‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 143 sur 155 · Nathan d'Aubigné · texte numérisé non relu

Nathan d'Aubigné

aussi d'en faire autant aux livres ' que vous en avez. Vous voyez à quoi nous en sommes et à quoi on s'attache. Helas ! Monsieur, il y a bien d'autres choses plus pregnantes. Il me semble d'entendre notre bon Monsieur me dire : « Dieu veuille, ma mie, puisque je ne puis pas être médecin, que je ne sois pas prophète ! etc. «

A madame de Vilkite.

Je suis assurée que vous supportez votre affliction en vraie chrétienne avec votre vertu et pieté. Mais, helas ! c'est à moi à pleurer, puisque j'ai tout perdu. Celui par qui je vivois contente en lui rendant service n'est plus. Il me semble que je n'ai plus rien à faire au monde. Je crains d'offenser Dieu dans ma douleur... Tout a été réglé ici comme si M. de Villeite y eût été. Feu M. d'Aubigné ne m'a rien dit à part, sinon qu'il me laissoit exécutrice de son testament. Je m'en excusai, et lui dis qu'il remettoit ses affaires en mains bien foibles, quoique bien fidèles ; il me répondit : M. Calandrin t'aidera , comme il a fait avec toute affection. J'écrirai à madame de Rohan, qui est à Venise, pour les comptes qu'elle avoit avec feu

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