Q^^ ^* PASSA
fois à Roine , il devoit estre asaés informé de ce cpe sçavoi ent dire lès Espagnols ea seniblableB renoontra, pour ne s'en pas estonner ; qu'il estoit ^rBy qu ib «voient fait tout leur pouvoir pour «mpescjber la promotioD, et que le voyant impossible, ils Injr airoient defkumdé une place pour l'Empereur ; qu^H avoit envoyé eo Espagne pour satisfaire à ce qu'il avoit jugé raisonnable; que sy k roy Catholique ^i vouloit profiter, il en s^ roit bien aise; mais que s'il ne le faisoit pas, il spvoit bien comment il en devoit user. Et enfin qu'à lay avoit fait plaisir d'escrire tout ce qu'il luy avoit dit, et qu'il l'obligeroit de continuer et de s'en rendre garant, paroequ'il ferait infailliblement la promotion aussytost que le courier serait de retour, ou qu'il le devroit estre; et qu'il s'assurast de plus que sy ce d'svoit esté son intention, il ne J'auroit pas engagé a k mander, connoissant bien de quelle importance ceb luy pourroit estre, et l'aimant trop pour luy faire mal, quelque avantage qui luy en peust arriver. Après quoj le marquis de Fontenay ne creilst pas devoir douter de rien , ny pouvoir prendre de. meilleures précautions.
Cependant il ne luy venoit point de lettres de la cour qui ne fussent du style des premières., le caitlinal Muarin s'opiniastrant à la promotion des princes pour les mesmes raisons qu'il avoit desja mandées , et de peur que M. le prince, qui vouloit que son firere (0 fultca^ dinal, n'eust subject de se plaindre^ l'en voyant fort eslongné s'il falloit attendre une autre promotion.
Qu'au reste il trouvoit bien estrange de ce qii*il sembloit qu'on ouiQj|ast toutes les autres afiaiies pour celles de son frère,' ne se parlant point de odks d^
(O Son frett-t le pfinoe de Oonti.
POUR L'ÉLtXTInl» u'iM-IOCEÎft X. [1GÎ7] H^S
Barberios, ny du nonce qu'on «stuit prest d'envoyer , et sur le olioix duquel il se U'ouvoît beaucoup île dilliculte, cotnmesy ces clioses estoient moins importaotes ; joint que le Roy ayant fait son fiere viceroy de Cal»luDgne, et M. le prince en voulant revenir, il falluit nécessairement 'juil y allast.
De quoy le luai^iuig de Fontenay ne s'estonnont pas, il jugea devoir tuiisjuuis allei' son tmin, justjues à ce qu'on eust respundu aux raiiiuns qu'il avoit mande'eï^ ; ctquaatà l'arclievc5qiied'Aix,il nevoulnat point pajtii', <|uoy qu'on luy esa'ivist,ifue»>on atraii-L-ue fustachevi^.
Mais pour faire voir l'eiiprit du cardinal Ma^ariu, et le de'savaiitage qu'il y « de seivir sous deB gens de tioii liiUQGur, nu luesnie teupii qu'il escrivoit tout cela au marquis de Fonleii;ty, il iiiandoil tout le contraiic au signoi' Paul Macarani , qui esloit fort de tes amiA et as6^ bien avec )e P»\>e ; l'assurant que sy on faisoit l'arclievesque d'Aix cardinal k la recommandation de la Keine , il en seroit bien plus obligé que de tonte autre façon que ce lust, le priant de le dire au l'api- et de Iny donner la lettre qu'illuy user i voit, qui jiortDit la mesme cbose. Ce qu'il ne puuvoit avuii' fait, sinon afin que quand le marquis de Fuotcnay iroit à l'audience, et feroit tnutes les dillicultt^s qu'on luy manduit , le Pa|>e, qui auroit veu l'intention du cardinal Mazarin parsetî prupres lettres, s'en mocquast, et ti'oiivant le niarquisde Fontenay mat informe, ne Uitîsast jias de [>aseer outrer par où il pnruistroit que ce seroit le cardinal seul qui auroit négocie et fatçt réussir son alTaire, et qu'il n'en auroit oltligation à personne.
Mais, outre la résolution qiw le marquis de Fuiileiiay avuit desja prise de oc te [las liaster i faire ce <pic
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le cardinal luy mandoit , et de disputer longtemps avant que de; se rendre , il arriva encore que le signor Paul, auquel le cardinal Mazarin n*avoit pas ose descomnir son intention et ses meschantes finesses ^Iny estant veon aussytost montrer sa lettre pour sTen rëjouir avec Iny, il ne douta plus de rien.
Su|* ce mésme témpsies Espagnols ayant appris que les carosses que le marquis de Fontenay faisoit Aire pour sa première audience publique ne poovoient pas estre sy tost achevés, s^aviserent jle dire au Pape que ce n*estoit pas cela q\ii le tenoit, mats un ordre expès qu'il avoit de n*y point aller que la promotion ne fbst faite : qui estoit le prendre par son sensible, et donna plus de peine au marquis de Fontenay que tout le reste de sa négociation; car il soupçonnoit le cardinal de vouloir plustost emporter les choses de force que de gré à gré, et ne le pouvoit souffrir. De sorte qu'il en fist de grandes plaintes h tous ceux qui ]e potivoient dire au marquis de Fontenay, et ne s'en pouvoit destromper, quelques protestations qu'il luy fist au contraire dans une audience qu'il eust expressément pour cela; et que ce n'estoit que par la faute des faiseurs de carosses, lesquels, quoy qu'il les en fiât tous les jours solliciter, ne les avoient point encore achevés, le suppliant d'y envoyer quelqu'un des siens pour voir s'il ne luy disoit pas la vérité.
Mais cela ne servant de rien, il fust enfin forcé de consentir que la promotion ne se fist point qu'il n'eost
esté à ceste audience, comme il fist le , où, après
les compliments accoutumés au nom du Roy et de la Reine, il le supplia qU^ puisqu'il luy avoit fait voir que tout ce qu'on luy avoit dit estoit faux, et que le mois
pouH l'élection d'immocemt X. [1647] *^4^
qu*il avoit demandé pour le voyage du courier estoit plus que passe ^ qu'il lui pleust faire la promotion ^ et de croire qu'il ii^oit grandement de sa réputation s'il diiféroit davantage, et qu'on vist que ses grâces seroient à l'arbitrage des Espagnols, les pouvant retarder ou avancer ainsy qu'il leur plairoit; le suppliant de se souvenir de^ tout ce qu'il luy avoit fait escrire en France, et que l'archevesque d'Aiz estoit obligé de s*en aller, M. le prince ne voulant pas davantage demeurer en Catalongne. ,
Ce qui n'empescha pas néanmoins que le Pape, faute de résolution plustost que de bonne volonté, ne le priast d'avoir encore un peu de patience, considérant que le détotu* de Paris avoit de beaucoup allongé le chemin du courier, et qu'il ne falloit pas mesme le prendre sy juste qu'on ne luy donnast quelques jours de plus que ceux qui luy estoient nécessaires.
Surquoy le marquis de Fontenay ayant longtemps disputé, et voyant qu'il n'y gagnoit rien, s'en voulust aller; mais le Pape le prenant par la main l'arresta, et luy dist fort sérieusement qu'il s'assurast qu'il avoit autant d'envye que luy que la promotion fust faite; mais que poiu: oster tout subject de plainte aux E^spagnols, il leur vouloit encore donner quelques ours, après lesquels nulle raison ny considération ne pourroit empescher qu'il ne la fist, luy redisant toutes :es choses qu'Q luy avoit desja dites, et qu'il en pouvoit rivre en repos : ce qu'il luy manda le soir mesme par e signor Paul Macarani et la segnora Olimpia, belleiOBtxr du Pape, par le marquis del,Bufolo ; de sorte qu'il m avoit toutes les certitudes qu'il se pouvoit.
Mais avec tout cela il n'estoit point sans inquié-
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Unie; car Tarchevesque d'Aix, e^aot le plus in^ûeol honune du monde , ne f^renoit nulle raison en payement, et le cardinal Mazttîn luy escrivoîjt iousjoiirs d*une mesme fafxni : de sorte qu'il voy oH bien que sy la chose manquoit^ on en i^eîtepoil «n Fnnoe taule la faute sur luy.
Pendant cela il receust des lettres dç la oour qui l'eussent mis dans un fuiieu^: embarras, sy le remède n'eust suivy de près; car le cardinal Masaria, après avoir rfceu toutes les despesches qui luy avoieat estésovoyëeSy et veu les raisons pour lesquelles on avoit créa devoir défisrer aux volobtés du Pape , et que Tardievesque d'Aix estant fait cardinal à sa nominatiçn, la promotion des princes fiist retardée , les avoit fait lire dans le conseil en présence de la Reines de Monsieur et de Mé le prince ) et fait ordonner à M«<le Bnenney secrétaire d'Estaty nonobstast tout ce qu'il avoit ociandé su Pape pai* Paul Macarani, d'escrire au marquis de {«"ontenay que le Aoy^ bien loin de se louer de tout ce qu'il avoît fait, s'en plaignoit extrêmement, tant a cause que c'estoit laisser en arrière les intéresis de la France et de M. le prince , qui vouloit que son frère fust cardinal, et ceux du roy de Poulongne, awfstd on estoit sy obligé qu'il ne falloit pas les abandoDoer, comme il faisoit , que parcequ'enoore il seroit d'os trop grand avantage aux Espagnols d'avoir un Espagnol lorsque les François n'auroient qu'un Italien , ^ que cela ne se pouvoit souffrir; de sorte qu'il blloï qu'en quelque sorte que ce fust il rompist tout ce qu il avoit fait, et s'arrestast à la promi^ion des cottrooofi> La Reine et le cardinal Mazarin escrivcnent asssjr af Pape en ce mesme sens.
pouB l'élbction d'inkocbmt X. [1647] '^4^ Mais de bonne fortune ces letlres, qui estoient du sixième septembre, et qui avuient esté données à un gentilliomme italien, auquel on avoit fait payer le voyage afin qu'il p: jjt I.i poste et list diligence, n'arrivèrent, parcequ'il n'alla qu'à ïeâjouruées, que le vingtseptième, et un jour plustost que celles du iï que l'ordinaire apporta, et qui estoieot tontes contraires^ la Reine et le cardinal approuvant tout ce qui s'estoit fait, et escrivant au Pape pour l'en remercier; le capcUnal, dans la lettre du marquis de Fontenaj', prenant pour pri^texte d'un sy subit cbaDgenient que madame la princesse luy avoit testnoigné qu'elle ne vouloit point que les interests de sou fils peussent nuire à ceux de son Irere ny empesclier son e^levation, et que le prince I de Conty attendroit bien une autre promotion.
Geste dernière despescbe estant arrive'e presque au I inesme temps que le courrier d'Espagne, le marquis de ) Fonteuay fust cheï, le Pape pour luy porter ces letlres, ^ et le supplier, puisque par le retour de son Courier toutes les dilGculte's dévoient estre levées, de tenir sa parole, et de faire la promotion. A quoy il respondït que c'esloit aussy son dessein , et que devant que de promettre il y pensoit bien , mais qu'après cela il n'y luanquoit jamais. Puis, parlant de la response qu'il avoit eue d'Espagne, il avoua qu'elle n'estoit pas telle qu'il l'attendoit, le roi Catholique n'ayant nullement correspondu à toutes les déférences qu'il avoit eues pour luy, et demeurant ferme , sans pourtant nommer personne, à dire qu'il vouloit la promotion des princes. De sorte que s'il n'y avoit quelque cliose de cacbé là dessous, et que les Espagnols ne parlassent bientust iffHitre façon, il feroit la promotion, et sans mesiiie
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leur reserver de place : ce qu'il luy disoit , afin que sy par quelque rencontre il estoit ajprès obligé de leur en redonner une, on ne pensast pas en France s'en pouvoir plaindre.
Or y bien que lé marquik de Fontenay ne sceost pas sy la responce du roy d*Espagne avoit esté toat-à-£iîet telle que le Pape disoit, et que ce pou voit bien esire pour rendre la grâce qu'il vouloit faire plus considérable, et afin que la Reine et le cardinal Mazkrin luy en fussent plus obligés, il ne laissa pas de faire comme s'il Teust creu , le remerciant, et le suppliant de considérer la différence qu'il y avoit entre la Reine et le roy d'Espagne, et comme elle se despartoit facilement de toutes sortes-d^ihterests et de {^rétentions pour luy complaire, pendant que luy^ quelque soin qu'il piîst de l'obliger, ne faisoit que Ipy contredire.
Et afin de prendre toutes les précautions qu'il pourroit, il le supplia de bien regarder sy les Espagnols ne faisoient point toutes ces difficulté pour luy pouvoir après cela vendre leur consentement plus cher, el tirer quelque autre cardinal que celuy qu'il leur vouloit donner, lequel, s'il n'estoit national, Aist sy despendant d'eux , qu'il valust bien un qui le seroit. Maii le Pape l'assura plusieurs fois qu'il n'y croyoil point de finesse, et que quand il y en auroit elle leur seroit inutile, estant bien résolu de ne regarder qu'au service de Dieu et au bien de TEglise; se promettant que Dieu luy feroit la grâce de l'assister poui* cda.
Après quoy le marquis de Fontenay ne creust y»> luy devoir rîen dire sur ceste place ^ qu'il voudroit une autre fois donner aux Espagnols, en cas qu'ils ut* la prissent pas alors, s'imâginant qu'on ne pouvoitque
POUR l'élection d'innocbmt X. [1647] ^49
{jagaer en ce retarileinent, Mjit paiyquc telles raisons qui ne sont pas lionnes en un temps le peuvent estre en un autre , que parceque sy le Pape venoit à mourir avant que de l'avoir donnée, son successeur n'y ^eroit pas obligé, et qu'ainsy ils la pourroient perdre; mais il essaya seulement de savoir quand se feroit la promotion : à quoy le Pape respondit que le mardy suivant il tiendroit Li signature de grâce, le veudredy la capt'lle de sa coronation , et qu'après il luy doimeroit contentement; qui estoît h dire que ce seroit pour le lundy, car le consistoire se tient tousjours le lundy d'après la signature de grâce.
Mais ne se iiant pas tout-à-fait à cda, il jugea nécessaire de retourner cliez le Pape avant que le lundy fi^t venu, pour le faire souvenir de ce qu'il avoit promis, et empescberquelesli^pagnois, qui le voy oient le plus souvent qu'ib pouvoient, ne le fissent cliangcr. 11 demanda doue audience des lu commencement de la semaine, laquelle le signer Pauf Macarani luy vint dire qu'il auroit le jour de la coronation ; mais que l'aiTivée de la galère de Gènes, qui veaoit prendre l'archevesque d'A.ix pour te mener en Catalongue , donnoit de la peine au Pape, parcoqu'il ne seroît pas bien aiae qu'il partist, que toutes les cérémouies qui se font après ta promotion ne fussent achevées.
- Surquoy le marquis de Fontenay luy list voir les lettres du cardinal Mazarin,qui cstoicnt sy expresses etsy pressantes qu'on n'y puuvuit pas manquer, n Mais ¥ cela est pourtant nécessaire, lu^ respondit-il; car « le Pape croit qu'il y va de son liouncur, et autie- « ment on ne peut s'assuiei' de rien. » Priant le marquis <li- Kiintcnay de f.e laisser roniluirr par luy en
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ceste occasion y etli|u il en remlroit bon compte au cardinal Mazarin. Ce que le Pape luj ayant ccMifiimé, et tesmoignë qu'il en vouloit une promesse expresse de l'archevesque d*Aiz et de luy, ils «e resolureat de ladonner, et d'envoyer un courier en Catalongne, afin que 1ML le prince ne fust pas en peine de ce retanlementy qui ne seroit au plus que de quinze )olm; et un autre à la cour> pour faire voir qu^on ne s'en ettmt peu deflendre.
Or il est certain que la response du roy d'Espagne estoit telle que le Pape disoit , n'ayant nullement considéré les recommandations qn'il liiy iaisoit pour le comte d'Ognate, ny les déférences qu*il kiy i endoît; et ne mandant antre cboseà ses ministres, après Texd»sion entière dû comte d'Ognate^ sinon que je Unga atras el padre Masarino, et que te hag^ la promoùm par los principes; comme s'il eust den estre aussy bien obéy à Bome qu'à Madrid.
De sorte qu'il n'y avoit nulle diligence que les Espagnols n'eussent faite, ny nulle machine qu'ils n eussent remuée, pour en vçnU* à bout; tenant le Pape tellement assiégé, qu'ôtrtre ce que faisoient continuellement le cardinal Pancirole et. le prince Ludovise, il ne se passa aucun jobr, despuis le retour du cooricr, que quelqu^un de3 cardinaux despendants du roy d'Espagne, ou son ambassadeur, ne Iq vissent : et le matin mesme de la pron^oÀion, le cardinal Albomos Inv parla encore longtemps pour l'en dissuader. En qooj la grande fabiiliarîté qu'ils avoient eue avec luy, et ce qui s'estoit fait dans le conclave, leur donnoient beaucoup d'avantage sur les François.
Mais, nonobâ:ant tout ^ela, la cho$e se fist au jour
POU» l'électiom d'iwhocemt X. [1647] ^^' i[u'on avoit esperi'. Il j avait sept [4aces vacantes, dont il n'y en eust ([ue six de remplies : assavoir l'ar- (jlK-ves([»c li'iix; Savellî , arolievesqne de Sctletne; \idntan, auditeur de la chambre; Kaggi, trésorier; (iherubini, tiuditeui- du Pape; et Maldacliino, neveu de la segnora Olimpia; la septième ayant esté réservée pour le roy d'Espagne !').
Geste promotion surprist autant la conr de Rome i|ue tons les estraiigem,' pei^onne ne s'estant imagiaé qu'un pajie fjue le roy d'Espagne avoil tant oitligé petist faire une chose sy fort contre son gré, et tant à celuy de la France et du cardinal M»Earin, qni luy avuient donné l'exclusion ; et les Espagnols ne la creurent jamais <|u'ils ne la vissent faite, après quuy iU en firent de grands reproches au Pape ; mais il leur respondit qu'estant devenu personne publique, îl ne devait regarder qu'au bien public, sans se souvenir des choses passées. Joint, ce leur disoit-il, qu'il n'y alloit pas moins de l'interest du roy d'Espagne que du siun, parceque s'il avoit rendu le roy Très Chreslien mal aatisrait, comme ils vouloient, eu une chose de sy peu de consér|uence , il seroit devenu incnpahle de le servir dans d'autres [^us grandes, et oii il avoit plus d'into* reit. lit enfin qu'il luy avoit gardé une place, quoyque sa responte ne l'y eust pas obligé, laquelle il luy donnei'oit quand il auroit pris un meilleur conseil; maÎB qu'il le prioit pouiiant d« se hastcr, pour n'abuser p;<s de ceste seconde grâce comme il avoit fait de la premÎQre, mille rencontres le jMwVtMt obliger à changer de résolution.
("1 Pour le i-oj- d'Eipagne ; Crite nominalicin. léservfc in pettb, fui (ktnni-i- à Aniome (l'Arrn){oa dv Cutdouu, qui niiiurut ai i66*-^ 1
35a [164*7] ^^ Q^i ^^ PASSA
Aussytost après la promotioa faite ^ le Pape et le marquis de Fontenay despescherent en France pour en poiter la nouvelle , qui y estoit sy peu attaidue, nonobstant tout ce' qu*09 avoit m^mdé , que le comte de Bri^nn^ escrivit, ingenuemeot au marquis de Footenay que , quelques assurances qu*il en eust données, le cardinal Mazarin ny luy ne favoient point cm qu'ils n'eussent veu les couriers arrivés.
Le cardinal Mazarin en r^eceust la nouvelle avec autant de froideur et d'indifférence que sy elle ne loj eust point touché , ne voulait pas seulement en recevoir des compliments, ny qu'on s'en réjouist avec luy; et afin de faire voir à Rome çomiiie à Paris le pea de (H)nipte qu'il en faisoit y, il fust plus de six sc^maines sans renvoyer les couriers, ny en faire aucun remerciementau Pape. De sorte que le marquis de Fontenay ayant esté trois fpis à l'audience despuis qo'ik dévoient ëstre revenus, le Pape lay en fist de grands reproches, ie faisant souvenir de tout ce dont il lavok tant de foii ^ssuré.
Mais ce Cust bien pis après leur retour; car n'ayant rapporté que.de bien simples remerçiemeiits , sans pa^ 1er d'aucunes raconnoissances, tant à l'égard de Piombinoque de toutes les autres espérances que le cardinal avoit luy-mesme données, lel^ape ne voulqsl plus recevoir d'excuses.
. Et quand le marquis de Fontenay escrivit au cardinal Mazarin les plaintes qu'il en &isoit, il eust pour response , croyant qii*>|^ seroit quitte à l'égard de b segnora Olimpia pour quelque présent qu'il luy feroit, qu'il s'informast lequel elle aimeroit le mieux d'unt^ tapisserie de haute-lisse, ou d'un service de vaisselk
POUB l'éLKCTIO.I li'lHNOCtNT X. [i647] 35î
(l'argenL; et manda au Pape qu'il avoit t'ait résoudre dam le conseil du Ruy iju'it seioit médiateur de la paix qui se traitoît k Mutister ; ce <jui Aist receu de louti les deux comme il me'ritoit , tant pnrccque le (iiesent n'estoit pas conforme à ce (|u'on leur avoit fait espérer, que parceque le nonce avoit osW lonj^temp auparavant re<:eu eu ceste cfualité de médialeui', ut que ce n'estoit rien de nouveau.
Et l'on en demeura là jusques à ce que le cardinal d'Aix, qui prisl despuis le nom de son titre de Sainte- Cécile, estant parly de Catalt^iignc pour revenir k Rome, passa par Paris, et pn^ssa tellement le cardinal Mazarin de luy donner quelque chose pour la segnora Olimpia, qu'enfin il en tira un piétent, composé, pour ne mettre point ta main à la bourse, de toutes les vieilles nippes qu'il trouva dans les cotlies de la Reine, et qui n'estant plus à la mode, luy estoîent inutiles; le tout ensemble ne valant pas quatre mille escus. Ce qui fust ausify fort mal receu, et verîlia la prophétie que les Espagnols en avoient faite dès le commencement, que le cardinal Mazarin n'en seroit nullement reconnoissant.
U n'en usit pas mieux envers le inaïquis de Fontenay, quuyque, dans la lettie où il le remercia de la promotion , il luy en eust tesmoigné un fort grand ressentiment, et désirer autant que luy qu'il eust ce qu'il luy avoit promis, ne luy en ayant onquej puis parléj et enfin luy manquant tout-à-fail poui- en gratifier le mai-csclial Du Piessis-Praslin , qui eu une autre rencontre eust bien peu le merîtet, mais non pas en relle-là; car ayant e^té envoyé dans l'Estat de Milan, il n'y avoit nullement réussy, ayant assiégé llrémnnp.
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le cardinal luy mandoit , et de di^uter longtemps avant que de se rendre y il arriva encore que le signe»* Paul, auquel le cardinal Mazarin n'avoit pas osé descoQ^rir son intention et ses meschantes finesses , luj estant remi aussytost montrer sa lettre pour sTen réjouir avec laj, il ne douta plus de rien.
Snjr ce mèsme témpsies Espagnols ayant appris <|iie les caresses que le marquis de Fontenay faisoit frire pour sa première audience publique ne poavoient pas estre sy tost acheva, s^aviserent jle dire au Pape que ce n*estoit pas cela q^i le tenoit, mais un ordre exprès qu'il avoit de n*y point aller que la promotion ne fnst faite : qui estoit le prendre par son sensible, et donna plus de peine au marquis de Fontenay que tout le reste de sa négociation; car il soupçonnoit le cardinal de vouloir plustost emporter les choses de force que de gré à gré y et ne le pouvoit souffrir. De sorte qu'il en fist de grandes plaintes k tous ceux qui le pouvoient dire au marquis de Fontenay , et né s*en pouvoit destromper, quelques protestations qu'il luy fist au contraire dans une audience qu'il eust expressément pour cela; et que ce n'estoit que par la faute des faiseurs de caresses, lesquels, quoy qu'il les en fist tous les jouis solliciter, ne les avoient point encore achevés, le suppliant d'y envoyer quelqu'un des siens pour voir s'il ne luy disoit pas la vérité.
Mais cela ne servant de rien, il fust enfin forcé de consentir que la promotion ne se fist point qu'il n'eust
esté à ceste audience, comme il fist le , où, après
les compliments accoutumés au nom du Roy et delà Reine, il le supplia qué puisqu'il luy avoit fait voir que tout ce qu'on luy avoit dit estoit faux, et que le mois
POUR l'élection d'innocent X. [1647] ^55
qa il y peust estre ; mais qu'en tout cas il partiroit quand il arriveroit, et luy quitteroit la place : comme il fist en effet, le marquis de Fontenay l'ayant trouvé, quand il arriva, sur la porte de la coUf, et allant mon-^ ter en carosse.
Geste procédure toute nouveUe (les ambassadem^ d'Espagne n'ayant point jusques là accoutume de com* mencer leurs visites que oeluy de France n'eust achevé les siennes) donna soupçon au marquis de Fontenay de quelque supercherie. C'est pourquoy il fist soignent sèment prendre garde à tout ce que feroit le cardinal; et ayant appris que le mesme jour qu'il devoit venir chez luy il devoit aussy aller chez l'ambassadeur d'Espagne, et ensuite que c'estdit par là qu'il avoit commence, il se résoltist de ne le point recevoir : mais afin qu'il n'en peust pas estre averty, il n'en tesmoigna i*ien à personne, envoyant au devant de luy, quand il fust près d'arriver, tous ceux qui estoient dans ses salles et ses antichambres, et faisant sonner la cloche ainsy qu'il est accoutumé. Mais quand tout le monde tast party, et qu'il vist le carosse du cardinal entré dans sa cour, il ordonna au sieur de Lusarche, son ntaistre de chambre, d'aller comme s'il l'eust voulu recevoir, et que quand il seroit descendu il luy dist qu'il ne pouvoit pas le voir. Ce qu'ayant fait, le cardinal en demeura fort surpris ; et ayant' demandé pourquoy : « Parce, luy respondit-il, que, contre ce qu'il devoit ce au Roy et le règlement des papes, il avoit esté chez ce l'ambassadeur d'Espagne devant que de venir chez ce luy. » Dont le cardinal entra en grande colère, di«sant que c'estoit un affront qu'on luy faisoit, dont il se souviendroit toute sa vie, et s'en vengeroit; puis voyant
qu'on ne faisoit pas grand compte de ses menaces, il s'adoucisty et pria (|u'on le laissast monter, et qu'il satisferoit Tambassadeur y protestant qu*il n*avoît point creu le devoir, ny qu'on prist garde à cela.
 quoy le sieur de Lusarche ayant responda que c^estoit une chose tellement sœue à Borne qu'il ne la pouvoit pas ignorer y personne n'y ayant jamais manqué, non pas mesme les nationaux^ comme il s'estoit veu en la promotion du cardinal Montalte, qui estoii vivant, et le dernier nommé par le roy d'Espa{[ne, qui visita le mesme marquis de Fontenay lors de sa première ambassade de Rome, devant que d'aller cha l'ambassadeur d'Espagne; par où, ayant juge qu'il it'eo pouvoit pas tirer autre chose, il s'en alla.
Cela s'estant passé à la veue d'une infinité de gens qui estoient tant cbet le marquis de Fontenay qu'à la suite du cardinal, fust aussytost sceu par toute la ville; et comme semblable chose n'y estoit point encore arrivée, on en fust fort suipris, et on le tint pour un sy grand affront qu'on creust pour certain que le caixlinal essayeroit de s'en venger, et qu'il le pourroit faire, estant d'une des premières maisons de Rome, et le duc Savelli son onde y ayant lors une compagnie de cavalerie entretenue.
C'est pourquoy le marquis de Fontenay, pour soutenir hautement ce qu'il avoit fait, et n'estre pas forcf de s'arrester devant luy quand il le ti*ouveroit par la ville, envoya aussytost, et sans attendre les secours du Roy, qui eussent esté longs à venir, à Piombino, pour avoir des meilleurs soldats qu'il y eust. Et luy en estant venu douze^ il les fist habiller, s'en faisant suivre partout, avec chacun un mousqueton sous le manteau i
POUR L ÉLECTION D*llflfOCEJNT X. [1647] 357
excepté chez le Pape, où ils nentroient point, et demeuroient à la porte.
Cela ayant osté tonte espérance au cardinal Savelli de pouvoir prendre sa revanche, et craignant mesme un second affront s'il le rencontroit par la ville, et qu*il ne s'arrestast pas devant luy, comme assurément il n'eust pas fait, il ny alloit jamais sans envoyer des estafiers fort loin devant, pour descouvrir s*il venoit, et avoir le temps de prendre un autre chemin que le sien.
A quoy le Pape voyant ne pouvoir pas remédier par un accommodement, parceque le marquis de Fontenay demandoit que le cardinal luy donnast par escrit, comme il estoit bien raisonnable, qu'il reconnoissoit sa faute, et confessoit que la préférence estoit deoe au Roy, et que le Saint Père n'osoit pas Vy contraindre, ^e peur de desplaire aux Espagnols, il luy xlonna, pour le tirer honneslement de Rome et empescher qu'il n'arrivast quelque plus grand inconvénient, qu'il ^ppréhendoit extrêmement, la légation de
( Le manuscrit n*eU pas terminé, )