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qu'il luy avoit promis , et qu*îl verroit enfin que les avis qu'on luy avoit donna estoient bons, et toutes W paroles du Pape des illusions et des fables.
Mais ayant aussy considère que les désordres de Naples avoient peu estre mandés en Espagne il j avoit desja plus de quinze jours, et que sy le Pape, au lieu de luy dire franchement son dessein , luy evtA seulement promis de faire la promotion dans deax mois y envoyant cependant en Espagne poiir faire de oe costë-là toutes les diligences qu*il voudroit, il s'en seroit contenté et tenu fort heureux; il pensa que le plus expédient estoit d'y consentir et de promettre le passeport, à condition toutefois que le courrier passeroit par la cour, et le suj^liant de considérer qu'il avoit plus de peur des Espagnols qu*il ne disoit, et qn*il estoit fort à craindre que, voyant comme il les menageoit, ils ne prissent de la hardiesse de faire naistre des difficultés, qu'il ne pourroit escouter sans que la Reine, à qui il avoit mandé toutes les paroles qu'il luy avoit données, ne s'en tinst griefvement offensée. A quoy il luy respondit qu'il n'avoit pris ceste résolution que ;pour garder la balance, et oster tout subject de plainte aux uns comme aux autres, ainsy que ses pr^ décesseurs avoient fait. Que sy le roy d'Espagne, itconnoissant mal la grâce qu'il luy faisoit, en voideil abuser ; qu'ayant fait de sa part son devoir , il en seroit deschargé devant Dieu et les hommes, et s'en lavant les mains, feroit ce qui estoit raisonnable; luy répétant cela plusieurs fois, et qu'il en poavoit assurer la Reine et le cardinal Mazarin.
Ensuite de cela, le Pape luy parla des grâces qu'il poun*oit recevoir de la France, et luy dist que plu-
vavB. LÉLBCTion ii'ibhoceht x. [164?] 337 sieui^ personnes Juy avoîent voulu persuader qu'avant toutes choses il s'en devoît assurer; mais qu'il les laisseruit à la disposition de la Reine, aimant mieux avoir peu de sa bonne volontë, que beaucoup davantage de toute autre sorte. Dont le marquis de Fontenay le loua et le remercia fort, l'assurant que moins il y mettroit de conditions, plus la Reine seroit obligée de le satisfaire, et de montrer qu'elle ne se laisseroit jamais vaincre à personne par tes bienfaits.
U ne faut pas oublier de dire que le Pape n'envoyoit pas eu Espagne pour contenter seulement les Espagnols, ainsy qu'il le disoit,%iais encore pour obliger le roy d'Espagne , par ceste déférence , à consentir que ce fust le comte d'Ognate, son ambassadeur à Rome, <|ui fust fait cardinal, employant tousses oliices pour cela, parcequc ce comte, qui le vouloit estre aussy rt Quelque prix que ce fust, avoit assuré la segnura Olimpia (0 qu'il avait cent mille escus pour mettie en lieux de monts ou en offices vacables quand un est fait cardinal, aussytost que sa promotion seroit assurée.
De sorte qu'elle, qui sçavoit bien qu'on ne tîreroit pas un escu de tout autre Espagnol que ce fust, dévorant desja cesti- grande somme en imagination , sollicîtoit continuellement le Pape que ce peust estre luy ; mais tous les ministres espagnols, s'y uppusuient, suit par jalousie, ou bien, cooime ils disoieot, parceqtie cela l'avait empesché d'agir dussy fortement qu'il pon- Toit contre la promotion de l'afclievesque d'Aix, se
[.<) La legmtra Ollmp «nt ï, BV^it ™r II- Pii tilic le plm indJCPDt
persnacUnt qu'elle ne seroit )«nais ftiîte if il ensi bien
fait so« devoîn
Lan^e le Pape se rëtolust d'envoyer éb Esfiagne, le n^utjiiift' de Ponteftajr a-nToit piotDt enoare eu de rtsponse dU' cardinat l^azarin tar tout ce qu'il aveél n^deié, el ne sçavoit comme iirautioitppîai de aoHt qu'il en estoît foit eu peiùev Mais il: &k eoat bieittat après dès nDuvëUes par léfequell^e il elesBpprtmTeît Isal ce qui s'estoit fait, ue i^oulanlr point, quelques hùssM qu'on luy eusl all^uâesyqu'on ppist le chfiÉgeipiur la pH>motion^ de peur, oe disoit-il, cfoffei»er le roy dt Poulongne y des intërestsfUqoel, à^ce regaixl^ il falkil avoir autant de sein que de ceux du Hoj, ny compter pour une grande gcace qu'od fist son. frère caidiaài, puisqu'il h'estoit pas le .premier^ èft queceluy diLCsiv dinal de Richelieu l'a Voit hien esté, et ^sana tant ib façous) jointe ce disoîl-il, qne, les Espagnols anrami un Espagnol, et les François un Itaiien j ce qui ssroit tout-à-fait disproportionnë, et honteux pour laFmcei Gb ({ui ewst peu apurement réy»ltér le Pape etio» pre pour jamais tout ce qui s'estoit fait, s*il en eoil descouvert la ni(oindre oboaef ca^ en effet c'estoit bien de quoy vërifier ce qa'onltiy avait toujours dit, ose le cardinal Mai^aiiiii » persuadant que txmjL Ipy esUÀ deir^ neà'obligeoit de ri^ ^ et qu'il li!en aerokpasoiieiix avec luy ny ^vec la Franchi
ftfais }e niniVjtiis de Fontenay droyant qujL aenal tousjours.agsësà tempsde le4ire, sy le cardinal pei»toit à le vouloii^, aprèe qu'il auik>it aceu <|u*il n'y afoit personne à Rome qui creust possible d'obtenir la promotion à la nomi^^tion di^ Jpbulpngn^ tant pour Fintéresl présent du Papequepour la con»équuei¥:e^ estant rei-
pouB LÉutcTioN b'isnocewt k. [1647] ^1> taia qu'il ne voudi'oit jama'ts perdre le gré qu'il ea espëroit. ny laisser establir un droit poui- forcer à l'av^ nir les papes à en qu'ils ne voudroienl pas ; tVieiapIe du cardinal Ton'es ne fais^ml rien contre luy, n'ityant esté fait cardinal que par le cbuix mesme du Pape, qui prislceste couverture poursf^desliTrerderengagemvnt qu'il avuit avec d'auties qu'il vouluit moins que luy. Que quand les alFaires se disposci-oîent de telle sorte fpi'oQ pourroit l'obligor à y Lou^îeutir, il faudi'oit après cela cumbaltre pour le tenjps, dans lequel, s'il n'avoit pas plus de cuniplaisaoce pour la Heine qu'elle en auroiteu pour luy, il luy serait assez aisé de le faire aussy longtemps attendre que le pape Urbain uvoit fait poni' la sienne; pendant quuy tant de choses Jmpréveues et capalilea ,d'en empescUer l'exécution puurmieiit airi- T«r, qu'il ne cioyoit pas qu'on- lùy pnust consnller d'en prendre le hasard.
Et quant au cardinal de Lion (*), qu'il i'avoit vëritablement esté, mais avec des circonstauces sy dilfôrentes de celles qui se trouvoieiit alors, qu'il n'y pouvait avou' de couip<iraû>un ; comme entre autres que c'avoit este k la nuininalion du Roy, pour récompense de la prise de La Bochelle^qui estoit infiniment agréable à Rome, et par un pape qui aimoit la France.
Ou celle de l'archevesque d'Aijc se feroit par un
pape accusé de ne la pas aimer, eu vertu désavantagée
qu'où emportoit tuus les jours sur les espagnols, dont
il estoit fort fasché, et sans la nomination du Roy,
I poui' laquelle il demeurull tousjours on droit d'en
■ demander un autre, ^ la première po'omotion qui se I feroit-
■ (0 Carilinnl Je Lion - le finre ih> cardinal de Richelk'u.
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Que le sa'upule><|u'il avoit, que sy on faîsoit un Es- |>agiiol il saroit honteux à là France, parcequ'elle 11 auroit qu'un Italien ,.ne se devoit point considérer, estant |>ien ceitain que cela se regardoil touf autrement à &pme, et par. les Espagnols mesme , qui avoient une telle jalousie que ce &ist son. frère, et rapprebendoieBt sy.iort, qails consentiroient volontiers que ce fuA an FxUQÇQÎsau liçu de luy, et croiroiént y avoir beancoap gagQjé, tant parceque de faire deux fi?eres nonobaUnt la buUe ; qui le dë£éndoit> sans autre raison que finstance que la Beine et luy en faisoient , montroit plus de orédît qu'ils ne Voùloientquïls en eussent à Rome, que parcequils craignoient que le P&pe, ayant oommenqé à le$ obliger, ne voulust continuer. . .Cependant comme i^lujûeurs personiues continuoient àcUbreque les Espagnok ne voulant point - la proaialion, ils y apporteroient tant de <lifficultës que le Pape nç pourroit ou n'oseroit là faire, le marquis de Font^nay isie résolust de s'en esdaireir tout-à-fait dans b première audience qu'il eusl, sondant le Pape m toutes les choses qu'on luy. pourroit aUëguer. Mai$ parceque le boa estât des afiaires du Roy estoit la meilleure raison qu'il eust pour l'affi^rmir dans sa resoJir lion et aster. crédit aux Espfignols, il creust à propos de commencer par luy en faire une peinture, luv itpresentant comme les Espagnols éstoient foibles partout, et mesmement en Flandre, où après avoir fait tous lèars derniers efforts, leur arinée Vestoit ruinée à la prise de deux petites places, pendant que celle do Roy,, ayant : pris La Bassëe et Dixmude, qui estoiei^ bien meilleures et plus avancées dans leur pays, sV toit sy bien conservée,, qu'on estoil demeuré le maistit
ruLii l'élection u'iKMocEXT X. [1647] ^4 ' de la campagne, et ea pouvoir de faire telle autre entreprise qu'on vou droit.
Il luy représenta encore la gtande union qui estoît dans tout le royaume, M. d'Orléans et M, le princp, la noblesse et le peuple ; et qu'ils ne conspiroieni pas moins au bien de l'Estat que la Reine et le r^i-dinal Mazarin. Qu'il ne doutoit pas que les Espagnols n'essayassent de donner une autre face à tout teTa; mais que s'il s'en faisoit Informer par des personnes non suspectes, il ti'ouveroil qu'il disoit la vérité, et que les Espagnols ne cherclioient qu'à la desguiser.
Et pour revenir enfin à son subject, <|ue s'ils dfscrtutent les François et tout ce qu'ils faisoient, qu'il devoit s'assurer qu'ils ne le traitoient pas mieux quami ils parloienl de luy, disant qu'ils cstoient bien certains que quelque priime&>e qu'il cust faicte, il ne la ttendi'oit point, tant parcei]ue le courier qu'il envoyoît lie revicndroit de trois mois, et ne rapporleroit point le consentement du roy d'Espagne , que parceque, <|uand cela ne sufiiroit pas, ils avoicnt encore l'Einporeur, qu'ik y feroient intei venir, et qu'il ne voudroit ou n'oscroit pas iiiécootenter, et se mettre tout à la fois deux telles puissances sur le» bras.
Ce qu'il avoit creu estre obligé de luy dire, parce- «ju'ayant par son commandement mandé à la Heine toutes les paroles qu'il luy avoït données, il ne pourroit y manquersans l'offenser au dernier point, faisant voir qu'il la consîJéreroit moins que le roy d'Espagne, et sans le ruiner de réputation, lity qui estoil tant son sei-viteur, pour avoir esté sy mal lifbîlc que de s'estre laissé abuser.
A ijuoy le Pape lui lespondil qu'ayaut esté une aulre