XXXIV NOTICE
n pouvoir me cacher. Mon petit amour-propre fut « obligé (le reconnaître sa supériorité, et je la re- « connus si bien , qu'après la pièce j'allai dans la « loge de cette grande actrice lui demander pardon « de l'impertinence que j'avais eue de dire devant « elle des vers d'un rôle que je n'entendais pas, et « dont elle venait de me donner une juste idée. — « Mon ami , ajoutait madame Vestris , j'ai joué la «tragédie plus de trente ans, et je crois l'avoir « jouée quelquefois assez bien ; mais je n'ai jamais « été digne de défaire les cordons des souliers de « mademoiselle Clairon. » Cette modestie el cette sincérité sont rares chez les comédiens; et elles ne peuvent se trouver que chez ceux qui ont assez de talent pour oser avouer ce qui leur manque.
IMademoiselle Clairon rendit au Théâtre Français un service important, en s'appliquant à introduire la vérité dans les costumes. Elle dit fort bien ellemême , dans ses Mémoires , que non-seulement cette vérité ajoute a V illusion, mais que le comédien en prend plus aisément le ton de son rôle.
On a peine à s'imaginer aujourd'hui que les pièces de Corneille et de Racine aient été jouées , dans leur nouveauté, avec des habits de ville du siècle de Louis XIV, que Sertorius et Pompée parussent sur la scène en habit brodé ou galonné sur toutes les coutures (f) , portant un large baudrier auquel
(i) Le valet de C Homme à bonnes fortunes avoue qu'il a prêle