DOUZIÈME RÉFLEXION
Pour remplir le devoir que la raison m'impose , pour être en état de méjuger moi-même,
je crois devoir remonter aux principes de tout.
Que suis-je? qu'a-t-on fait? qu'ai-je pu? (i)
(i)Le lecteur aura remarqué, comme nous, le fonds de philosophie , de raison , de morale, qui règne dans les réflexions précédentes. Nous recommandons aussi à son aUentionles R('JIexions sur les mariages (Tincli^ nation ; \a Lettre écrite d'yinspacli, et les Conseils à ma jeune amie. Qui s'attendrait à trouver mademoiselle Clairon au nombre des moralistes et des personnes religieuses? Son âme avait de la force , et, malgré la dissipation qui l'entraîna pendant une partie de sa vie , son caractère était sérieux , grave , élevé ; ce qui étonnera le plus peut-être, c'est son style, qui nonseulement est clair et correct , mais qui ne manque ni de fermeté ni de mouvement. Quand on songe d'oii elle était partie , oLi elle était parvenue , quelles réflexions , quelles études , quels travaux elle avait dû faire , on ne peut refuser à sa mémoire un juste tribut d'admiration et d'éloges.
KT MORCEAUX DÉTACHÉS. l63
RÉFLEXIONS