‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 136 sur 155 · C'esi-à-dire après quatre ans de veuvage · texte numérisé non relu

C'esi-à-dire après quatre ans de veuvage

premièrement, montrant par le nom qui retourne, se trouve de même à retourner le surnom aussi, et trouver celui du père '.

En second lieu, j'ai voulu que ce nom me fût un Nathan, qui signifie donne, et que le nom du censeur de David représentât mon ord péché aux yeux et aux oreilles incessamment : les miens remarqueront le soin et les dépenses que j'ai apportées pour éloigner de ma famille l'odeur de mon péché. J'avoue donc Nathan pour, mien et fils naturel ; il s'est marié, je l'ai partagé selon sa condition. Au même temps que mon aîné s'est rendu ennemi de Dieu et de son père, a renoncé et trahi l'un et l'autre et a produit infinis exemples d'horreur, l'autre Nathan s'est rendu recommandable par probité de vie, doctrine non commune, m'a accompagné en mes périls contre l'autre. Je lui ai permis de porter lui et les siens le nom d'Aubigné, et veux que les miens authorisent celte bonne volonté.

Premièrement, je déclare Constant d'Aubigné, mon fils aîné et unique, pour le destructeur du bien et honneur de la maison, en tant qu'en lui a

1. Engibaud est l'anagramme d'Aubigné. Nathan d'Aubigné, d'où descendent les Merle d'Aubigné, naquit en 1601 et mourut le 11 avril 1669. Voyez Califfe, Notice généalogique sur les familles genevoises, i836, t. III, p. 18.

2l8 APPENDICE

été, et pour avoir mérité d'être entièrement déshérité par plusieurs offences énormes, particulièrement pour avoir été accusateur et calomniateur de son père en crime de leze-majesté ; c'est pourquoi je le prive de tous mes meubles et acquêts de quelque qualité qu'ils soient. Toutefois, s'il se présente quelque enfant bien légitime de lui, à ses enfans, non à lui, je laisse la terre des Landes Guinemer-prés-Mer ' , qui est mon seul patrimoine.

Je donne aux pauvres écoliers étrangers, étudiant en théologie à Genève, qui seront par la compagnie des ministres jugés dignes d'assistance, la somme de mille florins pour les despandre par cinq années subsecutives à deux cents florins par an.

Je fais don de la même somme aux pauvres soldats étrangers tenant garnison en ladite ville, pour être distribuée à deux cents florins par les gouverneurs de la bource françoise, y appelant les capitaines de la garnison, et non autrement.

Je donne à l'église de Jussi la somme de cinquante florins pour le maître d'école, pour cinq ans, à dix florins par an.

Je donne à Boisrond, mon page, cent cinquante florins.

Je confirme le don fait à ma fidèle et bien-

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