SIEGE DE LÀ IIOCHEI.LS
Rochellois de sortir du costë de Tadon pourvoir ce que c^estoit, et ensuite dé tirer aussy (ce qu'ils n*avoient point encore fait ) , la rupture se fist ce jour-là , y ayant eu enfin une escarmouche qui dura jusqùes à la nnit, dans laquelle il n'y eust de tués que quelque peu de soldats, et un capitaine du régiment de PiëmoDt, nomme Nanta y dont La Haye, lieutenant de la Meslre de camp, eust la compagnie.
Je ne veux pas oublier de dire que le duc de Bonquinguan, soit qu'il eust plus en tesâte le voyage de Paris que toute autre chose , ou que , prévoyant dès lors plus de difficulté à son entreprise qu'il ne s'estoit imaginé, il cherchast un moyen d'en sortir bonnestement; tant y a qu'il envoya en ce mesme tempe un de ses parents nommé Acbebournan, sous la conduite de M. de Saint-Surin, qui se trouvant mal eust permission avec quelques autres de sortir de la citadelle, pour dire au cardinal de Richelieu 'que si on le vouloit laisser aller à Paris ils y accommoderoient aisément toutes ces affaires.
Mais le Roy ne le voulust point, ny voir Acheboernan, quelque instance qu'il en fist; aimant mieux prendre le hasard de l'événement, quoyqu'il ne fustpis petit (la place, nonobstant la grande valeur des aaàéçét et l'ignorance des assiégeans, estant en grand perU, tant à cause des fortifications qui n'avoient peu estre achevées, de sorte qu'il y avoit peu de vivres et grande difficulté d'y en porter, et du danger des malaiiics, les mieux accommodés n'ayant pour tout couvert qve quelque peu de planches qu'on avoit commencé d'y porter pour faire les huttes des soldats, et tout le re>lt' demeurant jour et nuit exposé aux pluyes, qui fureni
SECOUAS D£ CASALy ETC. [1627] 4?
txès grandes ceste année là, et à toutes les autres injures de Tair), que paixe aus$y que la jdu^art de cestc noblesse y en qui M. de Toiras avoit mis sa principale confiance , ne s'y estant pas engage'e dans l'opinion d'y soustenir un siège y murmuroit ouvertement; et s*ils ne L faisûient pas la reddition, ne demandoient sinon que ^ les soldats le fissent, afin de sortir sans en pouvoir estre blasmés : ce qui seroit infailliblement arrivé, sans le ^ gi^and soio qu'en prirent M. de Toiras et tous les offi- ^ ciers du régiment de Champagne, y ayant des gens ordonnés pour voir joor et nuit ce qui se passoit dans -..les corps de garde, rompre les assemblées, et aller ^ mesme aux portes des huttes pour entendre ce qui s'y " disait.
^" Le Roy, qui n eust point de repos qu'il ne se vist dans \ son armée y y estant arrivé sur la fin de septembre (0, , ^il y eust une grande contestation entre les mareschaux d^ France qui Taccompagnoient et M. d'A.ngoulesme; "ceux là ne le voulant point recevoir pour ccHnpagnon dans le commandement del'armée, comme chose inouye que d'autres que des mareschaux eussent eu ce pouvoir présence des roys : et luy eust volontiers prétendu __ supériorité , parceque messieurs de Guise et d'El- %œftf l'avoient eue sur les mareschaux de Bois-Dauphin, de La Châtre et de Thcmines ; mais tout au moins, j demeurant en mesme degré, avoir la préfiprence, et 'marcher le premier.
^** A quoy M. de Schomberg consentit enfin , ne po»vant aussy bien estre que le second avec M. de Bassompîerre. Mais celuy cy remettant tous ces exemples
, ^«) Sur la fin de. septembre : Le Roi arriva le 12 ocluLrc devant La Boclicllc. ( Mercure francoiâ, t. i4 » P- »-15. )
-et.