‹ Mémoires, publChapitre 38 sur 45 · L^^7] ^^ Q^^ *^ PASSA · texte numérisé non relu

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inesme, qut> jaloux de ce que sa conduite, qu'ik n'avoient pas tenue , pourroit xéussir, euiseni: bien voulu luy en &ire prendre une autre^ afin qu*il lùy en airivast comme à 'eux, luy dhoient qu'on ne dierdioit qu'à Vamuser, ne i'estonnoient point; et il n'y avoit que les. lettres du cardinal Masarin et les inquiétudes de son frère qui luy donnassent de la peine et de Fem* barras.

Car céluy-cy, trouvant les jours dussy longs que des années, ne se contentoit de nulles apparences, et ne pôuvoit estre satisfait que par le bonnet; et l'autre vouloit tousjours qu'on se prëvalust de la nominatioD ue Poulon^e, qui estoitson ouvrage , et*<pi'on menaçast, s'imagtnant que le Pape se réduiroit piustost par ceste voye que de toute autre façon , encore que, par l'exemple du cardinal Grimaldy et de l'abbé de Saint- Nicolas y il en deust estime détrompe 4

Mais le marquis de Fontenay s'estant bien armé contre tout cela, ne changea point de conduite, et se résolusl seulement, un jour qu'il trouva le Pape de bonne humeur, pour essayer d'en tirer le pins d'assurances qu'il pourroit, de luy faire de grandes plaintes de son malhetir, de ne luy pouvoir persuader une chose qu'il faudroit à la fin qu'il fist, mais qui ne Inr seroit avantageuse qu'en la faisant promptement et de bonne grâce ; et qu'il falloit nécessairement que ce fost sa faute , ne luy ayant pas sceu assés bien représenter le grand interest qu'il y avoit, Surquoy le Pape, pour se defiendre encore un peu j luy respondant que tout le monde n'estoit pas d'accord qu'il luy en deust arriver autant de bien qu'il disoit, il luy répliqua que ce ne pou voit estre que les ennemis de la France qui n'es-

POUR LÉl.ECTlOf» li'luanfK.tT X. [lf>4îj •'■^'

toieot pas croyables en ce qui la regardoit. Et s'estnnt fort estendu sur cela, il l'assura tant de fois du sentiment et de la reconnoissance qu'en auroient la Reine et le cardinal Mazarin , et le pressa sy fort, que comme s'il eust esté vaincu et persuadé de res raisons, il luy dist qu'il se fioit tellement en luy et avoit sy envye de le contenter, que puisqu'il n'y en avoit point d'autre moyen , il feroit donc la promotion , et l'archevcsquc d'Aix cardinal; et qu'il en puuvoit assurer la Heine et le cardinal Mazarin; mais qu'il avoit encore besoin d'un peu de temps, et qu'ils eussent patience.

Par lesquelles paroles, bien qu'il ne se fust pas oblige' de faire la promotion aussytost qu'on desiroit, il s'y estoit au moins engagé : ce qu'il n'avoit point encore fait. Cest pourquoy le marquis de Fontenay creust s'en devoir contenter et le bien remercier, ne doublant point, puisqu'il ne Keioît plus question que du temps, qu'il ne se peust abréger, et qu'il ne gagnast tous les jours quelque cliose pour cela dans les audiences qu'il auroit.

Mais afm toulesfois de se mieux assurer qu'il ne Iny manqueroit pas, et éviter toute contestation sur le plus ou le moins, il luy dist qu'estant obligé de rendre compte a la Beine de tout ce qui s'estoit passé dans cestc audience, et ne voulant rien mander qui luy peust desplaire ny qu'il peust désavouer, il le supplioil de voir s'il se seroit bien souvenu de ses paroles, et les re'péta mot à mot. Dont estant demeui-é d'accord, îl y ajousta encore que croyant que la Reine aimeroit bien autant que ce fust k sa recommandation qu'autrement, il essayeroit de Iny donner satisfaction de ccste sorte là.

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Or^ bien que cela fust contre les ordres du caixlinal Mazarin, qui vouloit se prëvaloir de la nomination de Poulongne, parceque ayant, comnoie j*ay desja dit, fait beaucoup donner à la reine de Poulôngne en ceste veue là, il ne vouloit pas perdre son argent, ny avoir encore à en donner au Pape, et luy estre oblige; et qtt*on jugeoit bien auss^ qu^il en feroit autant pour le roy d'Elspagne, la coutume estant de longue main establie à Rome de traiter les deux rois également, ainsj qu il s*estoit veu en la promotion du duc de Lerme et du cardinal de Retz , et despuis en celle du cardinal de Valançay et du cardinal Lugo : le marquis de Fontenay néanmoins creust y devoir acquiescer, et qQ*il seroit blasmë à jamais sy le Pape luy ayant promis de sy bonne grâce une chose pour laquelle il y avoit sy longtemps qu'on travailloit, il en laissoil passer Toccasion, et la perdoit pour la vouloir à sa mode: c'est pourquoy il l'en remercia , et l'assura que la Reine et le cardinal Mazarin le feroient aussy, et en prendroient, comme il luy avoit tousjoui^ dit, toute la reconnoissance possible.

Surquoy le Pape, qui vouloit que cela s*entendist principalement des revenus de Piombino, luy diit qu'il seroit fort oblige' à la Reine des biens qu'eUe feroit à la princesse Lu dovise, qu'il aimoit tendrement, ayant presque esté eslevé enti'e ses bras; et le priant de regarder aux ipoyens par lesquels cela se pountut faire, sans préjudicier à l'engagement auquel se trouvoit lors le prince son mary avec les Espagnols, d'autant que, ne pouvant pas en sortir avec honneur, il ne le feroit pas aussy, pour quelque interest que ce peust estre. Despuis cela il^fist servir Tarchevesque fAii

poua l'élection d'innocbkt x. [>647l ^^^ d'evesque assistant dans tous les clmpîti-es {|n'il y eust.

Le marquis de l''ontenay voyant la promotion assurée, et qu'il n'auruJt plus qu'à la presser, jugea bien que les Espagnols, qui prenoient ceste aflnire an point d'honneur, voyant qu'ils ne la pouiroient empesclier, reraueroient ciel et tene pour du moins la retarder : c'est pourquoy, dans l'audience qu'il eust quelques jours après, il creust devoir prévenir le Pape, el luy représentant leur mauvaise volonté contre la France, empescher qu'il ne se laissas! surprendre. Mais il luy tesmuigna qu'il estoit trop liieii iuslruit de ce qu'ils sçavoient ffiire pour en estre abuse; que la seulechose qui le mettoit en peine estoit de ce qu'ayant tousjom-£ proteste' qu'il ne feroit point la promotion s'il □e la croyoit utile nu public, on luy reprocliuit desja, voyant qu'il inclinoit Ji contenter la Reine, qu'il ne s'en sonvenoit plus, ou bien qu'il pensoit que les intcresls de tout le monde estoient enteime's dans ceux du cardinal Mazarin ; que toutesfois il esperoit faire taire les iispagnuls, en leur donnant aussy un cardinal.

A quoy le marquis de Fontenay respondit que la peur qu'on montroit avoir d'eux estoit ce qui les gastoit, et qu'autrefois on n'en usoit pas ainsy, dont ou ne se trouvoil pas plus mal. « Il est vray, dit le Pa]>c; « mais ce sont les derniers exemples qui obligent le n plus à s'y conformer. « Ce que le marquis de Fontenay ne contesta pas davantage, d'autant mesme qu'il ne sçavoit pas, quand il eust eslt! en son pouvoir d'enipescher qu'ils n'en eussent un , sy on s'en fust dcu sei-vir, les Espagnols se pouvant bien plus <louvenl trouver en estât de profilei' de eut exemple que le Hoy, ï cause de ce qu'ils ont en Italie, (l'est [Kturquoy il ne

temps; après quoy ils s*aitsurerent anssy de qui est daaa U lenre ferme.

Geste prise qr pem atteodne estonna teBfmenl k Pape, qoè ceux qui vouloiaot son accamiaedsaat avec le Roy eurent alors moyen de Faboider, ci de luy repridseatcr le hasard oil ilie metloît samBéo» site, In Espagnols estant de toda ooalés sy ma) en Joe affairés qu'ils ne le pourroient pas secourir. Etko^ dinal^wla entre autrea, àuqueLil raoowoil too^ov dan3 toutef lea diosea eq)inease»y Fen ayant fort dt cil)tf , il se fësolnt de céder à la bonne fcrtnae de b France. De aorte -qu'il se rat on traite par leqa^ le Barberins eurent main4ev<e é& toue leiin bîem, s furent restablis dans leur» cbsurges, pour les ennv qnabd fis aéraient à Rome; et. le Roy pramist imvoyer up jnnhassadeup , lequel le Pape voaloit m toutfe chose», afin de mettre son élection toul-à-faili oouTett,

Or le nonce ayant fait ensuite entendra que p a y envoyoit une peràMinf agréable (ear le Pape se pis* gnoit extrêmement de Tabbé de Saint^lficolas), ceqtt le cardinal Mazarin prétendoit s'obtiendroit binfb faqilement; il fist aussf eonnoîetre ^pie le maïqaii a Fontenay, qui y avoit desja esté, y poonoîtai^ servir que tout autre, le Pape l'ayant oenna et v^ pen^^mt son ambassade. Maie W oardînal Hssa* croyant qà'il |i'y voqdlt>it pas aller ay. en ne kj ^ noit que des paroles, ne Iqy en dist vien, pnqanàs que le père Masartn son frère, aaqud le Hej ^ nouvellemeat donné farcheiBesc^é d*AijL, poar Is tii' hcMinestement de sa charge de nsaietre dn sacré pii>^ de Tinténest duquel il s'agîaseit ausay bien qae ^^

POUR I.'éLECTIUIi l/lNNOCEMT Jt. [iGi?] M-l

parler aux ministres qu'il avoÎL à Home, mais ifu'il I'avoit encore fait demander par son noDce au viceroy de Naples, et qu'ils avoient tous respondu n'en sçavoir rien , et déclare' qu'ils ne croyaient pas qu'aucun l^pagnol ny Italien descendant du roy d'iispagne l'osai accepter sans sa permission. Surquoj il leur avoît dit qu'il pagseroit donc outre, et feroit la proniotion laus eut ; mais qu'ils l'avuient tant prié de les traiter comme en pareil cas les François l'avoienl esté, car Paul v voulant fairy M. de Marquemont cardinal, lorsqu'à U prière du roy tVIispague il fist la duu de Lerine, et luy s'en estant eicusé, il eost le temps d'en avertir le Roy, eldesçavoir sa volonté. Et d'auLant, ce dit-il, que leutcourrier ne trouveroit peut-eslre pas la mer propre, ou le diroit, il avuîl pensé, pour leur oster tout prétexte de retardement, que ce leroit un des siens qui troit, et qu'il le prioit de luy donner un passeport afin qu'il allâst tousjours par terre, et peust revenir à point nomme ; l'assurant que, de peur qu'on ne l'arrestast en Espagne plus que de raison , il ne donneruit qu'un mnis de temps pour aller et pour revenir, et protestant que &'il ne luy rappoiLoit contentement, îl feroit ce qu'il devoit.

Smquoy le marquis de Fontenay se trouva d'abord t>ian enipesdié, craignant que ceste peimissioo de passer par la France ne fust plutost demandée par les Espagnols que par le Pape, et pour avoir des ordres sur ce qui se passuit à Napies, que pour la prumution ; joint que puisque le Pape, «près tant de promesses cl d'assurances de ne déférer point à tout ce qu'on in-r veaberoit pour la retarder, ne laissoit pas de le faire, il pourroit bien aussy manquer k tout le reste de ce

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