‹ Mémoires, publChapitre 37 sur 45 · PASSA · texte numérisé non relu

PASSA

tribuerôit autant de sa paît, comme il rassuroitqnll ferait delà sienne , pour establir une bonne correspoidance entre la Reine et luy : ce qu*il ne creust pss d^ voir prendre pour un simple compliment ou pour me flatterie (bien qu*il fust le. plus flatteur homme (b monde), puisqull sçavoit bien que le Pape le codik» soit assâ pour ne priétendre pas le payer de ceste m»nojre. Il n'en voulust pourtant rien dire ny rescrire o France, qu il n*y vist plus dair*

Trois jours après il eust une setonde audieacc. dans laquelle il commença à parler de la promotioe, et à .représenter bi/efn amplement au Pape toutes Ici raisons qui pouvoient T obliger de la feire, lecudL nal Mazàrin estant en France ce qu*il y estoît, et b France en Uestat qu'il sçavoit. Snrquoy le Pape luy rer pondit qu il avoit desja beaucoup fait pour la Fhacr sans qu on y eust correspondu, exagérant fort la gnc^ faite à la maison Barberine , dans laquelle il avoit, et disoit-il, abandonné sa propre réputation pour corner ver cdle du Roy, engagée, ce disoit-on , à leur protection. Ce que le maixpiis de Fontenay luy avoua esbt foit considérable ; que la Reine Testimoit aussy be»coup, et luy avoit bien expressément commandé it Yen remercier, et de luy en tesmoigner son lesseit* ment : mais que s*il vooloit regarder à ce que daosk mesme temps elle avoit voulu faire pour les sien», v ne le trouverpit pas moins digne d'estre compte' ttrf pour les choses que pour la manière , qui estoit toot-» fait obligeante et extraordinaire; car outre ledondf Fabbaye de Corbie, Fnne des premières de FrawY. qu*elle avoit fait à son neveu, elle avoit voulu lais^ au prince Ludovise le revenu de la* prîncipsulr^

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Piombino, et le traiter comme faisoientles Espagnols, sans l'obliger à les quitter. Et sur ce (^u'il avoit refuie' de le recevoir de la main du Roy, de peur de les offenser, Sa Sainteté savoît bien qu'au lieu de s'en scandaliser, comme d'autres eussent peu faire, on luy avoit pro[josé de le prendre pour luy, et d'en disposer api n comme il luy plaîroit. Que s'il l'avoît aussy refusé, et ijue son neveu s'estant majie' eust quitté l'abbaye, l.i Reine n'en devoit pas avoir acquis moins de me'rite envei-s Juy, puisque ce n'estoit pas sa faute; mais que ce ne seroît pas les seules cUoses qu'elle feroit pour les siens, pourveu qu'il voulust aussy faire celles qu'on Itiy demanderoit, et principalement une aussy aisés comme la promotion de l'archevesque d'Aix.

A quoy il respondit que les jalousies d'entie le^ François el les Espagnols e^toient telles, qu'on ne pimvoit pas faire une grâce à l'im que l'autre à l'heure iiiesme n'en demaudast autant; joint qu'il avoîl tousjours semblé à ses prédécesseurs de dangereuse conséquence de taire des cardinaux pour les princes hors de leur rang, en quelque rencontre que ce peust estre, Paul V l'ayant refusé eu faveur des mariages de Fianceet d'Espagne; et, despuis peu encore, Urbain pouiceluy de l'Eraperem- avec l'Infante d'Espagne, bien qu'on l'en preasast fort. Surquoy le marquis de Fontenay luy dist ({u'tl le list donc à la nomination de Poulongne, parceque cela leveroit toutes les dillicultés; car il faut sçavoir que le cardinal Mazarin, désespérant de pouvoir gagner le Pape, et ne se voulant |)oint servir de la nomination de Franco, pour se niuntier buii uiesnagcr des grâces de la Reine et soigneux de l'înteiebt des François, auxquels ccit hoonctu

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appartenott) il avoît cherché Texpédient de faire nommer son frerè par le rôy de Foulon gne, comme vo moyen 4ssoi^ pour Testré^ et- (ce qui luj en plaisoit le plus) malgré le Pape, et sans luy €d avoir d'oblîgition. Et on tient mesmé que ce qu'il fist donner par le Roy à la princesse Marie quand die eqpovsa le n^ de Poulorigne, ce fhst pour avoir ceste nooninatioa.

Mais le Pape maintenoit que k roy de Foulon^ n'àvoît point ce drok là , le concile n'ayant enCendn qu'on en donnast aux i^oys que pour ceux de. leur nilion y et que les papes n'avoient pœnt aussy touIu soofirir qu'ik en nommassent d'autres : tesmoin monseigneur Yisconti que le roy de Poulbngne avoit nommé, et\]ui fust refusé; joint que le prince Casimir', son frère, venoit de Testre. Â quoy le marquis de Fontenay respondit que tout le monde sçavoit bien qne monseigneur Visconti n'avoit point est^ exdu par le manquement dé droit du roy dé Poulongne, mais parceque le cardinal .Barberin ne Faimoit pas, et qu'il sembloit que les Espagnols, en faveur de ^i ce roj Tavoit nommé, eussent cherché ceste voye pour le faire cardinal malgré luy ; mais que Gr^oire xv avoit fait le cardinal Torres (0, romain , à sa nominatioo. Et quant au prince Casimir, qu'il ne le devoît poii^ mettre en ligne de compte, puisque ce roy là seroit bien malheureux* s'il ne pouvoit obtenir pour son frère ta mesme grâce qui se faisolt tous les jours aux phs petits princes d'Italie.

Après quoy le. Pape sevonlust encore deffendre par une autre raiion, disant qu'il n'estoit point en estât de

K*^ Le earâinal Torres : Côme de Torres , fait cardinal tm 16». moimii en 1643.

POLI L'KLEtrrioK ii'iKFiu<:BifT K. [1647] ii"] liiir« une promotion, n'y «yant ic[oe six places vacanle»; et qo'estant oblige d'y txMnprettdre les princes, parceque c'estoit leur mng, quand il n'en dooneroit qu'à la France, à l'Espagne et b Venise, comme il ne s'en pourroit pas dispenser, ii n'en resteiY>it que deux pour luy ; et qu'il n'en ft-roit point qu'il n'en peust aToir davantage. Mais le marquis de Fontenay ïuy i^e*pondit que sy rien que cela ne l'en empeschoît, il U ieroit dès lors , en pouvant avoit quatre et non pas deux, parceque la république n'en nommant jamais, les Vénitiens passent tDusjours |x>ur créatures de cenx qui les l'ont, et que l'arclievesque d'Aix seroît autant îk Iny que tout autre qu'il pourroit fiiire; le suppliant d'y bien penser, et de ne le contraindre pas de venir souvent H ses pieds jxjur une cliose sy raisonnable, et dans laquelle il s'uhlîgeroit autant luy-mesrae que la Reine et le raniinal Maxarin , pouv Ick grandes reconnoissances qu'ils en preiidroient; exagérant fort t'estat anquel le cardinal ettoil auprès de la Heine et de M. d'Orléans, pour le dc'tiomper de tout ce que les l:^agiioU*-t leuiï partisans luy disoient au contraire, luy oITialit rie convenir dès ceste lieure Ik des choses qu'on luy donneroit quand la promotion seroit (aicte, et y ajoutant combien luy-mesme avoît condamné le pape Urbaitj, lorsqu'il luy voyoît refuser de faire le cardinal Mazarin et le cardittal Monlalte, et toutes les autl-es choses de pevi de conséquence que le Roy et le roy d'Espagne luy demandoient, l'asBiirant qu'on le trailoit présentement de mesme, et qu'il n'y avott nul prince d'Italie qui ne le Idasniast d'avoir attendu jusques à cpsie heure, devaTif l'avoir feit dte que M: 4e (Jremonville l'en ^Upplift. '•w^- ' t^ ■ -■i''dht'^-

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Toutes C6S contestations se firent néanmoins dételle sorte; qu'il semkloit plustost que ce fbst une simple ôbn^ersation qa*nne dispute; et quand le marquis de Foiitenay s'en alla, il luy teemoigna de nouveau tant d'amitié, qu'il eust phis d'espérance que jamais que ses afiairesiroiên^ bien».

Quelques jours après ceste audi^ice^ rarchevesqae d'Aix arriva , auquel le Pape (ist foit bonne diiere, et kiy dist entre autres choses qu'il a voit esté fort aise qn'oo luy euBt envoyé un ambassadeur avec' lequel il estoit assuré de se bien accommoder. Ce qui obligea le marquis de Fontenay^ pour se prévaloir de ceste bomie disposition /et ne laisser point le Pape en repos qu'il né t'eust contenté^ de demander à le voir : ce qui ne luy fust pas seulement accordé , mais avancé de deux jours plus tost qu'il ne l'esperoity.le Pape ayant voulo que ce fust devant la procession du Saint-Sacrement, de peur, ce dist-il, d*estre sy las quand il auroit fait ceste fonction , qui est longue et pénible, qu'il ne peost le faire de longtemps après.

Le marquis de Fontenay estant arrivé, commença par des remerciements de la bonne réception qu il avoit faite à Farchevesque d'Aix, l'assurant du ressentiment que la Reine en aui^oit , et ajoutant que cela luy faisoit croire qu'il avoit bien pense à tout ce qu il lui avoit représenté dans sa dernière audience, et qu il ne feroit plus de difficulté de luy accorder ce qu'il luy demandoit. Et comme il l'en pressoit foit , il respondit qu'il estoit vray qu'il y avoit bien pensé, et y pensoit continuellement; mais que plus il le faisoit, moins s'y pouvoit-il résoudre, pour les raisons qu'il luy avoh ' desja dites, et considérant que la Reine et le cardinal

POUK l'élection b'iHHOCEMT X. [>fi47] 3*9

Mazarin n'estoient pas les seuls qu'il deust conlenler.

Or ces difliculte's ne veaoienl pas seulement de l'immeur du Pape, et de ce qu'il aimuit naturellement à temporiser, comme font quasy tous les Italiens, et les Romains priucipalement, ny mesme pour faire valoir davantage la giace qu'on luy demandoit) mais encore des Espagnols, lesquels aidés du cardinal Pancirule son principal confident, et du prince Ludovic, qui avoit espousé une de ses nièces, luy donnoîent tant d'apprebensioD qu'en perdant l'iispagne il ne gagneroit pas la France, le cardinal Mazarin estant un ennemy iiTéconcilialile, qu'ayant l'esprit partagé entre ce qu'ils luy disoient et toutes les assmances que luy donnoit le marquis de Fontenay et les glandes promesses qu'il luy faisoit, il ne pouvoit se résoudre a dire ny ouy ny non, cherchant tous les jours quelques moyens de différer.

C'est ce qui dura environ un mois, pendant lequel, bien que le marquis de Fontenay n'eust pas encore eu son audience publique à cause que ses carosses n'estoient pas faits , et qu'il n'y pouvoit aller^que les aprèsdisnées et inconnu, le Fa|>e néanmoins ne refusoit pas de le voir toutes les semaines, de le soulli ir auprès de luy autant qu'il vouloit, et de luy donner tousjours quelque marque de sa bonne volonté ; comme une fuis entre autres qu'il y avoit esté fort longtemps, et qu'il luy en faisoit des eicuses, disant qu'il ciaignoit de l'avoir ennuyé, il luy respondit piumptement : <■ Et comi> ment se pourroit-on ennuyer avec un amy? «

De soite que les difficultés qu'il luy faisoit, ny les Li'uits semés par les Espagnols qu'ils avoient parole qu'il ne feroit rien, ny tout ce que quelques François

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