XXIV NOTICE
pas pointant que cette lecture soutenue, animée, mélodiinsej dégénère en un chant affecté, et par cela même déplaisant. »
On croit que les tragédies grecques étaient en partie chantées ( les chœurs l'étaient certainement) , en partie déclamées^ et en partie /'ar/e'ei. La différence des rhylhmes des vers qui y sont employés a donné lieu à celle conjeclure.
Le ton du dialogue chez les tragiques grecs, même lorsqu'il est le plus simple, est encore noble et élevé; il n'est jamais prosaïque; surtout il n'admet rien de bas ni de trivial , et il a toujours quelque cho^e de musical et de mélodieux.
11 paraît que les anciens orateurs, parlant sur les places publiques, à un peuple assemblé, et parlant dans des langues plus accentuées , plus chantantes que la nôtre , usaient d'une espèce de psalmodie que Cicéron et Quintilien appellent cantus ohscw ior^ un chant moins marque; et C. Gracchus avait, dit-on, derrière lui, dans la tribune aux harangues, un esclave qui, avec une flûte d'ivoire, le maintenait dans le véritable ton de son discours, ou l'y faisait rentrer, s'il lui était arrivé d'en sortir.
Si le discours en prose, mais solennel, mais public, mais sur des sujets graves et élevés, admettait une sorte de chant, à combien plus forte raison pouvaient et devaient être chantées , jusqu'à