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première fondation de la ville du Mans, par Sarron (1), environ dix-neuf cents ans avant Jésus-Christ, sa destruction par les druides, son rétablissement par Lemannou Le Mans qui lui donna le nom qu'elle porte depuis plus de trente siècles (2).
Nomen ab iilustri Celtanim principe ductum est, Stirpe satus Paridis, voce Lemanus erat.
{R. Flacéy ibid,).
L'origine antique des manceaux est prouvée par le témoignage constant d'un grand nombre d'auteurs. Sous Tarquin l'ancien (an de Rome 165), ime armée sortie de cette province et réunie aux troupes des divers pays des Gaules, fut conduite par Bellovèse, en Italie, où elles défirent les Toscans et bâtirent la ville de Milan (3j.
(i) Sarron, troisième roi des Gaules, petit-fils de Samothes, premier souverain de cette nation, succéda à son père Magus, environ l*an 1055 avant Jésus-Christ, et régna soixante ans. Suivant plusieurs auteurs et notamment J. de Bourdigné, « il bâtit la ville « d'Angers et donna commencement à celle du Mans qui fut nommée « Sarre, du nom de son fondateur; il bâtit aussi quelques autres « villes de son royaume dans lequel il institua des Universités et « études de lettres publiques. » Voyez Histoire généalogique des rois de France^ et Extraits de l'Histoire universelle de Jacques de Charron, écuyer, sieur de Monceaux, par Thomas Biaise, Paris, 1030, in-12. {Note de Le P. d'A.).
(2) Le Man, fils de Paris, dix-neuvième roi des Gaulois, environ 1372 ans avant Jésus-Christ, amplifia grandement la ville de Sarre, laquelle fut depuis appelée Le Mans, de son nom, suivant Isidore, Hispalien, Bocace, Guillaume Le Rouille, Glimerius, etc. (Note de Le P. d'A.)
(3) Selon Tite Live, liv. V, chap. xxxiv, sous le règne de Tarquin l'ancien, une grande quantité de Gaulois transalpins passèrent les monts sous la conduite de Sigovèse et de Bellovèse, neveux d'Am-
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Quarante ans après (an de Rome 205), une autre colonie de Génomans, sous les ordres d'Elitoriup, fonda Vérone, Bresse, Padoue et plusieurs autres villes qui subsii^tent encore aujourd'hui dans ces belles contrées (I).
De tous les Gaulois qui passèrent en Italie, les Génomans furent les plus connus et les seuls à garder une foi inviolable aux Romains qui reçurent d'eux des secours considérables à la bataille livrée par Sempronius à Annibal (an de Rome 536, avant J.-G. 218).
A l'époque de la réduction des Gaules, les seuls Gén(»mans Aulerces fournirent cinq mille hommes, tandis que les cinq provinces voisines n'en procurèrent ensemble que la même quantité (an de Rome 69H, avant J. G. 56).
Dans la description des provinces de l'Empire, le Maine fut mis dans la troisième Lyonnaise. Commmt. CcBsar., lîb. VII. — Trouillart, Mémoires sur les comtes du Maine.
Peu après les premiers exploits des Francs qui formèrent le berceau de la monarchie française, le Maine fut rangé sous Tobéissance de ces nouveaux maîtres (2) ; ils en eurent ensuite de particuliers, lorsque le comté du Maine devint
bigale, roi des Berruiers (an de la création 3416, de Rome 163). Parmi les troupes conduites par Bellovèse, sont nommés expressément les Aulerces. Il passa les Alpes avec ceUc multitude de Gaulois qui, ayant vaincu les Toscans assis près du Tessin, se fixèrent dans cet endroit et y bâtirent une ville qu'ils nommèrent Milan. Voyez Encyclopédie, au mot Gaulois, — Trouillart, dans ses Mémoires des comtes du Maine, et les notes de M. Maulny, Almanach manceau de 1757, d'après Mézeray. (Note de Le P. d'A,),
(1) Cette seconde colonie, qualifiée de bandes de Cénomans, s'arrêta dans le Bressan et dans le Véronais {Note de Le P. d'A.).
(2) A la décadence de l'Empire, les Francs commencèrent leurs conquêtes dans les Gaules par la Belgique et conquirent la Celtique, Tan de Jésus-Christ i77. [Note de Le P. d'A.),
héréditaire {\) jusqu'à sa réunion à la couronne en U81 (2).
Depuis ce temps, le Maine a toujours demeuré sous la domination des Rois de France qui ont souvent donné cette province en apanage à leurs fils et aux princes de leur sang (3).
On trouve, dans la longue et respectable suite de toutes ces révolutions, l'origine et les progrès, les changements et les variations des mœurs, des usages^ du langage^ de la religion et des superstitions, des lois et des coutumes, du commerce, des manufactures et des arts^ l'histoire de nos antiquités, de nos châteaux, de nos forts, de nos villes, des sièges, des batailles, des traités, des conquêtes et des victoires, les diverses époques de l'établissement des différents corps et compagnies et de la fondation des édifices publics.
Si la province du Maine est grande, ancienne et illustre dans l'ordre civil et politique, elle ne l'est pas moins dans celui de la religion.
(1) C'est dans l'année 987 ou la suivante que David ou Hugues fut le premier comte du Maine héréditaire, sous Hugues Capet, roi de France. Voir les notes de M. Maulny, Almanach manceau de 1769. (mte de Le P. d' A.).
(2) Charles IV, comte du Maine, institua Louis XI, roi de France, son héritier universel, par son testament du 10 décembre 1481, et ce fut ainsi que le Maine fut réuni à la couronne. (iVo^e de Le P, d^A.),
(3) Henri II, roi de France, donna le Maine en apanage à Henri, son troisième fils, depuis roi sous le nom de Henri III, qui le donna à François, son frère, mort sans postérité en 1584. Louis XIV donna le môme apanage à son tils naturel, Louis-Auguste de Bourbon, légitimé de France, prince souverain de Bombes, en 1673. — V. Moréry, au mot Maine, — Louis XV, par son édit d'août 1771, a donné le Maine en apanage à Louis-Stanislas-Xavier, son petit-fils, connu sous le nom de Monsieur, frère de Louis XVI. (/V. de Le P. d*A,).
Avant la fondation de la monarchie, dès les premiers siècles de Tère chrétienne, son Église fut établie par saint Julien; elle compte, parmi les pasteurs qui l'ont gouvernée^ quatorze saints évéques^ plusieurs bienheureux et vénérables et un grand nombre qui réunirent des talents supérieurs aux titres d'une naissance illustre.
L'histoire ecclésiastique du Maine peut fournir un grand nombre d'objets intéressants à l'instruction et dignes (le curiosité; la vie et les exemples d'une foule de saints personnages qui ont fait éclater l'héroïsme de la vertu dans tous les âges et dans toutes les conditions ; l'histoire des deux Conciles tenus dans cette province (1), des anciennes et riches basiliques élevées dans les principaux lieux ; des chapitres, monastères, séminaires, hôpitaux, etc., et de tant de fondations utiles et très-multipliées dans le diocèse qui offre partout des monuments respectables du zèle et de la générosité de nos ancêtres.
Le P. d'Auribeau dédia son exercice de rhétorique à M»' de Gonssans, évêque; à l'exemple de son prédécesseur, il a continué de donner des prix au collège dans les années impaires où il n'y en avait pas de fondés. Cet exercice fut rempli par plusieurs pièces en vers et en prose de la composition des écoliers qui justifièrent pleinement, en cette occasion, des fruits de leur excellente éducation. Us avaient formé, dès le commencement de cette dernière année de leurs cours littéraires, une Académie; elle tenait, chaque jour de (ïbngé, une séance à laquelle s'empressaient d'assister plusieurs citoyens distingués et spécialement les
(1) Le Concile de Coulaines, près Le Mans, en 843. Les décisions de ce Concile sont exprimées au 23o volume des Conciles, de Timprimerie royale. — Le Concile de Laval, en 1241, du temps de Céleslin IV, pape, et sous les auspices de Tarchevêque de Tours. Voyez Histoire Ecclésiastique, de Fleury {Note de Le P. (TA.).
membres de la Société littéraire et patriotique. Ce concours d'auditeurs éclairés excitait, de plus en plus, rémulation des jeunes académiciens ; ils s'empressaient, à l'envi, de donner, en différents genres, des productions charmantes, toutes frappées au bon coin, la plupart dignes de l'impression. L'attachement que j'avais voué à ce cours brillant m'avait déterminé à proposer un prix qui serait donné à l'auteur du meilleur discours sur les effets de l'émulation. Ce sujet intéressant fut si bien rempli par plusieurs que les juges que je m'étais associés furent, ainsi que moi, embarrassés pour décider auquel devait être donné le prix. Entre les différents ouvrages de cette petite Académie, on distinguait plusieurs pièces de vers très-ingénieuses et notamment une Epître à M. de Tressan sur sa nomination à l'Académie française (\). Ce savant reçut avec complaisance et satisfaction l'hommage de ses jeunes compatriotes et leur adressa une réponse charmante dans laquelle il faisait l'éloge le plus délicat de la Congrégation de rOratoire à laquelle nous devons le précieux avantage de former l'esprit et le cœur de la jeunesse aux belleslettres et aux sciences, a une saine morale et à la pratique de toutes les vertus.
En 4790 (2), il se forma au Mans une nouvelle Société sous le titre de Société d'histoire naturelle et des arts. J'y
(i) Ce fut en 1781 que le comte de Tressan fut nommé membre de TAcadémie française ; les rhétoriciens du Collège du Mans s'empressèrent de le féliciter de cette nomination dont l'honneur rejaillissait sur toute notre province. M. de Tressan ne dédaigna pas de les remercier de Tépître latine qu'ils lui avaient adressée ; sa réponse, en vers français, a été reproduite par Renouard, Essais historiques sur la province du Maine, t. II, p. 188, et par M. Hauréau, Histoire littéraire du Maine, deuxième édition, t. X, p. 136.
(2) L'écriture diiférente du manuscrit original prouve que Le Prince d'Ardenay ajouta la fin de ce chapitre au récit qui précède.
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fus admis. Le zèle et le concours des lumières et des travaux de ses membres lui procurèrent, dès les premiers mois de son établissement, plusieurs mémoires intéressants, notamment sur l'origine et les progrès de la physique, sur l'utilité indispensable de cette science et des mathématiques; sur la chimie, à laquelle tous les arts doivent leur existence ou leur perfection ; sur la botanique qui fournit à l'homme les aliments les plus sains et les remèdes les plus sûrs, aux manufactures et aux arts la plupart des matières qu'ils emploient ; enfin, sur la recherche des eaux du pays, leurs propriétés pour les divei*s usages de la vie, leur emploi dans les arts et le choix qu'il convient d'en faire.
Au mois de mai 1791, la Société demanda à l'administration du département l'approbation et autorisation de son établissement, un local pour tenir ses séances et un terrain pour former un jardin de botanique. L'administration lui accorda provisoirement un logement à Saint- Vincent et fit espérer de lui procurer les moyens d'établir un jardin de botanique. Dans cette confiance, la Société encouragée par l'espoir, redoubla ses travaux et ses efforts, fit l'acquisition des premières machines pour les expériences de physique ; son cabinet commençait à être bien monté par les souscriptions volontaires des associés, lorsque les événements ultérieurs de la Révolution l'obligèrent à vendre à perte tous ses effets et à se dissoudre.
Après les grands orages de la Révolution, l'administration du dépaiiement forma \m bureau central des arts, chargé spécialement de mettre en ordre les titres et archives et la bibliothèque nationale, composée de tout ce qui avait pu être conservé avec des collections de livres qui formaient les bibliothèques particulières des communautés supprimées.
Le Bureau des Arts a donné nàissatice à une nouvelle
Société sous le titre de Société libre des Arts^ composée de membres résidants pris parmi ceux des précédentes Sociétés et de la Société royale d'Agriculture, et de membres non résidants ou correspondants, choisis dans les divers cantons du département, à Paris et dans différentes villes de la France Cette Société, approuvée par les administrations locales et par le ministre de l'Intérieur, a pris un certain essor en embrassant, pour objet de ses travaux, tout ce qui concerne les sciences et arts, le commerce et l'agriculture, et se procurant des correspondances avec plusieurs Sociétés savantes.
Le Conseil général du département lui ayant assuré un fonds annuel, elle a cru que le meilleur emploi qu'elle pouvait faire de Texcédant de ses dépenses était de proposer des prix et d'établir des séances publiques dans lesquelles elle rendrait compte à ses concitoyens des résultats de ses travaux; la première a eu lieu en 1801, la seconde en 1802, la troisième en 1803. J'ai eu l'honneur de présider la première et la troisième ; il n'y en a point eu en 1804 ; celle de 1805 a été remise à la fin de l'année à cause de l'absence de plusieurs membres et particulièrement de M. Auvray, préfet et président à l'époque à laquelle elle avait été fixée.
La Société n'a encore pu distribuer aucun prix, faute d'ouvrages ou mémoires dignes d'être couronnés. La quatrième séance publique n'eut lieu que le 26 mars 1806; elle fut présidée par M. Auvray, préfet; peu de temps après, la Société publia un nouveau programme des prix qu'elle devait distribuer dans sa séance publique de 1807. Cette cinquième séance publique eut lieu le 30 mai 1807 ; j'ai eu rhonneur d'en faire l'ouverture, en qualité de président, par un discours sur la véritable gloire. Il n'y a point eu encore de distribution de prix, faute de concurrents. Les séances publiques ont eu lieu périodiquement,
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dans les années suivantes, jusques et compris 1813. En ..., la Société avait proposé pour prix l'éloge de Pierre Belon; il fut adjugé à M. de Passac (t ]; celui de i81S aélé adjugé à un cultivateur, auteur d'un moulin économique pour nettoyer la graine de trèfle. En 1814, la Société a adressé, par l'entremise de M. l'abbé de Montesquieu (2), ministre de l'Intérieur, une supplique au roi Louis XVIII à l'effet d'obtenir de Sa Majesté la même laveur qu'elle avait accordée, en 1779, à la Société littéraire et patriotique ^ en se déclarant le protecteur de cet établissement, avec permission d'intituler tous les registres et actes de la Société sous ce titre auguste.
(1) M. de Passac publia longtemps après sa Notice sur Pierre Belon dans un journal littéraire de Blois ; il en existe un tirage à part, brochure in-8o imprimée à Blois en 1824. Philbert-Jérômc Gaucher de Passac, né à Vouvray, près Tours, en 1755, était officier d'artillerie avant la Révolution. Sous la Restauration, il se fixa aux environs de Vendôme et consacra les loisirs de sa retraite à écrire l'histoire de cet ancien duché.
(2) Dès avant la Révolution, François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fczensac se rattachait à notre province par sa qualité d'abbé commendataire de l'abbaye de Beaulieu, au Mans ; c'est à ce titre qu'il prit part aux assemblées du clergé de la province du Maine pour l'élection aux États-Généraux de 1789. Son expérience des affaires et l'autorité de ses talents le désignaient suffisamment aux suffrages ; cependant le clergé manceau refusa de le choisir pour un de ses représentants.
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