Berland, bielan
3. Bernard de Montant, baron de Benac, ou son fils N. de Montaut, sieur de La Roque-Navailles.
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révolté comme luy; et là commança à faire des entreprises sur le Dognon, qui dés lors estoit vendu à monsieur de Rohan et gardé par le sieur de Haute-Fontaine qui avoit un lieutenant bien fidelle, mais inutile à toutes factions.
Une après disnée, le gouverneur de Maillezais, estant dans son lict détenu de la fièvre, ouït un capitaine révolté et qui suivoit son fils, mais qui, se sentant obligé des biens faicts du père, luy apprit qu'il marchoit avec quatre vints hommes par eau, et une troupe par terre, pour prendre cette nuict là ou Maillezais ou le Dognon. Le malade demande ses chausses, et avec trente six hommes qu'il peut tirer de la garnison, despourveu lors de lieutenant et de sergent, monte sur un bidet, résolut d'aller guetter son fils à un passage commun à l'une et à l'autre entreprise. Ayant faict demie lieuë, et sa fièvre redoublant, vint à luy au galop monsieur d'Adé, son gendre, avec deux hommes; cestuici se mit à genou devant luy, et à grand peine impetra avec plusieurs raisons de le renvoyer en son lict; et luy, ayant pris la leçon du père, à deux heures de là trouva son beau frère marchant à l'entreprise du Dognon, deux fois plus fort que luy, le charge, et prend seise prisonniers mis entre les mains de monsieur de Rohan, lors gouverneur de la province, qui ne peut jamais en obtenir justice.
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Constant, à qui le roy avoit dit qu'ayant perdu son père, luy seroit le sien, se trouva en peu de temps en exécration à tous les siens, et en horreur et mespris à ceux qu'il servoil. Chassé de tous hormis de la Brosse, signalée maquerelle, et de putins qui le nourrissoient, il fit parler à son père de reconciliation; la responce fut que, la paix estant faitte avec le père céleste, le terrestre y soussigneroit. Il vint à Genève, se présenta aux ministres, fit là, en Poictou et à Paris, toutes les recognoissances qui luy furent enjointes, escrivit en vers et en prose furieusement contre la Papauté, obtint de l'argent, et une pension telle que pouvoit donner un père de hors de son bien.
On luy conseilla d'aller trouver le roy de Suéde, avec un moyen certain d'i avoir charge incontinant après son arrivée; mais cela estoit trop eslougné de ses prétentions; il convertit donc ce voyage en celuy d'Angleterre. Notés que le père soupçonnoit tellement ce meschant esprit qu'il ne peut obtenir de luy ' lettres ny au roy, ni au duc de Bouckinguam, mais seulement à quelques amis, avec toutes restrictions.
Luy se présenta, excusant son manque de lettres sur le danger des chemins, C'estoit au temps que
I . Qu'il ne peut obtenir de luy, c'est-à-dire que Constant ne put obtenir de son père...
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sur les atîaires de la Rochelle, le roy d'Angleterre, pour résoudre la guerre', n'apela que le duc de Bouckinguam, quatre milhords, le sieur de Saint Blanccard, envoyé de monsieur de Rohan, et ce mai'heureux comme despesché de son père; cette assemblée résolut la guerre et les plus pressantes particularitez. L'une fut d'envoyer quérir Aubigné; la commission s'en donnoit au chevalier Vernon, mais le galand la luy osta, comme fils-.
Arrivé à Genève, après avoir rendu compte à son père de sa charge, enquis plusieurs fois s'il n'avoit point passé dans Paris, et l'ayant nié avec toutes sortes de serments, car c'estoit la clause plus espresse de la continuation d'amitié jurée par serment du fils au père, qui savoit bien que la cervelle de ce misérable n'estoit plus sienne dans le bourdeau, il fallut parler du voyage, dans la description duquel le père prit un soubçon en choses de fort peu, et d'elles resolution de ne faire point le voyage, renvoya son messager chargé de choses bonnes et générales, mais non de la particularité qu'il tenoit précieuse; ce que le fils sentit, s'en pleignit, et n'eut autre chose.
En venant, il avoit passé à Paris, veu de nuit monsieur de Schomberg, et au retour luy et le