‹ Mémoires, publChapitre 33 sur 45 · SBCOUHI DE CASAI., ETC · texte numérisé non relu

SBCOUHI DE CASAI., ETC

aisément ; api-ès quoy Nismes et Usez demeurant toutà-fait sépaiées de Castres et de Montauban , et ne se pou vaut mutuellement secourir, estant Uop eslongn^cs, ny tirer assistance de nulle part, les unes et les autres se prendraient quasy tout d'un temps, et avec les seules forces des provinces voisines.

Cest avis ayant semlilt! fort bon au cardinal de Richelieu , et tout-k-fait conforme à ce qu'il desiroît, qui estoit de pouvoir bienlost finir en Languedoc afin de n'estre point empcsclié de retourner en Italie s'il en estoit l>esoiii, avec toutes les forces qu'il faudroit, il mena M. de Portes au Roy pour le redire devant luy (car 'il n'osloit jamais à personne l'Iionneur qu'il meritoil); lequel l'ayant aussy fort approuve', ils re- •olurent de l'exécuter le plus prumptemenl qu'il se

•pODITOÎt.

' El d'autant que M. de Savoye, voyant le Roy détermina à ne s'en aller point que Casai n'eust toutes les provisions qu'il falloit, commençoit a y en envoyer avec moins de dillimllc qu'auparavant j et qu'il y avoît i^parence que cela continueroit, les Espagnols l'en {tressant exlraordinairement, tant ils avoient envie de voir le Roy delà les munis; ils jugèrent à propos, pour ne |>erdre point de temps, et ne laisser pas aussy M. de Savoye entièrement sur sa foy, que le Roy s'en iroit devant avec le niarescliul de Scliomberg, partie du vé- ^nient destïardcs, les Suisses, les gens d'armes, les Cbevaux-le'gcrs , les mousquetaires cl la coui', pour commencer le siège de Privas, qu'il fatloit prendre idevant que d'aller à Mais et aux autres, pour ne laisser rien derricicqui pcust inrunimoder.EtqucIecaidinal de Ricliciien , qui demeurcruiL à Suse avec les mares-

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diaux de Crequy et de Bassompierre , et le reile de Tarmëe , l'iroit trouver auny tost que le ravUaiUeiiient de Casai seroit achevé, et que les Espagnols amokDt quitté tontes les petites places qu'ils lenoient encort^m» le Montferrat, ainsy que le traité les j oUigeoit ; \ù^ santy quand il s*en iroit, le maresdial de Créqny i Suse avec six mille hommes pour observer M, de Savoy e et les Espagnols y et empescher qu'ils n*entieprissent quelque chose au préjudice de leurs promesses: suivant quoy le Roy partist vers la fin du mois d'avril.

Quelques joiu*s auparavant il estoit arrivé un coorier de la Reine mère pour dire que M. le duc iFOrléans continuant d'aimer la princesse Marie , elle atoit eu avis qu'il la vouloit espouser sans la permission dn Boy ny la sienne, et qu'il l'avoit fait aller pour cela avec madame deLongueville, sa tante, à CoulommierSyOè la chose se devoit exécuter en particulier. Cest pour* quoy elle avoit fait venir lesdites dames au bois de Vincennes, suppliant le Roy de l'avoir agréable.

Or, bien que le Roy ny le cardinal de Ricbdicn n'approuvassent nullement ceste violence, et en fiisKiit mesme foit faschés, ne trouvant guère vraysemUiUe que Monsieur peust penser à se marier sans la putidpation du Roy, n'ayant aucun subject de le faire, é qu'ils creussent bien plustost que c'estoit une iofeation de ceux qui approchoient la Reine mère, qui ne vouloient pas seulement luy complaire dans ses pii* sions, mais encherissoient encore par dessus pour h mieux flatter; joint qu'il pouvoit bien aussy y entrer de l'interest particulier de la princesse de Conty d de la duchesse d'Elbeuf, qui, craignant que la maison de

seCODHS DK cm.L, ETC. [ifï^g] I Sy

Mantouenes'eslevust uu dessus decelle de Lorraine par ce mariage (car il faut noter ([ue le Roy n'avoît point encore d'enfants), a voient pi'étendu par là l'engager tellement à l'einpescher, que jamais elle n'en pounoit revenir. Sy est-ce <{ue, faisant comme s'Us eussent creu tout ce qu'elle avoit mandé, M- de Nogenl fust à l'heure mesme envoyi! à Monsieur pom' luy dire les intentions du Roy sur ce subject, et qu'il ne les pourroit jamais changer pour quelque raison que ce fust; avec ordre d'aller ensuite en assurer la Reine, et luy rapporter la response de Monsieur, laquelle estant telle qu'on le présumoit, et elle en seurett! de ce costé là aussy bien que de celuy du Boy, il avoit charge de la supplier de faire sortir ces dames et de les mettre en lilierté, ainsy qu'il fust fait.

Mab parce<jue tout ce qui venoit alors du Roy estoit suspect à 1» Reine mère, comme inspiré par te cardinal de Richelieu, et que les grands engagements oiï il se mettoit pour M. de Mantoue redoubloîent ses Appréhensions, ce fust pour ccste princesse un nouveau subject de plainte du cardinal, disant qu'il preooitle party de la princesse Marie contre elle, et qu'il se cberchoit qu'à la descrier, et faire voir qu'elle n'avoit point de pouvoir. Et sy il ne fust pas mieux traite de Monsieur; car, ne pouvant souffrir d'esLre ainsy contredit dans sa pas.sion, il ne s'en prist pas tant à la Reine mère comme à luy, qui auroit bien peu^ ce dt- •oit-il, enipescher le Roy d'en user ainsy, s'il avuit voulu l'obliger.

De sorte que, pour s'en venger, il commença dès lors à es(:outer toutes les propositions qui luy furent faites pour sortir de la coni- et en troubler le repos;

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dans quoy les Espagnols et les ducs de Savoye et de Lorraine estant bientost après entres, la Reine mère s*y joignist aussy, d'oïl toutes les disgrâces que Monsieur et elle ont eues , et tous les désordres qu^on yist ensuite de cela dans le royaume, arrivèrent. Ce ^i fait bien voir que ce grand Roy est d'autant plus digne de louanges pour tout ce qu'il a fait, qu'il a quasy tous^ jours eu les huguenots, la Reine mère ou Monsiear, contre luy, et que le dedans de son Estât luy a souvent donné plus de peine que le dehors.

Aussytost que le cardinal de Richelieu vist Casai pourveu de tout ce qu'il falloit , tant pour une longue subsistance que pour le défendre s'il estoit attaqué de force, et les Espagnols hors de toutes les places du Montferrat ( jugeant que s'il attendoit la ratification d'Espagne et l'investiture de l'Empereur, quoyqa'on l'assurast tousjours qu'elles arriveroient bientost }, il perdroitdu temps, qui seroit mieux employé contre les huguenots, avec lesquels il se falloit haster de finir), il paitist quinze jours après le Roy, laissant, comme j'aj desja dit, six mille hommes dans Suse et trois mille dans Casai ; le mareschal de Crequy pour général en Italie; et le marquis de Villeroy son gendre, et M. de Toiras, pour mareschaux de camp; ramenant aveclny le mareschal de Bassompierre, le reste des Gardes fi^nçoises et suisses, et les régiments de Piémont, Champagne, Navarre, et autres.

Par les chemins il eust nouvelles que le prince dX)range avoit assiégé Bois-le-Duc, dont il eust grande joye, ceste place luy semblant de telle considération pour les Espagnols qu'ils ne devroient pas s'amuser ailleurs , et abandonner leurs propres Estais pour

si:cDURS iiE casàL, etc. [1619] i6f

usurper ceux d'aulruy , bien que ce soit le vray génie de la maison d'Au&trîcUe , ainsy qu'il y en a mille exemples , et qu'ils le firent mcsme en ceïLe occaiion-U.

Arrivant à Valence, il en trouva le Roy party et le siège de Privas desja commencé, auquel un tel renfort que celuy qu'il menoit estant venu , l'oa fu&t cinq ou «ix jours après en estât de donner un assaut quifust sy bien goustenu, qu'il fallust s'en retirer avec perte de beaucoup de gens, et entre autres du lUs aisnc' de M. de Valançay, gouverneur de Calais; mais les assî^<^â en demeurèrent sy estonnés, qu'ils ne pensèrent plus qu'à se rendre.

Pendant cela J a paix d'Angleterre, que les ambassadeurs de Venise traitoient îl y avoit long-temps, ayant, esté enfin arrestc'e, on la publia le vingtième de may 1629; et sur ce temps-là racsme il vint un avocat de Montpellier, nommé Du Cros, qui assura que sy le Roy y vouloit envoyer quelqu'un pour entendre les propositions de M. de Bohan, ou le tiouveroit tout disposé à la paix. Ce qui ayant esté trouvé bon, le maiquis de Fonlenay eust commandement d'y aller, pour ■voir avec le marquis de Fossés, gouverneur de Montpellier, ce qu'il voudroit dire.

Auasy tost que M. de Rohan le sceuat arrivé, il envoya le baron d' Aubaye avec deux aub-es les trouver ; mais ne faisant que des propositions générales, et sm* lesquelles on ne pouvoit avoir aucun fondement (0 , la conférence

t'I jlucun foiultaanl : On liwil ici ces moU H"' ""' ^'" "ï^ '"'

le manuscrit otigiiul, el TrfliKinblabIenii-nt pif l'auleiir lui-mimo :

TrnJanl p/ur aiturtnttnt d gagner du Umpt pour avoir du tteamrê

^Etpaffie , tjue pour mWs i/a'il tut tU *'

Si.

l6ft [<6'i9] S1B6B DE LA WHOCOXiXM,

se rompisly et le marquis de Fontenay s*en retourna. Or M. de Rohan ne Favoit demandée qn^afin que k bruit courant qu'il se feroit un traité général , les ^riUes les plus foibles y croyant trouver plus de seureté, n'en fissent point de particuliers : ce qu'il voyoit cstre la ruine indubitable de luy el de tout son {Muty , n ayant encore nulle pensée de' s'aocommoder, à cause qu'on nommé Du Clausel , qu'il avoit peu auparavant enirojé eu Espagne y revoit oUigé, moyennant trois cent mille escus qu'on luy deVbit donner par an, d'entretenir la guerre eau France tant que le roy d'Espagne Toudroit; et qu'il esperoit aussy, comme on l'en avoit aasuié^qn'il descendroit en ce mesme temps tant d^AUemans en Italie, l'Empereur ayant feit la paix avec les- protestants, que le Roy estant obligé dj i^etoumery ou d*j envoyé' la meilleure partie de son ^rmée, il- ne poorroit pas filtre grand «ffbrt contre lay.

Et il estoit vrity que le comte d'01ivareX| dès qo'il vist le Roy avoir passé les monts, et ne pouvoir jtai prendre Casai avec les seules forces du roy d'Espagne, sans considérer les intérests de la religion y qui aOoit estre tout-li-fait restablie en .Allemagne par les graids avantages remporta psfr le Walstein sur le roy de Dtnnemarc et sur tous lès protestants, avoit forcé. FEmpereur die s'accommoder avec eux et 'dé rendre tout ce qu'il avoit, priiy afin que n'ayant phis besoin de ce costé là de son armée , qui estoit de plus de quarante mille hommes y il la peust envoyer )dn Italie pour sj faire obéir par le duc de Mantoue, et le despouillfl^ de tout ce qui luy estoit escheu. Mais le chemin estant fort long y et ayant esté obligé de s'arrester qudquf temps dans les Grisons pour prendre les passages ci

secoUHB DE CASÀL, BTc. [tôny] 163

^en assui-er, elle n'y peust airivcp qne l'inaée Bui- Tante, et quand le Roy, ayant achevé avec lea Iioguenots, fust en pleine liberté de retourner en Italie. De •orte qu'on vist alors, avec une grande confusion de ceux qui eslevoient sy liant le zèle îles E.>:p()gnols pour la religion, et acrusoient les François de n'en avoir point, les protestants d'Allemagne sauvés par le roy (TEspagne, et les huguenots de France ruinés par te Roy; et par ce qui se fist despuis, que Dieu permet plostost qu'on mette toutes pièces en œuvre pour s'empescfaer d'estre opprinïé, que pour opprimer.

Mais pour revenir au siège de Privas, les assiégés se trouvèrent, comme j'ai desja dit, tellement estonnés de l'assaut, que, craignant qu'on ne voulust recommencer, ik demandèrent à se rendre. Ce que le Roy, pour einposclier les autres de tenir devant luy et en faire un exemple, ayant refusé sy ce n'estoU h discrétion, \h en furent sy espouvantés que dès qu'il fust nuit ils abandonnèrent la ville, et se sauvèrent dans 4es montagnes. Et M. de Montbrun. qui y cummandoit, n'ayant peu obtenir le lendemain de meilleur party dans le cbasteau où il s'ostoit retiré, en fisl aussy de niesnie.

L'on perdist encore en ce siège le marqnis d'Uxelles et le marquis de Portes, mareschaux de camp. Ce dernier avoit mi la promesse d'entre fait inareschal de France k la fin de la campagne ; mai^ il l'eusl vraysem- Wablement esté des celle du >iege , car le mareschal de Saînt-Geran estant mort sur ce temps là, et la Reine raerê ayant Sy opiniastrcment demandé sa charge pour M. de Marillac qu'on ne luy peust refuser, on ne l'auroit point fait sans luy , tant le Roy et le cardinal de

l64 [^^^9] SIEGB DE LA KOCHELUE,

Richelieu estoient satisfaits de ses services et du conseil qu'il ayoit donner dont on commençoit à voir des effets par le grand estonnement où estoient ceux des CevenneSy et tonales huguenots en général. M. de MarilUc, capitaine au rf giment dos Gardes , y fust aussy tué^ et M. de Comminge enst sa compagnie.

De Privas^ le Kay fust à Alais, o& on s*estoit vanté de Tarrester longtemps^ Mais aussy tosfc que les habiUDS eurent veu la manière dbnt on les attaquoit, et comme ils estoient pressa, ils craignirent Fexemple de Privas, et demandèrent composition (qui leur fust à rfaear« mesme accordée) y pour aller vistement à Andusf et à M illaud, qui , ne pouvant pUs durer davantage que les autres, eussent rendu le Roy maistre de toutes les moutagneSy et séparé Nismes et Uzès de Castres et de Montauban, comme on prétendoit; autour desquelles cependant, pour ne perdre point de temps , on faisoit de^a le degast, le mareschal d'Estrées à celles-là avec l'armée qu'il avoit ramenée de Nice, et M. d'Espernon à celles-cy avec les forces de Guienne : tellement qu'elles dévoient, ce sembloit, tomber toutes quatre dans fort peu de temps, ne pouvant estre secourues. Mais M. de Rohan voyant ses affaires en sy mauvais estât, et la vanité des promesses des Espagnols, qui ne luy avoient point encore envoyé d'argent , ny faitparoistre un Allemand en Italie, se resojust^de traiter pour le général aussy bien que pour son particulier, craignant que s'il attendoit davantage, la déroute ne devinst sy grande que chacune des villes traitant à part, il n'y eust plus d'autre salut pour luy que de sortir de France, et, abandonnant tout ce qu'il y avoit, en demeurer à jamais exilé*

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