‹ Mémoires, publ. et annotésChapitre 3 sur 54 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

sie (1). Plus tard, en 1737, leur fils, Jean-Baptiste-Jacque^ Le Prince choisit pour femme Marie Despoiles, d'une famille de maîtres de forges, riches, fort bien apparentés et qui, au cours du xyiii' siècle, devait répandre au Mans ses nombreux représentants et alliés. C'étaient le père et la mère de notre auteur ; avec eux l'élévation de la famille est complète. En 4767, J.-B.-J. Le Prince achète, de M. Huguet de Sémoo ville, la terre seigneuriale d'Ardenay; quelques années avant, en 1763. il avait acquis une charge de conseiller secrétaire du Roi^ qui lui conférait la noblesse héréditaire avec ses prérogatives et privilèges. Et lorsqu'à la fin du siècle, en 1789, les électeurs furent convoqués pour la nomination des députés aux États Généraux, nous voyons son fils, l'auteur de ces récits, siéger avec les représentants de nos plus anciennes races de chevalerie, avec les membres de la noblesse du Maine, qui le choisirent pour leur secrétaire et lui confièrent, en cet'e qualité, la rédaction des procès-verbaux de leurs séances.

Si sommaire que soit cette esquisse sur l'origine et la progression de la famille Le Prince, elle est cependant d'une exactitude incontestable. Peut-être, plusieurs lec-

(1) Marie Boutciller était tille de M* Jacques Bouteiller, bailli de Touvoie, et de Marie Dieux i vois qui appartenait à Tune des anciennes familles du Mans les plus intéressantes à étudier. Issue du peuple et composée, en grande partie, d'artisans et de marchands, cette famille — dont je possède la filiation depuis le xv* siècle — n'en avait pas moins eu des membres distingués, -- entre autres le docteur Bertin Dieuxivois — et de fort honorables alliances. Marie Dieuxivois, dont je parle plus haut, née au Mans en 1654, du mariage de Pierre Dieuxivois et de Marie Gratfard, n'avait qu'une sœur, Anne Dieuxivois qui, à l'âge de quinze ans, épousa au Mans, en 1664, messire François de Champlais, écuyer, fils du seigneur de la Masserie et de dame Marie de Bastard. — Ceci nous prouve combien étaient faciles et naturelles les relations qui unissaient autrefois la noblesse et le peuple.

Page 1