SUR
On veut que j'e'crive sur un art que j'ai long-temps professé. Oti croit que les réflexions que j'ai faites pour m'y rendre supportable pourraient être de quelque secours à ceux qui se destinent à courir la même carrière; que peut-être le public ou du moins les amateurs du spectacle verraient avec plaisir les routes que j'ai suivies pour parvenir à les émouvoir. Mais il est si différent de réfléchir ou d'écrire ; il me paraît si difficile de me faire comprendre sans le secours de la physionomie, du geste ou de la voix; je me méfie si prodigieusement de moi-même, que je tremble autant en prenant la plume, que je tremblais en paraissant devant le public. L'amitié m'impose la loi d'écrire, et mon àme sensible ne sut jamais lui résister. Sans aucun plan , et vraiseml)lablement sans aucune suite, mais sûrement sans prétention, je vais tracer
23o TROISIÈME PARTIE. RÉFLEXIOS
ce que je juge nécessaire à cet art, beaucoup plus pénible et plus difficile qu'on ne croit.
La première étude de ceux qui se destinent au théâtre doit être de s'examiner eux-mêmes.