DB LA COUR B^AHGLETBRRE
vernent, mais principalement du tr&orier, lequel il presse de telle façon y qu'il vient souvent à bout de tout ce qu'il entreprend.
Le moyen de le gagner , estant sans interest , sei-oit de faire du bien aux catholiques ^ en establissant des séminaires en France^ et particulièrement de jésuites^ parcequ on croit qu il est de ceux qu'ils reçoivent dans leur compagnie, pour demeurer néanmoins dans le monde. Ils ne demanderoient pour cela que deux ou trois mille livres de pension sur un bénéfice. Il n'y a que trois sortes d'ecclésiastiques qui fassent corps en Angleterre, les séculiers, les jésuites et les bénédictins. Sy Ton donnoit tous les ans quelque chose à ceux d'entre eux qu'on sçauroit n'estre point engagés avec l'Esr pagne, cela pourroit beaucoup servir; car ils ont entrée en force lieux qu'on ne sçait pas, et dans les occasions pourroient frapper de grands coups.
La puissance d'Angleterre ne doit pas présentement estre tant consido'rée par celle du Roy que par celle des particuliers. Son revenu ordinaire, qui ne passe pas six millions de livres, a esté engagé de moitié par le duc de Bouquinguan ; tellement qu'il ne peust faire la guerre sans l'assistance du parlement, lequel n'a )â* mais accordé plus de cinq subsides, qui se montent à quinze cent mille escus payables en trois ans; et il n'y a guère d'apparence qu'ils voulussent maintenant en donner davantage.
I] y a diverses compagnies de particuliers qui entretiennent un grand nombre de vaisseaux, avec lesquels ils peuvent commodément endommager nos costes et piller nos marchandises, que le prince mesme souffre souvent de se mettre au service et aux gages des Espa*
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gnolsy qui ne peuvent tirer d'ailleurs des vaisseaux qui leur soient propres i ne pouvant se servir de ceux cTEâpagne sans doubler la despense. Cest ce que Nicolaldy, agent d'Espagne , tasche maintenant de pratiquer, et ce qui se peust faire par connivence, et sans rompre les traités.
Par la mesme tolérance , il seroit à craindre que plusieurs Anglois ne se jettassent aussy au service des Espagnols, mesme à leurs despens, tant ils ont esté soigneux de mesnager les hommes et de cultiver tous les esprits.
Le crédit des Espagnols paroist assez aux différends que les Anglois ont contre les HoUandois pour la pesdie des harengs y et toute autre sorte de négoce tant en Europe qu'aux Indes , qu'ils ont principalement fomentés ; et il faut nécessairement travailler à les accommoder, et empescher qu'ils n'en viennent à une rupture y pour la grande diversion que cela donneroit ^ux HoUandois.
Le principal avantage que l'on pourroit tirer des Anglois contre les Espagnols seroit qu^ils s'unissent avec les HoUandois de la ligne pour la conqueste des Indes et la poursuite de la flotte; car il ne faut point espérer que le roy qui règne aujourd'hiiy rompe jamais avec eux en Europe.