façades de la nouvelle salle

L'étonnement de Marie était grand à l'entendre discuter sur sa vocation : elle prétendait que la sculpture lui causait une impression de volupté créatrice que la peinture, dont elle avait essayé, ne lui donnait pas. A manipuler la terre, à la pétrir, à lui imposer la forme rêvée, à la sentir prendre corps sous ses mains habiles, il lui semblait qu'elle avait, comme Pygmalion, infusé la vie à cette souple argile, qu'un peu de son être et de la volonté fébrilement créatrice qu'elle sentait au bout de ses doigts allait s'infiltrer dans le modelage : que ces yeux vides des statues allaient vivre, la regarder, la remercier de l'étincelle féconde qu'elle y allumait.

Le théâtre, pour elle, n'avait pas d'attrait, ne contentait pas son ambition : elle ne le il. 22

considérait que comme un moyen ; son rêve était d'y gagner assez d'argent pour se consacrer à la sculpture, qui ne rapportait que de la gloire. Marie n'imaginait rien au delà du succès immédiat et palpable, des applaudissements, du triomphe qui remplit la salle comme un tonnerre de bravos. Elle ne comprenait pas ce dédain pour des suites brillants, au profit d'une ambition dont le résultat est moins tangible, mais dont l'œuvre reste à la postérité.

Elle laissa sa meilleure amie revenir sans elle à Paris. Elle voulait utiliser le voyage accompli pour rester quelque temps au pays du soleil, dans cet Eden qu'est Monte-Carlo. Edle sacrifiait naturellement au démon du jeu; rentrée à Paris, tout à fait décavée, elle écrivit à cette amie à qui elle avait prêté trois mille francs, pour le transport de son groupe à Monte-Carlo. Elle en reçut une réponse charmante, qui se terminait par cette phrase :

« Ci-joint, cinq cents francs. Je crois plus

raisonnable de ne te donner que peu à la fois.

» Viens dîner demain avec moi.

» Ton amie,

» Sarah. »

Quelle sollicitude dans cette raison de son amie, qui devenait son conseil judiciaire !

Marie Dumas, qui n'a rien de commun avec la fille et la sœur des deux grands Dumas, s'était réfugiée chez Marie, à la suite de la mort volontaire de Bertrand, qui, de rédacteur au journal, le Nord, était devenu directeur du Théâtre-Historique, l'ayant transformé en théâtre des Nations. Le pauvre homme manquait de biceps moral pour la lutte. Marie Dumas, qui exerçait sur lui une influence dominatrice, lui avait fait prendre une direction où s'engouffrèrent toutes ses ressources et les fonds de ses commanditaires. Il vit se déchaîner contre lui la meute des gens de théâtre, un inonde où chacun, individuellement, peut être accessible à la pitié, mais où la masse est d'une cruauté implacable. Sans force pour tenir tête aux

réclamations, aux exigences, aux menaces, il s'affola et se fit sauter la cervelle.

On rendit la femme seule responsable de cette entreprise ratée ; cependant elle n'était ni sans intelligence ni sans initiative. Ce fut elle qui, la première, eut l'idée, en faisant appel aux « jeunes », de vulgariser par des adaptations les littératures étrangères, e1 de faire connaître au public parisien Shakespeare, Calderon, Lope, Goethe et Schiller, par des matinées qui étaient appelées les Matinées Internationales. Cette idée, qui la ruina, a fait depuis la fortune de bien des littérateurs, acteurs et directeurs ; le snobisme s'en est mêlé, et la mode du cosmopolitisme intellectuel nous a envahis. Telle fut la première manifestation d'une évolution qui importe à l'histoire théâtrale de ce temps.

Mais Marie Dumas avait le tort de vouloir interpréter tous les principaux rôles. Elle adorait le théâtre, sentait vivement : sa verve la faisait applaudir, elle ne pouvait admettre qu'elle n'exerçât pas une attraction sur le public. Elle était antipathique aux gens de presse, elle surprenait leurs suffrages à cause de leur

camaraderie; pour leur confrère Bertrand. A sa mort, elle se trouva seule, sans ressources et sans appui pour continuer une œuvre qui a été reprise, après elle, avec tant de succès littéraire et pécuniaire par les entrepreneurs de représentations diurnes. Ces représentations, jadis critiquées, bafouées, font aujourd'hui la joie des mères de famille et des liens qui aiment à dîner tranquillement.

Sans la mort de Bertrand, la Marchande de Sourires, de Judith Gauthier, arrêtée en pleines répétitions, aurait vu la rampe dix ans avant que le rideau de l'Odéon ne se levât sur l'adorable décor des pommiers en Heurs. C'était Marie Colombier qui devait créer le rôle de Tessandier, la marchande de sourires, et Marcelle Julien, celui d'Antonia Laurent. L'ambassadeur de Chine avait pris dans sa merveilleuse collection de costumes de quoi habiller superbement une pièce chinoise qui avait été adaptée sous son inspiration; mademoiselle Hadamard s'y était taillé un véritable succès.

11 était impossible à Marie de renvoyer une femme saus ressources, aigrie partoutes

les déceptions et par le malheur d'avoir perdu son unique ami, dont elle avait provoqué la ruine. Elle pensa encore une fois à utiliser ses relations pour une représentation à bénéfice : il fut décidé qu'on donnerait les Amants de Fer rare, de Jules de Marthold, dont l'unique représentation au Théâtre-International avait procuré à l'auteur, par un éclatant succès, la faveur d' et re joué le soir. Voici ce qu'en dit Auguste Vitu dans son compte rendu :

« Mademoiselle Marie Colombier prête au personnage de Parisiana une physionomie fatale et douloureuse, qui lui donne de la grandeur et la préserve du mépris. Elle s'est montrée fort dramatique dans la terrible scène du dénouement. C'est une création remarquable.

» Le duc de Ferrare es;; représenté par M. Pontés. M. Pontés trouverait naturellement sa place sur un de nos théâtres d'ordre, à l'Odéon comme à la Porte-Saint-Martin ou comme au Gymnase.

» J'en dirai tout autant de madamoiselle Hadamard, dont la diction claire, expressive et

soupleme semble ('gaiement propre au drame et à la comédie.

» Le comte Ugo, qui avait été crée par M. Garniêr, est repris par M. Romain, un jeune-premier qui possède les qualités essentielles de remploi.

» Commele dramede M.Jules deMarthoId se jouait ce soir au bénéfice de madame Marie Dumas, on a ingénieusement employé le concours de l'Opéra pour intercaler, au troisième acte, un ballet composé du grand pas de Diavolinu. du divertissement et de la tarentelle de la Muette. Le succès de ce délicieux intermède a été immense. La salle entière a fait une ovation redoublée à mademoiselle Beaugrand, l'étoile de la danse française, et la tarentelle de la Muette a valu à son tour d'immenses applaudissements à mademoiselle S anl avilie.

» Voilà une petite fête que le duc de Ferrare ne pourra pas se payer deux fois ! »

Mademoiselle Marie Dumas, grâce à une quinzaine de mille francs, résultat de son bénéfice, chercha à diriger de nouveau sa vie. Elle s'installa d'abord dans un petit lo-

gement au delà de Montrouge ; elle a fini, il y a quelques mois, par mourir dans un couvent près de Tours, où elle s'était réfugiée. Une amie de Marie vint la voir et lui conter qu'elle sortait de chez une tireuse de cartes. La consultation l'avait vivement émue, des faits qui n'étaient connus que d'elle lui avaient été racontés. Marie se mit à rire, et à plaisanter son trouble : elle s'était laissé tirer les vers du nez.

— Les caries, les lignes de la main, le marc de café, toute la lyre! — Je vous assure que les faits sont particuliers, et qu'on ne peut les supposer. — Vraiment? »

11 fut convenu que, dès le lendemain, on irait chez la devineresse. Elle dit à Marie des choses que celle-ci jugea les plus folles du monde, et elle triomphait.

— Vous voyez, elle ne m'a dit à moi que «les bêtises!...

En six mois, tout se réalisait. Au moment de partir pour rejoindre Henri Thierri, elle apprit la déclaration de guerre entre le Pérou et le Chili ; son ami lui envoya une dépêche, 1m priant d'ajourner son départ. Elle signa

avec Emile Simondun engagement pour aller jouer en représentations à Lyon, et négocia sa rentrée à l'Odéon. Patatras! Voici qu'arrive chez elle madame Guérard, la dame de compagnie de sa meilleure amie : « Vite, vite, venez parler à Sarah : elle a besoin de vous voir; j'ai une voiture en bas, je dois vous emmener. »

Chemin faisant, petit Dame, comme on l'appelle familièrement, conte que Jeanne, la sœur de Sarah, qui devait partir avec elle, est tombée malade, que la convalescence menace d'être longue, et que les médecins ne peuvent répondre de son rétablissement.

— Sarah quite la France après-demain :

elle est affolée ! Il n'y a que vous qui puissiez lui rendre le service de partir avec elle. Tous les traités sont signés, les places retenues sur le transatlantique.

On arrive chez Sarah : elle s'élance au-devant de Marie.

» Tu sais, nous partons après-demain; vite, va faire tes malles. » Marie était ahurie : « Mais c'est impossible; je ne sais pas les rôles, je n'ai pas de toilettes. — Commande-les, on te

les expédiera à New-York. — Quelles sont les pièces que tu joues? les rôles que tu me donnes? — Je ne sais pas ; tu as les rôles que devait jouer ma sœur. — Je suis bien renseignée. — Nous répétons quinze jours à New-York ; avec ta mémoire, c'est plus qu'il ne t'en faut pour apprendre les rôles. Sérieusement, il n'y a que toi qui puisses me rendre ce service ; il n'y a que toi à qui je puisse me fier. C'est un tour de force, mais je compte sur ton amitié pour l'accomplir. Il faut que je parte. » Et les raisons qu'elle donna à Marie décidèrent celle-ci à dire : oui.

« Tu auras les rôles et les appointements de ma sœur. Elle a reçu ses avances ; aussi, on ne peut rien te donner; arrange-toi. — Mais, ma couturière ? mes costumes ? — Aussitôt arrivés, on enverra par câble. »

Pour se préparer matériellement à un tel voyage, il aurait fallu au moins un mois : ce fut l'affaire de quarante-huit heures, y compris le trajet de Paris à Sainte-Adresse , où Marie devait passer la nuit dans la villa de sa meilleure amie. Quarante-huit heures d'un cauchemar tout éveillé, dans la brusque

rupture avec les amis et les habitudes, l'abandon de la maison, du home, le bouleversement inattendu de toute la vie! Quelle volonté tyrannique s'emparait donc ainsi de son existence , l'arrachant *à Paris, où son art et ses affections la retenaient à la fois, l'emportant vers un lointain inconnu , disposant d'elle, enfin, comme d'une chose ?

Elle arriva dans la nuit à Sainte-Adresse, entre dix et onze heures. Son amie était partie avant elle avec quelques intimes qui avaient tenu à la conduire jusqu'à ce port, d'où son ambition allait s'élancer à la conquête de la gloire dorée que lui promettait le Nouveau-Monde. La villa était encore à construire ; elle ne fut terminée qu'en l'absence de Sarah, sur les plans arrêtés avant son départ. On dut organiser, pour celle nuil, une espèce de campement, dans ce qui devait plus tard servir à la domesticité.

Pour coucher tout le inonde, il avait fallu dédoubler les lits, mais personne ne put dormir. A la tristesse inquiète et nerveuse qui s'empare de l'âme, au moment oii elle va

changer pour longtemps de monde et d'horizon, à la perspective toujours angoissante d'un dépaysement complet et d'un durable exil, s'ajoutait donc la mélancolie particulière, si dépressive, qu'inspire la nudité d'un gîte de hasard, et d'une installation improvisée. Marie se sentait envahie par un découragement profond, tandis qu'elle regardait les vitres noyées des ténèbres nocturnes, jusqu'au moment, où les blancheurs spectrales de l'aube s'y reflétèrent enfin. Elle se leva et s'habilla a la hâte. Il fallait partir.

A la première heure, on s'embarqua. Le navire qui les emportait vers cette Amérique, terre de l'or, de la popularité et de la chimère, Eldorado des artistes, après avoir été celui des conquistadores, était justement baptisé du nom de ce continent merveilleux d'éloignement et de splendeur : il s'appelait l 'Amérique. L'Océan était calme comme le lac du Bois de Boulogne ; les blanches voiles des navires à l'entrée du port y remplaçaient les cvgnes. Les brises frémissaient, murmurant aux voyageurs des paroles d'espérance et d'ambition.

On lève l'ancre ! Et vogue la galère, à la conquête de la richesse et du rêve.

Après toutes ces émotions, Marie brisée se jeta sur la couchette de sa cabine, et s'endormit d'uu lourd sommeil.

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