Lepidités, choses légères(?); de l'italien kpidila
l'ordre de leur impression au mémoire que j'espère en dresser.
Quant aux livres de mon cabinet, je donne tous les François et italiens à ma femme, et ceux des autres langues au sieur de la Fosse; tiré de tout mon grand livre des cartes, imprimé par Ortelius, duquel je fais don au sieur Louis Callandrin.
Quant à tous mes meubles, desquels je n'ai point disposé, y compris toute ma vaisselle d'argent, je donne le choix à ma femme, s'ils valent plus que six mille livres qui lui adviennent, de les retenir pour son payement, sinon les mettre à la masse et se prendre aux premiers deniers liquides, comme il est dit.
Pour l'exécution du présent testament, je nomme ma tres-aimée et tres-fîdele femme Renée Bourlamacliy, et prie le sieur Louis Callandrin lui vouloir être conducteur, ou, si une absence ou autre accident l'en empéclioit, je permets à madite femme de faire élection de quelqu'un de ses proches non héritiers.
Je désire que quiconque, lors de mon decés, sera mon homme de chambre, soit payé, outre l'année qui courra, d'une autre année encore, de laquelle je lui fais don, selon que ses gages seront connus.
Pour les pauvres qui se trouveront ensemble lors de mon enterrement, je veux qu'il leur soit
départi la somme de cent florins. Si je suis en lieu où les gens de guerre me veulent porter, je tiens à honneur leur peine, et pour ce que ma famille a eu l'honneur d'une couverture de velour noir, je la demande aussi, remettant cet article et des autres petites dépenses et cérémonies à la prudence et bonne conduiite des exécuteurs de mon testament. Or à Dieu, qui m'a sauvé de périls innombrables, des ennemis généraux et particuliers, de toutes sortes d'afflictions d'esprit et de corps, des desastres de la guerre, des embûches de la paix, des mains longues des princes, qui a converti mes péchés en bien, quand eux ont changé mes services en crime, quand ils m'ont ôté honneurs et biens, il m'a élevé et donné de quoi et à qui pouvoir donner les fruits de sa bénédiction, à lui je tends les bras et consigne mon ame, qu'il a relevée de ces chutes, fortifiée dans les persécutions, changé ses terreurs en hautes espérances, et, la gardant du précipice aussi chèrement que la prunelle de l'œil, l'a conservée comme sienne et pour soy; à lui seul, tout bon, tout juste et tout puissant, soit gloire, règne et puissance es siècles à jamais.
Fait et signé, écritde ma main, ce 24 avril i63o.
Signé : D'Aubigné.