‹ Mémoires, publ. et annotésChapitre 21 sur 54 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Acquisition de mes maisons et de la terre de la Honltière

En me mariant, je n'avais eu aucune propriété foncière; mes parents m'avaient doté en argent, comme plus avantageux à Tétat du commerce que j'avais embrassé. Par le même motif, M. et M"* d'Assé, en se prêtant à mes arrangements, m'avaient fourni en espèces le mariage de leur fille. Ainsi, sou veiains seulement de quelques mille écus, nous ne possédions pas un pouce de terrain. Nous ne songions pas à en acquérir, et je ne m'occupais qu'à faire valoir de mon mieux les fonds que j'avais dans le commerce ; il était assez brillant alors, et les bénéfices me donnaient d'autant plus de moyens de satisfaire mes goûts et ceux de ma femme, qu'étant en pension chez mon père, nous n'avions d'autre dépense essentielle que notre entretien.

Cependant, après avoir vécu ainsi pendant douze années, très-agréablement, sauf quelques gênes légères qu'exigeait une juste déférence pour des parents qui, tout en aimant bien cordialement leurs enfants, n'avaient plus le goût des plaisirs de la jeunesse, je considérai que j'approchais de ma quarantaine, que j'avais des fonds disponibles, qu'il était temps et bien naturel de vivre un peu pour nousmêmes et de nous procurer une certaine liberté qui nous manquait. En conséquence, je songeai sérieusement à acquérir une maison. J'étais bien embarrassé pour le choix du local, par le motif de ne me pas éloigner de mes

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