CHAPITRE XII
Diverses parties de campagne
En passant à Paris pour mon grand voyage, et à mon retour, je vis plusieurs fois M. de Grimaldi qui venait d'être nommé évèque du Mans (i). Je lui présentai mes hommages comme à mon premier pasteur, en l'assurant de Tenipressement de mes compatriotes à le recevoir. Lors de mon départ, je lui offris mes services; il me chargea de quelques commissions et il m'annonça qu'il comptiiit se rendre au Mans pour l'Assomption. Il y arriva, en effet, quelques jours auparavant, et officia pontificalement, pour la première fois, le jour de cette fête. Je profitai de cette première connaissance pour ménager^ par quelques liaisons, ses bontés et son amitié. Cet aimable prélat, grande bien fait, portait, sous im teint un peu basané, une figure ouverte et agréable; ses beaux grands yeux, singulièrement expressifs, annonçaient la vivacité de son
(1) Louis-André de Grimaldi, de la maison des princes de Monaco, né en Provence, au mois de décembre 1736, était précédemment vicaire-général de Mgr de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen. La nouvelle» de sa nomination comme évèque du Mans parvint en cette ville, le 24 avril 1767. Il y arriva le 8 août suivant. En 1779, le roi Louis XVI le transféra au siège de Noyon qui lui donnait la qualité de pair de France et l'entrée au Parlement de Paris. — A la Révolution, M. de Grimaldi ne voulut prêter aucun des serments schismatiques. Il émigra, passa en Angleterre et mourut à Londres, en 1808.
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esprit et la bonté de son âme. Plein de talents et de goût pour les sciences et les arts, il était très-instniit des devoirs de son état; naturellement gai et enjoué, il ne redoutait rien tant que la représentation et l'évitait le plus qu'il pouvait sans manquer à ce qu'il devait à sa place ; mais il exerçait ses fonctions et faisait toutes les cérémonies avec une noble décence et la plus grande dignité.
La seconde année de son épiscopat, il résolut de visiter son diocèse et de donner la confirmation dans tous les cantons ; la longue vieillesse et les infirmités de son prédécesseur Tavaient empêché, depuis bien des années, de remplir cette fonction essentielle de son ministère. M. de Grimaldi me fit demander, dans l'absence de mon père, la permission de rassembler à Ardenay les paroisses cir7 convoisines. Je lui ofiPris im logement pour lui et les vicaires généraux qui raccompagnaient. C'était en carême, il faisait un froid très«piquant. Mgr TEvèque vint coucher à Ardenay, la veille de la cérémonie et le surlendemain, depuis huit heures du matin jusqu'à une heure après midi, il confirma environ quatre mille personnes rangées dans la cour et l'avenue. Chaque paroisse était arrivée processionnellement, en chantant les prières analogues à la circonstance. Malgré la rigueur de la saison, le spectacle et l'objet de ce grand rassemblement étaient faits pour intéresser toutes les âmes sensibles. On pouvait le comparer, en quelque sorte, à la multitude nourrie par Jésus - Christ dans le désert.
C'est à M. de Grimaldi, c'est à ses soins, à son bon goût et à son zèle pour l'ornement de la maison du Seigneur, qu'est due la belle et noble décoration du chœur de la cathédrale (I) dans laquelle il établit un nouveau
(i) Voilà une opinion qui était alors presque générale et qui trouverait aujourd'hui peu d'approbateurs. Les décorations et embellis-
cérémonial pour la décence et la majesté du culte.
Avant de prendre possession de Tévèché de Noyon auqpiel il h été transféré, il me donna une preuve de son amitiégue je ne puis jamais oublier. Sur ma recommandation, il sollicita et obtint de Tévéque d'Angers, en qualité d'abbé de Saint- Aubin, la nomination de l'abbé Boyère à la cure de Saint-Pierre-l'Enterré. fin m'annonçant cette nouvelle, de la manière la plus gracieuse, il me marqua combien il était flatté d'avoir contribué à placer un bon sujet dont il connaissait tout le mérite; de mon côté; je fus bien satisfait d'avoir une si heureuse occasion de reconnaître les services importants que m'avait rendus mon précepteur dans ma jeunesse.
Le concert, établi quelque temps avant mon mariage, avait cessé ; le goût de la musique ayant repris au Mans plus fort que jamais, il s'en forma un nouveau. Quelques amateurs, qui désiraient ce rétablissement, firent le projet d'une Société de musique qui fut bientôt composée de plus de soixante membres. Je fus nommé directeur. La Société arrêta un règlement pour l'ordre et la police de ses concerts; elle loua une salle qu'elle fit décorer avec goût et simplicité. Outre les musiciens de profession qui étaient payés, nous avions plusieurs amateurs qui jouaient de divers instnmients. Plusieurs dames et demoiselles voulurent bien en augmenter le nombre ; elles chantaient tou-
semeDts ordonnés par M. de Grimaldi pouvaient être fort appréciés à cette époque ; mais ils se ressentaient trop du mauvais goût du temps, et nous n'avons pas besoin d'insister davantage sur ce qu'il y avait de défectueux et de regrettable dans l'ensemble de ces travaux. Le xvnio siècle, avec la frivolité, la légèreté qui le caractérisaient, était trop éloigné de l'esprit grave, sévère du moyen âge, pour comprendre et apprécier exactement les œuvres et le style de cette grande époque.
tes, et quelques-unes touchaient l'orgue ou le forté-piano, pinçaient la harpe et la guitare^ etc. La voix de ma femme fut mise aussi à contribution. Après avoir refusé, quelque temps, par modestie et timidité, de paraître en public, elle céda aux instances de la Société et, pendant deux ou trois ans, elle a eu la complaisance de chanter presque à tous les concerts. Ils étaient toujours variés par le choix des meilleures pièces pour les instruments et pour le chant des plus beaux morceaux des opéras sérieux et comiques.
Tant que cet établissement a duré, il nous a procuré, avec les agréments de la musique, ceux d'une société agréable et intéressante. Le concert et la répétition occupaient régulièrement deux soirées par semaine, et dès qu'un concert était fini, on s occupait des moyens de rendre celui qui devait suivre aussi ou plus intéressant. Hommes, femmes, amateurs et musiciens, tout le monde s'empressait de concourir, chacun pour sa partie. Le goût de la jeunesse de l'un et l'autre sexe se formait sensiblement. Les amateurs et les maîtres se piquaient de la plus noble émulation; enfin, nous commencions à goûter les fruits de nos travaux et à espérer les plus heureux succès lorsque la salle de spectacle lut établie. (1) Dès ce moment,
(1) Jusqu'au moment où nous transportent ces MémoireSy la ville du Mans ne possédait d'autre salle de spectacle qu'un vaste appartement disposé, à cet eflet, dans la maison Barreau de la Touche, au numéro 55 de la Grande-Rue (ancien numéro de ville 341). Tout au plus, trois cents personnes pouvaient-elles y prendre place. Le mouvement qui portait les contemporains de Le Prince d'Ardenay à rechercher les spectacles, les représentations et fêtes mondaines ne pouvait laisser plus longtemps les choses en cet état. Le premier, son cousin-germain Chesneau des Portes, conseiller au Siège Présidial, prit l'initiative d'une fondation spéciale. En 1775, il orga-
le concert commença à tomber peu à peu, et l'année suivante, les abonnés réduits à un très petit nombre, furent obligés d'y renoncer. On voulut essayer de le rétablir» quelques années après ; d'autres circonstances l'empêchèrent encore de subsister longtemps.
Dès que mon père fut libre possesseur d'Ardenay, il porta tous ses soins à l'embellissement et à la décoration de sa terre ; il y passait une grande partie de Tannée. Si son absence me gênait quelquefois, en multipliant mes occupations pour le commerce, j'avais aussi plus d'occasions fie me dissiper en faisant d'assez fréquents voyages à Ardenay. J'y allais d'autant plus souvent que ma femme, qui m'accompagnait toujours, n'avait guère besoin, ainsi que moi, de chevaux ni de voitures. Nous avions contracté l'heureuse habitude de promenades assez longues dans
nisa une association d'actionnaires pour construire une salle de spectacle et fut chargé de diriger cette entreprise avec trois autres commissaires, le marquis de Venncvelles, Le Riche de Vandy, directeur général des fermes, et Richard de Fondville, receveur général des tailles. Dans une délibération prise le 27 avril 1775, le conseil de l'Hôtel-de-Ville du Mans s*empressa d'accorder un avis favorable à cette fondation qui fut autorisée légalement par lettres-patentes du 20 mai 1775. On construisit alors avec activité cet édifice qui existe encore à l'angle des rues de la Comédie et des Filles-Dieu, sur le territoire de l'ancienne paroisse de Saint-Nicolas. — Si les amateurs de spectacles et de plaisirs trouvèrent satisfaction dans l'exécution de ce projet, l'Eglise y découvrit une nouvelle cause d'inquiétude et de crainte. Sa sollicitude ne tarda pas à se manifester et, sur la péf lion adressée à l'évéque du Mans par le curé de Saint-Nicolas, l'oflicialité diocésaine décidait, le 29 mai 1777, que le parcours ordinaire de la procession du Saint-Sacrement en cette paroisse serait modifié afin d'éviter de passer devant ce lieu tout au moins profane. — Voir les pièces que j'ai publiées à ce sujet, dans la Semaine du Fidèle, 23 juin 1867, t. V, p. 473-476.
les environs de la ville : il ne se passait pas de semaines, dans la belle saison, que nous ne fissions au moins deux tournées, les moindres d'une demi-lieue, souvent d'une et deux lieues et plus, avec un ou deux de nos bons amis qui aimaient comme nous ce genre d'exercice si utile à la santé et bien plus agréable que toutes les parties de jeu de cartes. Ayant ainsi fait notre apprentissage, dans l'art de marcher à pied, nous regardions comme une bagatelle de faire, par cette voie, le voyage d'Ardenay. Lorsque j'avais deux ou trois jours libres, je réunissais deux ou trois compagnons et nous partions gaiement, chacun un bâton à la main, notre petit nécessaire dans nos poches ; un domestique portait la provision pour faire halte à moitié chemin. Là, assis à l'ombre d'un arbre touffu ou sur le bord d'un clair ruisseau, nous nous reposions et réparions nos forces avec un léger repas toujours assaisonné du meilleur appétit. Lorsque nous avions quelques femmes de notre société qui ne marchaient pas aussi bien que la mienne^ nous prenions un cheval de bagage qui portait, tour à tour, ceux qui étaient le moins en état de soutenir la fatigue.
M. Champion, médecin, notre bon et ancien ami(l), qui
(1) Le docteur Pierre-René Champion était né en la paroisse de Saint-Pierre-le-Réitéré, le 40 juillet 1699, du mariage de Adrien Champion, docteur en médecine, et de Renée Le Plat de Quincé. Après avoir terminé ses études, il revint au Mans continuer la profession de son père et se tixa dans la Grande-Rue, au numéro de ville 461, non loin de la demeure de la famille Godard d'Assé. Il avait un frère, Jean-Baptiste Champion, chanoine de Saint-Pierrede la Cour, qui fut conseiller au Siège Présidial du Mans depuis 1746 jusqu'à sa mort en 1777. — Le docteur Champion, quoiqu'il louchât au terme de sa carrière, put encore donner ses soins à M°»o de la Rozelle, dans la dernière maladie qui enleva cette jeune femme au commencement de l'année 1773 ; il mourut quelques mois
était habituellement de nos promenades dans les environs de la ville, faisait aussi quelquefois avec nous le voyage d'Ardenay ou venait nous y joindre lorsque, dans Tautomne, nous y faisions un plus long séjour.
Un certain samedi, veille de la Trinité, M. Champion resta à diner avec nous ; le P. Alain, bénédictin, ami intime de mon père, y vint aussi pour savoir de ses nouvelles. La conversation s'engagea sur les travaux d'Ardenay. Ma mère, instruite des projets de son mari pour une distribution qu'elle n'approuvait pas, témoigna le regret qu'elle aurait s'il suivait sa première idée. II avait donné rendez-vous pour le lendemain aux ouvriers, afin de prendre un parti définitif ; elle aurait désiré avoir une occasion sûre pour faire connailre à mon père son intention et ses motifs qu'elle nous expliqua. 11 n'y avait pas de temps à perdre et, à défaut de la messagerie ou autre voie, elle imagina que le plus expédient était d'y envoyer exprès. — « Vous, ma fille, dit-elle à ma femme, vous qui marchez si bien, chargez-vous de la commission et partez avec votre mari. » — Puis, se tournant successivement vers Je docteur et le P. Alain, elle les invita gracieusement, mais avec instance, à nous accompagner. Elle pressa d'autant plus le bon religieux qu'elle savait toute la confiance que mon père avait en lui. Je demandai deux heures pour écrire quelques lettres qui me restaient à faire, le docteur dit que ce temps lui suffirait pour faire
après, le 31 octobre 1773, âgé de soixante-quatorze ans. « C'était un ardent Janséniste, » nous dit l'abbé Nepveu de la Manouilière. De son mariage avec Anne-ÉIisabeth Riffault, — des Riffault du Plessis — il eut deux fils et une fille ; l'un de ses fils fut médecin comme lui ; sa fille, Anne-Perrine Champion de Quincé épousa, le 12 février 1763, le chevalier René-Louis de Tilly, garde-du-corps du Roi, fils de Pierre de Tilly et de Renée Grestout.
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ses préparatifs, le P. Alain accepta, sauf la permission de son prieur qui la lui accorda de la meilleure grâce. Nous nous donnâmes rendez-vous à Glairsigny d'où nous partîmes à quatre heures sonnantes, et arrivâmes à Ardenay au soleil couchant. Mon père, qui n'attendait personne, fut un peu surpris en nous voyant aniver ; il nous reçut néanmoins avec la plus grande cordialité. Nous mimes bientôt notre affaire sur le tapis ; la cause de ma mère fut si bien pi aidée par ses quatre avocats, que mon père céda sans difficulté.
Le P. Alain était connu dans le pays ; les paysans du canton l'avaient nommé « le père aux biques», parole qu'il avait persuadé h mon père d'empêcher tous ses fermiers d'élever des boucs et des chèvres, à cause des dommaiiies que ces animaux causent aux arbres en les broutant. Ce bon Père, quoique assez avancé en âge — il avait au delà de soixante ans, — avait très-bien soutenu le voyage. 11 nous intéressa singulièrement, pendant la route et à Ardenay, par sa conversation dans laquelle il mêlait adroitement et sans prétention des traits d'histoire et des iuiecdotes curieuses en différents genres. Avant d'entrer on religion, il avait suivi le barreau jusqu'à l'âge de vingtcinq an^, avec distinction. Les connaissances qu'il avait acquises dans cette profession lui procurèrent plusieurs planes importantes dans son Ordre. Singulièrement attaché à son état, il remplissait ses devoirs de religieux avec exactitude, sans minutie, et il montrait partout une piété douce, sans rien perdre d'une gaieté toujours décente ; son extérieur doux et affable élait l'image de la beauté de son âme et de la bonté de son cœur.
Dans un voyage subséquent, le docteur passa une semaine avec lions à Ardenay ; son projet était d'y rester seulement deux jours ; nous Tinvitâmes à nous on donner un de plus : il y consentit. Le mauvais temps qui survint
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au moment fixé pom* son départ l'obligea à le difiFérer. Le lendemain, il était sur le point de nous quitter; ses adieux et ses paquets tout faits, on le retint encore en l'engageant à attendre toute la jeunesse qui devait partir le surlendemain. Nous revînmes à pied avec lui et la bande joyeuse qui avait partagé nos plaisirs. Les heureux joui-s que n(»us venions de passer ensemble avaient été remplis par tous les amusements qu'on peut se procurer à la campagne : beaucoup de promenades, des jeux d'adresse et de société, la pêche, la chasse, la pipée et les lectures agréables et intéressantes. Le docteur imagina de faire Thistoire de ce voyage ; il en esquissa le tableau. Des affaires majeures Tempéchèrent d'y mettre la main. Quelques années après, il termina ce petit ouvrage et nous Toffrit, à ma femme et h moi, sous le titre des sept journées, en forme de lettres à un ami dans lesquelles l'auteur peint, de la manière la plus intéressante, les maîtres et les hôtes d'Ardenay, la situation et les divers agréments de cette terre, la variété des plaisirs qu'il y a goûtés, toutes les anecdotes et jusqu'aux moindres circonstances de son voyage, desquelles il a tiré un parti singulier en mêlant à son récit plusieurs traits analogues tirés de l'histoire ou delà fable (1).
Mes voyages à Ardenay ne m'empêchaient pas de satisfaire à l'engagement que nous avions formé d'aller, chaque année, faire une station à Lucé. Je n'avais vu d'abord que les possessions de mon beau-père situées autour de son habitation ; il désirait me faire connaître celles qu'il avait dans les paroisses circonvoisines. La partie fut formée et exécutée avec autant de plaisir que dempresse-
J) Ce volume manuscrit existe encore et a été conservé jusqu'ici dans la bibliothèque du château d'Ardenay où nous avons pu le parcourir.
ment. Nous parcourûmes ses difiPérentes fermes et bordages ; je vis partout des habitatioos solides et commodes, de belles prairies, de bous pacages et des terres d'un excellent produit. Nous passâmes une journée presque entière à Mécorbon, terre considérable et ti*ès-intéressante dans tout soo ensemble. Une ancienne maison de maître à laquelle on monte par un bel escalier de pierre est bâtie à lappui d'un bouquet de futaie qui forme un bosquet très-agréable ; une vaste cour, une grange immense, de grandes écuries et étables, des troupeaux nombreux de bestiaux, chevaux, bœufs, vaches, taureaux, brebis et moutons de la plus belle espèce, tout faisait voir au premier coup d'œil la beauté et la bonté de celte ferme, l'étendue de ses ressources. En entrant dans le détail, on ne pouvait se lasser de voir et d'admirer l'ordre merveilleux qui régnait dans cet le colonie composée d'un vénérable vieillard et d'une femme respectable, père et mère de douze enfants qui travaillaient, tous d'accord et de concerl, dans la partie sagement distribuée à chacun suivant le degré de ses forces et de son intelligence. Le père, chargé des soins du dehors, abandonnait avec confiance le gouvernement intérieur à son épouse qui s'en acquittait à merveille. Elle voyait et prévoyait tout ; rien ne se faisait sans son avis ou sa permission. Nous lûmes témoins d'un jugement que le père prononça avec une sagesse digne du temps des patriarches, sur une petite querelle élevée entre deux de ses enfants, relativement à leurs moutons ; nous admirâmes l'équité et l'impartialité du juge ainsi que le respect avec lequel les deux contendants reçurent sa décision à laquelle ils se soumirent sans se plaindre. Us avaient plaidé de bonne foi b ur cause, et le règlement de leurs petits intérêts ne laissa aucune altération dans l'amitié sincère qu'ils se portaient l'un à l'autre.
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