‹ Memoires. ProfChapitre 25 sur 90 · DES NOUVEAUX ÉDITEURS · texte numérisé non relu

DES NOUVEAUX ÉDITEURS

En publiant cette nouvelle édition des Mémoires de mademoiselle Clairon, nous avons fait nos efforts pour lui donner sur les éditions précédentes plusieurs avantages , entre autres celui d'une meilleure distribution.

Les écrits qu'on a pu recueillir de cette actrice célèbre ont été rassemblés confusément, et jetés, pour ainsi dire, pêlemêle et comme au hasard.

Nous avons pensé qu'un moyen de rendre cette lecture plus agréable et même plus utile, serait de disposer ces matériaux dans un ordre méthodique et raisonné j mais en même temps nous nous sommes scrupuleusement abstenus de changer un seul mot à l'original.

2 AVRTISSEMENT.

Nous diviserons donc le tout en trois parties :

1°. Mémoires et Faits personnels ^ 2°. Réflexions morales et morceaux

détachés ;

3°. Réflexions sur l'art dramatique et

sur Fart de la déclamation théâtrale.

Nous accompagnerons le texte de réflexions et de notes pour éclaircir et compléter les faits, pour développer, pour discuter, et quelquefois pour comhattre les idées de M"^ Clairon ; mais dans ce dernier cas , et surtout lorsqu'il sera question de l'art de la déclamation, nous ne présenterons nos observations, qu'avec cette défiance de nous-mêmes que devra nous inspirer une autorité aussi imposante que celle de notre auteur.

LETTRE

DE MADEMOISELLE CLAIRON AU RÉDACTEUR DU PUBLICISTE. (i)

Issy , près Paris, ce aS.

Citoyen,

J'ai lu dans votre feuille du 2 1 de ce mois un article qui annonce une édition de mes Mémoires y publiée en Allemagne, et en allemand. J'ai en effet confié le manuscrit de mes Réflexions sur l'Art dramatique et sur moimême, à un étranger, homme de lettres, que j'aime, que j'estime autant qu'il est possible. La connaissance intime que j'ai de ses principes et de sa moralité me fait rejeter loin de moi toute idée d'infidélité. Si je nommais mon ami, toutes les personnes dont il est connu lui rendraient la même justice. Cette édition ne peut être qu'un vol fait à sa délicatesse. (2)

(i) Cette lettre est imprimée dans le numéro de ce journal , du 28 thermidor an vi , correspondant au i3 août 1798.

(2) La personne dont parle ici mademoiselle Clairon est M, Henri Meister, fils du pasteur ou ministre de Kusnacht, en Suisse, mort en 1781.

M. Henri Meister , né à Zurich en 1 744 > fit ^ Paris un

6 LETTr.E AU r.ÉDACTEUR DU PUBLICISTE.

Mon intcnlion était que ce petit ouvrage ne parût que dix ans après ma mort; mais cet accident , le jugement que porte votre correspondant , et surtout la crainte de paraître manquer h tout ce que je dois de reconnaissance an public et de respect à ma nation, me décident à faire imprimer moi-même cet Essai. Je déclare donc solennellement que la seule édition que je puisse avouer est celle qui sera imprimée en français , sous mes yeux, et qui paraîtra le plus tôt qu'il me sera possible.

Je vous conjure aussi, citoyen, d'être sûr que mon âme sensible n'oubliera jamais ce que votre correspondant a eu la bonté d'ajouter à son avis , de doux et de flatteur pour moi.

séjour d'une vingtaine d'années dans le dernier siècle. Il fnl lié avec Grinim , Diderot, le baron d'Holbach , M. et madame Necker, etc. On lui doit en grande partie la traduction des OEuvres de Gessner. On croit qu'il prit une assez grande part à la correspondance littéraire de Grimm. Il quitta Paris en 1792, et les Mémoires de mademoiselle Clairon , dont il était déposit.'tire, parurent en Allemagne, et traduits en allemand, au commencement de 1798; quelques personnes attribuèrent cette traduction à M. Meister luin>ème ; mais on voit que mademoiselle Clairon pensait autrement , et il est naturel d'adopter son opinion , qui est plus honorable pour son ami.

-CfLLE sera divisée en trois époques :

I'^ Depuis la naissance de mademoiselle Clairon, en 1723, jusqu'à lage de treize à quatorze ans;

2'"^ Depuis l'adolescence de mademoiselle Clairon jusqu'à sa retraite du théâtre, en 1765, à l'âge de quarante-deux ans;

3™^ Depuis sa retraite du théâtre jusqu'à son retour à Paris, après un séjour de dixsept ans à Anspach.

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